lundi 27 décembre 2010

Lendemain de fêtes, qu’est-ce que vous faites ?

Je vais mourir...
Salut tout le monde. Alors, ces fêtes de Now-Hell se sont bien passées ? Pas trop mal au foie ?
Moi je suis en train de crever... Ouais messieurs-dames, Littéralement. 38,7°c de fièvre ce matin, les poumons en papier de verre, le nez qui coule qu’on dirait Trévise, la nausée qui me donne un goût d’égout dans la bouche et je sens que de l’autre côté de la tuyauterie ça risque de pas être joyeux non-plus... Qu’y a-t-il d’autre encore comme réjouissances ? Euh... La tête qui tourne et les côtes douloureuses à force de tousser.
Bref, j’ai une crève carabinée, voire même peut-être la grippe sauf que je ne vois pas trop comment j’aurai bien pu l’attraper puisque je ne sors quasiment pas de chez moi.

Bon, si je prends la plume aujourd’hui ce n’est pas que pour vous donner des nouvelles de ma petite santé, mais également pour vous faire partager une réflexion. Un truc qui m’interpelle en ce lendemain de fêtes, et qui me donne envie d’en parler...

En fait, pour être tout à fait honnête avec vous, il se trouve que mon ancien blog me manque de temps en temps. C’est vrai, j’aimais bien cette activité qui consistait à porter un regard critique sur le monde qui m’entoure... Et depuis que je l’ai laissé tomber il s’est trouvé pas mal d’occasion où j’aurais aimé ouvrir ma gueule, et je ne l’ai pas fait.
Aussi, aujourd’hui on ne va pas parler de voile ni de tour du monde, mais d’une pratique qui a le don de ma faire grimper dans les tours : Il s’agit de la revente des cadeaux de Noël.

Depuis quelques années déjà, les médias nous bassinent dès les lendemains du réveillon sur ce qu’ils appellent « un fait de société », et qui n’est en fait pour moi que l’expression d’une décadence morale. Oui, décadence morale, j’ose le terme. Pour un vieux gauchiste comme moi, ça vous la pose, hein ?

Je m’explique. Lorsque je fais un cadeau à quelqu’un, j’essaye, autant que faire ce peut, que celui-ci lui corresponde. Je fais un effort, à la fois en termes de connaissance de la personne, mais aussi financier. Bref, j’accorde une certaine valeur, sentimentale et pécuniaire, à l’objet que j’offre, et traitez moi d’imbécile si vous voulez, une fois mon cadeau offert, j’entends bien que cette valeur soit respectée.

Alors, peut-être par pudeur, le discours qui permet de justifier cette odieuse pratique est basé sur les doublons... C'est-à-dire que dans une même famille on voudrait nous faire croire que les gens ne se sont pas concertés entre eux et qu’ils ont tous eut la même merveilleuse idée... Et mon cul c’est du poulet ?

Apologie de la médiocrité...
Non, cette pratique participe ni plus ni moins à la paupérisation générale des valeurs qui est notre lot depuis quelques années. Paupérisation des esprits à travers la mise en valeur de l’échec de l’autre plutôt que de sa propre réussite, et maintenant paupérisation du don... Car en effet, qu’est-ce que ça veut dire si dès le lendemain des fêtes mon cadeau se retrouve sur EBay ou PriceMinister ? Que j’ai un goût de chiotte ? Ou bien plus surement que la personne qui fait ça se fout totalement de l’intention qui accompagne le cadeau et ne s’intéresse qu’à sa valeur bassement vénale. Et encore, valeur au rabais puisque l’objet en question va se retrouver bradé à 50% de son prix véritable...

Selon un sondage commandé par EBay 36% des Français seraient prêts à se débarrasser de leurs cadeaux de Noël via le net... Bon, en même temps, c’est EBay qui l’a commandé ce sondage... Alors hein ? Faut peut-être pas trop s’y fier non plus...

Vous voulez que je vous dise ? Tout ça pue du bec... Je veux dire par là que comme par hasard les médias nous parlent de cette pratique tous les ans depuis dix ans, et comme par hasard en des termes d’abord utiles pour devenir financiers. Et comme par hasard c’est toujours le même patron de site de vente entre particuliers qu’on voit à la télé. Et comme par hasard c’est le frère de l’ancienne Secrétaire d’Etat à l’économie numérique...

Ça fait beaucoup de hasard tout ça je trouve.

Alors moi je dis que tout ça, c’est pas bien. Qu’un cadeau ça ne se revend pas, que le faire c‘est insulter la personne qui vous l’a offert. Et que le premier que je surprends à revendre un de mes cadeaux, et bien il pourra s’accrocher pour que je lui en fasse un autre un jour.
A la limite, je tolérerais que l’on offre ce que j’ai offert... Mais là s’arrête ma mansuétude.

Bon, j’ai assez gueulé pour aujourd’hui. Surtout que je n’ai plus de voix et que là, il va falloir que je sorte faire quelques courses... Et puis la pharmacie aussi, ça serait bien. Genre sirop pour la toux, vitamine C, etc...

dimanche 19 décembre 2010

Balade sous le soleil

c'est moi !
J’ai presque honte à vous raconter ma journée d’hier... Non c’est vrai quoi, quand je regarde les infos et que je vois que la majorité du territoire est bloquée sous la neige, que mes compatriotes galèrent comme des forcenés et se pèlent le jonc, je me dis que ce que vous allez lire risque de vous énerver un tantinet...
En même temps, est-ce vraiment ma faute si j’habite une région où certaines journées d’hiver peuvent être merveilleuses ? Surtout que si l’on s’en réfère au calendrier grégorien en vigueur, on n’est toujours pas en hiver...

Bon, vous savez ce qu’on va faire ? On va dire qu’il ne s’agit en aucun cas de provocation de ma part, et que ce petit récit n’a pas d’autre but que de vous réchauffer le cœur. Voilà, c’est ça. On va dire que ce soleil qui m’a accompagné toute cette journée de samedi, et bien je vous en donne un petit bout à chacun, et j’espère qu’il vous réchauffera là où vous êtes.

Comme je vous l’annonçais dans ma dernière publication mon poteau Arnaud et moi avions programmé une petite virée en mer pour ce weekend... Le genre balade à la journée histoire de profiter de l’air du large, mais également pour moi de jeter un œil à mon bateau. Le port de Villefranche est certes bien joli, mais la place que j’occupe est assez, comment dire, chahutée par vent d’Est... Ce qui veut dire qu’un petit coup d’œil de temps en temps n’est pas du luxe, loin de là.

Du bleu, et encore du bleu...
La veille au soir, le site de Météo-France m’informait que la journée de samedi avait de très fortes chances de se révéler agréable. Et comme chacun sait, sauf nos ministres bien sûr, Météo-France se trompe rarement, surtout en matière de météo marine. Lorsqu’une petite fenêtre favorable de vingt-quatre heures entre deux journées pourries se présente, il n’y a pas à hésiter, il faut en profiter. Nous nous retrouvons donc, Arnaud et moi, vers 08h30 et prenons la direction du port. Le ciel est dégagé et à cette heure matinale la température n’excède pas les 5°C.

Au port ça bouge pas mal. Une houle d’au moins 50 cm fait valdinguer La Boiteuse qui tire sur ses amarres comme une forcenée. Et vlan que je te tape contre le bateau de droite, et vlan que je te tape contre le bateau de gauche ! Elle monte, elle descend, elle roule, elle avance, elle recule (bien trop près du bord à mon goût). Bref, lorsque je la vois ainsi ballotée, je me dis que j’ai bien fait de venir et que lorsqu’il s’agira de l’amarrer de nouveau le soir venu, il va me falloir blinder le truc... Pour autant que cette fichue houle nous laisse partir bien entendu ! Parce que là, vu le gymkhana, ça risque de se révéler coton.

C'est lui !
Histoire de temporiser, nous nous préparons un bon petit café bien chaud accompagné de croissants et de pains au chocolat... Et j’en profite pour faire faire à Arnaud le tour du propriétaire et lui expliquer deux trois bricoles de base sur la sécurité. Bon, j’avoue que pour mon premier topo sécu en solo, je crois bien ne pas avoir été très pédagogique... Genre je balance tout un tas d’informations et le pauvre Arnaud a dû se débrouiller avec tout ça sans en comprendre la moitié. C’est ma faute, je le reconnais. A charge pour moi d’être meilleur la prochaine fois, et croyez-moi ça ne sera pas difficile.
Bref, le temps de passer tout ça en revue, il est déjà 10h00 du mat et le bateau bouge déjà beaucoup moins. Il est donc temps de partir.

