lundi 8 octobre 2012

De Jacaré à Vitória - Deuxième partie.


20°17.991S 40°17.341W
Vitória, Espírito Santo, Brésil

Le mercredi 26 septembre 2012 – Jouer aux cartes.

Huitième jour
05H20 : J’ai mal dormi cette nuit. On a été un peu balloté, et pour une fois j’ai eu froid. Je crois que j’ai chopé la crève... C’est pas malin sous les tropiques !

06H00 : Faisons un peu le point en ce mercredi matin. J’ai déjà parcouru 760 milles et il m’en reste 630 environ à faire. Soit, a priori, une arrivée prévue mardi prochain en fin de journée après 14 jours de voyage. Encore une semaine en gros...
Pour l’heure il est temps de se rapprocher de la côté. Cap au 220°, au grand largue.

08H55 : Je viens de finir Les corrections de Franzen. Celui-là de bouquin j’aurais mis trois jours à le lire, tellement de fois je me suis surpris à relire tel au tel passage rien que pour le plaisir. C’est un livre magnifique et décapant sur la famille et qui aura au moins réussi à me conforter dans mon choix d’avoir coupé les ponts avec la mienne !

12H00 : Six heures de route au 175°. Tu le crois ça ? Il suffit que je décide de faire route vers la côté pour que le vent vire au Nord-Est, rien que pour me contrarier. On est presque vent arrière maintenant, avec le foc qui dévente une fois sur deux, la houle au ¾ arrière et la Boiteuse qui se dandine comme une cagole en chaleur.
Je vais attendre que le vent tourne, mais s’il ne le fait pas je vais devoir empanner...

13H30 : J’empanne. Cap au 230° compas. Le vent est au Nord.

Je m'emmerde...
15H25 : Touline s’emmerde, et moi aussi. Mais contrairement à elle je ne cherche pas à m’occuper à tout prix en faisant le con sur les filières, ou en essayant de grimper sur le moteur de l’annexe. J’essaye juste de puiser dans mon cerveau des chemins de pensées pour occuper les heures. Je repense à la façon de dégommer le Boss de fin de partie dans Bioshock par exemple. Je pense à un film que j’ai bien aimé et je me le repasse en accéléré dans ma tête. Je pense à ma navigation et fais et refais en pensée mes calculs de cap et de vitesse... Je repense à tel ou tel épisode de ma vie, récent ou non, et j’extrapole sur ce que j’aurais pu dire ou faire...
Mais tout cela, à haute dose, je le sens, n’est pas forcément bon pour moi. Si nous étions deux sur ce bateau, deux humains je veux dire, nous pourrions discuter, se raconter des trucs marrants, ou même jouer aux cartes par exemple ! Ca fait des années que je n’ai pas joué aux cartes avec quelqu’un... Est-ce que j’ai au moins des cartes à jouer sur ce fichu rafiot ? Non, je ne crois pas.
Bon, note pour plus tard : Trouver un jeu de cartes, et quelqu’un avec qui jouer.

16H30 : J’allume le moteur, les batteries ont besoin de jus. Je me demande si j’ai bien réglé le régulateur des panneaux solaires... Le voltage grimpe pendant la journée, mais je n’ai pas l’impression qu’il y ait beaucoup d’ampères qui rentrent. Il va falloir que je me penche là-dessus avec quelqu’un qui pourra déchiffrer correctement la notice en anglais.
J’en profite pour charger les batteries de l’ordinateur et de l’APN.

18H15 : Allez, une journée de plus en mer qui se termine. Je vais devoir être vigilant cette nuit avec ce vent qui change tout le temps, et veiller à ne pas trop m’écarter de ma route. Enfin, disons que je vais essayer de me réveiller à intervalles réguliers, c’est déjà pas mal.
A demain les gens !

Le jeudi 27 septembre 2012 – Coup de tabac.

04H00 : Il commence à pleuvoir.

04H30 : Je sors de mon duvet pour constater que le vent a carrément viré au Sud et est monté à F5-F6. Pendant un instant j’ai du mal à comprendre ce qui se passe... Mais le fait est que je suis bien trop toilé. J’enroule le foc, mais je me mélange les pinceaux. La contre écoute (qui n’était pas terminée par un nœud de huit) s’agite dans tous les sens et s’enroule en un sac de nœuds inextricable autour de l’écoute. Je me précipite à l’avant et passe un quart d’heure à démêler le bordel, sous les assauts répétés des vagues qui balaient le pont la Boiteuse. Pendant ce temps la Grand voile n’est pas bordée à fond et fasèye avec seulement un ris de pris...

04H45 : Lorsque je suis sorti de mon duvet je ne portais qu’un teeshirt, et me voilà maintenant trempé de la tête au pied. Je décide de m’accorder une pause, le temps de m’habiller et de fumer une clope. Ensuite, le jour ne va pas tarder à se lever et je vais pouvoir prendre le deuxième ris.
A l’intérieur Touline comprend qu’il se passe quelque chose de pas cool, et hésite à sortir.
J’ai à peine le temps de retirer mon teeshirt que j’entends la GV qui se met soudain à faire un bruit de mauvais augure...
Et merde, elle vient de se déchirer !

