lundi 21 octobre 2013

Pauvre France...

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay

S'il est une question qui revient régulièrement, aussi bien de la part de mes proches que de correspondants plus ou moins anonymes, c'est bien celle-ci. Quand est-ce que tu rentres ? Ou bien, dans un registre moins définitif, la question devient : Quand est-ce que tu viens faire un tour en France pour nous voir ?
En règle générale, je botte en touche et je réponds que cela n'est pas au programme pour l'instant. Une façon pour moi d'éluder la question en même temps que la réponse. Ou du moins de biaiser, le temps de chercher mes mots.

Le Bonheur ressemble à ça...
Sachez-le, dès même avant mon départ, alors que j'en étais à préparer dans ma tête un tour du monde à la voile en solitaire, j'avais déjà l'intuition que ce voyage ne devait pas s'envisager comme une parenthèse. Il s'agissait d'un choix de vie, et non pas d'une virée en mer limitée dans le temps. Je sentais au fond de moi que terminer ce voyage aurait quelque part le parfum de l'échec. Parce que c'est vrai quoi, vous faites le tour de la planète sur un voilier et après ? Vous croyez vraiment qu'il est possible de reprendre son train-train quotidien après un voyage pareil ? Et puis le côté : Youpi, je reviens d'un tour du monde à la voile en solitaire, regardez-moi comme je suis balaise ! Faites-moi une place dans votre monde ! Je suis peut-être un rêveur, mais je ne suis pas stupide. Je sais bien que les choses ne se passent pas comme ça. Et puis, je ne suis pas vraiment homme à me glorifier d'une performance, je pense que vous commencez à le comprendre.
Il est donc clair qu'à l'époque, et sans trop savoir encore mettre des mots dessus, j'envisageais déjà qu'un retour signifierait qu'au cours de ce périple, je serais passé à côté de quelque chose. Cela aurait voulu dire que je n'aurais pas trouvé le Bonheur avec un grand B.

Deux ans et demi plus tard, et si l'on excepte un aller-retour vite fait de quatre jours pour vendre ma maison, je n'ai toujours pas remis les pieds en France. Et franchement je n'en n'ai pas envie. Pas encore. Entendons-nous bien, j'aurais les moyens de me payer un aller retour si je le voulais, ce n'est donc pas un problème d'argent. De même, je sais très bien que si je venais passer quelques jours au pays, certaines personnes seraient ravies de m’accueillir, ce n'est donc pas non plus un problème de logistique. Non, mon souci est que pour envisager de faire une pause il faudrait déjà que j'ai le sentiment d'avoir accompli quelque chose... Et ce n'est pour l'instant pas le cas.
D'accord, vous allez me dire que je suis bien trop exigeant avec moi-même, que traverser l'Atlantique en solitaire c'est déjà pas mal, qu'avoir séjourné dans tant de pays c'est déjà quelque chose... Peut-être. Mais il n'empêche que cela ne me suffit pas. Pour ne serait-ce qu'un jour envisager de revenir il me faudrait... En fait, je n'en sais rien. Je vous le dirais lorsque je l'aurais fait !

