lundi 11 février 2013

Montevideo


34°54.544S 56°07.780W
Montevideo, Uruguay

Comme vous l’avez pu lire à la fin de l’article précédent, le port de Piriápolis étant beaucoup trop cher pour ma bourse, nous ne nous y sommes arrêté que vingt-quatre heures. Finalement, et après réflexions, cette cherté aura eu au moins l’avantage de résoudre mon dilemme car j’hésitais depuis longtemps entre Piriápolis et Tigre, l’Uruguay et l’Argentine, pour sortir le bateau et procéder à différents travaux. Ce sera donc l’Argentine, et tant pis si ma coque commence à ressembler à un élevage conchylicole, elle attendra encore un peu.

Donc nous somme reparti sous les coups de 19H00... Ensuite, je crois bien me rappeler que nous avons de nouveau rencontré un orage dans la nuit, mais figurez-vous que je suis bien incapable de vous dire quand ! Etais-ce avant ou après mon quart ? Ai-je finalement décidé de décaler les quarts pour gérer ces vents tournants ? Grrrr... Voilà ce qui arrive lorsqu’on ne tient plus son journal ! On oubli tout !

Pratique d'avoir une plongeuse
professionnelle sous la main !
Ben oui, je n’ai rien écrit pendant ces vingt heures de nave, et ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais absolument rien. Je sais seulement que nous sommes arrivé à Montevideo vers 12H30 ce 1er février, et que nous sommes retrouvé tanqué dans la vase au beau milieu du chenal d’accès... Car le port de plaisance de Montevideo, pompeusement appelé Yacht Club Uruguayo, n’est en fait qu’une vasière accessible seulement lorsque le vent souffle du sud et le rempli d’eau. Sans ça, même avec 1,50 m de quille vous touchez.
Bref, tout ça pour dire que nous sommes resté trois heures à rôtir au soleil le temps que la marée monte, mais même haute, elle ne s’est pas révélée suffisante pour nous permettre de rejoindre le ponton qui nous tendait les bras à quelques mètres. Il a fallu que le lanchero de service nous tracte avec toute la puissance de son moteur.

Bref, nous y sommes quand même arrivé pour la plus grande joie de Touline (alias fuzz-ball), qui n’avait pas vraiment apprécié de devoir repartir aussi vite de Piriápolis. Nous avons arrimé et rangé La Boiteuse, et nous nous sommes couché assez tôt en prévision de la journée du lendemain qui s’annonçait assez chargée. Jugez plutôt : Je devais régulariser ma situation au regard de l’immigration, et nous devions nous lancer à l’assaut de cette ville d’un million trois cent milles habitants (la moitié de la population du pays !).

Montevideo
Le lendemain nous avons donc pris un bus à destination du centre ville, et là... Comment vous dire ? J’ai adoré ce que j’ai vu. Montevideo est une ville superbe, avec ses avenues bordées de platanes qui ne sont pas sans me rappeler le port d’attache de La Boiteuse, Nice. En fait cette ressemblance s’explique assez facilement si l’on considère que ce sont deux villes qui ont grandit assez vite à partir de la fin du 19ème siècle et pendant le début du 20ème, sous l’influence d’une immigration venue des quatre coins de l’Europe. Architecturalement parlant, on retrouve exactement les mêmes immeubles victoriens, mais aussi pas mal de bâtiments sortis tout droits de cette période bénie que furent les années trente. Les guides touristiques parlent volontiers de l’austère « architecture soviétique », mais pour ma part j’aime autant parler d’architecture « à la Gotham-city ».

Nous avons aimé flâner dans les rues de cette ville, le nez au vent, le regard constamment attiré par un détail ou par un autre... Dans l’après-midi, nous nous sommes arrêté sur une petite place ombragée pour y déguster un chivito, le sandwich local, et si ce n’était ce petit je ne sais quoi de sud-américain, je me serais vraiment cru être dans une ville comme Barcelone ou Madrid.

Syncrétisme oblige, les couleurs de Iemanja
sont celle de la Vierge Marie
Plus tard dans l’après-midi, nous nous sommes rendu compte que ce n’était évidemment pas le cas, puisque nous avons assisté à la fête de la déesse de la mer, Iemanjásur la playa Ramirez. Bon, je sais que vous savez que les bouffées délirantes des croyants ont le don de me mettre hors de moi, il n’est donc pas nécessaire que je m’appesantisse sur ce spectacle aussi haut en couleur que navrant. Je suis reparti de là en me disant que tout cela n’était finalement qu’un immense gâchis, et la vue d’une contre-manifestation « chrétienne », n’a fait que renforcer cette impression.
Si tout de même, un truc rigolo : Cet après-midi là, Iemanja n’était pas de bonne humeur et la mer était démontée, renvoyant systématiquement les embarcations contenant les offrandes dans la gueule des croyants !!

