samedi 11 mai 2013

Quelques réponses

34°26.602S 58°31.795W
Buenos Aires, Argentine

Aujourd'hui je voulais partager avec vous les réponses à un questionnaire que j'ai reçu il y a quelque temps de la part d'une étudiante prénommée Calypso. Ces questions portent sur le rapport que le navigateur solitaire entretient avec le temps. Comment on l'occupe, comment on le perçoit, comment on le vit...
Malheureusement, un incompréhensible bug a fait que j'ai perdu son adresse mail, et que je me trouve dans l'impossibilité de lui envoyer ce texte ! Donc, la publication de ce jour a deux fonctions : a) Lui faire parvenir mes réponses en espérant qu'elle continue à lire ce blog. b) Vous en faire profiter.

1) Pourriez vous me faire une description de votre quotidien sur le bateau: Quelles sont vos routines ? Vos rituels ? Vos gestes essentiels ?
 
Je n'ai pas vraiment de rituels, mais plutôt des routines. J'ai tendance à penser que les rituels sont l'expression d'une superstition inutile. Les routines par contre permettent d'avoir des ancrages, des repères, qui me stabilisent dans le temps et dans l'espace. En mer, seule la course du soleil rythme ma vie, mais elle seule ne suffit pas à dire : Je suis ici, là et maintenant.

Généralement je me réveille plus ou moins en même temps que le soleil puis, après avoir pris un café, je fais le point. Je regarde qu'elle est ma position, la route parcourue pendant la nuit, et si il y a lieu de changer quelque chose dans le réglage des voiles ou du régulateur d'allure. C'est généralement le cas. Ensuite, je jette un œil sur le pont pour vérifier si les voiles sont en bon état, si tout est encore correctement attaché... Bref, je vérifie que tout est en ordre apparent. Ensuite, je lis ou j'écoute de la musique. A midi je prépare un déjeuner plus ou moins élaboré, selon l'état de la mer. L'après-midi se déroule comme la matinée, jusqu'au soir. Ensuite cela dépend si la côte est proche ou non. Si elle l'est, je vais dormir par tranches de 40 à 60 minutes et à chaque réveil je vérifie ma position et si l'horizon est vierge de tout danger. En plein océan atlantique, à mille milles de tout, je faisais quasiment des nuits complètes, du coucher au lever du soleil. Soit sous ces latitudes presque dix heures de sommeil !
Concernant les gestes essentiels, je dirais que ce dont je ne peux pas me passer c'est de regarder mes instruments pour savoir où je suis, dans quelle direction je vais, et à quelle vitesse. En pleine mer, ce sont les seuls vrais repères que l'on ait.

2) Quel est le rythme de vos journées ? En quoi est-il différent du rythme à terre?

Mon rythme de vie en mer est radicalement différent de celui que j'ai habituellement lorsque je suis en escale. C'est un rythme lié aux éléments, l'eau et le vent... L'état de la mer, le sens des vagues, leurs périodes, leur hauteur, sont autant de paramètres que j'intègre dans mon quotidien. De même que le vent, sa force et sa direction. Lorsque je suis en escale je n'ai plus à me soucier d'eux. Enfin, la plupart du temps. Si je devais choisir une image pour expliquer cette différence, c'est qu'en escale je ne me soucie de la météo que pour savoir s'il va faire soleil ou pleuvoir. A terre, je me déconnecte autant que possible de l'insécurité relative que représente la navigation.

3) Quelles sont les stimulations sensorielles qui rythment vos journées ? (sons, odeurs, vue…) Quel est, selon vous, le sens le plus développé en bateau ? Pourquoi ? Quelles en sont les conséquences ? En quoi ce rapport aux sens est-il différent de celui qu'on a à terre?