Je ressors, nu comme un ver sous la pluie battante et les embruns, et entreprends alors de l’abattre complètement. L’océan est blanc.

05H00 : Le jour s’est levé. Je suis à la cape et j’attends que ça se tasse avant d’aller évaluer les dégâts. De mon côté, pas de bobo (Enfin, je crois). Je vais me faire un café chaud.

05H30 : Ce n’est pas mon plus gros coup de tabac, mais en tous cas ça y ressemble.

06H25 : Bon, j’ai fait le point et j’ai regardé vers où nous pourrions nous dérouter. Pas une seule solution de repli à moins de 170 milles (Caravelas) et encore cette solution-là est plutôt bâtarde avec des récifs et des îles qui encombrent l’accès au fleuve... Sinon, il y a Vitória à 270 milles. Ensuite c’est carrément Rio de Janeiro... Ce qui reviendrait pratiquement à aller jusqu’au bout finalement.
Donc, pour l’instant on va continuer comme ça et attendre que ça se calme avant de prendre une décision.
Dehors ça piaule toujours autant. Des creux de trois mètres et un vent à 25 nœuds, rafales à 30 nœuds (F6-F7).

On est mal là...

07H50 : Bon les enfants, ceci est officiellement mon plus gros de tabac. F8 établit avec des creux de quatre mètres. J’en prends plein la gueule.

09H00 : Pour l’instant on fait route plein Ouest dans une mer démontée. Le vent souffle à 35 nœuds, rafales à 40...

11H30 : On dirait que ça se calme un peu... Je vois un peu de ciel bleu au dessus de moi. A moins que nous ne soyons dans l’œil de la dépression, auquel cas, on va pas tarder à repartir pour un tour de manège.

14H00 Ça continue. Un poil moins fort que tout à l’heure, mais c’est la merde quand même.

Dure journée
16H40 : Enfin, j’aperçois une frange de ciel bleu et quelques rayons de soleil droit devant. Mais bon, on n’est toujours pas sorti de l’auberge.

J’ai passé ma journée, sans manger, allongé dans le cockpit, recroquevillé dans mon duvet. Au plus fort de la baston j’ai rabattu celui-ci sur ma tête et j’ai préféré fermer les yeux plutôt que de voir ces vagues énormes... De toute façon il n’y a plus rien à faire maintenant, qu’attendre et serrer les fesses. Ce n’est plus moi qui commande.

18H00 : Il fait nuit et ça continue à bien piauler. J’ai fait 45 milles plein Ouest depuis ce matin et je suis maintenant à 90 milles des premiers récifs de Caravelas et à 30 milles des hauts-fonds. J’ai décidé de ne pas aller à Caravelas. L’entrée du fleuve est pleine de cailloux et c’est plutôt un port de commerce où je ne trouverai jamais de quoi réparer cette voile. Il faut donc que j’aille jusqu’à Vitória... Le cap au 230° est impossible à tenir, il faut donc que je vire de bord.
Je mange un bol de nouille et je fais ça.

18H30 : C’est fait. Cap au 120°, 3,5 Nds.

Le vendredi 28 septembre 2012 – Direction Vitória.

05H00 : Je me réveille et c’est pour constater que mon régulateur a rendu (encore) l’âme pendant la nuit. Les tirants, ceux que j’avais fait changer au Cap-Vert, n’ont pas résisté aux éléments... Je l’ai haubané rapidement. Je commence à connaitre la manœuvre maintenant.
La mer est encore forte et le vent aussi. F6. Il fait gris et froid.
Là, franchement, je commence à en avoir plein le cul. Même le café me donne envie de gerber, et je vous assure que ça n’a rien à voir avec le mal de mer.

Ce n'est pas fini...
06H30 : Allumage du moteur. Ce que je ne peux pas faire avec le vent, je peux toujours essayer de le faire au moteur. Et puis cela ne peut pas faire de mal aux batteries car les panneaux solaires n’ont pas vraiment eu l’occasion de voir le soleil ces dernières trente-six heures.
Vous allez me dire, Pourquoi tu ne l’as pas fait plus tôt ? Je vous répondrais qu’hier je voulais donner sa chance à la météo, mais puisqu’il n’y a pas d’évolution favorable je le fais maintenant. De toute façon, hier, vu l’état de la mer, l’hélice se serait trouvé la moitiée du temps hors de l’eau...
Et que c’est moi le Capitaine de ce navire qui part en morceaux, et pas vous. Alors je fais ce que je veux... Cap au 230° compas.

08H25 : J’ai enfin pu aller jeter un œil sur le pont. La GV est inutilisable car déchirée sur toute sa largeur entre le deuxième ris et le point de drisse. Le foc a l’air de tenir le coup... J’ai dû refaire l’arrimage de l’ancre et redresser le feu avant. Avec les paquets de mer qu’on s’est pris, et qu’on se prend toujours, c’était à prévoir.
Devant moi, une large étendue de ciel bleu. Je n’ose y croire.

