lundi 3 février 2014

Le tour du monde à cloche pied

32°01.581S 52°06.512W
Rio Grande do Sul, Brésil

Quoi de mieux qu'une journée orageuse, où des nuées sombres déversent des barriques de flottes sur les pontons déserts et où accessoirement l'électricité et internet jouent à saute mouton, pour écrire un article de fond ? Hein ? C'est un moment parfait pour ça. Je ne suis pas distrait par mes habituels papotages avec mes amis des quatre coins de la planète. Je suis « coincé », parce que même si l'eau qui tombe du ciel est tiède, c'est quand même mieux de rester sec. Et puis ça tombe bien parce qu'il y avait un truc dont je voulais vous parler depuis quelque temps. Donc, article de fond disais-je, destiné à figurer dans la catégorie « Réflexions » (donc possiblement chiant, vous êtes prévenus).

Tout le monde aux abris...
Pendant longtemps, j'ai cru que j'étais un paresseux. Un oisif. Un type qui se contente de choses non-productives comme chatter avec ses copains, regarder des séries télé et glander tout seul dans son coin. Une sorte de misanthrope que le moindre effort physique rebute et qui se complait dans un monde virtuel loin de la vraie vie des vraies gens. Un marin accroché à son électricité et sa connexion internet comme une moule à son rocher. Incapable d'apprécier les joies du mouillage dans une petite baie perdue loin de la civilisation...
Pourquoi est-ce que j'ai bien pu me mettre ça dans la tête vous demandez-vous ? Et bien peut-être parce qu'on me l'a dit et que j'y ai cru. Mais attention, quand on me l'a dit, c'était avec le ton qui va avec... Le genre de ton, bien culpabilisant qui ne supporte pas la réplique et vous classe définitivement dans la catégorie des gens qui ne comprennent rien à rien (Je sais de quoi je parle, j'utilise bien souvent moi-même un tel ton comme vous le verrez plus bas). Et la culpabilité est quelque chose qui fonctionne assez bien avec moi, vous vous en êtes certainement déjà rendu compte.

Et moi, je fais quoi en attendant ?
Cela a commencé avec le genre de réflexions que l'on entendait il y a une dizaine d'années, lorsque l'internet et les réseaux sociaux se sont développés à la vitesse grand V et que les réfractaires bien-pensants craignaient que nos enfants se transforment en légumes vautrés sur leur canapés... Cette peur, et les réflexions qu'elle engendrait, a bel et bien vécue et de nos jours il serait parfaitement incongru de tenir de tels propos. Mais pourtant il m'arrive encore de les entendre, même si il est désormais clair que les réseaux sociaux et internet créent plus de lien social qu'ils n'en détruisent.

Ensuite, lorsque j'ai commencé à voyager, j'ai eu à faire face à l'incompréhension de mes « collègues » quant à mon aversion des mouillages, des lieux isolés en général, et ma préférence pour les lieux pourvus d'électricité et d'un réseau wifi correct... Même si j'ai revendiqué mon indépendance par rapport à ça (confère l'article « J'aime pas les mouillages » en octobre 2012), cela ne m'a pas empêché de continuer à culpabiliser et de considérer parfois ma paresse et ma sédentarité comme un défaut moral.
Cependant, et même si il me semblait être au clair avec moi-même, je n'en continuais pas moins à trouver que quelque chose clochait dans mon raisonnement. Une espèce de sentiment d'inconfort par rapport à tout ça... Comme si je n'étais pas parvenu à totalement découvrir le pourquoi du comment de mon comportement.

Je sais... Je suis allé chez le dentiste depuis.
C'est alors qu'il m'est venu aux oreilles cette espèce de polémique débile qui fait rage en France, sur « la théorie du genre ». A ce propos, et outre le fait que la théorie du genre est un fantasme pour réactionnaires, je me permets de vous renvoyer à la définition de Wikipédia sur ce qu'est une théorie, et vous noterez cette phrase qui me semble importante : « Dans le langage courant, le terme « théorie » est souvent utilisé pour désigner un ensemble de spéculation sans véritable fondement, à l'inverse du sens admis par les scientifiques. »

