mardi 8 juillet 2014

Contraste

22°44.868S 41°53.083W
Armação de Búzios

Praia dos Ossos
Brésil, terre de contraste. C'est l'expression, un peu bateau j'en conviens, qui viendrait sans doute à l'esprit du poète qui serait, comme moi, assis dans son cockpit à regarder le rivage de Búzios... Que de changements par rapport à l'île de Paquetá !!!
Pour ma part je ne souscris pas à cette expression... Elle est bien trop naïve, trop réductrice. Le contraste c'est pour les peintres et les photographes et comme je l'ai dit, les poètes. Le contraste, c'est un élément de langage pour désigner les inégalités sociales et s'en battre les couille tout en trouvant ça joli.

Magnifiques statues de bronze
Aussi, après l'île de Paquetá, au tourisme sans prétention ni ostentation, où les couples de la classe moyenne venaient s’imprégner de l'atmosphère romantique du lieu, et où les filles ont tendance à devenir obèse passées quinze ans, nous voici dans ce qu'il est convenu d'appeler le Saint-Tropez Brésilien : Búzios.
Ici, on est dans le haut de gamme. Partout des bars et des restaurants chics, de somptueuses villas, des boutiques de luxe où le prix du bikini est inversement proportionnel à la surface qu'il couvre, et où on compte un canon de chez canon au mètre carré. Car la beauté au Brésil n'a rien à voir avec la génétique, c'est une question de classe sociale (je parle en général bien sûr. Il y a toujours des exceptions, mais elles sont rares).

Brigitte Bardot
Je vous avouerais sans honte que de me retrouver dans une telle atmosphère n'est pas sans me déplaire... Et oui, car mine de rien Búzios n'est pas sans me rappeler certaines stations balnéaires du sud de la France, et c'est un peu comme si je me retrouvais... Non pas à la maison, mais en terrain connu. Et ça fait du bien quelque part. Vivre dans la simplicité que génère la pauvreté n'exclue pas de temps en temps d'apprécier la modernité qu'offre la richesse. Surtout quand on a été élevé dedans. Bref, tout ça pour dire que même si je passe mon temps à dénoncer les inégalités et à fustiger les nantis, j'apprécie également, pour un temps, de me retrouver parmi eux. Je sais, c'est paradoxal par rapport à ce que j'ai écrit plus haut. Mais je suis un être paradoxal.

Pousada l'Escale
Cela dit, au milieu de toute cette superficialité il existe un lieu de simplicité fort agréable, c'est la pousada de mes copains Sylvia et Francis, l'Escale. Et je ne dis pas ça parce que je sais qu'ils me lisent ! Sérieusement, c'est mignon comme tout, et l'ambiance (à la française ?) tranche avec le ton général qui est beaucoup plus, comment dire, tape à l’œil. Bref, ça m'a fait plaisir de les revoir après deux ans (déjà ???), et je les remercie beaucoup pour leur accueil. (voilà, ça c'est fait.)

Mais bon, il me faut tout de même relativiser l'impression que m'a laissé mon séjour à Búzios... Car il a été court. Une semaine, pour moi en tous cas, ce n'est pas assez pour réellement prendre le pouls d'un lieu. Pour prendre mes marques. Je suis toujours dans le mouvement de la route, l'esprit à peine délesté du stress de la nave précédente, que me voilà déjà dans celui de la prochaine. Pour le coup, j'ai vraiment l'impression d'avoir été un touriste pendant mon séjour ici.
Car oui chers lecteurs, demain je reprends la mer pour un raid de 650 milles (mas o menos). Je vais tenter de profiter d'une fenêtre météo exceptionnelle qui devrait me permettre de rallier Salvador de Bahia en une seule nave.
La Boiteuse sur sa bouée

La Boiteuse est opérationnelle, les pleins d'eau et de gas-oil sont fait, l'avitaillement également. J'ai troqué le Génois léger contre le foc de façon à être prêt à encaisser le gros temps... Bref, y'a plus qu'à.

On se retrouve dans une semaine ! Até logo !

8 commentaires:

hedilya a dit…

Bon vent, bonne mer et au plaisir de la semaine prochaine...

aglae75 a dit…

Belle nav Gwendal que les vents te soient favorables. A très bientôt.

Monique a dit…

Bon vent, l'ami ! A très vite !

Cécile Delalandre a dit…

Bon vent Gwen! Bisous! *_*

Gwendal DENIS a dit…

Merci à toutes !
(Et oui, il n'y a que des filles)

Anonyme a dit…

Bonjour Gwendal,
Je te souhaite bon vent et bonne mer !
David de Nantes

... a dit…

bonne route....

Ad Dresseur a dit…

salut gwen
il y a très longtemps, j'ai lu un livre magnifique de Jorge Amado. le livre s'appelle "Dona Flor et ses deux maris" et ça se passe à Salvador de Bahia.
sinon c'est super cette soudaine envie de faire des nav de plus de 10 miles...
bonne remontée...(et prudence)...
biz