09H00 : Mmmm... Que c’est agréable ces quelques rayons de soleil ! Le duvet, les matelas et la veste de quart vont pouvoir sécher. Le baromètre monte en flèche et la Boiteuse avance à 3,6 nœuds de moyenne dans une mer toujours en F5-6. Pour l’instant je prévois de rester au moteur jusqu’à 18H00. Après on verra.

Il faut quand même que je vous dise que ce matin j’avais vraiment le moral dans les chaussettes. Mais maintenant ça va mieux. Pour éviter de penser à la prochaine catastrophe qui va me tomber sur le coin de la gueule je me suis plongé dans la relecture de 1984 d’Orwell.

11H00 : Je pourrais faire une liste de tout ce qui va bien pour me remonter un peu le moral, mais finalement je n’en ai pas besoin. Je suis en bonne santé, le bateau avance et je ne suis plus vraiment en danger. Donc, tout va bien.
Je vais seulement arriver dans un endroit imprévu. Quand ? Je n’en sais absolument rien et ça n’a pas vraiment d’importance. Pour le reste, les réparations, le problème du visa, tout ça, il sera toujours temps d’aviser le moment venu.

12H00 : J’ai envoyé un peu de foc pour appuyer le moteur. Cap et route corrects. Le vent reste inchangé, toujours au Sud... J’espère que Hughes et Caroline s’en sont mieux sortis que moi... (*)

14H30 : Le vent a légèrement tourné au Sud-Est. J’arrête le moteur et continue avec une moitié de foc. Cap au 250°, 2,5 nœuds. J’espère qu’il va tourner encore un peu... Parce que remonter au vent avec juste une voile d’avant, je ne vous dis pas le cauchemar.

Au coucher du soleil... L'espoir.
Après avoir longtemps hésité j’ai décidé que même si les vents me devenaient favorables pour continuer, je m’arrêterai tout de même à Vitória. La raison principale est que j’en ai plein le cul. Et puis que si je décide de continuer, à l’allure où je vais vous allez vous inquiéter.
Et puis continuer en l’état serait prendre des risques inconsidérés. Enfin, je ne sais pas s’ils le sont vraiment, inconsidérés, mais je n’ai pas envie de les prendre. J’ai eu ma dose de stress pour un bon moment... Et d’ailleurs, c’est pas fini.
Et merde, pourquoi j’ai les larmes aux yeux tout à coup ? Allez mon Gwendal, te laisse pas aller. Tout va bien se passer. Tu vas t’en sortir.

16H30 : J’ai fini de lire 1984, et comme à chaque fois ce bouquin me laisse un arrière goût mitigé... Entre colère et colère. Malgré ce bouquin mondialement connu et paru en 1950, nous sommes en 2012 et la novlangue est devenue courante et la double-pensée une réalité...

18H00 : Fin de journée. Je suis content. Le cap est bon, droit sur Vitória à 250 milles. Si tout va bien je devrais y être dans deux ou trois jours. La mer, sans être très agitée, est encore secouée par de grosses lames. Comme si elle ne voulait, ou ne pouvait, se calmer. Pendant ce temps-là Papa joue un autre air dans la cuisine...
Je sais, c’est très confus ce que j’écris là, mais je suis fatigué moi-même.
Bon, une feijoada et au lit.

Le samedi 29 septembre 2012 – Une journée chargée.

05H00 : Le jour se lève et avec lui le vent qui nous a fait défaut pendant une bonne partie de la nuit. Le soleil apparait sur Bâbord arrière, ce qui me rassure sur mon cap : On fait bien du Sud-Ouest et pas de l’Ouest comme la nuit dernière. Je sais, le compas indique la direction vous allez me dire... Que nenni vous répondrais-je. Le cap compas c’est une chose et la route une autre. Entre les deux il y a la dérivation et la dérive.
Mais bon, il est peut-être un peu tôt pour un cours de maths vous ne croyez pas ?

06H30 : J’ai profité d’une brève pétole pour transvaser 20 litres de gasoil dans mon réservoir principal. Malheureusement, dans l’affaire j’ai perdu le bouchon dudit réservoir... Quel con !
Logiquement les bouchons sont assurés par une petite chainette ou un bout de ficelle, mais pas sur la Boiteuse bien évidemment.
Pas grave. Je le remplace par le bouchon du réservoir d’eau douce, que je bouche avec une pinoche. Quitte à prendre de la flotte, autant que ça ne soit pas dans le gasoil.

07H35 : J’ai remis une autre ligne de traine à l’eau. La dernière a disparue pendant la tempête. Je mangerais bien de la daurade moi...

