dimanche 1 avril 2012

Huelga General

28°05.360N 17°06.543W
San Sebastián de la Gomera

Jeudi 29 Mars 2012, Grève Générale en Espagne pour protester contre la réforme du marché du travail... A San Sebastián de la Gomera aussi le peuple était dans la rue. Enfin, quelques centaines de personnes tout au plus.

Local syndical de San Sebastián
Le défilé se termine sur la Plaça de las Americas
Une mobilisation plus syndicale que populaire...
Mais ailleurs, à Barcelone notamment, la mobilisation était toute autre....

Et la répression aussi...

samedi 31 mars 2012

La longue route


28°05.360N 17°06.543W
San Sebastián de la Gomera

Cette journée est importante, et même si je n’ai pas grand-chose à vous dire de plus qu’il y a deux jours je tenais à marqué le coup en vous en touchant deux mots. Il y a un an, jour pour jour, je quittais les pontons de Saint Laurent du Var pour commencer mon voyage.

Voilà.

Bon d’accord, je sens qu’il faut que je m’étende un peu plus sur le sujet... Loin de moi l’envie de faire un bilan (il n’y a que ceux qui ont des comptes à rendre qui font des bilans), mais peut-être puis-je vous faire une petite piqure de rappel.
D’abord il y a un an ma tronche ressemblait à ça, à gauche, et que maintenant elle ressemble à ça, à droite.

31 mars 2011, 31 mars 2012

Entre les deux, une année donc, quelques kilos en moins et 2553 milles de parcourus... Non, ne cherchez pas, il n’y a que peu de rapport entre les deux. C’est juste la vie qui vous change, le voyage, la liberté. Quand je me regarde, le sourire est moins franc certes, mais le regard est sans doute plus serein. J’ai grandi aussi, quelque part.

Aucun regret. Ça ne sert à rien les regrets. Bien au contraire, je dirais que je suis de plus en plus déterminé. La longue route, celle des rêveurs et des vagabonds, n’est pas qu’une simple ligne tracée sur une carte. 2553 milles, ce n’est rien si l’on va chercher par là.
Mais tout ce qui s’est passé pendant cette année, les gens que j’ai rencontré, les paysages que j’ai vu, les expériences que j’ai vécu... Ce sont toutes ces choses qui font la longue route.

Et ma longue route à moi a commencé il y a un an, et croyez-moi quand je vous dis qu’elle ne finira probablement jamais... Et c’est tant mieux. 

Ma longue route...

jeudi 29 mars 2012

De Las Palmas à San Sebastián

28°05.360N 17°06.543W
San Sebastián de la Gomera

13H00, je décolle du ponton gasoil après avoir fait le plein de mes réservoirs. Le port est payé, je suis passé à la petite superette pour acheter du pain du beurre et des bananes, et puis surtout je me suis appliqué à dire au revoir à un maximum de personnes.
Je vais avoir un peu de mal à citer tout le monde, les omis m’excuseront, mais mon séjour à Las Palmas a été émaillé de plein de rencontres toutes aussi passionnantes et agréables les unes que les autres. Il a bien sûr mon voisin Simon et sa femme Jeannine... Que c’est agréable d’avoir des voisins pareil ! D’abord ils sont devenus dingues de Touline, qui le leur a bien rendu, mais aussi grâce à Simon j’ai appris plein de choses ! Et la principale étant de ne plus avoir peur de mon moteur... Car oui, étant donné mon incompétence en matière de mécanique, je vous avoue que jusqu’à présent dès qu’un truc clochait dans le moulin j’étais complètement perdu. Maintenant que je sais à peu près comment ça fonctionne, je suis un peu plus serein. (Oui, j’ai bien écris « à peu près », car je reste un néophyte). Je crois que la prochaine fois que Mercedes me jouera des tours, je lui rappellerais ce que m’a dit plusieurs fois Simon, à savoir que j’avais probablement le meilleur moteur de tout Las Palmas... Espérons que ça satisfera la belle allemande !

Hasta luego Las Palmas !
Ensuite il y a eut cette famille complètement incroyable pour qui veut rester dans les sentiers battus ; Maud et Bruno avec leurs deux enfants Oscar et Arthur. Leur histoire est une véritable épopée. Pour la faire courte sachez que parmi les candidats à la transat qui sont venus me voir pour embarquer avec moi il y avait cette famille... Mais vous imaginez bien que je ne pouvais pas prendre quatre passagers dont deux enfants de deux ans et demi et cinq ans, c’eut été pour moi beaucoup trop de responsabilité, sans compter que la Boiteuse est bien trop petite pour cinq.
D’ailleurs c’était sans doute le cas également pour la plupart des bateaux puisque la petite famille se trouvait « coincé » à Las Palmas depuis plus de six mois, entassé dans un vieux combi. S’ils voulaient traverser un jour, il ne leur restait plus qu’à acheter un bateau et à le faire eux-mêmes. Et bien c’est ce qu’ils ont fait ! La semaine dernière ils ont fait l’acquisition d’un First 30 appelé Nonobstant qui deviendra pour des années, enfin je le souhaite, leur nouvelle demeure et leur fière monture.

