lundi 28 avril 2014

De Caixa d'Aço à Paraty

23°13.730S 44°41.745W
Paraty, Brésil

Le mercredi 23 avril 2014 – Électronique et mal de mer

C'est vrai ? On y va ?
05H05 : Je suis debout depuis une demi-heure. Le café, les cafés, sont bus et j'écoute la pluie qui martèle le pont de La Boiteuse. Pfff... Il pleut depuis hier au soir et d'après les prévisions ça devrait durer jusqu'à demain soir. Fait chier !
Franchement, je ne sais pas quoi faire. Je pourrais encore surseoir et ne partir que demain si je voulais... Enfin, d'après les gribs c'est jouable. Mais les gribs à quatre jours par ici c'est un peu comme le loto.
Je vais attendre que le jour se lève pour y voir plus clair, au sens propre comme au figuré.

05H30 : Mine de rien, je commence à ranger l'intérieur de mon bateau. Le ciré trône sur la banquette comme s'il était déjà le personnage principal de cette journée.

05H40 : C'est drôle, figurez-vous que je ne sais pas encore où je vais aller. J'hésite entre m'arrêter à São Sebastião, aller visiter Paraty, aller planter ma pioche à Matariz ou carrément, pourquoi pas, tirer directement sur Rio de Janeiro. Cette dernière option est vachement tentante compte tenu de la fenêtre météo et du timing...
On verra bien. Tout va dépendre de comment se passent les premières 48 heures de nave. C'est quasiment la même route de toute façon.

06H05 : Allumage du moteur. Je crois bien que ma décision est prise !

06H35 : Miss B a réintégré sa place sur le pont et la pale du régulateur est en place. Nous sommes quasiment prêts. Touline qui sent bien que quelque chose se passe est tapie entre le guindeau et l'enrouleur.. Je vais la laisser là encore quelques minutes le temps que la batterie de d'ordi soit pleine. Parce que m'est avis qu'avec le vent et la couverture nuageuse qu'on va avoir, ce ne sont ni les panneaux solaires ni le moteur qui vont servir... Il a cessé de pleuvoir, c'est déjà ça.

07H00 : Je lève l'ancre Petit moment de cafouillage lorsque je me rends compte que l'ancre est prise dans un câble plein d’huîtres. Pas de problème, j'ai de gros bras et un bon couteau alors je gère.
Un petit tour dans le fonde de la baie pour saluer José et Graciella et hop, nous voilà partis ! Cap au 40° à 5,5 nœuds. Je garde encore le moteur pour les batteries.

Ben alors ?
07H55 : Arrêt moteur. Cap au 50°. Génois entièrement déroulé et tangonné. GV à deux ris en papillon. 3,2 nœuds... Hein ? C'est quoi cette vitesse à la con ?

08H00 : Ben merde alors ! Il est où ce foutu vent ?
Je regarde un peu mieux mes fichiers, et je m'aperçois alors que c'est normal... Les 15 à 20 nœuds annoncés sont un peu plus au large. Donc on va attendre... En se faisant ballotter par une méchante houle de travers. Burpl ! Allez Gwendal, serre les dents et prends ton cachet. Dès qu'on aura quitté l'abri de la côte, ça devrait aller mieux.

08H20 : Il fait gris mais la pluie ne menace pas. Au loin j'aperçois les grattes-ciel de Camboriú. Une frégate passe au dessus de moi... Ah ! On accélère on dirait.
Touline est un peu malade et moi je ne pète pas la forme non-plus. Je trouve qu'elle s'est empâtée la Touline... Non ? Vous ne trouvez pas ? Alors que moi je suis en train de retrouver peu à peu une ligne de jeune homme.

09H00 : Bon ben on y est. Vitesse : 6noeuds à 140° du vent apparent. Tribord amure. Une houle de deux mètres par le travers. Voilà qui est conforme à ce qui était prévu. Mais ça secoue pas mal...

09H10 : Je suis obligé de réduire le génois quasiment de ¾. Malgré ça on continue à bien avancer ! 5,5 nœuds.

Ben quoi ? T'es pas jouasse ?
13H00 : Putain j'ai les boules là... Ça va faire deux heures que j'essaye de réparer le GPS principal. La faute à cette salope de chatte à la con qui n'a rien trouvé de mieux que de jouer avec la connectique de l’antenne ! Normalement c'est un branchement que je sais faire, mais c'est un travail qui demande du doigté et de la minutie. Mais avec cette mer qui grossi de plus en plus, La Boiteuse est bringuebalée dans tous les sens et je n'arrête pas de perdre des pièces ! Grrrr !!!!!!