10H35 : Bouh... Il s’est passé plein de choses depuis ma dernière trois heures. D’abord à 08H00 j’ai voulu allumer le moteur, et le démarreur a refusé de démarrer. Il m’a fallu une heure pour tout démonter nettoyer et graisser le bordel, pour enfin Mercedes consente à ronronner.
Ensuite, j’ai constaté que les batteries ne chargeaient pas... J’ai tout vérifié, mais rien ne me semble débranché.
113 cm pour 5,5 Kg
J’en étais à m’accorder une pause pour réfléchir, lorsque Touline me signale que la ligne de traine a frappé. Une Daurade ! (Comme quoi, il suffit de demander !). Le temps de remonter la bête (113 cm pour 5,5 Kg) et de la dépecer il était 10H25 et le temps a commencé à virer à l’orage. J’ai rallumé le moteur (impeccable) et nous filons maintenant au 230° à 3,5 Nœuds. Et moi je suis naze !
Bon, c’est pas tout ça, mais je termine ma pipe et ensuite je replonge dans le moteur pour voir ce qui cloche.

11H10 : Je n’arrive pas à trouver ce qui ne va pas avec ce fichu alternateur, et ça commence à m’inquiéter. Pour l’heure je laisse tomber et m’intéresse plutôt à la conduite du bateau. Le temps se couvre de plus en plus et je vois des cellules orageuses un peu partout autour de moi. Le vent est tournant, je n’aime pas ça. ;

11H25 : Je viens de terminer ma troisième touque d’eau potable. Ça veut dire que, hors cuisine, j’ai bu 1,3 litre d’eau par jour... C’est pas assez.

12H15 : Putain de merde ! C’est la journée des surprises ou quoi ? Alors que je remontais du carré après avoir fait mon point, et que je m’apprêtais à dérouler un peu de foc, que vois-je juste devant moi à cinquante mètres à peine ? Un bateau de pêche !
Ouf ! Encore un peu et je me le prenais de plein fouet... Du coup, comme je barrais, j’en ai profité pour en faire le tour et papoter avec l’équipage qui semblait tout content de croiser un voilier. C’était un poil surréaliste.
N’empêche à partir de maintenant nous sommes sur le plateau continental. Fini les grosses nuits et le bouquinage intensif. C’est vigilance à tous les étages.

A part ça nous sommes à 170 milles de notre destination, et nous y arriverons... je ne sais pas. (Lundi ?).

13H15 : Vous savez quoi ? Et bien je me suis encore régalé. Dommage seulement que je n’ai plus de beurre. A l’huile d’olive ça le fait aussi, mais c’est pas pareil.

Bom Dia !
13H35 : Pêcheur droit devant. Un autre. Sur ce coup là, c’est pas le bateau que j’ai failli me prendre, mais le filet qu’il venait juste de poser. Encore heureux qu’un type m’a fait des grands signes avec son teeshirt, parce que sinon...

14H45 : La houle est au Sud-Ouest maintenant, et le peu de vent qu’il y a je l’ai dans le nez. Je ne peux même pas utiliser le foc pour appuyer le moteur... Je ne comprends rien à ce qui se passe. C’est quoi cette météo ? On n’est pas dans le triangle des Bermudes pourtant...

16H30 : Le vent est là. J’arrête le moteur.

17H30 : Le vent a forci. F5 bien tassé. Putain de merde, ça n’en finira donc jamais ?

18H00 : Ca-y-est, c’est passé... Aussi soudainement qu’elle est apparue, la bourrasque s’en est allée. C’est vraiment une zone bizarre ici...
Bon, j’ai fais 20 milles en six heures. J’avance au 255°, et pour bien faire il faudrait que je fasse du 230°. Je n’ose pas allumer les feux de nave de peur de tuer mes batteries. J’ai l’estomac noué, et j’ai pas faim.

18H20 : Je me suis avalé une poignée de noix de cajou et j'ai donné un bout de poisson à Touline. J’ai comme une crise d’angoisse... Je vais essayer de dormir par petites tranches d’une heure maxi. Finalement j’ai quand même allumé les feux de position. Si les batteries doivent me lâcher ce ne sera probablement pas cette nuit vu que la dernière fois qu’elles ont été chargée c’était hier... Enfin, j’espère.

Le dimanche 30 septembre 2012 - Grosses bébêtes !

05H05 : Deux choses à dire ce matin. Non, trois.
Tout d’abord, lorsque je décide de me réveiller toutes les heures de moi-même, et bien ça marche !
Ensuite, que ça n’a servi à rien parce que je n’ai croisé personne.
Et enfin, que les batteries ont tenu le coup et vont pouvoir recharger un peu parce nous avons pour l’instant un ciel sans nuage, même si le soleil n’est pas encore levé.
A priori on n’a pas fait une route trop mauvaise. J’attends 06H00 pour vous confirmer ça.

Hier au soir, ça n’allait pas trop fort. A chaque fois que mon esprit se laissait aller à anticiper (ce qui est la principale qualité du navigateur solo quand même), j’avais les intestins qui se tordaient et des bouffées d’angoisse qui m’étreignaient la poitrine. J’ai préféré me réfugier dans le sommeil et les rêves pour passer ce moment difficile. Mais maintenant ça va mieux, rassurez-vous.