Le Cap Ferrat...
Manœuvre impeccable il faut bien le reconnaitre. Ce qui me fait penser que mon briefing d’avant départ n’était peut-être pas si mauvais que ça après tout !
Dehors, je veux dire une fois sorti du port, je confie d’emblée la barre à Arnaud. Ben oui, à mon sens il ne sert à rien d’essayer d’expliquer les choses en matière de barre, le mieux étant encore de la prendre en main et de... Se démerder.
Et je dois avouer qu’il a assez vite pigé le truc. En tous cas suffisamment pour que je puisse aller vaquer sur le pont pour ranger les défenses et hisser la Grand-voile. Une légère brise souffle du Nord-Est, et bientôt nous pouvons éteindre le moteur et dérouler le Génois... Nous voilà parti, direction le large.

On fait la course ?
Il fait un temps splendide. Le soleil brille et réchauffe nos visages... Et comme nous sommes sur une allure portante nous ne sentons pas le vent. Il fait bon. Même pas besoin de ciré ou de blouson, une polaire ou un pull suffit... C’est nickel.
Bientôt nous doublons le cap Ferrat et nous prenons une route Est, vers Monaco. En fait il ne s’agit pas vraiment de se diriger vers un point ou un autre, mais plutôt de se laisser mener par le vent... L’allure qui nous porte suffisamment est la bonne, l’essentiel étant de prendre du plaisir.
A trois-quatre nœuds, nous ne pulvérisons pas des records de vitesse, mais la Boiteuse est stable, la navigation plaisante, et c’est bien là le plus important. Arnaud se débrouille comme un chef pour une première fois, et en plus, d’après ce qu’il me dit, il prend son pied !

Vers midi le vent faibli jusqu’à devenir quasiment inexistant. Nous en profitons pour déjeuner de quelques quiches (Lorraines et poireaux !), tout en nous remplissant les yeux du spectacle de la côte. Les montagnes, la neige, au loin les buildings de Monaco... C’est splendide. Et toujours ce soleil bienfaisant qui nous réchauffe aussi bien le cœur que le corps...
Tudieu que c’était bon !

Et un photomontage signé Arnaud !
Vers quinze heures, à contrecœur, nous décidons de rentrer. Enfin, je décide qu’il est temps de rentrer, car je sais bien que le soleil se couche aujourd’hui à 16h54 (environ !), et qu’une fois qu’il sera parti au pieu le bougre, il va cailler sévère.
Ca tombe bien, le vent a viré à l’Est et a repris un peu du poil de la bête, et il nous ramène doucement et à temps au port.

L’arrivée fut un poil plus compliquée que le départ... L’ennui voyez-vous, c’est que lorsque vous avez une toute petite place toute riquiqui, avec les bateaux voisins qui bougent latéralement, et bien votre place peut, tout à coup, disparaitre !
Mais nous nous sommes bien débrouillés au final. Il nous a suffit de nous y reprendre à deux fois en profitant d’une oscillation propice... Et tel le fil dans le chas d’une aiguille nous nous somme placé comme une fleur !
Trois quarts d’heure plus tard, après avoir rangé le bateau, et renforcé l’amarrage, nous reprenions la direction de l’arrêt de bus pour regagner chacun nos pénates.

Voilà ! Bon, j’espère que ces quelques moments ensoleillés vous sont été agréables. En tous, ils l’ont été pour nous à un point tel que dès que l’occasion se représentera nous allons nous empresser de recommencer. Bon dimanche, et ne prenez pas froid surtout !

mercredi 15 décembre 2010

Il est né le divine enfant...

Vroum-vroum fait la motobylette du facteur en grimpant le raidillon. Clac-clac fait le couvercle de la boite aux lettres en s’ouvrant et se refermant.
D’habitude, lorsque je sais que le facteur a fait une pause devant ma porte, j’attends l’heure du repas pour aller y jeter un œil... Vieil us du temps où je craignais des courriers émanant de je ne sais quels créanciers ou institution susceptibles de me pourrir ma matinée. Ben oui, quitte à recevoir une mauvaise nouvelle un jour, autant que celle-ci ne vous gâche que la moitié d’icelui.

Or donc, vroum-vroum-clac-clac, disais-je. Sauf qu’aujourd’hui, allez savoir pourquoi, je suis allé jeter un œil sitôt ces bruits familiers entendus. Mais non, ce n’est pas de la prémonition... Arrêtez de croire au Père Noël ! C’est juste que j’attends un courrier depuis quelque semaine et que logiquement... Au niveau du timing... Bref, j’ai eu le nez creux puisqu’à l’intérieur de ma boite se trouvait une grosse enveloppe à l’entête du bureau des douanes de la ville de Cannes.

En cliquant sur l'image, on voit bien mieux les choses...
Et à l’intérieur de cette enveloppe il y avait devinez quoi ? L’acte de francisation de la Boiteuse bien sûr !

Alors je vous annonce que le 10 décembre de cette année 2010, le Tom Kyle est devenu officiellement la Boiteuse ! Yes !

N’empêche que ça me fait tout drôle... Même si ce qu’implique ce courrier m’apparait encore de façon floue, j’ai l’impression d’avoir franchi une étape de plus dans l’accomplissement de mon projet. Vous vous rendez compte ? Je voulais m’acheter un bateau et l’appeler la Boiteuse, et maintenant c’est fait ! C’est quand même quelque chose non ?

Alors je sais que j’ai pris du retard dans la réalisation de pas mal de choses par rapport à tout ça, et c’est du à une baisse de motivation certaine, mais je sens que ce simple livret et tout ce qu’il implique va me redonner la pêche qui m’a manquée depuis mon retour... D’ailleurs, pas plus tard que le weekend prochain je m’en vais faire un petit tour avec mon copain Arnaud. On va aller passer la journée en mer, humer l’air du large et profiter de ce beau soleil d’hiver.

L'arrière arrondi ne facilite pas les choses...
Donc, la première chose que je vais faire puisque j’ai enfin reçu l’acte de francisation, c’est assurer la Boiteuse... Ben oui, il me fallait ce document pour pouvoir le faire. Donc assurance.
Puis il va me falloir dans un délai assez bref faire un peu de peinture. J’ai déjà planché sur le graphisme du nouveau nom et ça donne à peu près ce que vous pouvez voir sur la photo ci-contre.
Bon ok, ce n’est qu’une ébauche, et le résultat final devrait certainement être tout autre, mais en gros ça ressemblera à ça. D’ailleurs si vous avez des suggestions sur ce point, je suis preneur.

Pour finir, les plus attentifs d’entre vous se demandent sûrement pourquoi la Boiteuse est immatriculée à Cannes et pas à Nice comme il était prévu. Bonne question.
Et bien c’est parce qu’il n’y a plus de douanes à Nice... Tout simplement. Maintenant tous les bateaux sont immatriculés à Cannes et c’est comme ça. Je ne le savais pas, et c’est d’ailleurs pour ça que les papiers ont pris tellement de temps à se faire.

Allez braves gens, je vous laisse sur cette bonne nouvelle. Prenez soin de vous, et couvrez vous bien, car dehors il pèle.

jeudi 9 décembre 2010

Tranquillement...

Je m’aperçois, non sans une certaine gêne qui confine à la honte, que je vous ai un poil négligé ces temps-ci... Non, ne dites pas le contraire, c’est la vérité. Il n’y a qu’à jeter un œil sur la date de ma dernière publication pour en constater la triste évidence.

Le fait est que comme l’indiquait l’en-tête de ladite publication, je continue ma réflexion... Enfin, si l’on veut, disons que je laisse mon subconscient mener le bal et je me contente de profiter du temps qui passe en ne faisant... Rien.

Ne rien faire, contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas rien. C’est même plutôt prenant comme occupation. Ne rien faire c’est, si l’on regarde les choses sous l’angle de l’échange énergétique, d’abord et avant tout s’économiser au maximum. On économise tout, que ce soit les pas que l’on fait ou bien la façon dont on utilise son cerveau.
Et le mien de cerveau, en ce moment il marche au ralenti. Il s’occupe à des tâches sans grandes importances, des trucs pas compliqués qui requièrent un minimum d’énergie. On pourrait croire qu’il végète, mais non il fonctionne encore... De temps en temps il a des soubresauts ; comme celui qui me fait me pencher sur mon clavier aujourd’hui. Ou bien des indignations... Mais dans l’ensemble il ne se foule pas trop quand même. Séries télé, jeux vidéos, voilà en somme son alimentation quotidienne.

Du coup le temps passe aussi vite que tranquillement. Tranquillement... Voilà bien l’adverbe qui convient.

