mercredi 13 mars 2013

De l'Uruguay à l'Argentine

34°26.602S 58°31.795W 
Buenos Aires, Argentine 

Adios Colonia !
Nous sommes donc samedi 09 mars, et il est précisément 11H00 lorsque j'attrape enfin mon cahier à spirale pour commencer à prendre des notes sur cette navigation. Nous sommes partis depuis plus d'une heure maintenant, et je me rends compte que je me laisse un peu aller en ce qui concerne la tenue de mon journal de bord (je sais, je vous ai déjà parlé de mes soucis d'auteur, aussi je n'y reviendrais pas). Pourtant, il y a de quoi prendre des notes puisque La Boiteuse est en route pour une nouvelle étape de son voyage, l'Argentine. Ou plutôt la banlieue ouest de la ville de Buenos Aires, au Club de Veleros Barlovento, dans la ville de Victoria, district de San Fernando (On va dire Buenos Aires, c'est plus simple). 
 Le temps est beau, et nous avançons à quatre nœuds au près serré dans une mer belle, bien que d'une couleur douteuse comme il se doit dans le Rio de la Plata. Ce matin nous sommes partis à deux bateaux, avec nos amis argentins Daniel et Suzana à bord de leur Vulevu. Cela me rassure que de savoir qu'un autochtone ouvre la voie dans cette mer si fantasque et si peu profonde. D'ailleurs peut-on réellement parler de mer ? A Colonia j'ai goûté l'eau, et c'était de l'eau douce. 

Attention au NGV !
Perso, je vous avoue que je suis assez content de quitter l'Uruguay... Non pas que j'ai n'ai pas apprécié mon séjour de deux mois dans ce pays, l'ambiance qui y règne étant assez sympa, mais disons que j'ai hâte de passer à autre chose. La Boiteuse a besoin de se refaire une beauté, et moi de me reposer un peu. Car si l'on y regarde bien, je suis en mode « navigation » depuis bientôt six mois, et je commence un peu à en avoir ma claque. J'ai vraiment envie de me poser pendant un long moment au même endroit et de profiter du temps qui passe sans avoir à me soucier de la météo, ni de la route que j'ai à faire. 

11H30 : Je suis un bourrin me dis-je en regardant l'état de ma Grand-voile. J'ai oublié d'y jeter un œil avant de partir, et résultat ; les sparadraps que j'ai utilisé pour la réparer la dernière fois sont en train de se décoller. Vivement qu'on arrive. J'ai entendu dire qu'il y avait un bonne voilerie à Buenos Aires, et je ne serais pas contre une nouvelle GV bien épaisse et bien lattée. C'est une misère que de la voir ainsi, toute déformée et toute couturée. 

5° sur tribord tu dis ?
12H30 : Nous avons perdu notre petit bateau pilote. Je ne sais pas trop comment il arrive à faire ça, mais le fait est qu'il remonte beaucoup mieux au vent que nous. Enfin si, je sais : sa coque est toute propre et sa GV en bon état. Il n'y a pas de secret... La Boiteuse n'est plus aussi performante. Qu'importe, le Rio est plein de voiliers qui vont dans la même direction et je n'ai qu'à suivre le flot. Cela dit, je me sentirais quand même mieux avec un sondeur qui marche. Selon la carte, nous n'avons actuellement que 1,30 m de flotte sous la quille... 
Pour l'instant nous tenons une bonne moyenne, 3,7 nœuds, mais le cap laisse à désirer. Cependant, je pense toujours, j'espère, arriver à l'embouchure du Rio Lujan pour 18H00 (heure uruguayenne), et le point culminant de la marée. 
Je vois de plus en plus de débris végétaux qui flottent au fil de l'eau. Il ne manquerait plus qu'on se paye un tronc d'arbre ! Malgré mon envie de faire une sieste, je redouble de vigilance, les yeux fixés sur l'étrave. 

15H00 : Allumage de Mercedes. La nave est belle, mais il ne s'agirait pas de rater la marée. Le moteur en appui des deux voiles, nous filons à 5,2 nœuds. C'est pile ce qu'il nous faut pour être à l'heure. 

Buenos Aires
15H40 : On voit bien Buenos Aires maintenant. C'est énorme... Avec tous ces gratte-ciels, Zoë est « enthusiastic » ! Ça doit lui rappeler New York. Moi par contre je le suis un peu moins. Mais bon, je pense qu'il est inutile que je revienne là-dessus, vous connaissez ma position par rapport aux grandes villes. 
En fait, je me rends compte que j'ai du mal à apprécier cette nave. Je suis tendu comme un string, attentif au moindre bruit suspect. J'ai vraiment hâte d'arriver, et surtout d'arriver sans casse. 