Indéniablement, le sens le plus utiliser en mer, en tous cas pour moi, est l’ouïe. J’aime à dire que le bateau est comme un orchestre dont le chef est le Capitaine. Chaque son, le bruit de l'eau sur la coque, le grincement d'une drisse, le roulement d'un objet dans un placard... Tous ces sons sont d'abord identifiés, puis classés. Ils ont un sens et disent que tout va bien, que tout fonctionne normalement. Et lorsqu'un nouveau bruit surgit dans cette mélodie, il est comme un couac. Ça veut dire que quelque chose cloche, et qu'il me faut agir. Je pars alors à la recherche de ce nouveau son de façon à savoir ce qui le produit. Une fois que c'est fait, soit je classe ce bruit comme inoffensif, et il rejoindra alors le concert permanent, soit je fais en sorte qu'il cesse. Ça peut être border une voile, resserrer un boulon, caler une conserve dans un équipet, etc. Mon oreille est tellement exercée, que cela se produit même pendant mon sommeil. Une dissonance dans la mélodie, et hop je me réveille !
En fait, tous les sens sont sollicités lorsque l'on navigue. C'est très animal comme sensation. Mais de tous, c'est quand même l’ouïe qui m'est le plus utile.
A terre, la vue reprend ses droit comme sens dominant.

4) Quels sont les objets qui accompagnent votre quotidien?

Je ne suis pas très fétichiste. Je veux dire que les objets qui m'accompagnent sont essentiellement utiles. Un cahier, un stylo, mes lunettes de soleil... Si, il y a peut-être ma pipe qui peut receler quelque symbolique cachée. Lorsque je la fume, elle m'aide à me détendre en même temps qu'elle représente la tranquillité, la sérénité. Si je fume ma pipe, c'est que je suis bien dans ma peau, que je gère convenablement mon environnement.

5) Quel est votre rapport au temps? En quoi est-il peut-être différent du rapport au temps qu'il y a à terre?

Paradoxalement, alors qu'en escale je vis sans montre et ne prend pas garde au temps qui passe, lorsque je navigue le temps est omniprésent. D'abord comme une unité mathématique, puisque le bateau se déplace et que le temps est intégré à la vitesse et à la distance parcourue. Mais le temps est aussi présent dans mes activités quotidiennes puisqu'il rythme mes écrits sur le journal de bord. Mais c'est bizarre, car le fait d'avoir régulièrement les yeux rivés sur la montre ne « ralenti » pas le temps, comme cela pourrait être le cas sur terre.
La plupart des marins glorifient cette liberté par rapport au temps qui disparaît, cette parenthèse enchantée que représente une longue navigation. Pas moi. Un voilier se déplace grosso modo à l'allure d'un homme qui trottine, et les distances que je parcours sont de l'ordre de plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres... Je sais donc que mes déplacements se mesurent en jours, et non-pas en heures ou minutes comme se mesurent les déplacement sur terre. C'est ça qui fait, à mon sens, la différence. Pour moi le temps s'écoule juste à une autre vitesse, mais il est néanmoins là.

6) Quelles sont vos pensées quotidiennes ?

En dehors de ce qui concerne la bonne marche du bateau, mes pensées vont un peu dans tous les sens... Le passé bien sûr. Je me remémore des épisodes de ma vie, et je fais comme si je les racontais à une autre personne (Parfois à voix haute !). Les mots permettent d'éclairer la pensée, et cela me permet de faire le point sur ce que j'ai vécu, de revoir les choses différemment. Je pense aussi à ce qui m'attend à la prochaine escale, ce que je vais avoir à faire... J'évite de trop tirer de plan sur la comète, mais c'est hélas ce qui m'arrive souvent. Je pense aussi au présent, et j'essaye de faire durer les moments importants. Mais ce qui occupe le plus mes pensées c'est mon journal de bord. Pas celui qui contient les données relatives à la navigation, mais celui que j'écris à la main et qui se retrouvera retranscrit sur mon blog. En fait, dès que je vois ou fait quelque chose, j'essaye de le retranscrire avec des mots. Et ça, ça occupe pas mal car c'est dur de trouver l'adjectif, ou le verbe exacte qui traduira ma pensée.
Je pratique également un bon exercice, le calcul mental. J'essaye de calculer mes moyennes, mes heures d'arrivée, ma consommation de carburant... Avant de refaire les mêmes calculs avec une machine pour être sûr de ne pas me tromper, c'est une activité qui occupe pas mal de temps !