La famille pirate !

Je ne voudrais pas oublier Patrick et Insa que j’avais connu à Gran Tarajal en juillet, et puis aussi Philippe que je n’ai pas connu aussi longtemps que j’aurais voulu étant donné qu’on va dans le même coin... La Patagonie ! Bref, j’ai fais mon petit tour et ce n’est qu’à 13H00 que j’ai pu enfin larguer les amarres.

Dès la sortie on attaque dans le vif du sujet avec deux heures de moteur, vent et houle dans le nez pour pouvoir contourner l’ile de Gran Canaria pas le Nord... Entrée en matière plutôt désagréable pour moi comme pour Touline après six semaines à terre. La Boiteuse attaque la vague comme une brave, mais ce n’est pas sans en prendre plein la carène. A l’intérieur ça secoue pas mal et le tangage a tendance à me rendre malade (plus que le roulis d’ailleurs).

C'est lui qui barre maintenant
15H00, la pointe de la Isleta est passée, on peut maintenant piquer vers l’Ouest sous voile... et il est temps pour moi d’essayer mon nouveau régulateur d’allure Navik. Les débuts furent assez rigolos je peux vous le dire. Notamment lorsque j’ai cru que tout était enfin en ordre et que la Boiteuse a commencé à faire demi-tour ! Normal, la pale aérienne était dans le mauvais sens !

Mais bon, après quelques tâtonnements, quelques réglages, la Boiteuse commença à suivre une route impeccable... Pourtant nous n’avancions qu’à 3 nœuds par le travers, mais j’ai été franchement épaté par les qualités de cet engin. Quel confort ! Quelle réactivité ! Ce pauvre Monsieur Pilote qui depuis un an m’a rendu tellement de service, se retrouve relégué au rang d’auxiliaire pataud et énergivore !
Bon, le seul souci avec un régulateur c’est qu’il faut veiller en permanence à ce que le vent ne change pas de direction, sinon vous changez vous aussi de direction... Par exemple pendant la nuit celui-ci a viré à l’Est à la faveur d’un petit roupillon, et je me suis retrouvé à m’écarter de ma route d’une jolie manière.  Bon, heureusement je m’en suis aperçu assez vite et je n’ai perdu que quelques milles.

Oups ! le vent à viré à l'Est !
Une autre de mes nouvelles acquisitions qui m’a bien facilité la vie fut l’AIS. Avec cet appareil je pouvais voir sur mon écran d’ordinateur tous les ferrys qui se baladaient dans le détroit entre les iles. Qui plus est, celui-ci sonnait toutes les demi-heures, ponctuant le temps et m’empêchant de dormir trop longtemps. Pendant ce temps-là les batteries fonctionnaient apparemment bien, alimentant toute l’électronique et le frigo. Pour info (surtout pour Jean-Michel !) je ne suis jamais descendu en dessous de 12,6 V et les panneaux solaires m’ont fait remonter à 13,1 V avant même le soleil de midi. Le top.

C’est bien simple, cette navigation pour aussi courte qu’elle fut m’aura permis de valider tous mes choix en matériel. J’ai pu essayer le régulateur sous toutes les allures et toutes les forces de vent. Aussi bien au portant qu’au près serré, et de la pétole molle au F5 Beaufort.
La consommation en électricité a été très fortement réduite et c’est compensé d’elle-même en quelques heures... Bref, comme je vous le disais, le top.

La gîte n'est pas un problème, il suffit de se caler !
La dernière partie de la traversée, celle qui m’amena de la pointe sud de l’ile de Tenerife à San Sebastián fut même relativement sportive puisque pendant trois heures nous avons filé à 5 nœuds au près ultraserré (à 25° du vent, oui Msieurs-Dames !). Les chandeliers dans la flottes et 35° de gîte ! Pas vraiment le pied, mais assez cool quand même. Surtout quand vous voyez un autre voilier obliger de tirer des bords alors qu’il suit la même route que vous.

En fin d’après midi l’ile de la Gomera apparait dans toute sa splendeur. Enfin, moi je l’ai trouvé jolie avec sa forme de gros rocher rond planté dans l’eau. De hautes falaises, des vallées profondes... Franchement La Gomera vu de la mer, ça a de la gueule.

