samedi 10 septembre 2011

Ascension

30°25.322N 09°37.025W
Agadir

J’ai une question qui me trotte dans la tête… Est-ce que c’est l’événement qui crée la narration, ou bien peut-on par souci de narration créer l’événement ? Les deux sans doute.
Non, si je vous demande ça c’est parce que l’événement dont il est question aujourd’hui n’a rien de formidable ni d’exceptionnel (quoique…). Enfin je veux dire qu’il se passe des choses de par le monde qui mériteraient cent fois qu’on s’y attarde, mais comme j’avais une grande envie d’écrire et qu’en plus j’ai des photos, je me disais que je pouvais vous pondre une tartine, comme ça au débotté, sur l’ascension de mon mât. Même si pour le coup, et je vous l’ai déjà dit, l’entreprise n’a rien de vraiment exceptionnelle.

Alors donc, chers amis, je suis pour la première fois de ma vie grimpé en haut d’un mât. Et pas n’importe lequel je vous prie, celui de la Boiteuse. Oui, cela peut vous paraitre bizarre, mais depuis plus de dix ans que je pratique la voile, je me suis toujours débrouillé pour échapper à cette corvée. Bon d’accord, mon poids (celui d’avant hein ? Parce que maintenant je suis tout mince tout beau !) y était pour beaucoup, mais le fait est que sur les bordées on arrivait toujours à trouver un volontaire plus léger que moi… Donc naturellement ma place était surtout celle de celui qui assure le grimpeur, plutôt que le grimpeur lui-même. Simple logique d’efficacité.

Bon, je vous le dis tout de suite, j’ai fais ça plus par besoin que par envie. L’idée m’en est venue en filant un coup de main à mon copain Franck. Quelques jours avant il m’avait demandé de l’assurer dans le même exercice, ce que j’avais fait bien volontiers. Puis, je me suis dit que ce serait peut-être bien que je fasse pareil car depuis que j’avais acheté la Boiteuse, je n’étais jamais monté vérifier si tout allait bien à dix mètres de haut. En plus j’ai le feu de mouillage qui ne marche plus, donc c’était l’occasion pour moi de remédier à ça.

Au passage, admirez la carrure de l'athlète...
Pardon ? Pourquoi je ne suis jamais monté en haut de mon mât ? Et bien parce que je n’ai pas le matériel pour le faire c’te blague ! Sinon, vous pensez bien que j’aurais déjà tenté l’expérience…

Bref, j’ai donc demandé à Franck de me prêter son matos et de m’assister pendant que j’ascensionnais le bordel. Oui parfaitement, le verbe ascensionner existe, en tous cas depuis que je l’ai inventé.

Je vous passerais les détails techniques, mais sachez qu’alors que je grimpais péniblement le long de ce mât, je n’en menais pas large. Oh, on ne peut pas dire que j’avais la trouille, mais j’avais comme une boule à l’estomac qui m’a rappelé mes jeunes années lorsque pour les beaux yeux d’une monitrice je m’étais initié à la varappe. Je n’ai jamais été doué pour des raisons purement physiologiques. Mon centre de gravité est beaucoup trop bas et les bras et mes jambes sont bien trop courtes… En plus je souffre d’un vertige complètement crétin puisque j’ai les sens qui se brouillent lorsque je regarde en l’air et pas en bas !

J'y suis !
Toujours est-il que malgré tous ces handicapes je suis quand même arrivé à la première barre de flèche (c’est le machin horizontal au milieu de mât). Là, je me suis rendu compte qu’il manquait un écrou au boulon qui retenait la barre tribord. Franck me fait passer les outils nécessaires dans un petit seau souple et je remédie à ce petit inconvénient qui, s’il avait perduré, aurait pu être pas mal embêtant pour la Boiteuse.
Ceci fait j’attaque la seconde partie du mât. Ho-hisse, ho-hisse !
Sur le quai, quelques badauds se sont arrêtés pour admirer le spectacle. Ouais, tu parles ! Ils n’attendaient qu’une chose, que je me casse la gueule ces vautours !

Mais non, j’ai tenu bon. D’autant plus qu’au fur et à mesure de mon ascension mes gestes se sont fait plus précis, et mes efforts moins désordonnés. J’arrive enfin au bout de ma drisse, et là, con de moi, je me rends compte qu’il me manque quelques dizaines de centimètre pour atteindre le feu de mouillage situé tout au sommet ! Grrr !!!
Impossible de faire quoi que ce soit. Pour arriver à bosser dans la position adéquate il me faudrait me suspendre à un point situé carrément au niveau du feu, et même un poil plus haut, et rien n’est apparemment prévu pour ça.
Je cherche une solution pendant cinq minutes, mais peine perdue. Je suis coincé et il me faut bien me résoudre à redescendre sans avoir réparé ce fichu feu.