Donc si tout ce passe de manière tranquille, on peut en déduire que tout va bien pour moi. Je me prélasse et me délasse, je profite de la vie et ne me soucie de rien. Je dis ça pour les éventuels lecteurs qui seraient là, à l’autre bout de l’Ethernet à se morfondre sur l’état psychologique de votre serviteur...

En plus, histoire d’ajouter à ma tranquillité d’esprit, je viens d’apprendre que ma place de port était prolongée jusqu’à début janvier... Alors vous voyez bien qu’il n’y a pas lieu de se faire du souci, hein ?

Allez, j’ai des tripes à la mode de Caen sur le feu qui ne demandent qu’à être dégustées... Rien de tel pour bien vous caler l’estomac et vous réchauffer les côtes !

mardi 30 novembre 2010

Le temps de la réflexion

Bientôt...
Je réflexionne... Oui je sais, l’expression est impropre, mais je la trouve bien plus jolie que de dire plus simplement « je réfléchis ». L’intérêt de ce néologisme est surtout d’insister sur le côté profond du processus...

Comme vous l’avez remarqué, en tous cas des commentaires me donnent à penser que vous l’avez en effet remarqué, cette première virée en mer m’a permis de réaliser certaines choses. Quoi exactement, je n’en sais encore rien pour tout vous dire. Mais le fait est qu’il y a comme un loup dans le programme que je me suis ingénié à préparer depuis des mois.

Les raisons de cette anicroche, je ne les connais pas non-plus... Je ne peux que supputer à partir de ce que je ressens, mais ce n’est pas très précis vous en conviendrez. Celle qui remporte ma préférence en ce moment, c’est la saison... oui, il fait froid, j’ai froid, j’ai une sacrée crève d’ailleurs, et donc il est (sans doute) normal que je préfère m’endormir bien au chaud plutôt que de me bouger les fesses.

Enfin bref, je me suis dis, après de nombreuses heures à tourner en rond dans ma tête, qu’il ne servait à rien de trop m’interroger sur le comment du pourquoi des choses, mais qu’il me serait autrement plus profitable de commencer à accepter cet état de fait et d’arrêter de lutter contre. Vous me suivez ?
Je veux dire par là, qu’importe si le plan ne se déroule pas comme il était prévu, qu’importe si je ressens une furieuse envie de cocooner... Ce qui importe, c’est de faire ce dont j’ai envie. Ou du moins de me laisser gouverner par mes inclinaisons. Car c’est bien ainsi que j’ai l’intention de vivre désormais. Et dans l’état actuel des choses, cela ne remet aucunement en cause le bien fondé de ma démarche, ni même l’ensemble de mon projet.

Alors je vous rassure tout de suite, je vais bien partir comme je l’ai prévu et à la date que je me suis fixée. Ça, ça ne change pas. Ce qui change par contre c’est ce que je vais faire avant de partir...
La balade à Malte pour les fêtes de fin d’année, on oubli. La mise au mouillage dans la rade de Villefranche, on oubli aussi. Je vais me trouver une place tranquille au port et faire les installations que j’ai prévues de réaliser en prenant mon temps. Ok, ça va me coûter un bras de maintenir le bateau au port, mais c’est le prix de la tranquillité d’esprit.
Je vais donc avoir trois mois pour préparer le bateau à de plus longues traversées, ce qui occupera suffisamment mon esprit sans pour autant devenir anxiogène.

Alors je sais, vous allez me dire que par rapport au plan initial je suis en train de shunter des étapes importantes qui étaient celles de la prise en main et de l’entrainement... C’est vrai.
Cela dit, sans pour autant chercher à me justifier (si un peu quand même), pour la prise en main je crois que j’ai eu ma dose. Je crois avoir bien cerné mon bateau, je sais de quoi il est capable, je sais ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas... Cela me donne suffisamment d’éléments pour continuer à préparer mon voyage.
L’entraînement ? Et bien... D’ici la fin février j’aurais bien l’occasion de me dénicher une fenêtre météo pour me permettre de faire l’aller-retour entre ici et la Corse... Avec navigation de nuit et tout le tintouin.

Et puis, lorsque les beaux jours reviendront, en espérant qu’ils se conforment pour une fois à la régularité qui était la leur jadis, je partirais. Je crois sincèrement que dans la vie, quand on le peut bien sûr, il faut savoir s’accorder du temps. Et c’est donc ce que j’ai décidé de faire.

Allez, pour l’instant je vais rester bien au chaud et attendre que cette putain de crève veuille bien me laisser tranquille. Tiens, je vais me faire une soupe au potiron pour ce soir... Avec des croutons au beurre ça va le faire.

vendredi 26 novembre 2010

Imprévision féline

Je vous présente Soyeuse...
C’est la cata. La grosse cata... Non mais regardez moi un peu ce qui vient de me tomber sur les bras ! Z’avez vu un peu cette bouille ? Comment voulez-vous que je ne craque pas en voyant ce mignon museau, cette petite tache blanche sur le front et ces yeux verts ? Hein ?

Bon, l’histoire a commencé il y deux ou trois mois lorsque ma voisine octogénaire s’est faite hospitaliser pour une cheville cassée, et que son fils la suivit de près mais dans une autre aile de l’hôpital, celle où on range les gens qui ne sont pas comme nous.
Résultat, la maison s’est retrouvée déserte et les animaux, un chien et un chat, se sont retrouvés seuls. Pour le chien une association est venue le récupérer assez rapidement, mais pour le chat celui-ci s’est vu confié aux bons soins du voisinage comme il est de coutume dans mon quartier.

Au début, par pure bonté d’âme, je n’ai fait que lui donner à manger de temps en temps... Un sachet de viande (périmé) par ci par là, qu’il me restait du temps de ma Gaëlle. Puis l’impertinente c’est mise à devenir exigeante dans le sens ou si par malheur je manquais à mes devoirs de nourrissage, j’avais droit à la sérénade devant le perron. D’une fois par jour, nous en somme venu à deux fois par jour, matin et soir, et j’ai du pour cela, acheter de la nourriture exprès pour elle...

Pensez-vous que la belle, car c’est une belle, me sera devenue familière en échange de ces bienveillances ? Que nenni. Pendant des semaines je n’ai fait que la nourrir sans pour cela avoir le privilège de la caresser ou même de la toucher.

La garce ne savait faire que deux choses, manger et miauler lorsque je ne m’exécutais pas assez vite à son goût.
Et puis peu à peu, avec de la patience, j’ai réussi à lui poser la main dessus. A la caresser alors quelle mangeait, puis à la prendre dans mes bras... Mais dès que je la faisais rentrer dans la maison, celle-ci n’avait qu’une idée en tête se carapater le plus vite possible.

A mon retour les choses ont un petit peu changé car la météo s’est considérablement refroidie, et j’ai réussi enfin à la convaincre de préférer la chaleur de mon foyer aux frimas de novembre. Enfin, que je dis convaincre, je l’ai plutôt saisi pas la peau du coup et je l’ai gardé enfermée jusqu’à ce qu’elle arrête de miauler et qu’elle se réfugie dans ma chambre pour y dormir.
C’était il y a trois jours. Depuis, les choses ont évoluées vachement vite puisque j’ai maintenant droit à ma pelote de poil entre les jambes lorsque je regarde la télé. Vous savez, de celle qui vous empêche carrément de bouger... Et puis on en est venu à trois repas par jour !

La question qui se pose maintenant c’est, qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire d’elle ? Alors je sais bien que vous vous dites que cette histoire c’est du tout bon pour moi, et que je vais pouvoir emmener Soyeuse, c’est le nom que je lui ai donné, naviguer sur les flots du monde et que tout va allez bien et cetera et cetera...

Et bien non, ce n’est pas aussi simple. C’est qu’elle n’est pas toute jeune la Soyeuse et je ne suis pas sûr que ça soit une bonne chose pour elle que de changer aussi radicalement de vie. Et puis moi-même je ne suis pas sûr d’en avoir envie... Je veux dire par là qu’un chat sur un bateau ce n’est pas idéal, et puis il y a des frais vétérinaires, des quarantaines... Vous rendez vous compte que c’est pratiquement plus compliqué de faire traverser une frontière à un chat qu’à un homme et son bateau ?

Bref, pour l’instant il n’en n’est pas question. On va vivre un peu ensemble et profiter de la vie tant que c’est possible. Après, on verra...

mercredi 24 novembre 2010

L’intuition d’une quiche

Le paradis sur terre...
Ce matin au réveil, ce n’était pas la joie. Mais alors pas la joie du tout... Il me fallait rejoindre le bord de mon cher bateau et essayer de lui trouver un nouvel abri. Jusqu’alors j’avais rangé cette corvée dans un coin de mon crâne, m’abrutissant de dérivatifs audiovisuels pour m’empêcher d’y penser.
Mais bon, je suis un homme de responsabilité (tu parles !), et à un moment il faut bien que je les prenne... Même si je ne sais pas trop ce que je vais en faire une fois que je les ais dans les bras.