En ce qui me concerne je n'utilise le mot théorie que dans son sens vrai, c'est à dire scientifique. Le langage courant étant bien souvent celui des crétins gens peu instruits, ce qui n'est pas mon cas (vous sentez le ton que j'utilise ?). Et dans ce cas précis il me semble évident que la « théorie » du genre est un fait établi et prouvé depuis bien des années par de nombreuses études sociologiques et psychologiques. Et seuls quelques bas du front incultes, réactionnaires et lobotomisés par leur croyances à la con peuvent encore prétendre le contraire.
Mais bon, je ne suis pas là pour vous parler de ça ni vous faire la morale, parce que s'il le faut vous vous en foutez comme de votre première chaussette (et vous auriez tort !). Non, si je vous parle de ça, c'est parce que cette polémique stérile sur le « genre » renvoi à la sempiternelle et passionnante question entre ce qui est inné, et acquis. On devient hétérosexuel, homosexuel, chauffeur routier ou ménagère. Et ça, c'est la culture et la société qui nous l'impose pour une grande part, avec son cortège d'injustice. C'est bien compris les débiles ? (Bon ok, j'arrête))

Heureusement, des fois c'est beau.
Bref, j'en étais à écouter de loin cette controverse lorsqu'il m'est alors venu à l'esprit que, me concernant, il se pourrait bien que mon comportement social de geek casanier était peut-être induit et non pas le fruit de je ne sais quel comportement inné. En clair, je ne suis pas né paresseux, casanier, nonchalant et beau gosse, je le suis devenu. A partir de là, la question qui se pose est celle-ci : Qu'est-ce qui a fait que je sois devenu comme ça ?
Après quelques semaines de réflexions intenses (mais non, j'déconne !), la réponse m'est apparue aussi clairement que le nez au milieu de la figure de Cyrano.

Il y a de cela maintenant vingt-trois ans je me fracturais la cheville droite. Multiples fractures de l'astragale, et du calcanéum en fait. Je vous passe les détails, mais disons que ceux qui ont eu une entorse peuvent comprendre si je dis que c'est un peu comme si actuellement j'en avais une en permanence. C'est comme ça depuis des années, et avant que vous ne me suggériez plein de choses via vos commentaires, sachez qu'on peut rien y faire. C'est comme ça, c'est foutu. À moi de faire avec.
Je crois que je ne me suis jamais considéré comme handicapé... Je ne sais pas trop pourquoi, mais c'est ainsi. Peut-être ne voulais-je pas me sentir diminué, même si de toute évidence je n'étais plus le même. Peut-être voulais-je croire que rien n'avais changé... Peut-être aussi que comme c'est une douleur qui ne se manifeste qu'après quelques minutes d'efforts, la plupart du temps je ne me sentais pas amoindri.
Et pourtant, ma façon de vivre s'en est trouvée affectée. J'ai commencé à moins marcher, à calculer presque automatiquement quel était le trajet le plus court pour aller d'un point à un autre... Bref, à optimiser mes déplacements afin de moins souffrir. Et je faisais tout cela, sans même admettre que j'avais un problème. Jusqu'à croire que c'était ma nature que de ne pas aimer bouger de chez moi, puis de mon bateau. Je sais, ça a l'air débile posé comme ça, à froid, sur le papier... Enfin, je veux dire que j'aurais pu m'en rendre compte depuis longtemps, et notamment depuis que je dispose de tout ce temps pour réfléchir... Mais non. Je suppose que certaines choses nécessitent d'un peu de temps pour mûrir. Et parfois même d'autre encore ont besoin de beaucoup de temps.

C'est pour moi ?
Concrètement cela veut dire quoi ? Cela veut dire que lorsque je dois aller en ville cela représente trois kilomètres aller-retour... Et généralement il me faut au moins quarante-huit heures pour me remettre d'une telle escapade. Deux jours pour enfin réussir à ne plus marcher sans avoir mal... Et forcément, cela va influencer ma vie quotidienne. Je vais essayer de grouper les choses à faire afin de limiter les efforts et me contenter de ce que j'ai directement sous la main. Je vais oublier les petites randonnées sympathiques, les grimpettes sur les collines, les petites balades au hasard...
Bref, j'ai appris malgré tout à vivre en fonction de ce que mon corps est capable de supporter.

Voici un dernier exemple qui pourra sans doute illustrer encore mieux ce qu'est ma vie. Vous savez que je n'aime pas faire escale dans une grande ville... La seule qui ait trouvé grâce à mes yeux ça a été Barcelone. Mais si j'ai adoré cette ville, cela n'a rien à voir avec la douceur de vivre Catalane ou la richesse culturelle de cette ville (enfin si quand même un peu), c'est d'abord et surtout parce que le port se trouvait au milieu de tout. Cafés, supermarchés, boutiques, administrations... J'avais tout à disposition dans un rayon de cinq cents mètres de mon bateau. Et ça franchement, sans mauvais jeu de mot, c'est le pied.