Tu t'en fous toi, tu as un passeport espagnol !
Et puis... Et puis je dois vous avouer que ce qui se passe en France en ce moment ne joue pas vraiment en faveur d'un séjour au pays, fut-il bref. Depuis deux ans et demi que je suis parti, la France, ma France a bien changée. Sans doute ne vous en rendez-vous pas compte parce que vous avez le nez dedans, mais vu de l’extérieur je peux vous dire que c'est assez impressionnant.
Le racisme et la xénophobie se déchaînent depuis des mois et personne ne moufte. France Inter, ma radio, s'est transformé en affidé des banques et des assurances, et fait la part belle à des personnages (comme Finkielkraut la semaine dernière ou Copé encore ce matin) qui tiennent des discours odieux. Des discours qui, il n'y a pas si longtemps, auraient voué leur auteurs à la vindicte populaire et médiatique. Mais non, là encore personne ne moufte. Pire, on commence à trouver ça normal.
La gauche, elle aussi dite « normale », se droitise. La droite s'extrême-droitise. L'extrême droite jubile et engrange les points. Le pays dérape et tombe sur le cul, culbute et roule en arrière. Il régresse. On porte aux nues un type qui en descend un autre dans la rue d'une balle dans le dos. Cinquante années d'avancée sociétales sont mises en coupe réglée par un gouvernement sensément de gauche... Le code du travail est démoli. Les pauvres se mettent à payer plus d'impôts alors que les entreprises du CAC 40 se gavent comme jamais. On arrête une adolescente en pleine sortie scolaire pour l'expulser... Non mais sérieusement, c'est quoi ce bordel ? Elle est où la France des lumières ? La France du respect et des droits de l'homme ? On se croirait presque revenu dans les années quarante ! Ça sent la délation et la haine de l'autre. Ça sent la peur et la colère. Non, correction. Ça ne sent pas, ça pue. Et je peux vous dire que l'odeur on la sent à des milliers de kilomètres.

Ma dernière vision de la France, le port de Sète
Jusqu'à présent je me disais que si je devais un jour me planter dans ma quête, si je devais échouer, j'aurais toujours la possibilité et le plaisir de rentrer au pays. Que celui-ci m'accueillerait comme une mère son enfant... Là, je vous avouerais que je ne suis plus sûr de rien. J'ai peur de devenir comme ces voyageurs que je croise parfois, et qui tournent autour du monde non pas parce qu'ils le veulent mais parce qu'ils n'ont pas envie de rentrer chez eux.

Alors, alors... Alors quelque part cela me motive pour poursuivre ma route à la recherche d'un endroit où je pourrais dire que c'est chez moi. Cela me motive, mais cela me désole aussi. Car il y une différence entre partir parce qu'on ne se sent PAS chez soi, et partir parce qu'on ne se sent PLUS chez soi. Une énorme différence.

29 commentaires:

Monique a dit…

Je suis bien de ton avis, et je comprends que tu n'aies plus envie de revenir !!
Pire, j'en suis souvent à avoir envie de quitter ce pays dans lequel je ne me reconnais plus et si j'en avais les moyens et un peu moins de contingences familiales, je crois que je l'aurais déjà fait.
Le courage est parfois de prendre la fuite !

Anonyme a dit…

Bonjour Gwendal, la France n'a pas changé seulement depuis deux ans et demi, tu en prends conscience aujourd'hui parce que tu t'en es éloigné. Elle continue juste son long processus de renoncement initié il y a bien longtemps. L'historienne optimiste que j'ai été te dirait, c'est un cycle comme de tout temps il y a eu des heures sombres auxquelles ont succedées des lendemains qui chantent où le peuple s'est repris en main pour avancer. Oui aujourd'hui nous marchons sur la tête, foulons au pied toutes les valeurs, tous les fondements qui ont bâti notre société que le contexte économique amplifie encore (sans vouloir tomber dans l'analogie facile en 1937 on en était à peu près au même point...), de l'intérieur c'est difficile à vivre. Je n'ai pas ton courage pour larguer les amarres mais j'avoue ma lassitude voire même un certain renoncement. Je me réfugie dans la musique et me concentre sur mes objectifs personnels, égoïstement, parce que je n'y crois plus, ni au système ni en la capacité des hommes pour le moment à redresser la tête. Le constat est amère quand on a été mmilitant d'assister à ce cirque politique, médiatique, économique... le pire étant que c'est avec la vie de nombreux hommes et femmes avec lequel ils jouent. Je veux croire qu'après avoir touché le fond (une certaine élection pourrait être le déclencheur...) je ne l'appelle pas de mes voeux mais il faut pourtant se rendre à l'évidence, la pente sur laquelle nous sommes engagés ne laissent pas présager d'autre issue et je ne suis pas sûre d'avoir assez de force et d'espoir pour la combattre encore une fois.
Sale temps sur la planète, heureusement que tu nous donnes des petits morceaux de paradis...
OSEM