7) Quels sont vos petits plaisirs quotidiens ?

Des plaisirs plutôt simples liés aux besoins vitaux comme manger et dormir. Mais surtout j'essaye de faire durer le moindre moment agréable. Un rayon de soleil sur mon visage, un joli surf à 10 Nœuds, un oiseau dans le ciel... Pour moi la navigation est généralement plus une contrainte qu'un plaisir. Je navigue parce c'est le moyen le plus simple de voyager avec sa maison, et que la planète est constituée à 70% d'eau. Aussi, j'essaye de profiter au maximum des bons moments, d'accumuler toute l'endorphine possible.

8) Comment vivez-vous le fait d'être toujours en mouvement, d'une destination à l'autre?

C'est parfois pesant. Je veux dire que j'ai besoin de temps en temps de me poser pendant quelques semaines dans un même endroit pour faire le point et reprendre un rythme moins stressant. Mais après quelques temps, j'ai de nouveau la quille qui me démange et j'ai envie de repartir pour découvrir de nouveaux horizons. L'avantage que j'ai par rapport à d'autres voyageurs en bateau, c'est que je ne me suis donné aucune limite de temps. Donc, contrairement à ceux qui ont un parcours à réaliser dans un temps donné, je peux m'accorder de longues pauses.
Un des principaux inconvénients à cette vie est que les relations humaines sont forcément plus éphémères que dans la vie « normale ». On s'arrête quelque part, on lie connaissance avec des gens et puis à un moment on s'en va... Au début c'était très dur à supporter pour moi, et ça l'est encore dans une certaine mesure. Mais je m'y fais... En fait, le côté temporaire rend les relation avec autrui
beaucoup plus intenses.

9) Étant beaucoup plus libre, pas sollicité par le téléphone portable, internet, et libre de toute activité professionnelle....Comment occupez-vous vos journées? Vous arrive-t-il de vous ennuyer?

Oui, assez souvent même ! Mais l'ennui fait partie du jeu. Et d'ailleurs, je revendique le droit à l'ennui car s'ennuyer, c'est être libre quelque part.
Mais concrètement, l'ennui n'est pas un problème. Car il suffit de se poser la question : Qu'est-ce que je pourrais faire ? Pour que dans la seconde une dizaine d'occupations potentielles apparaissent à l'esprit. La vrais question qu'il faut se poser c'est : Qu'est-ce que j'ai envie de faire ? Et là, les réponses sont déjà moins évidentes.
La question que vous me posez est à mon sens révélatrice d'un monde qui n'est plus le mien. Comme si le fait de ne plus être connecté, et surtout de ne pas travailler, créait nécessairement de l'ennui. Non, ce n'est pas vrai ! Il y a tant de chose à faire si l'on prend vraiment le temps de les faire... Et même ne rien faire en laissant vagabonder son esprit est une activité en soi.
Mais s'il faut vraiment fournir une réponse, je dirais que je lis beaucoup. En Transatlantique, je lisais un livre par jour.

10) Est-ce que le sentiment d'être vivant est plus prégnant sur un bateau? Avez vous peur d'un accident, de tomber malade, de la météo, de mauvaises rencontres? Quelles sont vos peurs?