14H00 : PUTAIN DE DIEU ! J'y suis arrivé !

14H15 : Bon, avec tout ça j'ai oublié de faire le point à midi... Et de manger aussi. Pendant que je bossais, les lunettes sur le pif et en essayant de ne pas vomir, La Boiteuse à continué son bonhomme de chemin. C'est pas exactement le cap pour Rio, mais c'est pas grave.
La mer a bien forci avec des creux de trois mètres maintenant et un vent... Je dirais un bon F6. Vitesse entre 5,5 et 6 nœuds. Il pleuviote.

17H30 : Cette journée chaotique touche à sa fin et pour la clore en beauté nous avons la fugace visite d'une bande de dauphins. (Non, y'a pas de photo parce qu’il faisait trop sombre, et puis ils ne sont pas restés longtemps et en plus j'suis malade je vous rappelle)
La nuit va tomber et c'est maintenant que Touline sort de sa torpeur et commence à faire des conneries ! Elle a faim je crois... Et moi aussi d'ailleurs ce qui est beaucoup plus normal. C'est que je suis à jeun depuis hier au soir mine de rien.

Ça a l'air de se calmer un peu... Les vagues me semblent moins hautes. Nous, on file toujours à presque six nœuds.

Zou !

18H00 : Point du soir. Pour l’instant on fait cap au 40°, ce qui ne m'arrange pas vraiment. En plus, le vent est en train de virer sud-est... On verra comment se passe la nuit, et demain il faudra que je considère mes options. São Sebastião, Ilha Grande ou Rio ?
Le bon côté de la chose c'est que je reçois la houle un peu moins par le travers... Enjoy !

Le jeudi 24 avril 2014 - Burpl !

05H40 : J'ai relativement bien dormi, compte tenu de la fatigue de ce premier jour et du roulis violent occasionné par cette fichue houle. En plus, je n'ai pas été dérangé par d'autres bateaux. Pas un chat sur l'eau. Pas une seule lumière à l'horizon pendant toute la nuit !
Vers minuit j'ai dû un peu corriger mon cap, mais je crois qu'on n'a pas vraiment dû rester sur la route quand même... M'enfin, on verra tout à l'heure, car pour l'instant je bois mon café.

06H00 : C'est bien ce que je pensais, même si j'ai avancé à 5,5 nœuds de moyenne pendant douze heures, ce n'est absolument pas dans la bonne direction. J'ai fait route à 25°, alors qu'il aurait fallu que je fasse du 50°... Ce qui va m'obliger à faire du près dans cette mer de merde.
Bon, j'attends qu'il fasse complètement jour avant que de régler mes voiles.

06H20 : C'est fait. Le tangage à remplacé le roulis, et même si le cap s'améliore, ce n'est pas le cas de mon mal de mer...

un peu de soleil
07H55 : La couverture nuageuse s'effiloche un peu, et quelques timides rayons de soleil viennent frapper les panneaux solaires. Tant mieux, on va pouvoir engranger quelques ampères.
Sinon, on commence à descendre sous la barre des quatre nœuds, et là ça me plaît moins... J'envoie un peu de toile à l'avant.

10H25 : Je me boirais bien un maté... Mais j'en ai plus. Je pensais en acheter au Brésil mais celui qu'ils font est vraiment trop fin. On avale tout le mélange avec la pipette et c'est dégueu.

12H00 : On avance bien maintenant, sous un ciel de plus en plus bleu. Cap au 60°, droit sur Rio. Si tout va bien on y est dans deux jours...
Je suis toujours malade et ça commence à me faire chier. Il faudrait que je mange quelque chose, mais rien que le fait d'y penser... Burpl ! Allez mon Gwen, courage !

Bocadillo
12H20 : Je me suis avalé deux bocadillos, mais je ne vous promets pas qu'ils vont rester là où ils sont...

15H10 : J'ai dit qu'on y serait dans deux jours c'est ça ? Je sens qu'ils vont être longs ces deux jours... Surtout que que si je dis ça, c'est en supputant qu'on continuera à rouler à 5 nœuds de moyenne, directos sans faire de détours. Mais bon, pourquoi pas ? Comme le dit mon ami Hughes, il n'est pas interdit d'avoir de la chance !