05H30 : BALEINE !!!!!
Wahou... Alors que je levais les yeux de mon cahier, j’ai eu la vision magnifique d’une baleine sautant hors de l’eau pour retomber sur le dos... Elle était sur tribord arrière. Puis, elle a nagé tranquillement pour rejoindre une autre baleine qui elle, faisait le poirier, battant l’océan de sa formidable nageoire caudale. Splendide moment. Émouvant, fantastique... Du genre à vous récompenser de tous vos efforts et effacer tous vos soucis.
J’ai essayé de prendre quelques photos, mais je crains n’en n’avoir réussi qu’une seule... Celle-là.


Le spectacle aura duré dix minutes, puis elles ont disparu alors que la Boiteuse continuait sa route. Bouh... Je suis tout tourneboulé et je le visage qui me chauffe. Brûlant d’excitation !

06H00 : Bon, Réfléchissons. Il me reste 130 milles à faire au 230° et dix-sept heures de carburant. Là, avant le vent qui se lève j’arrive à peine à faire un cap au 245°... On va continuer encore un peu comme ça.

06H20 : Une autre baleine, loin sur tribord avant.

07H40 : L’eau a changé de couleur, nous sommes par des fonds de 30 à 50 mètres. Tu m’étonnes qu’il y ait des baleines par ici, c’est idéal pour faire mumuse.

11H15 : C’est la presque-pétole. Moi qui caressais l’espoir d’arriver demain, c’est râpé.

12H00 : 2,5 Nœuds de moyenne ce matin. J’allume le moteur.
L’alternateur ne fonctionne toujours pas. J’ai coupé la radio et n’utilise plus aucun autre appareil en dehors du GPS. Heureusement, la batterie de mon PC est pleine à 70%.
Sinon, à part ça ? Daurade bien sûr ! Que je vais faire bien cuire, car j’ai repéré quelques vers blancs qui se baladaient dans la chair.

15H00 : Je viens de passer un bon moment à tripatouiller mon circuit électrique. Visuellement, rien ne cloche. En désespoir de cause j’ai mis mes batteries en parallèle. Si la batterie moteur charge un peu, peut-être qu’elle en fera profiter celles de service ? J’espère que je ne fais pas une connerie...

17H45 : Arrêt moteur.

18H00 : Bon, les enfants il reste encore 92 milles à faire. Sans doute un peu plus parce que le vent ne veut toujours pas nous aider (‘foiré !)
On va essayer de ne pas trop s’écarter de la route prévue, et pis surtout on va ouvrir l’œil pour éviter les plateformes pétrolières qui vont commencer à pousser comme des champignons.
Comme hier, je n’ai pas faim. Mais ce n’est pas entièrement la faute du stress, j’ai trop mangé ce midi.

Le lundi 1er octobre 2012 – Whale-watching.

05H10 : Nuit calme. Très calme. Affreusement calme.
Depuis minuit c’est la pétole de chez pétole. Pas un souffle, pas une risée, rien. A quelques milles sur bâbord j’aperçois les lumières d’une des deux plateformes pétrolières qu’il y a dans le secteur.
Les batteries ont tenu le choc, et les feux sont restés allumés toute la nuit. C’est bien.

06H00 : Les choses se présentent plutôt bien. Pendant la nuit nous avons fait 27,5 milles dans la bonne direction, il nous en reste donc 67,5 à faire. Il me reste 11H15 de moteur... Soit environ 45 milles. Reste 22,5 milles à faire à la voile.
Sachant que je préférerais arriver de jour dans ce port inconnu, la question est donc : Qu’est-ce qu’on fait ?
Et la réponse à cette question est qu’on est encore bons pour 24 heures en mer. Je vais rester à la voile toute la journée, en espérant que le vent se lève, et je garde le moteur pour l’arrivée demain matin.
Demain matin... Putain, vous n’imaginez pas le plaisir que j’ai à écrire ces deux mots !

06H25 : Cela ne fait que quatre jours que la tempête m’a cueilli. J’ai l’impression que ça fait une éternité.

07H50 : Je barre depuis plus d’une heure, en attendant une risée qui ne vient pas. Au loin, des baleines s’amusent. Je vois deux groupes, hélas beaucoup trop éloignés pour prendre des photos. Ca y-est, le vent se lève. Ouest, tu le crois ça ? Du coup le temps de régler ma voile j’en ai perdu mes baleines... Fait chier !
Debout sur les bancs je fais du Whale-watching !

Salut vous !
11h00 : C’est le bruit du souffle qui a attiré mon regard vers l’arrière de la Boiteuse. Elle était là, nageant tranquillement à moins de 100 mètres de mon sillage. Elle s’est tournée un moment sur le flan, comme pour me saluer de sa nageoire, puis elle a sondé... J’ai juste eu le temps de photographier sa queue avant qu’elle ne disparaisse.