Bien sûr que j'ai peur. Et j'ajouterais, heureusement ! J'ai peur en permanence, mais c'est une peur qu'on apprivoise, qu'on apprend à gérer. Elle devient plus comme un stress, avec ces bons côtés et ces mauvais côtés. Naviguer, a fortiori en solitaire, n'est pas une activité anodine, j'en suis conscient. C'est probablement la chose la plus potentiellement dangereuse que j'ai faite de ma vie. Mais le danger potentiel est quelque chose qui se jauge, et qui se minimise avec l'expérience. Après, il y a bien sûr les impondérables. La maladie, l'accident bête, les mauvaises rencontres (je n'en n'ai pour l'instant pas fait), mais c'est comme pour la tenue du voilier : Un minimum de précaution s'impose aussi bien dans le comportement que dans les choix que l'on fait. Si ces précautions sont prises, il n'y a plus lieux de s'inquiéter vraiment. En fait, je n'y pense même plus.
Pour l'instant, ma plus grande peur est de devoir renoncer à mon voyage. Et encore... Depuis mon départ j'ai acquis une certaine forme de confiance en moi, et je sais que j'arriverai à rebondir si demain tout devait s'arrêter.
Je n'ai pas l'impression d'être « plus » vivant lorsque je navigue... Ce qui me rend vivant, c'est d'avoir pris la décision de tout laisser derrière moi et d'avoir moi-même choisit mon mode de vie. C'est cela que j'appelle vivre.

11) Quelles sont les effets de la vie en huit-clos dans un espace réduit? Comment vivez-vous la solitude?

Vivre dans un espace réduit n'est pas si difficile si l'on est seul. Bien au contraire j'ai tendance à rétrécir encore plus cet espace en faisant en sorte que tout ce dont j'ai besoin puisse se trouver à portée de main. Les déplacements sur un bateau en mouvement ne sont pas simple, et j'essaye de les restreindre autant que possible. Mais cela est dû au fait que je suis seul... Je ne peux me permettre de faire des déplacements, ou même de simples gestes, superflus puisque ceux-ci peuvent hypothétiquement entraîner un accident. En fait je m'économise. Je garde mon énergie pour le moment où elle sera vraiment utile.
La solitude en tant que sensation est quelque chose que je pensais pouvoir gérer assez facilement. Célibataire et seul depuis une vingtaine d'années, je pensais que je n'aurais pas de problème à continuer ma vie d'ours. Mais c'était sans compter avec le bonheur que me procure cette vie. Avant, ma vie ne méritait pas d'être partagée puisqu'elle était insipide et triste. Maintenant, chaque moment de ma vie, en mer et en escale, est tel que j'ai envie de le partager... Alors je le fais dans une certaine mesure grâce à mon blog, mais cela ne me suffit plus. Pour répondre clairement à la question, je le vis assez mal depuis quelques temps.

12) Quelles sont les satisfactions et les contraintes?

Il y a néanmoins quelques satisfactions à être seul. La plus importante à mes yeux est que je ne suis responsable que de moi (et accessoirement de ma chatte). Je veux dire par là que tout ce que je fais, toutes les décisions que je prends, n'impactent que moi. Avoir quelqu'un d'autre à bord, c'est rajouter une variable supplémentaire, donc un stress supplémentaire... Car en tant que Capitaine il est de mon devoir de me soucier avant tout de la sécurité et du bien être de mon équipage, bien avant ma propre personne.
Alors, même si j'ai parfois adoré naviguer avec quelqu'un, notamment avec ma petite amie Zoë, je dois avouer que la navigation en solo est beaucoup plus simple...
Par contre, le fait d'être seul oblige à réaliser chaque manœuvres avec une technicité différente. Parfois un coup de main serait très utile, mais comme il n'y a personne pour m'aider, je suis obligé d'inventer des manières de faire. Et surtout, je dois bien réfléchir en amont à chacune de mes manœuvres. Voire même chacun de mes gestes.

13) Pensez-vous avoir évolué d'un point de vue personnel depuis votre départ ou grâce à vos différents voyages? Qu'est-ce que cela vous a apporté?