Des échelles, il n'y a rien de mieux.
Franck me fait donc descendre, et une fois en bas nous faisons un rapide bilan de l’exercice.
La bonne chose, c’est que j’ai anticipé une future catastrophe en reboulonnant cette barre de flèche. L’autre bonne chose, c’est que je sais maintenant ce que ça fait de grimper là-haut… C’est flippant, mais rien de vraiment insurmontable. En tous cas au port, car si on imagine faire la même chose en pleine mer par bonne brise, les choses peuvent devenir carrément scabreuses.
Si vous saviez comme j’envie ces bateaux qui ont la bonne idée d’avoir des échelles incorporées au mât. Si j’avais à choisir un autre bateau, ce serait là un critère indispensable. Mais bon, à moins qu’un jour l’occasion me soit donnée de tomber le mât, et que j’en installe une… Je vais devoir faire sans.

Sur ma liste de choses à acheter pour la Boiteuse figurait déjà le matos d’escalade, je sais maintenant de quel genre de matos j’ai exactement besoin. C’est déjà ça. Il ne me reste plus qu’à trouver les sous…

Ça va là-haut ?
Bon ben voilà, c’était l’histoire de mon ascension le long du mât de la Boiteuse. Comme je vous le disais, ça n’a rien d’exceptionnel, loin s’en faut, mais cela démontre bien que je suis capable de pondre une grosse tartine à partir de pas grand-chose… et que donc parfois, le souci de narration peut susciter l’événement.

Ce qui serait sans doute préjudiciable à l’intégrité de ce blog si un jour je venais à être payé à la ligne ou bien si j’y incorporais des publicités. Mais bon, pour l’instant je le fais pour le plaisir d'écrire, alors il n’y a pas de mal !






Impeccable !




13 commentaires:

Monique a dit…

Quel athlète...sportif l'ascension en rappel...!!
Et il semble que ton corps se sculpte aux besoins se la navigation....?

Bourreau fais ton office a dit…

J'y pensais, au soucis de narration qui suscite l'évènement, ou l'inverse, en lisant ta note sur la vie de ponton, je m'étais dit que tu aurais dû partir à la recherche désespérée de Latifa, ça nous aurait donné, à nous, spectateurs avides, un bon thriller romantique révolutionnaire (Latifa aurait fait partie d'un réseau clandestin.) Mais peut être que c'est parce que j'ai connu une Latifa naguère, et que rien que le prénom m'inspire ...

En tous cas ... quelle taille, mon cher Gwen !

Thrse a dit…

Ouahou! Mon dieu, mais quel corps de rêve que tu nous offre là! Mais dis-moi, dans quelques temps tu pourras faire rougir n'importe quelle petite minette! Sacré Don Juan!

Bisous et bonne soirée mon cher Gwen!

Gwendal a dit…

@Monique : mon corps qui se quoi ? Faut quand même pas exagérer, j’ai encore mon adorable bouée !

@Bourreau : En même temps, n’est-ce pas l’apanage du bon écrivain que de pouvoir tenir en haleine son lecteur en parlant d’un truc insignifiant ?
Je ne dis pas que j’en suis un, hein ? Faut pas exagérer non plus… Mais je m’entraine ça c’est sûr !

@Thérèse : Comment ça « dans quelque temps » ? C’est pas encore assez mince ? Pour maigrir encore il faudrait m’enlever un os !

Thrse a dit…

Mais c'est pour les tablettes de chocolat! Il faut le temps pour les former!

Gros bisous mon chéri!

lucifer ! a dit…

En fait, quand tu ne sais pas quoi faire, avec tes petits copains, tu joues à " chat-perché ".

Tu t'en tires assez bien !
ça a de la gueule, perché comme ça tout en haut !
Qu'est-ce que tu gagnes ? je ne vois pas la queue de mickey !

Gwendal a dit…

@Thérèse : Les tablettes de chocolat ! Jamais de la vie ! Le chocolat je le veux dans mon ventre, pas sur mon ventre !