Thrse a dit…

coucou Gwendal!
Voici un article qui me fait revenir en arrière et me ramène à cette superbe journée où nous nous sommes rencontrés physiquement!
nous nous sommes battus pour une cause ensemble! Mon avis n'a pas changé, mais je suis assez d'accord avec ce qu'à dit OSEM? (anonyme) juste avant moi... Je pense que cela fait très très longtemps que nous sommes sur une pente dangereuse, et au vu de beaucoup d'abus de certaines personnes, nous glissons vers les extrèmes.... sentiments compréhensibles lorsque toi, on ne te fais pas de cadeau! Tu comprends ce que je veux dire!
Tu me connais, tu connais mes opinions et tu sais que j'ai des amis de toutes races... donc je ne suis forcément pas pour l'extrème droite, mais la gauche actuelle(mon dieu, que ça fait mal à dire)est pire que son prédécesseur! Je ne pensais pas que cela soit possible!
Je me suis vue dans ma situation,minimal social, être obligée de payer des impôts alors que certaines grandes fortunes sont toujours protégées! Pis je me mets à la place des grand fortunés de ce pays qui ne sont pas protégés, menacés de payer 75% d'impôts, franchement, c'est abuser! J'en reviens toujours à la même chanson : faites des économies sur le gouvernement là où il y a le pognon, et pas chez les pauvres !!!
Bon, j'arrête parce que je sens que je me mets en colère! Tout ça pour dire que pour moi, il n'y a plus de différence entre partis : tous des ...
Ils sont là pour se remplir leur poche perso et pour les autres, et ben on s'en fou!
Gros bisous cher Gwen, ravie que tu ne sois plus là pour subir tout ce que nous subissons! Reste là où tu te sens bien, malgré le manque que ton absence nous procure.
(il est évident que nous ferions partie de ces personnes qui se feraient une joie de t'accueillir chez eux!)
re gros bibis!

Eric et Sandrine a dit…

Tu as tout dit, OSEM et Thrse on dit la suite! Ta dernière phrase résume tout ce que je ressent. j'ai de plus en plus hâte de partir. Je ne développerais pas plus car j'ai horreur de parler politique sur le blog ou la page des autres, mais en tant qu'ancien militaire qui a côtoyé les RG je peux t'assurer que le danger ne viens pas d'ou les médias et les gouvernements veulent nous faire croire. Je n'en dirais pas plus. Profite de la vie et des lieu que tu visite. La vie est trop courte pour ne pas s'en mettre plein les yeux. crois moi, j'ai beaucoup voyagé par ce monde et tu es un privilégié, ne le prend pas mal, je veux simplement dire que c'est toi qui à raison. Profite le plus possible de la vie!!!

Simbad a dit…

Heeeuuuuuu
C'est pas un peu alarmiste comme constat.
La France n'est pas ce que représente 15% des personnes.
Je veux encore y croire, laissez moi y croire encore, le temps que je me prépare à partir aussi ....
Autour de moi y a des cons bien sûr mais aussi pas mal de gens bons.
Je vous souhaite à tous courage et espoir.
Simbad

Pierre Vigna a dit…

Ca date un peu mais je l'écrirais encore aujourd'hui:

Mail mot d’ici

Je cherche un bout de planète où nul n'aurait posé le pied. Ni homme ni bête. Un endroit vierge de toute saleté. Une place bien nette où je pourrais me poser.
J'ai commencé par le facile, les rivages, mais peu d'espoir de trouver ils sont tous foulés et refoulés. Leur sable malaxé a servi de serviette après avoir grandi en châteaux et quand on le croit immaculé on y trouve une empreinte isotopique.
Après j'ai fait les rivières, trop de poisson, trop d'or, de véritables autoroutes à mercure.
Les forêts mais pas un arbre qui n'ait poussé sur les ruines d'un autre coupé de main d'homme.
Alors j'ai cherché sur les montagnes, mais il n'y a rien qui attire plus l'humain que ces reliefs froids, venteux, écrasés de soleil. On y respire mal mais tous veulent les gravir et l'on cherche sa voie nouvelle et non franchie dans un dédale de tracés, même leurs erreurs me privent de virginité.
Les déserts, je craignais d'y croiser quelque Paris-Dakar sautant les mêmes dunes indéfiniment.
Il ne restait que la mer mais j'ai peur qu'elle aussi ne soit aujourd'hui complètement sillonnée par des cargos aux routes extravagantes ou des voiliers de course qui n'ont de cesse que d'en faire le tour le plus vite possible.
Il y a bien derrière chez moi un bout de rocher qui perce la pinède, il est si brièvement escarpé que personne n'a eu l'idée d'en faire une première. Seul un pin poussant au ralenti y lance ses branches.
C'est peut-être bien là que je poserai le pied, pour marquer mon territoire, si le pin le veut bien j'aurai ma petite place...

Pierre

JINGLE a dit…

>Gwendal, heureusement que tu es là, navigateur concerné par ce qui se passe autour de toi, pour balancer un caillou dans la marre car certains - moi - reprennent volontiers le commentaire de l'historienne optimiste ci-dessus: " Je me réfugie dans la musique et me concentre sur mes objectifs personnels, égoïstement, parce que je n'y crois plus, ni au système ni en la capacité des hommes pour le moment à redresser la tête. Le constat est amère quand on a été mmilitant d'assister à ce cirque politique, médiatique, économique" ... Ce n'est pas (que) dans la musique que je préfère plonger la tête mais dans les eaux lointaines. Le pire est que cela ne me fait rien d'admettre une certaine lâcheté face à ce qui se passe en France, en Europe. Mon anarchisme primaire d'adolescent inconscient me fait faire un bras d'honneur et dire " C'est bon j'ai donné, je me casse ".
Bien entendu, c'est mon appétit de découverte d'autres lieux et d'autres gens qui me fait voyager mais je suis heureux que cela coïncide avec le fait que je puisse quitter ce pays dirigé par des politiciens et non des hommes, oui des hommes au sens large du terme, humains, intelligents, capables et responsables.
Alors courage de partir ou lâcheté de ne pas rester... un débat que je me réserve pour les fins de repas arrosés, mais pour ceux restent - qui en ont le courage ;) - n'oubliez jamais de suivre l'exemple de Jésus : "Ne baissez jamais les bras!" (il fallait que je finisse par dire une connerie ...)

Pierre Vigna a dit…

Après la poésie le réalisme romantique:

Je ne crois plus dans la fuite. Je crois dans la lutte, l'extermination radicale des pensées malsaines les plus basses. J'ai toujours dit que, face à la montée des extrêmes, la seule solution resterait la bagarre, la baston. L'abruti ne comprend que ça une force non violente qui impose. C'est Ghandi lui même qui a attrapé le bras d'un homme qui battait son âne et qui expliquait qu'il est des cas où seule la force sauve la paix.
Après on peut aussi laisser l'âne prendre des coups, puisqu'aussi bien les premiers qui paieront le prix seront ceux qui ont mis un bulletin puant dans l'urne... Tout ça n'est que tristesse et absence de sentiment, de sentiment "noble", du genre qui élève l'homme. C'est si dur de s'élever parfois.
Pierre

