samedi 31 mai 2014

De Charitas à la Ilha de Paquetá

22°45.745S 43°06.203W
Ilha de Paquetá

Le mardi 27 Mai 2014

Non, non et non, je ne bougerais pas !
07H20 : La Boiteuse est presque prête à partir et je m'accorde une courte pause le temps de jeter quelques mots sur le papier. En fait, le départ s'est décidé assez vite... Au début, je comptais partir aujourd'hui dans la soirée pour rallier Buzios en moins de vingt-quatre heures, mais au dernier moment la fenêtre que je voulais emprunter s'est avérée trop courte. Bon, cela ne faisait que la deuxième fois que la météo me faisait faux bond depuis mon arrivée à Rio... Pas de quoi péter une durit me direz-vous. Et puis la troisième tentative est souvent la bonne pourriez-vous rajouter.

Sauf que nous en étions à discuter de tout cela avec Christophe lorsque l'idée nous est venue d'envisager de déménager nos pénates en un lieu a priori plus agréable, l’île de Paquetá. Paquetá est une île d'environ 2,5 Km de long située presque tout au fond de la baie de Guanabara. Et d'après Suzy, une dynamique brésilienne super serviable et parlant un français impeccable, le lieu serait idéal pour mouiller loin de la ville tout en en restant assez proche au cas où. Il y aurait même la possibilité de se mettre à quai et d'avoir de l'électricité et internet... Gratuitement !
Bon, personnellement je n'y crois pas trop, mais je me dis que quitte à poireauter dans le coin, autant le faire dans un endroit plus agréable et moins déprimant que ce foutu Clube Naval Charitas à la con. Et tant pis si c'est au mouillage !
Nous avons donc décidé de nous y rendre Christophe et moi, et pas plus tard qu'aujourd'hui.

L'Envol
09H10 : Ça y est, j'ai payé la marina. Putain, presque 500 Euros pour dix-sept jours, ça fait mal au cul ! En plus, au dernier moment ils n'ont pas voulu que je règle avec ma carte bancaire à cause de leur histoire de debito/credito (*) à la con !
J'ai dû hausser un peu le ton et me montrer ferme pour me faire entendre, et ils ont finalement accepté ma carte à « titre exceptionnel ». N'empêche que je ne me suis pas privé de leur dire que mon cas n'était pas exceptionnel puisque cela concernait tous les étrangers, et qu'avec des pratiques comme celle-là ils risquaient d'en voir de moins en moins... Bref, jusqu'au bout ils m'auront fait chier !
J'attends que Christophe termine de préparer l'Envol, et on y va... Il faut que je récupère la chatte aussi.

09H25 : Ouf ! J'ai réussi à chopper Touline ! Et ça n'a pas été facile. J'ai dû ressortir l'épervier et attraper une petite ablette pour réussir à l'attirer sur le bateau, pour enfin la kidnapper de la plus vile manière ! C'est que depuis ce matin elle a bien vu que je préparais La Boiteuse pour la nave, et elle se tenait à distance la bougresse. Pas folle ma bestiole.

10H10 : Alors que Christophe remonte son ancre, je décroche mes amarres et nous voilà parti ! J'arrête le moteur presque aussitôt, et nous commençons à tirer des bords de près pour nous extraire de la baie de Saõ Francisco. Le vent est capricieux, jouant avec les montagnes environnantes, et sautant allègrement entre la pétole absolue et la rafale à 15 nœuds. C'est très technique et assez amusant en fait.
 
Une sirène brésilienne ?
A un moment de calme plat, je me fais même rattraper par une nana sur un paddle-board ! On a échangé quelques mots, et j'ai même osé lui faire un peu de boniment. L'idée m'a effleuré pendant une seconde de pousser plus loin mon avantage et de la suivre mais bon... Quand on est parti, on est parti, hein ?

11H00 : Après un ultime bord de près serré juste devant le musée d'art moderne (celui qui ressemble à une soucoupe volante), nous voilà enfin dans le chenal principal. Maintenant c'est tout droit par vent de travers. La Boiteuse se fait honteusement distancer par le petit Django de Christophe. On file à 5,5 nœuds.

11H30 : C'est la pétole maintenant, et mon grand génois peine à récolter le moindre souffle d'air. Cela dit, je suis en train de rattraper l'Envol et ça me fait bien plaisir !

11H45 : C'est officiel, La Boiteuse vient de passer en tête ! Prévenez le commissaire de course, je me charge des journalistes !

Yes ! La Boiteuse passe le pont en premier !
12H05 : Et c'est bibi qui passe le premier sous le pont Presidente Costa e Silva ! Yes !
Bon, on avance à deux nœuds et des poussières, mais c'est tout à fait agréable de naviguer bord à bord avec un copain seulement poussé par le courant de la marée. On peu discuter, se conseiller... Bref, j'apprécie.