San Sebastián est en vue
Alors que je m’amarrais au ponton gasoil pour taper la discute avec le marinero de garde (il était presque 19H00), j’ai eu la surprise de voir débarquer deux flics de la Guardia Civil. D’emblé ils m’accostent en me faisant le reproche de ne pas avoir emprunté le canal d’accès à la marina. Ah bon, il y a un canal d’accès ? Demande-je naïvement.
Ben oui y’en a un. Une espèce de signalisation bâtarde, mal fichue et peu réglementaire qui est sensée faire contourner l’accès des ferrys. Mouais... J’ai bien vu qu’il ne servait à rien de contester ou du justifier mon tout droit, alors j’ai fait le canard. Ils ont été sympas, je m’en suis tiré avec un avertissement.
Moralité, si des navigateurs me lisent et veulent rejoindre San Sebastián, faites gaffe à l’arrivé, il y a un piège.

Sinon, à 15 euros la nuit le port de San Sebastián est cher mais on en a pour son argent. La ville me semble pour l’instant coquette et tranquille, et l’atmosphère est comment dirais-je... Tranquille, je ne vois pas d’autre adjectif !
J’ai fais quelques pas ce matin pour prendre mes marques, et ce que j’ai vu m’a séduit. J’ai même repéré deux musées gratos que je vais me faire un plaisir de visiter. Je vous raconterais bien sûr !
De même j’ai entendu parler du parc naturel de Garajonay qui vaut apparemment le détour avec ses forêts d’altitudes... M’enfin, on verra. Pour l’instant je prévois de rester jusqu’à lundi prochain, mais je me garde la possibilité de modifier mes plans au gré de mes envies et de mes rencontres.

La suite en images qui bougent pas !

Regarder le soleil se lever avec Comme un légo de Bashung dans les oreilles. Le pied !
Pour Touline aussi les premiers rayons du soleil sont les bienvenus
Version avion de chasse !
San Sebastián au petit matin
La torre del Conde


jeudi 22 mars 2012

De l’utilité secondaire d’un régulateur d’allure

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Pendant que son maitre se soigne à coup d’acide acétylsalicylique  et de jus d’orange, il y en a une qui continue inlassablement ses conneries. Pour la douzième fois depuis sa naissance, cette chatte a tenté de se transformer en poisson, pour se rendre compte au final que la régression génétique n’était pas à sa portée.

Heureusement, le nouveau régulateur d’allure était là pour offrir à cette imprudente de quoi se maintenir hors de l’eau. Le temps pour moi de bondir pour la récupérer... Non sans avoir au préalable pris le temps de prendre quelques photos pour immortaliser cette situation croquignolesque !

Tu te magnes oui !
Qu'elle humiliation !
Grumf !

Sinon, à part ça j’ai décidé de sursoir mon départ le temps de me remettre complètement. Ce sera sans doute dans le courant de la semaine prochaine, mais je ne sais pas encore, ce seront mes petits poumons qui décideront !

mardi 20 mars 2012

Atchoum !

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Si l’on omet les quelques babioles qu’il me restait à ranger, la Boiteuse et moi-même étions prêt pour un départ ce matin de Las Palmas vers San Sebastian de la Gomera. Dans ma tête c’était carré, la météo était favorable, j’allais  lever l’ancre et poursuivre mon voyage. J’avais même annoncé mon départ à la cantonade sur les réseaux sociaux...

Oui mais voilà, c’était sans compter sur l’impondérable sensation qui m’a étreint hier au soir alors que je regagnais mon bord. Le nez bouché, de légers frissons... Je l’ai senti arriver la salope.
Mais j’ai eu beau essayer de la circonscrire, de me couvrir autant que possible et de m’obliger à boire un bon thé au miel, pendant la nuit les symptômes ont empirés : Suées, tremblement, fièvre.

Ce matin, la chiasse, la nausée, les ganglions du cou enflammés et un mal de crâne sont venus confirmer mon auto diagnostique, j’ai une crève carabinée. Alors mes amis, vous ne m’en voudrez pas, mais moi je ne navigue pas en étant malade. Surtout si je peux faire autrement.
Même s’il ne s’agit que d’une petite nave de 20 heures, je ne vais pas me mettre à l’envers (et même potentiellement en danger) sous prétexte que j’ai claironné ici et là que je prendrais la mer.

Voyons le côté positif des choses, je vais pouvoir prendre mon temps pour terminer l’organisation du bateau... Tous les vivres sont rangés, mais cela demanderait à être revu pour ce qui est de l’équilibre des poids. De même, j’ai omis de graisser mes winchs...

Bon, je vous tiens au courant. Normalement d’ici deux ou trois jours ça devrait aller mieux... Normalement.

Tien pour finir je vais vous en raconter une bonne. Figurez vous que j’ai fais l’acquisition d’un jambon de 6 kilos, histoire de me fournir des protéines animales pendant ma traversée... J’étais tout content de moi, mais sitôt arrivé au bateau, j’ai pris conscience de ma connerie.
Devinez qui aime aussi le jambon espagnol, hein ?

Moi qui comptais le suspendre dans le carré pour y découper une tranche au gré de mes envies, je vais devoir m’organiser autrement...

6,152 Kg exactement !