16H55 : Il pleut des rayons de soleil... C'est beau.

Il pleut des rayons de soleil...

18H00 : Point du soir, bonsoir. Il reste 220 milles avant l'arrivée. Si on accélère pas un peu on risque de se pointer dans la baie de Guanabara en pleine nuit de samedi à dimanche... Demain logiquement devrait être une belle journée ensoleillée. J'espère que ce sera le cas... Et que mon mal de mer aura disparu !

18H55 : Alors que je m'allonge pour la nuit dans le fond du cockpit, j'aperçois les étoiles au dessus de ma tête... Cool !

Le vendredi 25 avril 2014 – Ça cogite sec !

05H40 : Deux événements « marquants » ont égayé la nuit. D'abord vers minuit le Mer-Veille a fait bip, et j'ai dû me faufiler entre deux gros pétroliers au mouillage au large de Santos. Then vers 04H30 j'ai dû démarrer Mercedes parce que La Boiteuse faisait de gros splashs avec ses fesses, ce qui veut dire en langage de boiteux qu'il n'y a plus assez de vent pour elle.
Ors donc, après deux jours de merde nous sommes au moteur dans une pétole noire (il fait encore nuit)... Les joies de la navigation !

06H15 : Bon... Dans l'ordre, voici les options qui se présentent à moi. São Sebastião est à 47 milles au nord, Ilha Grande à 120 milles au nord-est, et Rio à 170 milles plus ou moins dans la même direction. La pétole que nous subissons (oui Touline, je te mets dans le lot) était prévue semble t-il. Ce qui me laisse espérer que la reprise qui est également prévue pour la mi-journée aura bien lieu... (suis-je clair ? Faut m'excuser il est tôt !)
Donc exit l'option São Sebastião, on continue au nord-est. Reste à faire le choix entre Ilha Grande et Rivière de Janvier.
Ilha Grande à 120 milles, on y est demain dans la journée. Rio, c'est déjà plus compliqué mais disons qu'on peut y être dimanche. Alors que faire ? Franchement j'en sais rien... Il faut que je cogite encore un peu, ou plutôt que j'attende. Car tous comptes faits, c'est quand même le vent qui va décider. S'il revient.

06H30 : Il faut quand même que je vous explique pourquoi je me prends la tête comme ça. D'un côté j'aimerais bien l'arrêter de nouveau à lha Grande. Revoir Matariz, Angra et découvrir Paraty... Mais je me connais, Si je refait un tour dans ce que Bardiaux appelait naïvement la Polynésie Brésilienne, je risque d'y rester scotché pendant des semaines. Sans parler que vu les prix des marinas ce sera très certainement au mouillage...

Alors que si je vais directement à Rio, je me tanque à la Marina da Gloria ou à Charitas. 220 volts, wifi et tout le toutim, et j'ai un peu de temps pour découvrir la ville. Car il ne faut pas oublier que mon visa expire début juin... Donc filer directos sur Rio c'est jouer la carte du raisonnable.
La question c'est, est-ce que je vais avoir assez de vent favorable pour m'y emmener ?

07H15 : Tien, j'aperçois la côte à 11H00. Je pense que c'est l'île de São Sebastião. Je continue cap au 60°, et advienne que pourra.

07H30 : Alors que j'essaye de tirer le portait d'un fou un peu curieux, j'aperçois du coin de l’œil un aileron. Une bande de dauphins croise le sillage de La Boiteuse sans même une pause pour jouer avec son étrave. Ils ont rencard je suppose...

08H15 : Toujours pas de vent à l'horizon. Rien que cette grosse houle venue du sud. On dirait les plis d'un vieux couvre lit. Ou plutôt la peau plissée d'un gros animal qui respire... Un très gros animal.

09H35 : Je viens de finir « La Consolante » d'Anna Gavalda. Comme d'hab avec cet auteur j'ai eu les larmes aux yeux ! C'est mon côté girly que voulez-vous...
Grand ciel bleu au dessus de ma tête. Je peux enfin retirer la polaire et le pantalon de ciré.

Vu !
10H40 : Toujours pas de vent. Je lis, et à chaque fin de chapitre je lève les yeux pour scruter l'horizon à la recherche des ces frisottis qui annoncent le vent. Mais rien... Juste un tanker qui passe, et la côté qui se rapproche.
Je vais quand même essayer un truc...