11H45 : C’est incroyable ! J’étais en train de lire, la Boiteuse clapotait doucement dans la pétole quand j’ai soudain entendu comme un grincement de vieille porte en fer forgé en même temps que des craquements sec, comme si tout le bois du bateau était en train de sécher. Au début, je me suis inquiété en me demandant ce qui était en train de passer, puis le grincement a commencé à devenir plus harmonique... Jusqu’à devenir mélodieux. J’étais en train d’entendre le chant des baleines ! J’ai collé mon oreille contre le fond du bateau, et là j’ai été scotché par le bruit que ça faisait. Un son puissant, qui vous prenait aux tripes. J’en avais les poils qui se dressaient sur mes avant-bras...

12H00 : Les baleines sont parties, et la Boiteuse continue à rester clouée sur place sous un soleil de plomb. J’ai fait 10 milles en six heures... Je n’ai pas faim.

12H30 : J’ai quand même réussi à avaler un bol de nouilles, mais vraiment sans conviction. Ça me tue cette pétole...

12H45 : J’allume le moteur, j’en ai marre d’être scotché comme ça. Et puis comme ça, ça me fera un compte rond et je n’aurais plus que dix heures de moteur pour cette nuit et pour demain.

15H00 : Enfin un peu de vent. Tout au plus quelques rides sur le bleu de l’océan, mais cela suffit pour faire route sans avoir à barrer.

16H25 : J’ai au moins trois plateformes devant moi, et elles ne sont pas sur la carte.

Bientôt
17H05 : Le vent se lève pour de bon de l’Est. Ce pourrait-il qu’enfin j’ai un peu de bol dans cette fichue navigation ?

17H45 : TERRE !!! Je vois des montagnes sur tribord ! Vous voulez que je vous dise ? J’ai l’impression d’avoir fait un long, un très long voyage, et la vision de ces montagnes au loin est une récompense... Un soulagement aussi. Bref, je suis heureux.

18H00 : Yes ! Il reste 50 milles à faire, qu’on va s’avaler tranquillou avec ce souffle qui nous propulse à trois nœuds au grand largue. Droit sur Vitória, dans l’état do Espírito Santo. Et demain matin, on termine au moteur... Je vais essayer de ne pas trop dormir cette nuit. C’est truffé de plateformes et de pêcheurs qui illuminent l’horizon.
Ah tien ! Pour info, Touline a été particulièrement déchainée aujourd’hui. Est-ce le bateau empétolé qui lui a donné l’envie de courir partout et d’essayer de grimper au mât ? Je vous jure qu’elle a voulu le faire ! Et je ne vous raconte même pas le bruit des griffes qui glissent sur l’alu... Argh !
Bref, j’ai dû l’enfermer presque toute la journée. Mais je n’arrive pas à lui en vouloir... Pour elle aussi c’est dur.

18H45 : D’après le guide nautique, le Iate Clube de Vitória dispose d’un restaurant et d’une piscine. Bon, la pistoche je m’en tape, mais je peux vous dire que demain je me fais un resto !

19H00 : La lune se lève. Elle est pleine ce soir. Nickel.

22H00 : Impossible de fermer l’œil. C’est dingue le nombre de navires qui croisent dans le périmètre ! Pas moins de six lumières à l’horizon, sans parler des plateformes qui illuminent la nuit comme de véritables villes.

Le mardi 02 octobre 2012 – Enfin ?

00H00 : Il reste 30 milles à faire... J’abats de 20°.

03H00 : J’ai réussi à dormir un peu. Une heure et demi tout au plus. Plus 20 milles.

04H20 : Incroyable, le vent est tombé d’un coup avant de virer à 180° !

04H30 : J’allume le moteur. Le ciel s’éclaircie à l’Est. J’ai réussi à dormir une heure de plus.

Terre !
05H00 : Le jour se lève, et j’aperçois en même temps les lumières de la ville ainsi que des immeubles avec de grosses collines derrière. On dirait un peu le genre de relief qu’il y a à Rio.
Ça vous étonnerait si je vous disais que malgré la fatigue, j’ai un franc et grand sourire sur le visage ? Non, je ne pense pas... Parce que vous aussi j’imagine, après tout ce que vous venez de lire, vous avez envie que ça se termine. Et c’est bientôt terminé. Dans quatre heures, cinq tout au plus, on est au port.
Au fait, les batteries ont, par je ne sais quel miracle, tenues, et j’ai pu avoir du jus toute la nuit. Par contre je crains qu’on ne soit au bout de leur capacité. Le voyant qui veut dire « magne toi de m’envoyer des ampères » est au rouge écarlate.
Je ne vous cache pas que lorsque le moteur à démarrer au quart de tour tout à l’heure, j’ai poussé un ouf de soulagement, parce que je n’étais vraiment pas sûr d’avoir assez de batterie pour qu’il puisse démarrer...

06H00 : Baleine !!! Droit devant, en plein milieu des navires au mouillage. Elle saute et donne de grandes claques sur l’eau avec sa nageoire ventrale.