 17H30 : Nous sommes au moteur depuis deux heures et demi maintenant. J'ai poussé un peu les chevaux pour pouvoir être dans les temps, mais malgré tout je vois l'horloge du bord égrener les minutes inexorablement. Ça va être juste. 
La carte indique un fond de 1,90 m. J'ai beau savoir que la marée apporte 1,30 m d'eau supplémentaire, je ne me sens pas tranquille. 

Le Vulevu en éclaireur
 17H55 : Surprise ! Vulevu est en vue sur tribord arrière, alors que ce matin il nous semait de belle façon ! Tant mieux, je préfère ça. Je n'ai plus qu'à me laisser guider. Nos deux bateaux se rapprochent, et nous nous insérons dans la circulation. Car on peut bien parler de circulation maintenant : Je ne sais pas combien de voiliers j'ai sous les yeux, mais je crois bien que c'est la première fois que j'en vois autant de ma vie. En plus, il semblerait qu'il y ait une régate... 
Le top en matière d'exotisme, c'est de croiser un type tranquillement assis à l'arrière de son 30 pieds, barre franche dans une main et bol de maté dans l'autre ! Décidément, l'argentine est un pays de voileux ! 

Oups ! Y'a du monde sur l'eau !
19H00 : Nous avons franchis la dernière bouée du chenal et nous commençons à remonter le Rio Lujan. Un a un, les voiliers s'engouffrent dans leur marinas respectives... Derrière les frondaisons je peux apercevoir des bâtiments aussi luxueux que magnifiques... C'est dingue, je crois qu'on pourrait presque parler de yachting-ghetto. Il y a pratiquement une marina tous les cent mètres, et la notre est la cinquième sur la gauche. 

Comment on descend ?
19H30 : La Boiteuse franchit l'entrée de la marina, protégée par deux murs en béton. Nous tournons en rond quelques minutes, l'air un peu perdu. Une lancha s'approche, et son pilote nous indique qu'il n'y a pas de place disponible. 
Merde ! Je ne m'étais pas attendu à ça... J'insiste un peu, précisant que nous avons l'intention de rester un bon moment pour des travaux, et donc que nous avons du pognon à dépenser. Là, comme par miracle, le lanchero nous trouve une place tout au fond. J'arrête le moteur, nous sommes arrivés. L'amarrage est facile, même pas besoin de se servir de nos propres lignes, car tout est sur pendilles, à l'avant comme à l'arrière... Et c'est là que je commence à tiquer. Comment on fait pour descendre à terre ? 
Nous passerons cette première nuit en Argentine, au mouillage, à cinq mètres de la terre ferme... 

 A suivre ! 

Le Rio Lujan et ses marinas...

7 commentaires:

Astrd a dit…

En effet, beaucoup de monde!! Je comprends que tu n'es pas apprécié plus que ça la nav'... De même pour ton "less entusuastic" à la vue des buildings... :/
Mais si tu y restes longtemps, tu pourras prendre le temps d'aller un peu aù-delà de toute cette civikisation découvrir les beautés que l'Argentine a à offrir! J'espère que les premiers jours se sont bien passés, j'attends la suite avec impatience!

Monique a dit…

Mais qu'est-ce que c'est que ce mouillage ridicule ?
Un bonne planche et tu es à terre !
Ou même à pied!
Pas besoin de l'annexe !
La marina a l'air boisée et agréable : Touline va pouvoir aller se faire les griffes !
Allez, au boulot ! On attend la suite !

Gwendal DENIS a dit…

@Astrid : Je compte un peu là dessus, prendre le temps de passer outre les barrières. On verra si ça marche encore cette fois ci.

@Monique : Eh Oh ! Je te rappelle que je ne suis pas pigiste ! La suite viendra en son temps... :)

Bateau Loïck a dit…

Bon on compte sur toi pour nous trouver le coin sympa, pas cher, bien approvisionné, pas trop loin du centre mais en retrait quand même, avec des gens qu'on aime bien. On arrive... On viens de finir le gros avitaillement.

Gwendal DENIS a dit…

@Loîck : C'est comme toujours la recherche de la quadrature du cercle !
Pour les gens que vous aimez bien, à par moi, je ne peux que vous proposer Luciano que je ne cesse de croiser depuis Jécaré !

lucifer ! a dit…

j'ai attentivement essayé de repérer La Boiteuse et sa marina ... mais c'est pas facile .!
Ton coeur devrait sauter de joie ,puisque te voilà au pays du pape !!! Ah c'est vrai, tu ne sais peut-être pas !
Chic! nous allons visiter un petit bout d'Argentine , avec tes yeux !

Mais où est Touline ? Tu ne l'as pas mangée au moins ?

Gwendal DENIS a dit…

@Lucifer : Touline va bien, mais se sent un peu frustrée de ne pouvoir descendre à terre. Résultat, elle explore la marina en sautant de bateau en bateau ! Au risque de tomber à l'eau, ce qui lui est déjà arrivé une fois depuis notre arrivée.