Skol a dit…

Bonjour Gwendal,
Tout à fait à coté du sujet, si je peux me permettre, ton image du "paradis" (que j'approuve à 350%) est en pleine contradiction avec un billet précédent intitulé "j'aime pas le mouillage" ou quelque chose comme ça, et qui m'avait bien étonné.
Que dis-tu de ça ? hummmm ?
bien amicalement
Isabelle, de Skol

cazo a dit…

Ah mon ami... tu sais bien que tu es parti pour partir !! Pour (te) trouver, qui sait ?...Revenir ?... Qui sait ?... Quant à la situation actuelle, tu la pressentais comme nous tous, et le changement, on se doutait bien que c'était pas pour maintenant, même pas demain la veille !! Ta liberté, ça a été ton choix, après, bien obligé de composer avec les aléas qui vont avec. La seule façon de sortir de ce système, c'est permettre à d'autres d'entendre un autre son de cloche que celui que les médias assènent chaque jour, ne pas se résigner devant les idées nauséeuses qui font le lit de la pensée médiocratique, mais au contraire dialoguer, faire valoir d'autres idées, argumenter. Beaucoup de gens se laissent aller à la soumission à l'opinion générale formatée par les pouvoirs financiers, faute d'entendre une autre opinion. Baisser les bras, ne plus répondre par un avis différent aux idées franchouillardes et sénophobes, c'est contribuer à la contagion du mal. Bon, ça va prendre du temps, mais peu à peu des journalistes faisant leur boulot et persistant à vouloir se faire entendre, des économistes aux opinions foncièrement divergentes, des idées portées par certains, politiques, grain de sable après grain de sable, ciment après ciment, brique après brique, font entendre des alternatives, au grand dam des pouvoirs financiers - tout ne s'achète pas !! - bon, ok... les convictions que j'avais il y a plus de 30 ans, à la lumière de certains esprits avertis, sont à présent (malheureusement) devenues des préoccupations mondialement partagées... Bonne route, mon Ami, où que tu sois, nous partageons le même bateau !!

gubragh a dit…

Tu l'as écrit, si ça se trouve pendant que je le pensais. La France, je l'ai choisi il y a plus de 20 ans et elle était comme je l'avais rêvé. Le Paris que j'avais lu dans les bouquins de Hemingway et Miller (j'ai déjà dit ça à des amis il n'y a pas longtemps), je l'ai trouvé dans les auberges de jeunesse Boulevard Ledru Rollin et du coté de la Rue St Jacques, d'un banc avec des clodos dans l'Ile de la Cité ou d'une pièce de théâtre dans la cave d'un pub irlandais. Je passe les chemins des douaniers du coté de la Hague ou les petits bars de Collioure, les bistrots de village de la Chaine des Puys ou les balades dans les dunes à la pointe du Hourdel. J'y ai vécu presque 20 ans heureux, avec des hauts et des bas, mais les bas, c’était les miens, à ma taille, rien à voir avec Paris ou la France. J'ai eu mes déboires sentimentaux, professionnels, financiers mais jamais, en 17-18 ans, de désamour avec Paris ou avec la France. Et il est venu, insidieusement, tout doucement, sans faire de brut. Je passe sur pas mal de détails, mas juste avant de lire ton article, je venais de lire un post d'un "ami FB", qui partageait des propos d'un genre qui était communément considéré comme indécent, ça me plaisait bien et j'ai rarement croisé des gens qui puissent se reconnaître dans de tels propos. Sauf les cinq ou six dernières années. Il y en a qui se sont vanté d'avoir "décomplexé" la droite. Moi je dirai qu'ils ont décomplexé la bêtise, la haine et ce qu'on a de plus vil à l'intérieur de l'humain. La France d'après n'est plus celle d'avant, et on ne s'aime plus, tous les deux. Je pense que je pourrai y aller, je pense que des amis que j'ai seront toujours les mêmes (du moins je l'espère, surtout pour moi, sinon ça voudrait dire que je me suis planté dans le choix de mes amis), mais là, c'est peut-être là que réside mon privilège – je ne suis pas du pays. Qui avait dit un jour « aimez là ou quittez là ? » J'ai oublié...

Anonyme a dit…

Complètement d'accord avec toi Gwendal, continu ta route, la terre est grande !
Lucas.