06H25 : Touline a un comportement étrange... Elle a passé un petit moment à regarder la baleine et les bateaux ancrés dans la baie, puis à me regarder moi en train de m’affairer à ranger le cockpit, pour ensuite aller d’elle-même se percher sur l’étagère de la salle de bain. Comme si elle avait compris qu’on arrivait et qu’il fallait qu’elle rejoigne son poste. Vraiment étrange. C’est qu’elle est futée ma Touline !

Vitória
07H50 : On approche. C’est marrant, mais j’ai l’impression que la ville est surplombée par un pain de sucre elle aussi !

08H00 : Je passe les premières bouées du chenal d’entrée. Je suis à la barre.

09H15 : Passé la Ilha do Boï et la Ilha do Frade, j’aperçois la marina au fond d’une petite baie. Les fonds sont hyper hauts, il faut que je sois prudent... J’appelle la marina sur le canal 69, personne ne répond.

09H35 : Et merde... J’ai touché. La Boiteuse s’est plantée dans un haut fond à cinquante mètres à peine de l’entrée de la marina. Putain de pilotes à la con qui ne répondent pas quand on a besoin d’eux !

09H55 : Bon ben les enfants on est coincé pour un petit moment. J’ai jeté l’ancre, et j’attends que la marée monte. Je suis dans une petite anse avec de jolies villas et j’entends un air de salsa qui vient de je ne sais où... Je peux souffler, vous croyez ? Non, pas encore. Il reste cinquante mètres.

11H05 : J’attends toujours que la marée monte...

12H00 : C’est bon, j’ai réussi à me dégager. J’ai démarré le moteur et j’ai relevé mon ancre, et je fais des ronds dans l’eau en attendant que ces messieurs daignent venir me filer un coup de main pour m’aider à m’amarrer.

13H00 : Enfin y’en a un qui se décide. Il me rejoint avec un dinghy et monte à bord pour pouvoir lancer les pointes avant pendant que je gère la barre. Soudain, alors que je passais la marche arrière le moteur s’arrête ! Je me précipite à l’avant pour balancer l’ancre. Celle-ci tarde à accrocher, et pendant que le bateau dérive vers la plage je balance toute la chaine. Ouf, ça-y-est on est immobile !
Je descends pour voir ce qui c’est passé et une fumée acre me prend à la gorge. Putain de merde ! J’ouvre le moteur et je vois de la vapeur qui sort bruyamment du carter. Le moteur a chauffé et la température est montée jusqu’à bloquer l’aiguille du thermostat. Soudain je réalise que dans ma précipitation à vouloir absolument arrivé, j’ai oublié d’ouvrir la vanne d’eau de mer... Je crains le pire. Mais quel con, quel con, quel con !!!

Au mouillage
15H00 : Le moteur a refroidi et j’ai remplacé le liquide de refroidissement évaporé par de l’eau douce. A priori pas de dégâts, j’arrive à redémarrer Mercedes. Sauf que maintenant à la radio on me dit qu’il y a trop de vent et qu’il va falloir attendre... Putain de bordel, mais jamais je vais pouvoir en finir avec cette nave ! Et avec cette journée !

15H55 : Ça n’a pas l’air de se calmer... Bordel, je déteste être au mouillage ! Il n’y a rien qui m’énerve plus que de rester là, planté au milieu de rien. En plus, vu le niveau de charge des batteries je ne suis même pas sûr de pouvoir redémarrer de nouveau...

17H00 : Je viens d’appeler les marineros. Ils m’ont dit que j’allais devoir attendre demain. Sur le coup j’ai gueulé, mais j’ai vite compris que je n’avais pas trop le choix... Je vais gonfler Miss B et mettre le moteur hors-bord en fonction et descendre à terre. J’en ai plein le cul.

21H00 : Je suis allé faire un tour à terre. J’ai pu prendre une douche et me raser, et j’ai dîné au restaurant de la marina. Là, je vais aller me coucher car je suis fatigué... Je hais les mouillages ! Pour moi, c’est exactement comme si j’étais toujours en navigation. Le vent est tombé mais il fait nuit, la Boiteuse se balance doucement et j’ai une vue sur les immeubles du bord de mer... Mais je suis toujours en mer. Je ne suis pas arrivé. Pas encore.

Le mercredi 04 octobre 2012 – Enfin !

Enfin !
08H00 : Bon, maintenant y’en a marre. Ces cons de marineros me disent qu’ils sont occupés et qu’il faut j’attende. Non j’attends pas ! Si le vent se lève je suis bon pour une autre journée à rester comme un con au bout de ma chaine ! Quoi qu’il arrive j’y vais.

09H00 : Et bien on y est ! Heureusement, j’ai pu avoir un coup de main du bateau voisin, et j’ai pu enfin m’amarrer et couper le moteur. Bienvenu à Vitória qu’ils m’ont dit... Ouais, c’est ça... J’espère bien que je suis le bienvenu ! Après tout ce que j’ai dû endurer pour en arriver là !