11H25 : J'ai couper le moteur et j'ai essayé différentes configurations de voilure. Mais ça marche pas. Je vous jure que de voir ce génois qui fait flap-flap ça a de quoi vous fendre le cœur. Donc moteur, again. Heureusement que j'ai fait le plein à Florianopolis !

12H20 : Je ne suis toujours pas au mieux de ma forme, mais ça va quand même beaucoup mieux. La preuve, je viens de faire mon premier VRAI repas. Saucisse-pâtes-pain-yaourt.
Le point de midi ne dit rien de plus que vous ne savez déjà. A savoir qu'on avance. Le vent devrait se lever vers 15H00 locale. Mouais, moi j'attends de le voir pour le croire.

13H45 : Voilà un peu de vent ! J'arrête aussitôt Mercedes et déploie le génois en grand. On frôle les trois nœuds, mais je suis quand même content après ces presque dix heures de moteur. Un bon point pour la météo !

Ça cogite !
16H00 : Le vent baisse... A la louche et sans vouloir tirer des plans sur la comète, si on continue comme ça à trois et des poussière de nœuds, j'arriverais demain midi à Ilha Grande. Si je décide de continuer vers Rio, ce sera plutôt dimanche matin... Par contre, si on accélère un peu, disons à quatre nœuds, ça me fait arriver en pleine nuit dans un endroit que je ne connais pas. Et ça, je n'en ai pas vraiment envie.
Bon, ça sert à rien que je me prenne la tête. Je verrais bien demain au levé du soleil où on en est.

16H10 : En même temps, arriver demain matin ça me plairait bien... D'autant que d'après le guide que j'ai il y aurait bien une marina pas trop cher. La marina Eugenho, celle du célèbre navigateur brésilien Amyr Klink (je fais celui qui connaît mais en fait je ne sais rien de lui !).

Comme vous le voyez, c'est pas si évident comme choix... Bon, en même temps vous pouvez toucher du doigt les arcanes qui mènent à la prise de décision du marin solitaire. C'est éducatif non ? Oui, je sais. En plus du côté girly j'ai aussi un côté prof.

Cela dit, j'avoue que je ne suis pas très fan de ces longues réflexions qui sont les miennes. Le côté « je ne peux pas vraiment faire de plans, alors j'improvise et je m'adapte » du navigateur, et même si je suis pas mauvais à ce jeu-là, c'est pas trop ma tasse te thé. Je sais bien tout ce que cela peut avoir de romantique, que c'est le prix que l'on paye pour la liberté, l'aventure, tout ça. Mais moi, en fin de compte, ça m'gonfle.

17H15 : Le soleil est de plus en plus bas sur l'horizon, et sur bâbord j'aperçois l'île de São Sebastião sur toute sa longueur.Vous savez, à chaque fois je me fais avoir par les échelles. Je veux dire que la réalité est toujours plus grande que l'image que je m'en fais d'après la carte. En vrai cette île est énorme alors que sur la carte...

Euh... On passe pas dessous j'espère !

18H00 : Allez, c'est décidé ! Cap au 25°. Direction Paraty ! C'est à 72 milles, on y sera demain avant la nuit. Touline ! Demain on va à terre, t'es contente ?
(miaou!)

18H54 : Fiou... Je viens de me prendre la suée de la journée car ma dernière bouteille de gaz française est tombée en panne. J'ai donc dû vider entièrement la soute arrière pour récupérer la bouteille de treize kilos achetée lors de mon passage à Matariz il y a plus d'un an. Au dernier moment, impossible de remettre la main sur le régulateur ! Grrr !!! Mais bon, tout va bien maintenant. Je vais pouvoir manger mes nouilles chaudes.

20H05 : Alors là les amis... Je viens de vivre un moment magique. Un vrai.
J'étais couché lorsque je les ai entendu souffler. Deux dauphins jouaient dans les vagues chargée de plancton luminescent. Je suis allé à l'avant pour les regarder aller et venir devant l'étrave... Wahou. On aurait dit des torpilles lumineuses aux trajectoires tour à tour fulgurantes ou bien sinueuses comme des feux de Bengale. C'était magnifique.

Le samedi 26 avril 2014 – Paraty

05H30 : Je n'ai pas beaucoup dormi c'te nuit. D'abord parce que le spectacle lumineux des dauphins m'a tenu éveillé pendant un moment. Les deux du début sont allé chercher des potes et ils ont fait la bamboula pendant plus d'une heure et demi. A chaque fois que je me couchais pensant qu'ils étaient partis, deux minutes plus tard je les entendais de nouveau souffler et jacasser à travers la coque. Alors qu'est-ce que vous voulez, je me relevais pour les regarder ! Z'étaient tellement beaux !