Gwendal DENIS a dit…

Houla ! Je suis agréablement surpris de vois que cette bafouille a suscité autant d’intérêt de de commentaires longs et argumentés. Ça fait plaisir ! Surtout qu'en règle générale lorsque je dégoise sur la politique la plupart de mes lecteurs ont tendance à zapper... La vérité, ça fait chaud au cœur de voir qu'il y a encore quelques personnes qui se sentent concernées par le monde qui les entoure.

@Monique : Tu soulèves là une question à laquelle je n'ai pas trouvé de réponse. Pour ma part j'avoue que je traîne toujours avec moi cette petite culpabilité que j'avais au départ (souviens toi), d'avoir laissé tomber la lutte au profit des mes propres aspiration. Le collectif pour le personnel. Et c'est sans doute cette culpabilité qui me pousse à écrire de tel billets.

@OSEM : Tu as raison Osem, ce glissement ne date pas d'hier. Cela dit, et même si je ne me berçais pas d'illusions non-plus, on aurait pu espérer qu'il se ralentisse avec l’avènement de ce nouveau gouvernement. Bien au contraire, il accélère. Ce qui me fait vraiment peur, c'est que les gens préféreront toujours l'original à la copie. A la gauche libérale, ils préféreront la droite, et à la droite décomplexée, l'extrême droite. C'est ce qui hélas, nous, vous, pend au nez. (Ça fait plaisir de te retrouver sur ces pages !)

@Thérèse : Fais gaffe ma chérie, tu vas virer poujadiste si ça continu ! Pour ma part, et aux vues de ce que j'ai pu rencontrer au cours de mon voyage, la France n'est pas à plaindre du point de vue de la corruption. Certes, il y a de nombreux arrangements entres amis, mais nous n'en sommes pas au niveau de certains autres pays dans lesquels j'ai vécu, comme l'Espagne, le Brésil ou l'Argentine. S'il faut sans doute faire des économies sur le gouvernement il ne faut surtout pas en faire sur l’État ! Et c'est malheureusement ce qu'il se passe... La doctrine ultra-libérale s'est infiltrée partout, même au cœur de la gauche historique. C'est ça qui détruit tout.

@Eric et Sandrine : Privilégié... Sans vouloir le prendre mal, je ne me considère pas comme tel. J'ai juste eu l'opportunité de faire un choix, et la volonté de l'assumer par la suite. C'est tout.

@Simbad : J'admire ton optimisme ! Il me fait même envie quelque part. Moi aussi j'ai pensé comme toi, que finalement nous allions retrouver la même proportion de ces crétins décérébrés qui de tout temps ont existé chez nous, entre 10 et 15%... Et ce malgré tout ce qu'on peut lire, entendre ou voir. Mais malheureusement, j'ai bien peur qu'aux prochaines élections municipales ce ne soit pas le cas. Enfin, nous verrons bien !

Gwendal DENIS a dit…

@Pierre : Je te rejoins pour ce qui est de la lutte. Je ne baisse pas les bras, puisque je me permet encore d'écrire quelques lignes sur le sujet depuis ce pays qui fleure si bon la noblesse humaine comme tu dis. Mais la tentation est grande, si grande...
Tu as raison lorsque tu dis qu'il est dur de s'élever. Et après avoir vu le file « Hannah Arendt » hier au soir, je peux enfin mettre des mots sur tout ça. Il ne faut jamais cesser de penser. Car c'est la non-pensée qui lorsqu'elle est associée à la médiocrité conduit au mal absolu. Et hélas, depuis des années notre société crée, soutient, met en valeur, des être qui ne pensent pas...

@Skol : Tout à fait exact ! Il y a là effectivement une contradiction que je ne m'explique pas pour l'instant. Sans doute est-ce parce que au fond de moi j'aimerais me contenter de cette vie simple au mouillage dans cette baie si calme et se décors verdoyant... C'est vrai que je n'aime pas les mouillages, mais il est aussi vrai que j'enrage de ne pas les aimer...