La marina avec vue sur le World Trade Center
Ceci étant, l’escale à Montevideo ne devrait pas tarder à toucher à sa fin. Le temps file, et nous devons reprendre notre route vers l’est et la ville de Colonia del Sacramento, avant de virer vers le sud et Buenos Aires. En plus, à 28 euros par jour, le « port » de Montevideo, commence à me couter un peu cher... Bref, même si Zoë me tanne pour que nous visitions des musées et que nous passions la soirée dans un cabaret où l’on danse le tango (du moment qu’il y a de la bouffe, je veux bien !), moi je commence à regarder mes fichiers météo et à préparer ma prochaine nave. Mais ça, chers lecteurs, nous en reparlerons plus tard !


Place de la Indepedencia

Le bâtiment des Douanes

Le siège du MERCOSUR

Statue de Iemanja

Pas très contente la déesse !

Une barque d'offrandes

Bénédictions

En marge de la fête, quelques mécontants

Et dans le parc juste à côté, une statue de... Confucius !

Palacio Salvo

Le jogging du soir

10 commentaires:

Monique a dit…

Je la trouve plutôt austère, l'architecture !
Je sais que tu n'aimes pas t'apesantir sur les cérémonies religieuses, mais c'est qui Lemanja ?

Dis à Zoé que c'est une très bonne idée d'aller visiter des musées et passer la soirée dans un cabaret - tango ! C'est l'occasion ou jamais !!!

Sonia a dit…

:)

Gwendal DENIS a dit…

@Monique : Je me demande à quoi ça sert que je me casse le cul à vous mettre des liens pour élargir vos connaissances...
Et pis les sous, t'y pense aux sous hein ?

@Sonia : C'est tout ?

Thrse a dit…

Le jogging du jour me fait envie! Je voudrais bien être le photographe, pas le joggeur!
Sinon, je vois que Zoé est bonne nageuse! Tant mieux! Elle pourra te seconder sur le bateau comme ça... Toi sur le pont, et elle, en dessous! Hi, hi!
Merci pour cette belle visite... Je te sens tout de même pas très long sur cette escale.... Je commence à te connaître!
Je t'embrasse fort ainsi que Zoé et gros câlinoux au roi du bateau : Touline!

Gwendal DENIS a dit…

@Thérèse : Pas très long ? J'en connais qui trouve que c'est toujours trop long !
Mais je vois ce que tu veux dire... Je suis en train de réfléchir et d'écrire là-dessus en ce moement.

Anonyme a dit…

Salut Gwendal !
J'ai vite rattrappe mon retard dans tes articles. Je suis heureux que tu continues ton aventure avec toujours autant... pardon, plus d'enthousiasme.
Ah le veinard il a peche une sirene !
Bien content pour toi ;)Je veux bien te croire quand tu dis que le bonheur ne vaut que s'il est partage.
Alors comme ca tu t'es tranforme en bonne menagere ? Ah ! J'aimerais bien voir ca, je ne sais pas si je reconnaitrais la Boiteuse ! ;) Maintenant tu as quelqu'un a qui cuisiner de bons petits plats. Je me rappelle d'un fameux tajine ;)

Bonne route et plein de bonheur !

Au fait je suis a Cuzco, le Perou est tres sympa.

Jeff

cazo a dit…

Zoé lave le pont, Zoé a rangé La Boîteuse, Zoé fait le quart pendant que je roupille,Zoé fait la plonge... Comme quoi, on s'accoutume vite à certaines valeurs culturelles locales... :D !!!

Fix a dit…

Et comme disait J-J Vanier, "A part ça la vie est belle, et c'est tant mieux !!"

la Lésion d'Honneur a dit…

Ah c'est sur qu'elle est étrange et fine la frontière entre les païens et les purs et durs parfois... c'est pour ça qu'ils se rejoignent souvent... Je n'imaginais pas Montevideo comme ça, les platanes etc. par contre le côté Gotham City, ça ne m'étonne pas... comme quoi, dans l'"imaginaire, il y a toujours une part un peu vrai/fausse !
Bonne route et à +

Gwendal DENIS a dit…

@Jeff : C'est sûr que tu l'as connu en version célibataire; la Boiteuse... Et elle a bien changée ! Profite bien du Pérou !

@Cazo : Absolument !

@Fix : Tu m'as dis !

@La Lésion : Le plus simple serait de ne rien attendre lorsqu'on débarque dans un pays... M&ais c'est impossible.