13H40 : Nous sommes vent arrière maintenant. Voile d'avant tangonnée et en ciseau s'il vous plaît ! Ça a de la gueule bordel !

14H10 : Nous passons la pointe sud de l'île. La punta de Ribeira.

14H50 : Plouf fait la pioche en tombant dans l'eau ! La Boiteuse vient de mouiller dans six mètres d'une eau couleur de café noir. Nous sommes arrivés !

Vous voulez que je vous dise ? En général je ne me fais pas assez confiance pour croire en mes intuitions, mais le fait est que je sens de bons trucs qui me viennent de cette île... Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je vais me plaire ici.


Une heure et demi plus tard je passais prendre Christophe avec Miss B, et nous descendions à terre pour explorer notre nouvel environnement. Effectivement, il semble y avoir tout ce dont un honnête marin en escale puisse désirer : Un supermarché, un Lan-house (un cybercafé sans le café si vous préférez), des lanchonettes en veux-tu en voilà, un terminal de ferry pour se rendre à Rio... Bref, c'est tout bien comme il faut. Le seul souci est que l'île est actuellement coupée du monde en ce qui concerne le net... J'espère que ça va se réparer assez rapidement parce que sinon je sens que y'en a qui vont s'inquiéter.
L'île est fermée au voiture, et les rues en terre battue sont sillonnées par toute une flopée de vélos (la plupart électriques, triporteurs et autres rikshaws. Partout des petites maisons de vacance coquettes en diable, sans ostentation ni tape à l’œil, et pour une fois sans barbelés sur les murets. Bref, c'est mignon tout plein !

Promis, dès que j'ai rechargé la batterie de mon appareil photo je vous montre ça plus en détail ! A chao !

(*) : Au Brésil, pour tout paiement par CB les brésiliens ont le choix entre un débit immédiat ou différé à la fin du mois, debito o credito. Certaines structures comme la marina de Charitas exigent d'être payer en débit immédiat. Sauf que toutes les cartes Visa et Mastercard étrangères ne font pas cette distinction et sont automatiquement classées comme des creditos.
D'où un certain souci lorsqu'il s'agit d'effectuer un paiement parfois important. Il faut alors aller au distributeur et retirer du liquide avec les frais que cela occasionne.

PS : Désolé d'avoir tant tardé, pour donner des nouvelles (surtout après une nave si petite soit-elle), mais la liaison avec le continent vient seulement d'être remise après quatre jours de coupure.

Ça pétole, alors on papote !
La Boiteuse
Euh....
L'île de Paqueta est en vue
Reflets du soleil couchant sur ma maison


7 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Gwendal,
Très sympa la p'te nav' et merci pour la vidéo.
Profite de ton escale avec ton voisin de bateau et fais nous profiter de ton petit coin de paradis.
Bardiaux a-t-il raison (commentaire précédent) ?
A+
David de Nantes

aglae75 a dit…

bah vi moi je m'inquiétais un peu, j'allais t'envoyer un mail pour savoir où que t'étais, me voilà rassurée. Dis moi le ciel est bien sombre au fond de la baie, c'est orageux ou la pollution ?

la Lésion d'Honneur a dit…

Comme je disais il y a quelques temps, avoir un bateau c'est avoir un trou dans l'eau dans lequel on jette des sous... 500€ les 15 jours ? ça fait cher du loyer nom de dieu !
Bonne continuation
amitiés

Gwendal DENIS a dit…

@David :Pour avoir fait le Brésil du Nord au Sud, je suis d'accord avec Bardiaux !

@Aglaé : Ah ! Enfin une qui s'inquiétait ! Merci ! Parce que sinon je me suis rendu compte que tout le monde s'en foutait que je disparaisse pendant quatre jour ! Une belle leçon d'humilité cela étant...

@La Lésion : On jette pas vraiment des sous... Puisque en échange on a le mode de vie qu'on s'est choisi, non ?

Olivier Denis a dit…

Yes enfin te revoilà dans une phase positive. Un pote de route des bonnes infos pour les mouillages.
Çà fait plaisir à lire je commençais à me dire que le Brésil ne te laisserai pas de bons souvenirs cette année.
Quelle est classe la boiteuse dans ses lignes.
Allez bon vent à vous et une pensée pour Touline qui va refaire du mouillage snif.
En même temps vous êtes d'accord sur ce point.
Olivier

Gwendal DENIS a dit…

@Olivier : Je fais tout pour ne pas partir du Brésil en étant fâché contre lui comme ça l'a été pour le Maroc. Mais bon, c'est qu'il ne me facilite pas la tache le bougre !
C'est vrai qu'elle est belle ma Boiteuse, j'arrête pas de le lui dire !

jacques enjoy a dit…

content de voir au bresil et bravo pour les tres belles photos ... je revois avec grand plaisir tout ces lieux !

jacques enjoy