Crunch... Merchi... Crunch... Papa... Crunch..
Entendons-nous bien, je ne cherche pas une excuse à mon comportement, mais une explication. Je suis devenu ainsi parce qu'il est de la nature humaine de chercher le contentement à moindre effort et à moindre souffrance. Croyez-moi, j'adorerais qu'il en soit autrement... Ou du moins que ma tolérance à la douleur me permette d'agrandir le cercle de mes possibilités. Mais le fait est que je suis limité physiquement, et que je dois enfin l'admettre.

Alors bon. Maintenant que j'ai dit ça, qu'est-ce qui va changer ? Ben rien... Il s'agissait d'une réflexion, rappelez-vous. Je vais peut-être juste arrêter de me faire des cheveux blancs et me contenter de profiter de la vie du mieux que je peux. La Boiteuse c'est un peu mon fauteuil roulant à moi, et même si mon horizon reste limité, je m'estime heureux de pouvoir en changer quand ça me chante. C'est déjà pas mal. Parce que même si je fais le tour du monde à cloche pied, au moins je fais le tour du monde ! Et ce sera toujours bien plus que je ne pouvais en voir de la fenêtre de ma maison.

Un arcus par semaine au minimum. C'est la loi ici !

25 commentaires:

Laurent a dit…

Je pense que c'est bien résumé... Je sais, mon commentaire n'apporte rien.

aglae75 a dit…

Maintenant tu sais, la culpabilité au chiottes ;)

... a dit…

Ton raisonnement coule de source et je te suis en cela, merci de le partager mon cher Darwin...(je rigole)...
A part cela m'est venue une interrogation relative à la pratique de ton blog, je me demande pourquoi tu ne nous parles pas plus de la vie des gens que tu croises dans les differents pays, je sais cela nécessite de s'eloigner un peu de la securité des ports, n'y a t'il pas de transports locaux pour cela..?Et ne me reponds pas que tu es misanthrope...Bonne journée à toi, amitiés...

Skol a dit…

Hello Gwendal, pas chiant du tout ton article de fond.
Ca s'appelle un exercice d'autobiographie raisonnée et ça sert à remettre en cohérence certains trucs du passé avec le présent, et surtout à affiner le tir pour l'avenir. Avec du sens.

Bienvenue aux handicapés qui réfléchissent à l'impact de leur handicap sur l'ensemble de leur vie sociale sans tomber dans la plainte! Dans cette réflexion, on trouve parfois de jolies perles positives, car le handicap, s'il empêche des choses, paradoxalement, parfois, il en permet aussi d'autres.

Isabelle
(Moi, c'est la surdité)

joam a dit…

Salut à toi
Je viens de lire attentivement tes réflexions du jour et j'y perçois un écho familier...Ceci dit une fois que l'on a fait le tour de la Culpabilité en question on se rend compte qu'elle est souvent le fruit des autres et des idées reçues qui ont la vie dure.
Vis ta vie comme tu l'entends et comme tu peux:elle est riche de ce que tu y mets et du moment que tu y trouves ton compte...
Sinon Touline est une petite gourmande si j'en juge d'après la taille du poisson!
Hastà luego

hedilya a dit…

Je sais d'expérience que ta sociabilité est bien plus accueillante et généreuse qu'une simple urbanité, et (au prix d'une haine du lendemain !?) que tu es fort capable de dépasser tes périmètres.

Il me semble qu'on ne devient rien, qu'on est chacun bancal, et qu'on s'adapte plus ou moins (et notamment et/ou surtout à soi), c'est tout... bref chacun claudique comme il peut et, sur la distance, tu gagnes (mais bon sang je suis dans la course)! ...

Reste plus qu'à embarquer un vélo électrique pliant à bord peut-être, pour élargir le champs des possibles!

Zibous imparfaits

Sonia a dit…

Ce qui est dit est dit... Et stop à la culpabilité. Tu traces ton sillon, à ta manière et ce qui compte, c'est que TOI tu sois bien... Ce que pensent les autres.... Bisous captain

Gwendal DENIS a dit…

@Laurent : Si ! Ça prouve que tu l'as lu ! :)

@Aglaé : Je le sais ! Mais entre savoir et intégrer, y'a une différence !

@... : Bonne question... Cela faisait partie de mes ambitions avant de partir, parler des vrais gens. Et comme toi je me suis aperçu récemment que je n'en faisais rien. Ou presque.
C'est donc un sujet qui sera soumis à ma réflexion pour plus tard :)

@Skol : Ben alors je fais de l'autobiographie raisonnée sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait de la prose !

@Joam : Satanée culpabilité... J'en ai encore pas mal sur le dos dont je dois me débarrasser. Alors attendez-vous à d'autres réflexions de ce genre.