@Cazo : Toujours la gnaque mon Cazo ! Oh mon ami, j'aimerais tant que tu ais raison... Mais je crains que toutes ces bonnes choses que tu décris ne se propage que dans des cercles très fermés. La masse, la grouillante et apathique masse, ne se contente hélas que choses médiocres et simples à comprendre. Le discours ambiant leur est accessible justement pour cela. Commence à poser des questions qui dérangent, et on te taxera d'arrogance et d'élitisme...
Pourtant, le philosophe Yoda le disait bien : Le chemin le plus simple conduit fatalement vers le côté obscure (de la force. ndlr)

@Gubragh : Tu exprimes bien là ce que je tiens encore, malgré tout, à promouvoir lors de mon voyage. Non pas la France en tant qu'état, je crois que c'est foutu pour l'exemple hélas, mais en tant qu'idée. Cette idée là, j'y crois encore. Je refuse de croire que tous ces siècles d'avancées intellectuelles, de progrès social, de pierres apportées à l'édifice de l'humanité, soient gâchés. Pourtant, si la France a encore et toujours une image de pays progressiste et éclairée, je me sens le devoir de rectifier le tir auprès des gens que je croise et qui l'encensent. Et franchement, rien ne me fait plus mal que de devoir détruire les illusions d'une personne qui a une si haute opinion de mon propre pays. Ça fait vraiment mal.

@Lucas : J'en ai bien l'intention, envers et contre tout !

aglae75 a dit…

Idem

Christelle et JR a dit…

Salut Gwendal, bah écoute on a très exactement le même ressenti que toi sur la puanteur qui se dégage du pays en ce moment même...

Marseille, les roms, la jeune expulsée, Lampedusa... Bizarrement toujours le même registre ! Pas besoin de se demander à qui ça profite.
Dépités... devant les politiciens, mais surtout surtout devant la connerie des gens qui gobent tout ce qu'on leur sert au JT. Faudrait simplement qu'ils choisissent un peu mieux leur média et qu'ils comprennent que tout ou presque n'est que manipulation d'opinion. J'ai l'impression que c'est comme les sondages, si on te fait croire que tous tes voisins pensent comme ça, alors c'est que ça doit être ça qu'il faut penser, point. Le troupeau rassure...

Après, on entend s'exprimer uniquement ces abrutis de droite et ces connards d'extrême-droite, mais fort heureusement, il existe encore des gens normalement constitués.
On ne les voit peut-être pas mais ils sont bien là.
Il n'y a pas plus de cons qu'avant, c'est juste qu'ils ont plus de moyens de répandre leurs pensées dégueulasses (réseaux sociaux et autres...)

Nous rentrons bientôt en métropole alors j'espère vraiment ne pas trop me tromper... ;)
(Merde, j'y crois encore un peu moi !)

Simbad a dit…

Il y a de plus en plus de cons chaque année, mais cette année j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà là.

Gwendal DENIS a dit…

@Aglaé : Court mais percutant !

@Christelle et JR : C'est sûr que si vous rentrez, il vaut mieux y croire encore un peu !

@Simbad : Et en plus ils ont fait des petits....

Voilier Loïck a dit…

Pendant ce temps là en Uruguay on autorise l'avortement, le cannabis, le mariage gay... sous l'impulsion d'un président ancien guerieros qui donne l'essentiel de son salaire a des œuvres. Gwendal, tu es sur que tu n'as pas trouvé un lieu qui te plait. C'est bien le pays ou tu as passé la plus de temps depuis ton départ non ?

