mercredi 16 avril 2014

Caixa d'Aço

27°07.669S 48°31.684W
Caixa d'Aço

La Boiteuse
Il est 18H54 un mardi soir dans la petite lanchonete d'Araçà, le petit village qui jouxte la Caixa d'Aço. A une table quatre types font une partie de dominos, les autres regardent et commentent. La salle est presque vide mais cependant bruyante car le brésilien parle fort. A la télé passe une de ces sempiternelles novelas. Moi je squatte une table près d'une prise électrique et tout en sirotant un jus de maracuja je profite du spectacle. Elle me commence à me plaire cette escale... Elle me plaît d'autant plus que le week-end est passé, et le lieu est enfin redevenu un havre de paix.

Samedi matin, je me suis rendu à Porto Belo pour y retirer de l'argent et faire quelques courses. Bon, Porto Belo il n'y a rien à en dire de particulier. C'est une station balnéaire assez récente et sans charme. Le seul intérêt que j'y ai vu c'est qu'il y a une banque, un grand supermarché et une petite panaderia sympa où j'ai pu me connecter et recharger la batterie de mon PC.

Monte moi dessus pendant que tu y es !
A mon retour vers 13H00, j'ai eu la désagréable surprise de trouver La Boiteuse cernée de toute part par des sauvages bruyants et sans gêne. Une espèce appartenant à la caste des nouveaux riches, où l'apparence semble être la seule chose qui compte. C'est à celui qui aura le plus grand et le plus beau yacht à moteur. C'est à celui qui fera le plus de bruit avec sa sono embarquée digne d'une fête de village. C'est à celui qui fera le plus de vagues avec ses 300 chevaux. C'est à celui qui ira le plus vite en passant le plus près possible des voiliers au mouillage avec sa moto des mers. C'est à celui qui sera le plus con en fait...
A un moment, une vedette de 70 pieds est arrivée avec à la barre (c'est en fait un volant sur ces engins) un sexagénaire ventripotent en slip de bain noir et casquette de Capitaine à galon dorés. Si je ne l'avais pas trouvé si ridicule, j'aurais poussé un gueulante car cet abruti n'a rien trouvé de mieux que de se foutre à moins de dix mètres de mon bateau...

Il a enlevé sa casquette mais c'est lui !
J'ai passé mon après midi dans le cockpit, une peu comme si j'étais au zoo. Je regardais tous ces gens en me disant que j'avais bien de la chance de ne pas être riche... Ou du moins que j'avais bien de la chance de ne pas être con.
Le lendemain matin, sitôt le jour levé, j'ai relevé mon ancre et je me suis éloigné le plus possible du fond de la baie et du bar flottant Balanco do mar, qui est en fait le point de ralliement de tous ces nuisibles. J'y suis peut-être un poil moins à l'abri, mais au moins personne ne risque de venir me percuter parce que son ancre a été mal posée, et je peux faire ma sieste sans avoir de la country brésilienne dans les oreilles.
En dehors de ce désagrément de fin de semaine, le lieu est quand même assez sympa je dois bien l'avouer... Tellement sympa que j'ai décidé de laisser passe la fenêtre que je comptais emprunter à l'origine. Bon d'accord, j'avoue que c'est plus par flemme que par réelle nécessité météorologique. J'aurais pu me faire violence et accepter de me taper un jour ou deux avec le vent dans le nez pour rejoindre Paraty et ces eaux enchanteresses... Oui mais voilà, dans la vie on ne fait pas toujours ce que peut, et de temps en temps il faut savoir faire ce qu'on veut.

Balanco do Mar. Tout ça pour ça...
D'autant que j'ai fait la connaissance d'Eric, le tenancier de la gargote flottante, et celui-ci m'a promis de me laisser libre accès à l'électricité de ladite (c'était dimanche et j'attends toujours!). De plus, j'aime assez l'ambiance du coin... Je veux dire en dehors des connards de fin de semaine bien sûr !
Ce n'est pas aussi tranquille que Matariz, mais c'est tranquille quand même... Le matin vers sept heures je saute dans Miss B et je vais jeter mon filet autour des cailloux polis par la marée pour ramener quelques fritures frétillantes pour la Touline. Puis, je fais le tour des copains, Eric bien sûr, mais aussi José et Graciela, deux argentins en goguette. Ce week-end il y avait même un couple de retraités français résidents depuis quinze ans au Brésil !