@Hedilya : Tu n'as pas tort... La motivation entre en ligne de compte aussi, et il m'arrive de me dépasser... Mais je sais que ce ne peut être que momentané. Tôt ou tard le corps me rappelle à l'ordre.

@Sonia : Écrire me permet d'être bien justement. Mais écrire sans être lu n'a pas de sens, alors merci à vous !

Anonyme a dit…

bonjour , tu te prend la tête un peu !,
achète un vélo électrique , ou un scooter !!!!
tu montre ce que tu veux mais ouais pour des repportages avec des vrais gens !!
plus de repos au boulot ... je plaisante !!
Michel

Monique a dit…

Je ne découvre rien en te lisant, sauf que j'aime comme tu l'exprimes,et c'est toujours un plaisir de te lire...Je ne reviendrais pas sur l'acquis et l'inné, on en a déjà parlé en privé.

Ceci dit , je crois quand même que trouver un moyen de te déplacer sans trop de souffrance ( le vélo électrique, c'est une bonne idée et ça prend pas trop de place )te permettrait de rencontrer un peu plus d'autochtones. C'est un aspects de ton voyage qui me manque et visiblement à d'autres aussi...
Voilà une autre piste de réflexion :ai- je envie de me socialiser davantage ?
Mais ça t'appartient et personne n'a en juger...Même si je te titille parfois avec plaisir et tendresse sur le sujet ...

Gwendal DENIS a dit…

@Michel : La prise de tête, c'est ma spécialité ! Il faut dire que j'ai de la matière...

@Monique : J'ai pas de place pour un vélo sur La Boiteuse hélas... Tu sais ma Momo, il me souvient avoir déjà parlé des gens par le passé... Ce qui me mène à croire que c'est une question de moment et de lieu. Peut-être que pour l'instant je n'ai tout simplement de matière, pas de rencontres dignes d'être contée ?

cazo a dit…

Et louer un scoot de temps à autre ?... C'est très tendance, tu sais... ;) !!

Anonyme a dit…

Un texte émouvant surtout quand l'on parle de soi. Mais ton aventure en reste belle alors continues. Quand tu sera vers l'ilet cabri on essayera d'attraper une biquette et Touline aura des copains chats.
Le mousse d'exocet à Antigua

Alex et Xavier a dit…

On t'attend dans les iles, point de randonnees, juste du barbotage et des BBQ de langoustes (et of course des poissons de notre Pesca).
La bise de l'equipage

Gwendal DENIS a dit…

@Cazo : Je n'y ai pas encore penser en effet... Mais c'est sans doute parce que je ne reste pas assez longtemps quelque part (et oui !) pour envisager cette solution.

@Exocet : En fait, c'est la lecture de votre article sur l'ile Cabrit justement qui m'a décidé à écrire le mien. Je me suis dit que je ne pourrai jamais prendre la photo du sommet de la colline avec les bateaux au mouillage.
http://exocet.eklablog.com/ilet-cabrit-a106264920

@Alex et Xavier : J'arriiiiiiiiiiive !

Pierre Vigna a dit…

Je crois qu'il faut retenir de tout ça tes deux dernières phrases.

Parce que même si je fais le tour du monde à cloche pied, au moins je fais le tour du monde ! Et ce sera toujours bien plus que je ne pouvais en voir de la fenêtre de ma maison.

Même si il y a beaucoup de choses à voir de la fenêtre de sa maison tu as fait un choix, tu l'assumes (plutôt bien) et cerise sur le gâteau tu nous en fait profiter! Elle est pas belle la vie!
Merci et à bientôt pour la suite.
Pierre

Simbad a dit…

Et un cheval, si tu embarquais un cheval, ça pourrait bien pour tes déplacements.
C'est ça la grande idée.

La bise

... a dit…

et une patinette..?

Glen Mare a dit…

C'est toujours un plaisir de te lire.
Vis ton voyage, ton rêve, ta vie, j'aime bien une phrase de Kersauzon qui dit: "Je ne suis pas gestionnaire du cerveau des autres, je ne vois pas pourquoi je me préoccuperais de ce qu'ils pensent" À peut être un de ces jours au nord des petites Antilles.

Gwendal DENIS a dit…

@Pierre : J'assume oui, en tout cas j'essaye.

@Simbad : Ben voyons, et pourquoi pas un lama ?

@... : C'est vrai que ça tient moins de place qu'un cheval... mais il faut quand même se servir de ses chevilles pour que ça avance :) Ah si le monde n'était qu'une pente descendante !

@Glen Mare : J'adorerais avoir assez de confiance en moi pour dire comme Kersauzon ! Mais ce n'est pas le cas hélas.