@Lucifer : Je n’ai rien gagné, si ce n’est la satisfaction du devoir accompli !

cazo a dit…

Alors là, mon ami, si tu crois m'impressionner avec une grimpette à la portée du premier singe venu... ;-) !!

Attends, non mais, tu nous fais tout un article pass'que môssieur s'est laborieusement hissé à 12m30 du pont, quand d'autres ont gravi un dénivelé de 1300m sans alerter la presse pour autant!!...

En plus, vous croyez qu'il aurait profité de l'opportunité de bénéficier de ce superbe point de vue pour nous faire quelques clichés panoramique ou en contre plongée d'Agadir, du port ou de La Boîteuse ??... Ben non !! Egoïste !! Monsieur fait un effort alors il se garde la récompense.. tsss...

Tu parles d'une aventure.. c'est plus palpitant quand tu faisais tes courses à Uniprix.. Là, oui, c'était flippant !!

Ceci dit.. bravo !! Tu peux être content de toi à plus d'un titre !!... Mais va falloir t'y recoller pour réparer ce foutu feu de mouillage, mais là, ça pourra fair l'affaire d'un paragraphe, tout au plus !! ;-) !!

Encore une chose... fais gaffe quand même !!

cazo a dit…

Euh.. a priori.. si nous fais une photo du port en contre plongée tout en étant en haut du mât... hummm... on va voir des poissons sur le cliché !!

Désolé... :-( !!

Schlits a dit…

Gwendal... t'es tout mince !!! C'est bien toi là devant ou derrière le mat ? On ne distingue pas lequel est lequel !!!! Bien que j'ai la même maladie que toi (tout mince - Meuoui !) j'envoie ma douce là haut, histoire d'être un peu tranquille quelques instants. J'adore les hauteurs par contre ! Mais bon, on s'y fait !

Demain c'est la sortie de Shaka, on carêne la bedaine puis on retourne à la "maison" pour l'automne. Ensuite on verra ! On a une chance de te voir la binette d'ici la fin de l'an prochain ?

Salutations chaleureuses !

L'Équipage de Shaka !

Gwendal a dit…

@Cazo : Je savais bien qu’il y en aurait un pour me rappeler ce manquement à la sacrosainte règle de la photo prise du haut du mât… Et bien sûr ce ne pouvait être que l’aigri de service !
Le fait est qu’en arrivant là-haut et m’apercevant que je ne pouvais y faire grand-chose, l’inutilité de ma situation m’est apparue au grand jour et je n’ai alors eu plus qu’une seule idée en tête, redescendre ! Et du coup, j’ai complètement oublié de demander à Franck de me faire passer l’appareil photo… Bref, ce n’est que partie remise.

@Schlits : Oh le veinard que tu es d’avoir une blonde à faire grimper au mât ! (Oups, je m’aperçois seulement maintenant ce que cette phrase peut avoir comme double sens… Tant pis, j’assume !)
Pour l’instant mon intention est toujours de contourner l’Amérique par le sud et le détroit de Magellan… Mais depuis que je suis parti j’ai appris que les programmes sont fait pour être respectés, ou pas ! Aussi, rien n’exclue pour l’instant que j’aille du côté de Bocas… Cuba que j’ai envie de voir au moins autant que les glaciers de Patagonie n’est qu’à quelques milles tout compte fait.

raymond a dit…

CHER GWENDAL? LE TEMPS PASSE SI VITE DEPUIS BENALMADEMAR.
JE COMMENTE ET FULMINE,TU N'ES MËME PAS MONTE EN HAUT DE MAT AVANT TON DEPART? POUR VERIFIER LES REATS? ANTENNES? USURE DES DRISSES? RIVETS DE FLECHES. TU ES UN BON OU UN JOYEUX .....CHANCEUX.
MADURA DREAM SE DORE LA COQUE DANS LE PORT D'HORTA AUX ACORES, JE RETOURNE LE PREPARER POUR L'HIVER LE 08 OCTOBRE, ABRASSO AMIGO, COM TODA FERVOR REVOLUTIONARA. CAPT' RAY

Gwendal a dit…

@Raymond : Salut ! Quel plaisir d’avoir des nouvelles !
Mea culpa Captain ray ! Mea maxima culpa ! Non je n’étais pas encore monté là-haut pour la simple et bonne raison que je n’ai ni la matériel pour le faire, ni eu l’occasion de le faire. Je sais c’est débile comme excuse, mais je n’en n’ai pas d’autres !
J’espère que tu profites bien. A quand les images que tu as tourné aux Açores ?