Pour tout vous dire, pendant le trajet qui me menait au port de Villefranche, j’en étais encore à me demander où est-ce que j’allais bien pouvoir aller fourrer ma Boiteuse... J’avais la vague idée de me diriger vers Saint-Laurent du Var et d’essayer d’y quémander une place... Et si cela ne m’était pas possible jusqu’à Cagnes sur mer. Mais franchement, j’y allais un peu au petit bonheur la chance.

En plus, je ne sais pas chez vous, mais ici sur la Côte d’Azur il caillait sec ce matin. Alors je me suis équipé en conséquence. J’ai pris mon GPS, ma polaire spéciale grand froid, je me suis acheté en route une quiche au poireau en guise de casse-croute du midi, et je me suis préparé mentalement à une journée entière de navigation. Au moteur bien sûr, puisque corvée il devait y avoir, celle-ci devait forcément se faire sans vent, donc sans plaisir.

Arrivé au port, je me rends à la Capitainerie et je tombe sur celui-là même qui m’avait demandé de déguerpir... Zut, me suis-je dis, moi qui espérais pouvoir grappiller quelques jours, c’est plutôt mal barré...
Il me demande ce que je lui veux, et je lui annonce vouloir régler la semaine que je viens de passer au port avant que de m’en aller comme il était prévu... A moins que, ajoutais-je innocemment, à moins que vous ayez une autre solution à me proposer ?

Le gus fouille dans son ordinateur et m’annonce alors que je pouvais rester encore un peu...
Pardon ?
Oui, le bateau dont j’occupais la place n’étant toujours pas rentré semble t’il, je pouvais continuer à utiliser sa place !
En moi-même je me dis que cet abruti aurait pu me passer un coup de fil pour me prévenir, cela m’aurait évité de me taper une heure et quart de bus. Mais à l’extérieur, j’affiche un sourire radieux et une mine des plus reconnaissantes.

Or donc, j’ai re-signé pour une semaine... et on examinera la situation de semaine en semaine jusqu’à que le propriétaire de la place revienne d’Italie.
Je ne vous cache pas que si par malheur ledit bateau pouvait avoir un empêchement sérieux, cela ne serait pas pour me déplaire... Mais bon, ne soyons pas méchant et louons plutôt les dieux pour leur bienveillance à mon égard.

... ou sur mer.
Quand je vous disais que ma petite voix intérieure me murmurait des choses... Et bien c’est exactement de ça dont je parlais. Parfois il m’arrive de « subodorer » que les choses vont bien se passer, et effectivement elles se passent bien.
Bon, des fois elles se passent réellement mal, mais c’est somme toute assez rare.

Donc voilà où nous en sommes. J’ai un sursis jusqu’au 1er décembre, et peut-être un peu plus. Alors ce soir, je suis plutôt content. Ravi même. Je vais pouvoir arrêter de me faire du souci et continuer à me reposer... Et vous allez voir que les choses vont bien se passer. Là aussi, j’en ai l’intuition.

En plus ce soir j’ai une quiche au poireau au diner !

lundi 22 novembre 2010

Tempête sous un crâne

Bien. Je n’en n’ai pas envie, mais il faut que je vous parle d’un truc... Depuis quelques jours je me traine une de ces déprimes, je ne vous raconte même pas. Enfin si, ne vous inquiétez pas, je vais vous raconter... D’autant qu’aujourd’hui cela va un peu mieux, alors autant en profiter pour mettre par écrit tout ce qui me mine l’esprit. Après je ferais le tri comme d’habitude.

Donc je vous disais que je déprimais. Enfin, moi j’appelle ça de la déprime, mais j’imagine que l’on pourrait très bien appeler ça autrement selon l’angle sous lequel on observerait la chose... Pour faire bref, et aussi clair qu’il m’est possible étant donné l’état d’esprit dans lequel je me trouve, je n’arrête pas de penser que j’ai fais une grosse connerie en achetant ce bateau. Oh pas la connerie du siècle, ni même celle de ma vie, mais une belle connerie quand même.

C’est une pensée qui m’est apparue dès le lendemain de mon retour chez moi... « Chez moi », je ne pensais pas que cette expression revêtait autant d’importance à mes yeux. Cela m’a fait plaisir de retrouver mes pénates, mes objets familiers, mon petit train-train. Cela m’a fait tellement plaisir que j’en suis venu à me dire que j’étais quand même mieux chez moi que sur un bateau... Et de fil en aiguille, d’enchainement de pensées en enchainement de pensées, j’ai commencé à imaginer ce qu’il me faudrait faire pour tout arrêter.

Au début, d’avoir ce genre de pensées en tête m’a catastrophé. Le monde que je m’étais construit petits bouts par petits bouts depuis des mois, tous ces petits pas que j’avais patiemment accomplis, tout cela je ne l’avais fait qu’en pure perte. Je pensais à vous qui me lisez, je pensais à moi... Ce n’étais pas l’argent que j’avais perdu qui me bouleversait, mais mon temps, mes rêves, mes illusions perdues... Pendant deux jours, ça a été l’enfer.

Et puis, peu à peu, j’ai commencé à me dire qu’il fallait que je me change les idées, que j’évite de trop penser. Tout cela n’était que le fruit de mon imagination, un effet secondaire de mon retour... Alors c’est ce que j’ai fait. J’ai arrêté de penser. Je me suis regardé des films, j’ai joué à des jeux sur mon ordinateur... j’ai tout fait pour ne plus rien avoir à faire avec le monde de la voile, avec la mer, avec les voyages.

Et ça a marché. Enfin je crois. Ce matin l’absurdité de ce que j’avais réalisé depuis ces derniers mois, et celle que j’ai l’intention de réaliser dans les mois qui viennent, ne m’a plus parue aussi évidente... Enfin, beaucoup moins.

Pour être tout à fait franc avec vous, ce n’est pas la première fois que je suis assailli pas de telles pensées négatives. D’habitudes elles viennent et disparaissent aussi vite quelles sont venues et mon optimisme béat reprend vite le dessus. Mais là, c’est la première fois qu’elles s’incrustent autant, et qu’elles sont aussi fortes... Jusqu’à me donner des envies de pleurer.

Alors pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça puisqu’à priori cette déprime disparaitra comme ont disparues toutes les autres avant elles ?

Et bien peut-être pour l’aider à passer plus vite ? Non, je rigole... Si je vous en parle, c’est pour que vous sachiez que tout n’est pas rose dans la tête du Gwen. Je ne suis pas constamment sur mon petit nuage à imaginer, à préparer mon départ pour la grande boucle... Il m’arrive de passer par des affres (c’est comme ça qu’on dit ?) pas possibles, des angoisses terribles qui me laissent sur le carreau.
M’enfin, pour me remonter le moral, je me dis que lorsque je serais parti il y a des chances pour que je sois moins perturbé par ces crises de conscience... J’espère en tous cas.

Ah ! Vous vous demandez sans doute ce qu’il en est de mes problèmes de port ? Et bien je n’en sais rien. Comme je vous l’ai dis, j’ai arrêté de penser pendant deux jours ce qui fait que je ne m’en suis pas préoccupé... Et je vais faire en sorte de ne pas y penser non-plus aujourd’hui. On verra ça demain ou même après demain !

Et puis je ne sais pas, mais il y a comme une petite voix qui me murmure dans le fond de mon crâne, que je vais trouver une solution... Je ne sais pas encore laquelle, mais j’ai le sentiment qu’elle se présentera d’elle-même sans que je n’ai à me creuser les méninges... ni même à me faire un sang d’encre !

vendredi 19 novembre 2010

Au boulot !

43°41'56.64"N 7°18'32.43"E
Toujours au port de Villefranche, mais plus à la même place.

Tous ce qui est petit est mignon, et ce port est tout petit !
Aujourd’hui, j’avais prévu de me déconnecter un peu de la mer, de mon bateau et de vous aussi... En fait, je pensais ne commencer à m’occuper des choses importantes que j’ai maintenant à accomplir, qu’à partir de lundi prochain.
Mais hélas, ou bien heureusement, les choses se sont déroulées un peu différemment. Hier, en début de soirée, alors que je m’apprêtais à appeler mon père pour lui souhaiter son anniversaire (79 ans), j’ai constaté que la Capitainerie du port avait essayé de me contacter par deux fois... Diable, ils me veulent quoi ces cons ?