... a dit…

La France n'est jamais aussi belle que lorsqu'on en est loin, c'était ce que l'on avait coutume de dire ...avant...mais là, c'est vrai que depuis une dizaine d'années beaucoup de choses ont changé et pour beaucoup, pas en bien...De tous temps cependant on a eu tendance à dire " c'etait mieux avant' il faut egalement tenir compte de ce parametre. Mais je dois dire que lorsque je suis rentré vivre en France apres cinq ans d'absence j'ai trouvé un enorme fossé entre l'avant et l'azpres et malheureusement le changement c'etait pas en bien et c'est de pire en pire..j'ai malheureusement tendance à constater que les liens entre les hens se distendent de plus en plus...Restes où t'es camarade...

... a dit…

" les hens' = les gens....

Gwendal DENIS a dit…

@Loïck : Deux mois à l'aller, plus trois mois au retour ça fait cinq... J'ai passé le même temps au Maroc et au Brésil. Mais tu as raison, on se sent bien dans ce pays. Dommage qu'il y fasse si froid !!!!

@... : J'espère bien pouvoir m'éviter ce décalage. Rien de pire que de se retrouver étranger dans son propre pays...

... a dit…

"éviter ce décalage" je pense que l'on ne pouvait trop rien y faire, lorsque l'on séjourne longtemps dans un pays qui vit en vase clos, où les journaux etrangers sont interdits, où la TV diffuse une info censurée et où l'accés à internet ne peut se faire que dans les hotels à un fort prix de l'heure vu que l'on y a pas accés dans les maisons. Tu as la chance de vivre dans un pays plus ouvert où tu pourras peut être eviter de rompre le contact...
Bonne journée

Joam a dit…

Salut à toi
Quand j'ai lu ton post j'ai été à la fois rassurée et triste:rassurée de lire des propos qui font écho à mes propres réflexions et triste du constat...
Que ton voyage puisse te conduire vers ce que tu cherches(tu verras que tu sauras le reconnaître quand tu y seras parvenu)!!
Très cordialement
Joam

Bisous sur le nez à touline




renepaulhenry a dit…

Je ne me sens pas encore tout à fait d'extrême droite, mais je remarque que loin de la France idéale dont on peut rêver à 10000 km, il y a les réalités. Une dette de 100% du PIB, 4 millions de chômeurs, 5 millions de mal logés, neuf millions de pauvres. A-t-on suffisamment de pauvres, ou faut-il encore en faire venir d'autres? Tous les aides sociales sont en déficit et tournent à coup d'emprunts. Doit-on distribuer plus? On peut le vouloir surtout lorsqu'on en est bénéficiaire.
Ce sont là de vraies questions auxquelles les français sont confrontés et auxquelles ils répondent au moment des élections en se tournant de plus en plus vers le front national... Et comme le peuple est souverain....!

Gwendal DENIS a dit…

@... : Ah mais je ne perds pas le contact, loin de là. Je reste connecté à ce qu'il se passe en France. Non, je parlais de décalage par rapport à des valeurs que je croies sincèrement être celles de mon pays, et la réalité.

@Joam : J'y compte bien ! Et après je vous invite tous à me rejoindre :)

@RenéPaulHenry : Tu ne te sens pas encore tout à fait d’extrême droite dis-tu ? Fais encore un petit effort, tu vas voir ça va venir. Parce qu'en ce qui me concerne je pense que tu l'es déjà.

renepaulhenry a dit…

Au train où vont les choses il va rester deux camps face à face: front de gauche contre extrême droite....

Thrse a dit…

alors là, tu peux te vanter de m'avoir poussée à regarder ce qu'était le mot poujadisme... Hi, hi! Je ne connaissais pas, et grâce à toi, hop!!! J'ai appris un mot nouveau! Je ne sais pas si je vais réellement sur cette pente là car je ne suis certainement pas de l'extrème droite...
Mais bon, ça, tu le savais déjà! Je n'ai pu te répondre avant, mais tu sais pourquoi du fait que tu as regardé les photos!!!
Gros bisous beau marin, j'ai beaucoup pensé à toi!

java j.jordan a dit…

c'est dur duuuur d'être libre.
;)