Puis j'ai passé un bon moment à essayer de régler correctement mes voiles afin de faire une route pas trop dégueue. Croyez(moi quand je vous dis que lorsque vous avancez à deux nœuds avec un vent qui n'arrête pas de sauter, ça n'a rien d'évident. J'ai finalement opté pour une configuration en ciseau, avec le régulateur réglé à 180° du vent apparent. Malgré tout, j'ai quand même pas mal dérivé... Surtout que par deux fois on a rencontré une forte veine de courant. C'est très bizarre... La nuit et par pétole, alors que tout est silence, on a l'impression.d'entendre couler une rivière.

Enfin, il y a eu les bateaux. Beaucoup de bateaux, dont un paquebot illuminé comme un sapin de Noël qui faisait route vers Rio à vitesse réduite (afin d'y arriver pour le matin). J'ai mis un bon moment avant de m'endormir sachant que tout danger était écarté.
Bref, pas beaucoup de dodo vous disais-je. Et à part ça, on en est où ? Ben je ne sais pas trop... On attend 06H00 du mat et je vous dis ça, ok ?

06H00 : Bon ben évidement ce n'est pas fameux. 33 milles de parcourus en douze heures, reste 43 à faire. A la vitesse actuelle nous n'y serons pas avant la nuit, c'est certain. Il va donc falloir que l'on fasse un peu de moteur... Oui mais quand ? Là est la question. Et bien la réponse c'est maintenant, parce que j'en ai plein le cul et que je suis pressé d'arriver.

Sympa
06H20 : J'aperçois Ilha Grande et la passe ouest qui mène à Paraty. Faut dire que les montagnes sont vachement hautes, c'est pour ça que je peux les voir à cette distance. Le soleil se lève. On y est dans huit heures mas o menos.

07H30 : Je viens de rajouter 20 litres de gas-oil dans le réservoir principal. Avec ça, je suis parré jusqu'à l'arrivée et bien plus.

08H15 : Il semblerait qu'il y ait un peu de vent du nord-ouest... Je mets le moteur au point mort, et je déroule un peu le génois pour voir ce que ça donne. C'est insuffisant. Mais par contre avec les voiles plus le moteur je grimpe à six nœuds. Cool.
Je ne vous dis pas la bonne douche chaude que je vais me prendre en arrivant ! Parce que mine de rien ça fait... Houla ! Je dois sentir le fennec !

Punta Juatinga
08H30 : La punta Juatinga est à 16 milles. Puis il y aura encore 15 milles à faire dans un paysage que je sais déjà être magnifique.

08H45 : Par acquis de conscience, et puisque il y a un peu de vent, j'ai quand même regardé sur l'ordinateur la route et la distance pour aller jusqu'à Rio... 85 milles.
Mais non. J'y suis presque, et maintenant que mon esprit c'est fait à l'idée que ce soir je vais pouvoir me mater un bon film, il est hors de question de changer de plan !
Et puis j'ai dis à Touline qu'elle allait pouvoir gambader alors... Vous voulez que je passe pour quoi ?

10H45 : Je m'étais dit que laisser filer la ligne de traîne pouvait, le cas échéant, fournir mon repas du soir... Bonne pioche ! Voilà une belle thonine de presque un kilo ! Touline est subjuguée.

Le repas du soir
11H05 : Et voilà la deuxième ! C'est bon, je peux retirer la ligne on a ce qu'il nous faut.

11H20 : Punta Juatinga passée !

11H35 : Ça y est nous sommes maintenant à l'abri du vent, des vagues, de tout. Y'a pas à dire, la baie d'Ilha Grande, ça a de la gueule.

12H05 : En faisant le point de midi, je me suis rendu compte que nous venions de repasser sous les tropiques ! Yes ! Welcome home mon Gwen !

13H25 : La Boiteuse se faufile entre les îles plus ou moins désertes qui fleurissent un peu partout. Hélas, j'aperçois au loin une des deux centrales nucléaires du Brésil. Qui se trouve toutes les deux Angra d'ailleurs...
Je vois aussi beaucoup d'embarcation de tourisme, les fameuses escunas,avec leurs hordes de baigneurs en gilet de sauvetage (pour le niveau supérieur, c'est la frite).