J’écoute ma boite vocale et j’apprends qu’il va me falloir déplacer mon bateau dans la journée d’aujourd’hui. Je savais que cela allait être le cas, mais pas si tôt. Bref, ce matin j’ai donc dû prendre le bus dès sept heures du matin et me rendre à Villefranche.
Je passe dans les bureaux, et là j’apprends que dès mercredi prochain il va me falloir décarrer du port... Merde, me suis-je dis, moi qui pensais y rester au moins deux à trois semaine avant que de me résoudre à mouiller dans la rade... en plus j’ai des travaux à faire faire moi !
Hélas, ma bonne mine et mes problèmes d’organisation n’ont pas eut l’air d’attendrir le préposé. Il était initialement prévu que je reste une semaine, donc dans cinq jours je me casse. Point barre.

Un peu désappointé, et légèrement énervé, je décide alors de mettre à profit ma présence non-prévue en ces lieux pour contacter un électricien, Monsieur Mattia. J’arrive à le joindre et nous nous donnons rendez-vous à la terrasse du seul troquet du port, à savoir La Baleine Joyeuse...

Oui je sais, ça ne s’invente pas un nom pareil.

Euh... Capitainerie ?
Vingt minutes plus tard mon artisan se pointe et je commence alors à lui décrire les transformations électriques que j’ai besoin de faire à bord :

- Une révision complète des circuits électriques, et un bilan énergétique.
- La mise en place d’au moins deux sorties 12 volts supplémentaires.
- L’ajout d’une batterie supplémentaire.
- La mise en place de deux panneaux photovoltaïques de 50 watts chacun, et d’une éolienne.
- Et puis l’installation d’un truc dont j’ai complètement oublié le nom mais qui sert à contrôler la charge des batteries.

Le monsieur est âgé mais semble compétent. Il prend des notes consciencieusement, me pose des tas de questions auxquelles je ne peux répondre pour la plupart, et me signale qu’il est tout à fait partisan d’un arrangement... En clair, j’achète le matériel à des tarifs professionnels et ne lui règle que la main-d’œuvre.
Bon, franchement cela ne me dérange pas plus que ça, du moment que cela peut me faire économiser quelques brousoufs.
Mais avant de m’avancer un prix, ainsi qu’un délai, il lui faut quand même visiter le bateau... Ce qui se fera demain je pense, il doit me rappeler ce soir pour que nous convenions d’une heure.

Donc voilà. Comme je vous l’ai dis, je pensais m’accorder un peu de repos avant que de me lancer dans les travaux. Et bien non, c’est maintenant qu’il me faut m’y mettre.

A la terrasse de la Baleine Joyeuse
Alors je sais que ce sujet ne concerne pas vraiment la plupart de mes lecteurs... Et c’est un peu normal. Cependant, j’accepterais volontiers tous les conseils que pourront me donner les poteaux Philippe et Edou. Sans oublier Jean-Charles et sa petite famille, qui me lisent depuis le Costa Rica à bord de Shaka. M’est avis qu’ils en connaissent un rayon en matière d’autonomie énergétique.
Tiens à ce propos, allez-y un peu les voir si vous en avez l’occasion. Vous verrez, la vie que mènent leurs deux filles est comment dire... Celle qu’on rêve tous d’offrir à nos propres enfants.

Bon, je vous raconterais comment cela s’est passé, et surtout combien ça va me coûter cette aventure. Et puis il y a aussi cette histoire de mouillage de longue durée qui, je vous le dis, ne m’enchante plus vraiment...

jeudi 18 novembre 2010

Dernière étape

43°41'52.63"N 7°18'31.78"E
Villefranche sur Mer, la Darse

Petit matin
Trois heures et demi du matin, je me réveille... Dernier jour, dernière étape, l’événement a son importance et c’est peut-être pour ça que je me tape cette petite insomnie matinale... A moins que ce ne soit à cause de ce rêve bizarre qui me vit renouer avec cet amour qui me hante depuis plus de vingt ans ? Je ne sais pas, mais le fait est que j’ai eu beau tourner et virer sur ma couchette, impossible de retrouver le sommeil.
Je me suis donc levé et me suis attelé au récit de l’étape précédente... Ceci fait, un coup d’œil rapide sur la carte pour noter les points stratégiques de la navigation du jour (on appelle ça des Waypoints), et me voilà prêt à larguer les amarres.
Ceci-dit, ce ne fut pas trop compliqué puisque je suis chez moi... Cette côte, même sans l’avoir jamais parcourue par mer, je la connais par cœur.

06H55, tout est paré. Largué devant, largué derrière. Le vent m’est favorable et déporte doucement le bateau du quai. Le jour pointe à peine et il fait froid... 4°C ce matin sur le pont !
Dans la baie tout est calme et je profite au maximum de ce moment magique que j’adore entre tous, celui ou la lumière éclaire peu à peu le monde.
A peine sorti je hisse toute la toile. La Grand-voile en entier et le Génois déroulé au 3/4 (ça va Tsuki ? Tu suis ?).
Cap à l’Est, 6,5 nœuds, vent de travers... Idéal. Pour moi, c’est vraiment mon moment préféré... Le jour qui se lève, le bateau qui file bon train, un paysage magnifique, franchement que demander de plus ?

Le Cap du Dramont
Le massif de l’Estérel défile sous mes yeux avec ses couleurs d’ocres sombre qu’accentue la lumière rasante. Tout simplement splendide.
Je double le cap du Dramont, et devant moi j’aperçois les sommets enneigés des Alpes... La baie de Cannes est là, j’aperçois l’île de st-Honorat, au loin le cap d’Antibes...
Cette vision me rappelle un épisode important de ma vie, celui qui me vit quitter mon exile jurassien pour revenir sur la Côte d’Azur. C’est en voyant ce paysage que je me suis dis que quoiqu’on puisse dire par ailleurs de cette région, elle était vraiment magnifique.
Et puis, plus simplement, je trouve que cette image explique bien pourquoi le département s’appelle les Alpes-Maritimes !

L'ïle de St-Honorat sur fond alpin...
08H45, le rêve se ternit un peu car le vent tombe soudainement. Plus rien. Je reste encalminer dans la pétole. Je démarre donc le moteur, et je poursuis ma route. Je double le cap d’Antibes et débouche alors dans la Baie des Anges.
Vous voulez que je vous dise, j’ai l’impression que c’est la première fois que je la vois ainsi. Il m’est souvent arrivé, lorsque je revenais de Corse par le NGV, de voir Nice depuis la mer, mais jamais sous cet angle. Et puis jamais à bord de mon propre bateau bien sûr, et ça croyez-moi, ça fait toute la différence.
Pendant un moment je caresse le projet de longer au plus près la Promenade des Anglais, histoire de frimer un peu... Mais bon, à quoi cela me servirait-il ? Qui me verra d’ailleurs ? Personne ne sait que je suis là... Et puis je suis un peu short-pétrole alors, droit sur le cap de Nice où j’ai un truc important à faire.

Nice !
Il y a quelques temps nous avions plus ou moins convenu, mon copain Arnaud et moi, que lorsque je ramènerais la Boiteuse je passerais sous ses fenêtres pour lui faire coucou. Soucieux de faire bonne figure, j’éteins alors le moteur et sort la toile pour me montrer sous mon meilleur jour. Je tire péniblement des bords au grand largue (vent 3/4 arrière) à 2,5 nœuds et rase la côte rocheuse pile à l’aplomb de son immeuble. Hélas, lorsque je l’appelle sur son portable je tombe sur la messagerie... Il dormait le bougre !
Tant pis pour lui.



Arnaud ! T'es là ?
Allez, c’est pas grave. Cap sur ce qui est probablement la plus belle rade d’Europe, celle de Villefranche. Je reconnais au passage les endroits où je faisais de la plongée sous-marine, et je file en direction du port de la Darse. Mon Dieu qu’il est petit ce port !
Je passe un coup de VHF pour contacter le port et leur demander où je vais bien pouvoir me caser... Ils tardent à me donner une réponse, et pour cause, le petit port est plein comme un œuf.
Enfin, ils me trouvent une place, coincé entre deux yachts gigantesques. Là je flippe un peu car mes défenses (les bouées pour protéger les bords du bateau) sont trop basses par rapport au franc-bord de ces monstres. Aïe ! Mes haubans ! Ouf, pas de casse... Putain que je n’aime pas ça ! Et vous les crétins qui me regardent avec vos yeux de merlans fris, vous ne pourriez pas me filer un coup de main non ? Grr... Bande de touristes à la con !

Bon, j’en rajoute un peu, mais même si ça a été un peu scabreux comme arrivée, je suis quand même parvenu à m’amarrer correctement.