Le bateau pirate et ses baigneurs. 20 mn chrono et ils repartent !
Quand j'en ai besoin je vais au petit mercadinho pour me réapprovisionner. Et si j'ai du fric à aller chercher ou des trucs à faire que je ne peux pas faire à Araçà, je prends le bus et je vais à porto Belo.
Et puis, comme mes heures de « loisir informatique » sont relativement comptées, je m'occupe autrement. Je lis. Je bricole. Grâce au conseils de José, j'ai refais le branchement et j'ai reconfiguré le régulateur de tension de mes panneaux solaires. Depuis ils chargent mieux et plus ! Je me suis fabriqué une nouvelle amarres élastique pour Miss B. J'ai réparé l’étouffoir de Mercedes... Qu'est-ce que j'ai fait encore ? J'ai lavé le pont de La Boiteuse. J'ai installé une antenne wifi fixe. J'ai débouché l'évacuation de la baille à mouillage... Bref, je m'occupe de mon bateau et j'en profite pour faire tout ce que je n'ai « pas le temps » de faire lorsque je suis à quai, distrait que je suis par l'internet et les vidéos.
Attention, je ne dis pas que j'ai viré ma cuti et que je vais me mettre à aimer les mouillages... Je dis juste que c'est différent et que pour l'instant je m'en accommode. .

Araçà
Pour l'instant j'ai prévu de rester dans le coin jusqu'à samedi... On devrait avoir deux ou trois jours de vent du sud, quelque chose d'assez costaud qui sera peut-être suffisant pour me faire parcourir les 250 milles jusqu'à l’île de São Sebastião. Enfin, on verra comment cela se présente le moment venu.
Pour l'instant je profite du lieu !



Le soir...
T'es sûr qu'on peut pas aller à terre ?
C'est mieux quand y'a personne

10 commentaires:

Simbad a dit…

Héhé voici le nouveau Gwendal...
Un truc a changé je te trouve plus serein.
Tout a l'air de tourner rond, même les capitaines d'eau douce qui ne t'ennuient pas vraiment mais qui au contraire te donnent un sujet ou une amorce pour ton article.
Voilà tu peux rentrer et reprendre une activité normale :)
Bises

franck a dit…

Gaffe gwendal ne laisse pas ton ancre crochée trop longtemps sinon tu risques d'étudier les cartes à la recherche non plus des marinas mais de mouillages abrités et tranquilles à proximité de lieux de vie...... victime du charme du mouillage agréable et gratis.

gubragh a dit…

Tu donnes envie, Gwendal (sauf pour les cons en vedette à 300Ch, des imbéciles en moto de mer et les idiots qui mouillent à 20m). Vivement qu'on mette la machine en marche et qu'on aille mouiller dans la Ria d'à coté, pour deux jours. Surtout que le beau temps s'est installé...
Toujours aussi agréable a te lire. Bien à toi, de Roz Avel.

aglae75 a dit…

Que je suis contente de lire tes propos, tu vois qu'il y a du bon au mouillage, et il est clair que l'on est bien plus productif sans le net. Profite donc. Bisous

Monique a dit…


Mais oui, il semble que cette paisible baie te rende plus zen...
et actif en même temps !!!

Profite bien de ce merveilleux endroit et va te planquer dès que débarquent les excités du week- end !!! !

... a dit…

mort aux cons !!!!!
la petite Touline doit trouver le temps long...
Profites en bien...

Gwendal DENIS a dit…

@Simbad : Plus serein ? Je ne sais pas... Je prends les choses avec philosophie, comme d'hab. Enfin j'essaye !

@Gubragh : Ben oui, faut bouger cous aussi ! allez, on dit qu'on se voit avant que je ne passe dans le Pacifique, ok ?

@Aglaé : Plus productif je ne sais pas. Disons qu'on "produit" des choses différentes. Cela dit, je me fais chier aussi !

@Monique : J'ai bien l'intention de me barrer avant leur retour !

@... : Oui, Mort aux cons !
C'est vrai qu'elle n'aime pas trop ça... et qu'elle se venge sur le le bateau et sur moi !

Le mousse d'exocet a dit…

Touline exprime bien ce qu'elle ressent

Olivier Denis a dit…

Bonjour Gwendal, il n'y a pas à dire la plaisance motorisée doit être un gène, ils se conduisent de la même façon où qu'ils soient.
Si il n'y avait pas tand d'argent à leur prendre je pense que nos têtes pensantes auraient déjà légiférer contre cette nuisance inutile à tous.
Allez continuons à croire en l'homme libre que tu représentes, il y a du bon en lui et cela compense.
Merci encore pour cette magnifique page de ta belle vie.
Olivier

Gwendal DENIS a dit…

@La Mousse : C'est parce que je sus un bon traducteur !

@Olivier : Ce qui prouve bien que la pourriture par l'argent est bien quelque chose d'universel... Merci pour le compliment.