Bon allez, c’est finit maintenant. Ce périple de 1250 milles se termine enfin, et je vais maintenant m’atteler à la tâche pour réparer, ou faire réparer tout ce qui a été cassé. La voile, le régulateur, le moteur... J’ai du boulot.

(*) Hughes et Caroline ont été prévenus par mail mardi matin qu’un couloir de vent était en train de se former entre deux systèmes de haute pression, et ont eut le temps de se réfugier à Caravelas (sic !), où ils sont arrivés le mercredi à midi. Pendant qu’ils ralliaient leur abri, ils sont entrés en contact avec cinq cargos qui remontaient, leur demandant s’ils me croisaient de me prévenir qu’un coup de vent arrivait et qu’il fallait que je me planque.
Hélas, je n’ai croisé personne...

Ça y-est, c'est fini ?

12 commentaires:

elodreams a dit…

Hello Gwendal,

wow, tu m'as stressée à lire tes aventures... Enfin maintenant tu es à terre, presque à Manhattan ;)
Bichonne la Boiteuse, mais prends aussi soin de toi!

Bises

E.

SONIA a dit…

Pouh !!! Quelle galère...
Je retiens que quand elles sont en chaleur, les cagoles dandinent :)
Mais surtout, tu as vu des baleines, tu as même réussi les photos... J'espère que les prochaines que tu verras, tu les verras dans de meilleures conditions.
Retape ta belle Boiteuse. Touline et toi, refaites-vous une santé.
(pas cool que tu n'aies pu avoir le message de Loick)

Anonyme a dit…

Il y a rien de mieux qu'un coup de baston pour être heureux de l'avoir fait mais ça deux mois après!!!
Tu pouvais pas mettre ta GV avec deux ris?
Content que tu sois arrivé et prends le temps de vouloir reprendre la mer.

Un breton qui apprécie te lire et te relire

Thomas a dit…

Tu penses à nous en plein milieu de l'océan, c'est cool ! Tu te lances ds l'impro totale, c'est innovant ! par contre lire 1984 d'Orwell pour ne pas penser à ce qui va nous tomber sur la gueule, c'est paradoxal ... Et en fait c'est du Kafka que tu as vécu avec ces cinquante derniers mètres qui n'en finissent pas. Mais t'y est arrivé, ouf ! Bonne arrivée !

hedilya a dit…

Merci pour ce récit. Je reste coite. J'ai vibré autant que la boiteuse en pleine essorage et que le chant des baleines. Que des bonnes ondes.
Bonne escale, bonne réparations.

Monique a dit…

Ben dis donc, de la pétole au gros grain, tu fus bien bousculé !

Mais il paraît que c'est le métier qui rentre....bientôt tu te joueras des tempêtes comme de bien d'autres épreuves déjà traversées..

Quant à la Boiteuse, elle est quand même costaude et finit toujours par repartir !
Et maintenant, la voile c'est bon ? et l'alternateur ? Check ?

Profite bien de ces quelques jours avant de reprendre la barre, cap'tain !!!

Alexandra et Xavier a dit…

Ouch, quelle aventure!
J'ai été contente de papoter avec toi et ça y est je t'ai réservé une place sur notre ponton, on t'attend :)
Bises

... a dit…

Quel suspens....!!!

Gwendal DENIS a dit…

@Elodreams : Manhattan, c'est parce que c'est une île avec des hauts immeubles, et qu'il faut traverser des ponts pour aller vers la vie normale, c'est à dire triste et moche.

@Sonia : L'essentiel est qu'on s'en soit sorti.

@Anonyme : Pour l'instant j'en suis encore dans la phase d'encaissement. Pour les deux ris, j'ai pas eu le temps...

@Thomas : Je suis un cultivateur de paradoxe, et Orwell comme divertissement, j'assume !

@Hedilya : Merci à toi !

@Monique : Ce bateau porte de mieux en mieux son nom.

@Alexandra et Xavier : L'année prochaine sans faute !

lucifer ! a dit…

Quel luxe !
s'offrir en direct , là sous ses pieds , le concert du chant des baleines ... et sans la moindre contribution à la SACEM ...
c'est plus que du luxe ; c'est de la subversion!
Heureuse d'avoir un Gwen comme ça,une Touline , et une Boîteuse au bout du monde !

'Tsuki a dit…

Que d'aventure ! Mais alors en ce moment, tu es où ? Toujours à Vitoria (Victoire !!!) ? Ton visa, ça donne quoi ? Tu as réussi à faire réparer ta grande voile ?

Le suspens est insoutenable...

Les baleines et les dauphins accompagnent les navires en perdition jusqu'à bon port, c'est écrit dans mon grand livre des superstitions. Elles t'ont offert leur chant, c'est une bénédiction.

Anonyme a dit…

Hey salut capitaine !
Dis donc tu t'es régalé avec cette nav veinard, moi je n'ai pas eu droit aux baleines, aux dorades et aux coups de tabac ! ;)
Je suis maintenant en Guyane Française.
J'ai hâte que tu nous racontes la Patagonie, bonne route !!

Jeff le bateau stoppeur

et coucou à Touline