Villefranche sur Mer
Direction la Capitainerie. Inscription pour une semaine... à 14, 50 € par jour. Après on verra pour aller se mettre au mouillage.
Je me renseigne sur les services qu’offre le port, déniche un nom et un numéro de téléphone pour un électricien (je vous expliquerais), prévois de réserver la grue pour sortir le bateau de l’eau en février... Bref, je pose les bases d’une entente durable et profitable.
C’est que maintenant que la Boiteuse est à son port d’attache, il va falloir que je m’atèle à la partie suivante du plan... Et là, il y a du boulot !
Je range le bateau, récupère les reste de nourriture qui trainaient dans le fond du frigo et je fais ma valise. Un dernier coup d’œil pour tout vérifier, et je ferme tout. L’arrêt de bus est à perpète, tout en haut d’une côte longue et escarpée... Heureusement, une bonne âme m’a prise à bord de sa voiture pour m’aider à grimper jusqu’en haut.

Repartir...
 Et vers 18H00, j’étais chez moi. La boite aux lettres débordait, il faisait froid et humide dans ma maison. Dur le retour...
J’ai mangé, tenté de regarder un peu la télé... Puis, n’y tenant plus je suis allé me coucher vers onze heures. Fatigué le Gwen !

Et voilà ! Ainsi se termine ce premier périple dans les eaux méditerranéennes. La suite ? Et bien la suite, euh... On va attendre lundi avant que de commencer à organiser la suite si vous voulez bien. Pour l’instant je suis encore sur l’eau dans ma tête, et mon pied me fait un mal de chien. Il m’a foutu la paix (plus ou moins) pendant trois semaines, et là on dirait qu’il veut me faire payer quelque chose. Faut que je récupère aussi...

Ah tien... J’ai perdu trois kilos !

mercredi 17 novembre 2010

La Boiteuse-Express

43°25'24.12"N 6°45'52.28"E
Saint-Raphaël

Ah mais quelle journée mes aïeux ! Quelle journée !

Le soleil comme ami
Comme vous l’avez lu, j’avais pas mal de route à faire ce mardi… La plus longue étape de mon programme si je ne m’abuse. 40 milles de Hyères à Saint-Raphaël.
Alors j’ai décidé de partir tôt, et manque de bol la capitainerie n’ouvrait pas ses portes avant huit heures… J’ai donc dû poireauter. Note pour plus tard : Lorsqu’on prévoit de partir tôt, payer sa place la veille.

J’ai donc mis les bouts à 08H20. La baie de Hyères brillait comme un miroir avec juste un rayon de lumière qui transperçait les nuages. C’était vachement joli !
Par contre, dès que je portais mes yeux vers l’Est, ma destination, une espèce de nuée sombre obscurcissait tout. On aurait dis que je me dirigeais vers le Mordor…

Mais bon, pour l’instant tout allait bien et je traçais tranquillement au moteur pour me sortir de ce lac. Quelques minutes plus tard, je jette un coup d’œil à ma copine Madame Girouette et je vois alors son drapeau aller dans un sens différent de celui de la marche… Chouette ! Du vent ! Et du travers en plus ! (c’est bien comme allure le travers).

Aussi sec, je hisse la garde-robe et je coupe mon moteur. Superbe. Comme le vent vient juste de se lever, la mer est aussi lisse que la peau d’un bébé. Bref, je fends les flots avec classe et célérité. Le GPS indique que je fais du 5,5-6 nœuds…

Monsieur Pilote au travail
Tout à coup, alors que je me disais combien ces conditions étaient merveilleuses, je sens comme une main gigantesque se saisir du bateau.
Je ne me rappelle plus ce que je faisais à ce moment là, mais je me souviens très bien de cette sensation d’être emporté par une force invisible. Je m’accroche comme je peux et en même temps j’entends deux bruits très différents.
Le premier c’est le bruit du sillage. Enorme ! Une sorte de rugissement. Le second, plus discret c’est un bruit qui fait bip-bip-bip-bip-BIP-BIP-BIP !

Et là je réalise, une bourrasque d’une force incroyable vient de faire lofer ma monture, et le rugissement c’est le bruit que génère le safran en tentant de résister. Et le bip-bip c’est tout simplement le pilote automatique qui me hurle de faire cesser cette torture. D’ailleurs lorsque je le regarde enfin, il est complètement coincé à contre, débrayé. Je réagis enfin et me saisi alors de la barre avec la main droite, et de la gauche j’empoigne l’écoute de GV et je la choque en grand. Aussitôt le bateau retrouve une assiette normale.
Ouf ! On a eu chaud ! Mais d’où il sort ce vent ? Je n’ai absolument rien vu venir… Du F7 à vue de nez…
Un frisson me secoue tout entier. Heu… T’aurais peut-être dû prendre un ris ou deux ma grand, tu ne crois pas ? Et puis le Génois déroulé en grand, ça fait beaucoup quand même…
Je repense à Aslan et à sa question à la con… D’ailleurs c’est bien simple, je crois que dorénavant à chaque fois que cette mer méditerranéenne me fera un coup de pute je penserais à lui !

J’enroule alors le Génois de moitié, et je règle le chariot de la GV pour la déventer un maximum sur le haut, histoire de faire dégueuler le trop plein de puissance. Il aurait fallu que je prenne un ris pour bien faire, mais franchement avec ce qu’il vient de se passer, je ne suis pas trop chaud pour aller me balader sur le pont… Et je reprends donc ma route.

Le fort de Brégançon
Les trois heures qui suivirent furent du pur plaisir. Enfin, si on veut. Pendant trois heure j’ai marché au minimum à 7 nœuds (avec des pointes à 8,5 !), ce qui m’a quand même obligé à rester sur le qui-vive en permanence. De temps en temps, lorsque je sentais que le pilote avait du mal à suivre les sautes de vent, je prenais la barre et faisais gagner un peu de cap et de vitesse supplémentaire. Plutôt fatiguant comme séquence, mais oh-combien plaisante.

Bientôt des repères de sinistre mémoire se présentent sur bâbord. Le fort de Brégançon, le cap Lardier, le cap Taillat, le cap Camarat… Je regarde cette côte, ces caps, et je me remémore dans quelles conditions je les ai déjà croisé. C’était le 31 octobre et je me faisais brasser comme dans une lessiveuse.
Cependant, là les conditions sont quand même différentes. Il y a probablement autant de vent, mais comme celui-ci vient de la terre, il n’a pas le temps de générer de houle. Je trace comme jamais je n’ai tracé.

Du coup, moi qui pensais avoir du mal à boucler mon étape avant la nuit, et qui m’étais préparé à un atterrissage de nuit, je commence à entrevoir la possibilité d’arriver bien plus tôt que prévu. D’ailleurs, Saint Raphaël est là, juste dans mon étrave. Je la vois maintenant. Plus qu’une dizaine de milles à parcourir au près serré…

Ça gîte !
Très serré même le près. Avec une gîte de 35°, plus question de demander à Monsieur Pilote de barrer à ma place. De temps en temps, une rafale essaye de coucher le bateau, et je dois m’arque bouter pour résister. Je commence à avoir mal aux jambes et au bras… J’ai l’impression d’être en régate. Il ne se passe pas une minute sans que je n’ai besoin de border ou de choquer une écoute, d’enrouler ou de dérouler un bout de Génois… Bref, je suis pas mal occupé.

Et c’est là que le téléphone sonne.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore bien ma vie, il faut savoir qu’il est plutôt rare que quelqu’un m’appelle. Et donc, si le téléphone sonne, c’est que c’est important. Mais bon, là j’avais les mains un peu occupées et j’ai dus attendre de mettre le bateau sur une allure moins casse-gueule avant que d’aller voir ce qu’on me voulait.
C’était ma très chère Monique qui s’inquiétait pour moi !
En fait, dans la vallée du Rhône il faisait un Mistral à décorner les bœufs, et elle se faisait donc du souci. Sauf que là où j’étais il y avait du vent certes, mais pas autant qu’en Camargue où ils annonçaient du force 9 ! Ca fait du 75 à 88 Km/h quand même.
J’ai donc rappeler dans la foulée pour la rassurer.
Ca fait bizarre d’avoir une amie au bout du fil alors qu’on est en mer (c’était une première pour moi, et pour elle aussi j’imagine). J’ai essayé d’être le plus rassurant possible, mais je me doute qu’elle a quand même du entendre le bruit que faisait le vent et la pluie qui tombait drue à ce moment là.
T’inquiète Momo ! Je suis presque arrivé ! Saint Raphaël est juste en face de moi ! Je t’embrasse !

Et alors que je venais de raccrocher, une minute à peine après, et que j’entamais la traversée du golf de Saint-Tropez, voilà que tout à coup le vent disparait. Plus rien. La pétole. Incroyable !
Oh non, tu vas pas me faire ce coup-là hein ? Me suis-je dis. J’y étais presque…
J’ai attendu, attendu, attendu… Mais peine perdue, Madame Girouette restait désespérément inerte. Un peu déçu, j’ai rangé la voilure et allumé le moteur.