Difficile de répondre à cette question... Je pense que j'ai évolué c'est certain, car l'ouverture vers d'autres lieux, d'autres cultures, force l'évolution. Ma vision du monde s'est étoffée, sans pour autant être fondamentalement remise en question.
Je crois que j'ai acquis une meilleure connaissance de ce que je suis et par conséquent une plus grande confiance en moi, et une meilleure estime de moi-même... Avant mon départ, je n'avais qu'une vague intuition de mes capacités, de ce que j'étais capable d'accomplir. Je partais sans trop savoir si j'allais pouvoir réaliser le rêve que je m'étais choisi. Maintenant je sais ce dont je suis capable, et franchement, sans en en tirer spécialement de fierté (je n'ai fais que ce que j'estimais devoir faire), je me sens mieux dans ma peau. Mais j'ai conscience aussi qu'il me reste encore beaucoup de choses à voir, de gens à rencontrer, et que donc, forcément, je n'ai pas fini d'en apprendre. Sur le monde et sur moi-même.

23 commentaires:

Anonyme a dit…

Magnifique article!!!!

Bon courage dans tes réparations...

Bon vent,

Un jeune marin breton espérant un jour partir

Marie a dit…

C'est un très beau texte, Gwendal... et une jolie introspection :-)
Merci pour l'avoir partagé.
Et maintenant : au boulot! Je suis sure que Touline aimerait partir à la découverte d'un nouveau territoire bientôt

Astrid a dit…

"Je n'ai fait que ce que j'estimais devoir faire." Cette phrase va m'aider!! Très intéressant ce questionnaire pour comprendre et en savoir un peu plus. Beaucoup de vrai, sans détour c'est ce que j'aime dans tes récits. Merci

Laurent Houssin a dit…

"Si, il y a peut-être ma pipe qui peut receler quelque symbolique cachée !"

Loool ! Même si je ne pense pas à mal, ça me fait penser à l'un de tes messages récents (cachez ce sein)... Un côté très maternel qui manque sûrement à bord d'un bateau.

En tout cas, tu fais rêver, tu me fais rêver...

Merci Gwendal !

Gwendal DENIS a dit…

@Marin breton : L'espoir c'est déjà un début. Y'a plus qu'à !

@Marie : Merci Marie ! Nan, je crois que la Touline préfère quand même grimper aux arbres et chasser les oiseaux.

@Astrid : Content que ça puisse t'être utile !

@Laurent : Pie ou téton ? Tétons ou pipe ? Grrr... Pas facile de choisir !

Sonia a dit…

Tu devrais avoir plus souvent des questionnaires....
Laurent H. : tu me fais rire :)
Biz Gwendal.

Gwendal DENIS a dit…

@Sonia : Tu crois pas que je me pose suffisamment de questions comme ça ? :)

Nancy Rémond a dit…

Très beau texte, cela te ressemble tellement ! j'aime le passage sur les sens qui pour moi se modifient terriblement en mer. Le principe du questionnaire génial !

Gwendal DENIS a dit…

@Nancy : Merci Nancy !

Monique a dit…

C'est vrai que ce questionnaire est un bon moyen de faire le point sur ta navigation intérieure !

Il permet de préciser et de concentrer des impressions, des sentiments que nous percevons déjà à travers ce blog et nos conversations.
J'apprécie l'honnêteté avec laquelle tu réponds, comme toujours..

Des bisous, Capitaine de mon coeur !!

Sophie L a dit…

Très intéressant ce texte, merci de le partager avec nous.
Je suis aussi interpelée (quelque part, on est forcément interpelé quelque part! ;) ) par ta réponse sur l'importance de l'ouïe en mer. Je suis très très loin d'avoir l'expérience que tu as (ma plus longue traversée, c'était 3 jours, et en équipage) mais j'aurais répondu la même chose, je trouve aussi que les sons en mer sont très importants comme repère (et en particulier, comme tu le dis, les sons qui changent). Et aussi je crois le toucher (si on peut parler de "toucher" pour la sensation qu'on a du mouvement du bateau).

J'ai l'impression que tu as un peu le blues (on peut comprendre), j'espère que ça va aller mieux, je me permet de te faire une bise!

Gwendal DENIS a dit…

@Monique : Honnête, c'est mon deuxième prénom. Pour le meilleur et pour le pire.