La Lésion d'Honneur a dit…

IL y a encore beaucoup à apprendre de "Le droit à la Paresse" du beauf de Marx, M. Lafargue... et se débarrasser de la culpabilité qui pointe son nez lorsqu'on n'est pas occupé à faire la même chose que "tout le monde"... Je sais je suis enseignant et je ressens "parfois" la petite jalousie -culpabilisante qui vise mes occupations extra professionnelles nombreuses et variées ! Alors cool Gwen, continue comme ça et que vivent les feignasses de ton genre ! Sur ce puisque tu as parlé de la théorie du genre, en dehors du fait je l'on peut ne pas être d'accord avec toi sur la définition d'une "théorie"(Une théorie est un ensemble d'explications, de notions ou d'idées sur un sujet précis, pouvant inclure des lois et des hypothèses, induites par l'accumulation de faits trouvés par l'observation ou l'expérience.
Pour qu’une théorie soit considérée comme faisant partie des connaissances établies, il est habituellement nécessaire que celle-ci produise une expérience critique, c’est-à-dire un résultat expérimental qui n’était prédictible par aucune autre théorie établie.)sur agoravox ici : http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-theorie-du-genre-paranoia-147532, on peut aller voir sur cet autre site http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2014/02/04/theorie-du-genre-enseignee-dans-les-ecoles-les-elucubrations-deric-zemmour/ les conneries que raconte un certain nombre de gens sur le sujet à des fins extrêmement douteuses et qui n'ont rien à voir avec le sujet...
paresseusement vôtre ;-))

... a dit…

Salut,
j'ai relu ton texte et ta phrase : " La Boiteuse c'est un peu mon fauteuil roulant à moi,"
cela m'a fait penser à un pote vivant à Djerba, il se deplacait en fauteuil roulant et avait quitté la France car il en avait marre du regard des gens de ce pays vis a vis des personnes handicapées, il se sentait mieux accepté en Tunisie, malgré que ce depaysement n'avait pas changé son handicap, juste un apaisement. et c'est vrai qu'il existe des pays où le regard des gens vis a vis des differences physiques n'est pas le même qu'ici. Des pays où être trop gros, trop grand, trop vieux n'existe pratiquement pas, j'ai connu cela egalement aux Caraïbes, est ce à dire que la connerie ne franchit pas la mer..?

Anonyme a dit…

Bonjour Gwendal,

Le prof de sport du Petit Spirou dit souvent : "le sportif intelligent évite l'effort inutile."
Nul doute que tu fais preuve d'intelligence dans la gestion de ton quotidien (trajets...),mais cette qualité se retrouve aussi dans ton blog.
De manière plus générale, la paresse intellectuelle me paraît moins excusable que la paresse physique...
Quoi que, comme disait Jules Renard : "Paresse : habitude prise de se reposer avant la fatigue."

De sa fenêtre ou de son hublot, Vive la liberté ! Vive la contemplation !

David de Nantes

Gwendal DENIS a dit…

@La Lésion : Le droit à la paresse n'est hélas pas encore un acquis social, même s'il me souvient d'un temps pas si lointain où l'on parlait volontiers de la civilisation des loisirs... Mais c'est bien fini tout ça. De nos jours, choisir le bonheur au quotidien, plutôt que comme récompense d'un dur labeur, relève de l'acte militant. Et je le revendique comme tel.

@... : "Malheureusement", je n'ai ni une jambe en moins ni ne suis cloué sur un fauteuil, ce qui fait que mon handicape ne se voit forcément au premier coup d’œil. En plus, j'en parle rarement... Les regards extérieurs voient donc en premier mon comportement, et c'est pour ça que certaines critiques fusent. D'où la nécessité parfois d'une mise au point. Et c'est ce que j'ai tenté de faire dans cet article.

@David : je plusseois ! C'est exactement ce que je me dis pendant mes navigations : Ménage toi, parce que tu ne sais pas si tout à l'heure tu n'auras pas besoin de tout ton potentiel physique !
Mais cela ne concerne que le physique, parce ma tête elle, fonctionne en permanence. Et heureusement !

... a dit…

Amigo, ne te preoccupe pas trop des critiques, comme on dit :"les conseilleurs ne sont pas les payeurs", profites du temps comme il vient en savourant l'instant au maximum. C'est ce que j'ai fait dans ma periode de dix années de voyages (j'ai dû revenir à cause de ma santé arteriosclerose et diabete ont eu raison de mes desirs d'évasions), ce qui me reconforte ce sont les souvenirs de ce que j'ai vécu. Aucun regret et plein de belles images...Engranges amigo, engranges...