Et une heure et demi plus tard, je m’amarrais au vieux port de Saint-Raphaël.

Au final j’aurais mis huit heures pour faire 40 milles. Soit une moyenne de 5 nœuds. Autant vous dire que je suis plutôt content de moi.

Saint-Raphaël
Une fois à quai, je me suis enquis d’un point wifi, mais le seul que j’ai pu trouver ça a été le Mac Do… Et en plus ça ramait… Deux heures pour télécharger la vidéo que vous avez pu voir !
En attendant, et bien j’y ai mangé (oui je sais, j’irais en enfer pour ça), et puis lorsque je suis rentré vers 20H30, je me suis écroulé sur ma couchette. Vaincu le Gwen. Mort.

Bon, là il est actuellement cinq heures du matin… Je vais aller prendre une douche (j’en ai besoin !) et je vais me préparer à partir pour ma dernière étape.
33 milles à parcourir pour rallier mon port d’attache, Villefranche sur Mer.
La météo prévoit du vent de secteur Nord, de force 2 à 4. Autant dire que ça va être du gâteau en comparaison des deux dernières journées.

En plus, on va terminer cette balade de 122 milles nautiques comme elle avait commencée, sous le soleil. Et avec un peu de bol, ce soir je dors dans mon lit !

mardi 16 novembre 2010

De Bandol à Hyères (je n'ai pas trouvé d'autre titre...)

43° 04.869N 06° 09.530E
Port de Hyères

M'ouais...
En fait de tourisme, mon incursion dans Bandol c’est cantonnée à arpenter le bord de mer. Des boutiques, pas mal de restaurants, de bars, le tout dans une joyeuse débauche de mercantilisme onéreux.
La ville est plus neuve qu’elle en a l’air depuis le bateau qui approche. Le genre de ville qui a poussé avec la plaisance et les congés payés.
La preuve, lorsque vous demandez alentour ce qu’il y a à voir à Bandol, la réponse est systématiquement la même : Le Casino.

D’accord… Dans ce cas, ce sera sans moi.

Cela-dit je ne suis pas resté inactif. J’ai passé une bonne heure à vous poster le message précédent, à répondre aux commentaires… Je suis allé faire un tour à la supérette pour acheter deux bricoles (dont des piles pour ma radio et mon GPS), et puis le temps que je rentre au bateau il était déjà 11H30.
Préparation du manger, ingestion du manger, digestion du manger par l’intermédiaire d’une bonne grosse sieste, et il est tout de suite cinq heures du soir.

Mais bien sûr...
En toute fin de journée, alors que la nuit était déjà tombée, je suis retourné au café qui faisait wifi, et devant un Gambetta limonade j’ai pris connaissance de vos commentaires sur ma nave d’hier, et des prévisions météo pour la journée de demain. J’en ai profité pour taper la discute avec mon amie Thérèse via Fesses de Bouc… Et puis télécharger un film pour la soirée.

Ah, j’ai aussi acheté une carte postale pour l’envoyer à mon père… Pas facile à écrire celle-là, tellement j’ai peu l’habitude de correspondre de cette façon avec lui. M’enfin, je me dis que ça pourrait être un bon moyen de garder une autre forme de contact. Des images plutôt belles, des mots simples et rassurants… Son fils va bien et ne fait pas de bêtises, c’est tout ce qui importe pour lui. Et comme je sais que ma famille ne lit pas mon blog (enfin je crois), cela permettra de diffuser un peu d’information.

Bon, ça c’était hier. Aujourd’hui a été un autre jour.

Alors que vous dire de cette journée ? Elle a commencé sous la pluie… A peine avais-je largué les amarres qu’un grain me tombe sur la poire comme pour fêter mon départ. Heureusement, j’avais prévu le coup, et je n’ai eu qu’à remonter ma capuche pour me mettre à l’abri.
Je sort du port au moteur, bien sûr, mais aussi avec la GV déjà hissée et deux ris de pris. En effet, la météo annonce du force 5 à 6 en début de matinée qui devrait mollir et tourner sur les coups de midi. Aussi, ayant bien appris ma leçon, j’ai pris mes précautions et hissé le bordel avant que de me retrouver dans la panade.

C'est gris, mais c'est joli !
Deux ris, c’est bien. Et comme je suis prudent (si-si !), je ne déroule le génois que sur sa moitié. Cap au 180°, plein sud.
Le vent vient du Sud-est, ce qui fait donc que je me retrouve… Allez, des volontaires pour donner la bonne réponse… Non ? Personne ?
Au près bien sûr ! (z’êtes nuls !)

Et au près, ça gîte. Ça gîte même pas mal. Mais c’est pas grave, ce qui compte à cet instant, c’est ce que me dit mon GPS. 7 nœuds ! 7,4 nœuds !

Wahou ! Ça dépote !

C’est là que je me dis que j’ai bien fait de prendre deux ris… car je n’ose imaginer ce que cela aurait été si j’avais laissé toute la toile… Enfin si, je le sais. Je serais allé au tapis, et pis c’est tout.

A cette vitesse je commence à me dire que cette journée va être vite bâchée. Peut-être que je pourrais tenter de rallier Cavalaire ?
Euh… Non. Ca va pas être possible ça… Logiquement le vent devrait basculer et faiblir. C’est ce qu’ils ont dit les sorciers de la Météo.
Et effectivement ils avaient raison. Vers 11H00, je sens que le vent vire peu à peu au sud puis au sud-ouest. Je vire de bord pour passer le cap Sicié… Et là, ça molli, ça molli, ça molli… En un rien de temps je me retrouve sans un poil de vent. La pétole pure.

Ce matin j’essayais d’expliquer à Aslan les caractéristiques de la Méditerranée… Et bien c’est çà la Méditerranée. T’es là, pénard, détendu du gland, et puis l’instant d’après tu te retrouves soit avec des conditions à faire frémir un jeune mousse, soit avec une pétole molle à faire pleurer un régatier.
Le souci c’est qu’autant une mer hachée par des vagues de un mètre, c’est facile à traverser avec sept nœuds de vitesse à la voile, autant à 1,5 nœuds… Tu te fais secouer comme un prunier pour pas un rond.
Les voiles se déventent à qui mieux mieux dès que tu es dans le creux de houle, la bôme n’arrête pas de valdinguer dans tous les sens… Bref, le bateau souffre et forcément le marin aussi.

Je démarre alors le moteur et décide de faire un peu de route en attendant la fin de la bascule. Car je sais ce qu’il va se passer… Je n’ai qu’à attendre un peu et il va se remettre à souffler aussi fort, mais dans l’autre sens !
Et c’est bien ce qu’il a fait. Une heure plus tard, j’éteignais le bourrin et re-hissais la toile. Me voici au Grand-Largue (¾ arrières), et je trace à plus de 6,5 nœuds.

Je suis aux anges. Tellement aux anges que j’en profite pour vous faire une petite vidéo, histoire que vous en profitiez vous aussi.



Sitôt le film terminé, je décide d’empanner pour pouvoir passer le petit détroit entre la presqu’île de Giens et Porquerolle… Et pendant un instant, une seconde à peine je vois le chiffre magique s’inscrire sur l’écran du GPS. Le symbole de l’infini à la verticale… Huit nœuds !
Trop puissant !

Au ras des moustaches !
Je passe le détroit en frisant les moustache de la Jaune Garde, prenant des photos au passage, et m’engage alors dans la baie de Hyères. Et là, magie de la géographie, je débouche sur un lac… Pas une vague, rien. Pas un souffle de vent non-plus d’ailleurs.
Hyères est là, en face de moi à trois milles à peine.

Du coup, j’ai profité de ce calme pour prendre tout mon temps pour préparer mon atterrissage.

16H45, une demi-heure avant le coucher du soleil, fin de l’étape. Je suis amarré au quai et j’envoie alors le sms qui va bien à Monique.

Voilà ! Vous voulez que je vous dise ? Et bien c’était un bien bonne journée que celle-là ! Le seul bémol, c’est qu’ils m’ont bien donné un identifiant et un mot de passe pour me connecter à internet, mais apparemment il y a un loup… Ça ne marche pas.
Alors je pense que vous ne lirez ces mots que demain soir… Tant pis pour vous !

PS : A la vue du nombre de points d’exclamation, vous devez vous dire que j’ai une pêche d’enfer… Et bien non, j’suis naze. Je vais manger et me coucher illico presto.
Demain j’ai une longue étape à faire, je vais essayer de rallier Saint-Raphaël (40 milles), et en plus si je m’attarde un peu trop dans le coin, ça risque de bastonner… Donc on va essayer de partir entre chien et loup, genre sept heures du matin.