@Sophie : C'est vrai que je n'ai pas parlé du touché... Ou plutôt de l'équilibre et du corps en mouvement. C'est important aussi. Je dis souvent que la Boiteuse se conduit "aux fesses". Je veux dire par là que je sens ses mouvements par l'intermédiaire de tout mon corps...
Et oui j'ai encore un peu le blues depuis le départ de Zoë. Mais je ne pensais pas que ça allait transparaitre dans ce texte. :)

Astrid a dit…

Pour les sens en mer, le mouvement et le bruit perpétuels ont été les sens les plus sollicités pour ma transat, et l'odorat est celui qui, j'ai l'impression, s'est affiné le plus au fur et à mesure de l'avancée.

Anonyme a dit…

Rolalaaaa que c'est bon de te lire. Gwendal, j'ai connu ton blog il y a quelques temps, via une amie "Tara Tari", et j'ai mis un certain temps à rattraper ce retard ! Je mange tes récits avec appétit, c'est un vrai plaisir que de te lire, les articles sont tellement bien fait, tellement vrai ! Bravo et merci.
Lucas.

Gwendal DENIS a dit…

@Astrid : L'odorat en mer est très peu sollicité en vérité car l'eau, même salée, ça sent pas. C'est pourquoi la moindre odeur bizarre, cuisine, carburant, etc, en est sublimée. Je me souviens avoir senti les épices venus de la ville d'Essaouira bien avant d'y atterrir.

@Lucas : Merci beaucoup Lucas ! Ça me touche.

Flotilha a dit…

14) Comment et quand tu as pris la décision de naviguer et a quoi tu étais consacré
15) Comment fais-tu pour obtenir des ressources pour se maintenir
16) Comment se donne la interaction avec la culture locale d'un pays , la histoire, les coutumes, la langue.

... a dit…

Bonjour,
je me suis replongé avec plaisir dans tes écrits,tu vas remonter vers les Antilles..? prudence camarade pour la temporada des cyclones, tu en parles toi même, de juin a octobre selon les années...Bonne continuation..
Cordialement

Gwendal DENIS a dit…

@Flotilha : Pour la question 14, je te suggère de lire les deux tous premiers articles du blog. Pour la 15 et la 16... Je vous en parlerai un de ces jours !

@... : Oui je vais remonter me mettre au chaud ! Mais ne t'en fais pas, je vais faire en sorte d'arriver sur zone après les festivités cycloniques !

Ad Dresseur a dit…

ouais ouais ouais ...
je m'aperçois avec surprise (sic) que, si il y a une chose qui ne changera jamais, c'est bien le formatage intellectuel (et donc littéraire)de l'université...la question 13 mériterait à elle seule une thèse de doctorat (on peut dire sans risque de se tromper que c'est une authentique question bateau!!!)
sinon content que tu reprennes du poil de la bête
(c'est bien d'être bien...
...et si tu t'ennuies, raconte toi des blagues)...
biz

Gwendal DENIS a dit…

@Ad Dresseur : En fait, la réponse à la question n°13 ne peut être qu'un instantané, une photo du moment actuel. Le voyage m'a transformé, et me transformera sans doute encore. Et gloser sur le sujet maintenant est sans doute un peu vain, c'est vrai. Cela dit, elle m'a permit d'affirmer ma nouvelle estime de moi-même... C'est le genre de chose qui va toujours un peu mieux quand on le dit. :)

philippe a dit…

jour après jour tu deviens un marin, et j'aime toujours cette phrase de Sénèque? " Il y a trois sortes d'hommes, ( humains ya des femmes aussi heureusement) les vivants, les morts, et ceux qui vont sur la mer..." biz Captain

Gwendal DENIS a dit…

@Philippe : Ni vivant, ni mort... Tu crois que les marins sont des zombies? :)

philippe a dit…

suffira de voir tes yeux un jour, des yeux de revenant, c'est toujours beau et impressionnant