Re-PS : Actuellement je suis arrivé à Saint-Raphaël. Port hyper sympa, mais sans wifi… Donc je vais aller au McDo vous poster cette lecture, et pour l’étape du jour, et bien… Vous attendrez demain ! Et pis c’est tout !

dimanche 14 novembre 2010

Du vent dans les voiles

43° 8'1.14"N 5°45'18.64"E
Bandol

Et c'est parti !
Douze jours après m’y être arrêté lors de mon trajet aller, me voici de retour à Bandol.
A la même place qui plus est.
Il est six heure. Tard comme horaire pour se lever… Inhabituel plutôt, compte tenu de mes habitudes. Mais c’est un peu normal après la journée d’hier.

Comment vous décrire cette journée ? Magnifique, splendide, super-tip-top-géniale ?
Le mieux est peut-être que je vous en fasse le récit, comme ça vous vous ferez vous-même une idée.

Je suis parti de la Pointe Rouge un peu à la bourre. Enfin, un peu plus tard que je ne l’avais prévu… C’est de ma faute, car préparer un bateau pour la navigation, c’est du boulot. Lorsqu’on est à quai, et a fortiori depuis un bout de temps, on a tendance à s’étaler… On sort des tas de trucs des équipets, des coffres, et comme on sait que l’on va s’en resservir, et bien on ne les range pas.
C’est vrai que le bateau est un symbole de liberté, qu’on peut larguer les amarres quand on veut… Oui, c’est vrai, mais pas sur un claquement de doigt. Bref, j’ai perdu du temps à tout mettre en place.
En plus j’ai trainé un peu avec les plongeurs qui s’apprêtaient pour la journée. On a pris un dernier café, discuté des projets de chacun… On s’est dit qu’on se reverrais sans doute en février ou en mars lorsque je prendrais définitivement la Route.

Con-temps !
Il était 09H15 lorsque j’ai largué les amarres. Un petit arrêt à la pompe pour rajouter du gasoil et me voilà parti.
Dans la baie le vent est… Faible. Très faible même. Mais je m’en fout, j’ai trop hâte de naviguer enfin à la voile, alors je sors tout ce que j’ai. La GV haute, le Génois déployé en grand, je cherche le moindre souffle d’air.
Le vent est variable comme on dit. Et variable dans le langage météorologique ça veut dire qu’il n’arrête pas de changer à la fois en intensité et en direction.
J’ai du mal à trouver une allure. Le Génois se gonfle de temps en temps et s’affaisse lamentablement dans les secondes qui suivent. Et moi je me traine à moins de deux nœuds…

Vers onze heure, j’en ai marre. Je suis toujours en face de Marseille, et je n’ai pas envie d’y passer la journée. Je remballe le Génois et je mets le moteur en route, me disant que, peut-être, si je m’écarte un peu plus de la côte… Une demi-heure se passe, je refais un essai sous voile… Le vent à tourné au Sud-est comme c’était prévu, mais reste désespérément insuffisant pour faire avancer le bateau à plus de deux nœuds.

Re-moteur, et cap sur le danger isolé de la Cassidaigne. Dans ma tête je me dis qu’une fois là-bas il ne me restera plus que 9 milles à parcourir, et que si je dois les faire à deux milles à l’heure, et bien je pourrais rallier Bandol sous voile et avant le coucher du soleil.
Bonne pioche. A la Cassidaigne j’ai droit à un petit zeph léger-léger mais suffisant pour faire avancer ma monture à 3,5 nœuds au près.

Enfin !

Tranquille !
Enfin, je n’ai plus le bruit incessant du moteur dans les oreilles. Enfin, je peux profiter pleinement des capacités de mon bateau… Enfin, je profite vraiment. Je suis bien, la gîte est légère, l’étrave fend les vagues avec une aisance qui confine à la magie. Je suis exactement là où je voulais être, à un moment choisi par moi… Je suis à ma place.

Pour fêter ce moment je m’offre un sandwiche au pâté de campagne. Pendant que je mange, je croise nombre de voiliers qui font route dans le sens inverse et qui eux marchent au moteur. De les voir ainsi me rempli d’une espèce de fierté. Une fierté qui a bien meilleur goût que le pâté de supermarché croyez-moi !

Au fur et à mesure que s’avance l’après-midi le vent se renforce peu à peu et mon canote accélère. 3,5 Nœuds… 4... 4,5... 5,5...
YES ! Je vais aussi vite qu’au moteur ! Le bruit et la pollution en moins.
Du coup Bandol se rapproche à vitesse grand V. Je vire de bord pour aborder l’approche avec un angle satisfaisant… C’est marrant, le Tom Kyle (pas encore la Boiteuse, hein ! Mais c’est pour bientôt !) est plus à l’aise lorsqu’il est bâbord amure. C’est-à-dire lorsque le vent le frappe par la gauche… Je me dis que c’est normal puisque le réservoir à gasoil est à tribord et je viens de faire le plein. Il gîte donc mieux et sa coque offre moins de résistance à l’eau. Il est plus à l’aise et va plus vite ! SIX NŒUDS ! SIX NŒUDS VIRGULE UN !



C’est le pied. Le pied intégral.

Un petit coup de compas de relèvement… Ok, on revire de bord. Yes ! Pile poil dans la ligne de foi et toujours au près serré. Trop fort le Gwen !
Je passe l’îlot de Bendor et déboule littéralement dans la baie de Bandol à pleine balle au milieu des nombreux plaisanciers qui rentrent au bercail. Je rattrape un 40 pieds également sous voile mais apparemment mal réglé, le double à pleine vitesse, lui fait un petit coucou au passage. J’enroule mon Génois dans la foulée et vire devant lui pour me mettre face au vent et affaler ma GV. Je sais que c’est puéril, mais j’ai envie de faire de l’épate.
La manœuvre est superbe. Impeccable.

Photo !
Mise en place des pare-battages, des deux pointes arrières, et me voilà un quart d’heure plus tard dument amarré au ponton visiteur.
Là encore, et ce n’est pas pour me la péter, la manœuvre a été… Splendide !

Bon d’accord, je me la pète un peu… Mais franchement il y a de quoi. Je sais reconnaitre lorsque je fais des connerie, aussi je pense avoir le droit de me rengorger lorsque je fais les choses bien. Non ?

Passage à la Capitainerie. Vous restez combien de temps ? Heu… je ne sais pas. Une nuit c’est sûr, peut-être deux. Ca dépendra de la météo.

Et c’est comme ça que je me suis retrouvé à bon port, bien au chaud, après une journée que je qualifierais de magnifique.

Repos...
Maginifique certes mais aussi épuisante puisque sitôt mon diner avalé il m’est venu un méchant coup de barre qui m’a conduit directe dans ma niche. Un peu de lecture pour amorcer la pompe à sommeil, et à 21H00 extinction des feux ! Et c’est à six heures du mat que je les ai rouvert.

J’ai rouvert les yeux, et j’ai alors entrepris d’essayer de répondre à la question du Capitaine. Qu’est-ce que je fais ? Je pars ou je reste un peu ?
Dehors j’entends les drisses qui frappent aux mâts. Le bateau bouge sur sa pendille… Pas bon ça. Je m’avale deux bons moques de café pour m’éclaircir les idées, et je commence à rédiger ce texte.
Huit heures du mat, je prends la direction de la Capitainerie pour m’enquérir des prévisions de la journée. Pas bon. Enfin, quand je dis pas bon, j’entends pas agréable. Du Sud-est force 5 fraîchissant dans l’après-midi… En plein dans l’axe de ma route.
En plus j’ai le cap Sicié à passer… et Sicié par vent d’Est, c’est pas de la tarte. Demain il y aura moins de vent mais de la houle, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse…
Je m’accorde une cigarette pour me donner le temps de réfléchir et de prendre une décision…

Bon allez ! On est pas aux pièces, c’est décidé je passe le dimanche à Bandol.

Sur le chemin du retour je repère un peu les lieux avec mon vélo. Je déniche le bar qui dispose d’un accès internet et que m’a indiqué le Capitaine du port. Une petite supérette pour racheter les trucs que j’ai oublié… Ok, c’est tout bon.
Je n’ai plus qu’à mettre un point final à cet épisode, préparer quelques photos pour illustrer tout ça. Une liste des courses aussi. Et puis on va aller squatter ce bar et vous envoyer tout ça.

Et puis on va faire un peu de tourisme aussi ! Il n’y a pas de raison…

Demain, si Neptune le veut bien, on prendra la direction de Hyères. La ville des palmiers !