Ilha Jesèplucouà

13H30 : Dernier changement de cap ! Je contourne une dernière île avec un charmant petit village de pécheurs, et Paraty apparaît enfin tout au fond de sa baie encaissée.

14H25 : 500 mètres... Je vous laisse, il faut que je me concentre pour l'arrivée.

La suite au prochain épisode !

On arrive !

13 commentaires:

Flotilha.com a dit…

Nous avons au sur de Brésil toutes sortes de mate, le fin ( qui a peu d´épaisseur) mais aussi ceux que sont fait des morceaux

Voilier Loïck a dit…

Ah! Elle fait bien envie ta petite ile vu d'ici, les dauphins aussi, j'ai jamais vu ce spétacle.
Bon maintenant tu es au plus bel endroit du Bresil... Rappelle toi que le chef de l'immigration a donné 3 mois en plus d’affilée à un français l'année dernière. Je ne sais pas trop où t'en est mais ça peut servir. On attend les photos de la ville. bise

Jo. a dit…

Tu as bien fais d'"escaler" à Paraty ? Non ? Superbes tes paysages !

hedilya a dit…

Bon sang, je me damnerais, vendrais père, mère et enfant pour l'occasion d'avoir le mal de mer... Bonne escale, zibous.

Anonyme a dit…

oui euh , ça serait dommage de ne pas profiter de ces mouillages tropicaux quand même non ? de ces iles de rêves, genre la petite Ilha Jesèplucouà qui pourrait s'appeller welcome ou encore Onenrèveici ...

todo bom, profitez bien !

Papa Raju

gubragh a dit…

El Capitàn de la belle Boiteuse nous a gratifié d'une belle histoire de nav. El de Ro(th) A(b)el lui dit merci de l'avoir impulsionné a continuer a gratter les tecks de "la cubierta", ça rapproche du jour ou on repartira. J'ai hâte de faire comme toi (sauf pour le mal de mer, bien entendu :-) ). A l'année prochaine, aux "Caribes" ?

Gwendal DENIS a dit…

@Flotilha : Je m'en doutais... Mais à chaque fois que j'ai demandé conseil sur "grosso" o "fino", les gens ne savaient pas. Il faut que je trouve la bonne marque...

@Voilier Loïck : Le chef de la policia federale a été muté... Donc, plus possible de renouveler. mais de toute façon je n'ai pas l'intention de m'attarder. Les dauphin lumineux, c'est à voir je te jure !

@Jo : J'ai bien fait ? Je ne sais pas... Je te dirais ça dans quelques jours !

@Hedilya : Tu sais, le mal de mer c'est très surfait comme truc...

@Papa Raju : Qu'il soit tropical ou non, ça reste un mouillage ! Et j'aime pas les mouillages !

aglae75 a dit…

Tu conviendras avec moi que les spectacles magiques qui nous sont donnés à voir en navigation, font oublier les pétoles, les maux de mer, la fatigue, la faim et j'en passe et des meilleurs.
Bonne douche ;)

Gwendal DENIS a dit…

@Gubragh : L'année prochaine ? J'espère bien être aux environs de Tahiti malheureusement !
M'enfin, on est jamais sûr de rien...

@Aglaé : C'est pas faux... C'est comme les gamins en fait. Ils te font chier pendant 99% du temps, mais le 01% restant rattrape tout.

... a dit…

Le service d'immigration de Cuba donnait 2 mois plus une prolongation de deux autres mois, c'etait un pays tres stricte, le Bresil l'est il autant..?
Maintenant, sur que si t'as pas envie de t'eterniser vaut mieux pas prolonger, mais qui t'en empêche, t'es seul maître à bord..?
Et puis si c'est un petit Paradis pourquoi ne pas en profiter quand on a la chance d'en trouver un....?
Bon repos...

Gwendal DENIS a dit…

@... : Depuis 2012, c'est trois mois de visa, non renouvelable avant trois autres mois. C'est à dire que tu dois sortir du pays, puis attendre trois mois avant que de pouvoir revenir... Mais ils ne font qu'agir par "réciprocité" par rapport à la législation européenne qui leur inflige la même chose. Et non, je ne veux pas m'éterniser.

... a dit…

Ok oui pigé, c'est usant d'entrer et de sortir d'un pays je l'ai fait trois ans à cuba et un an et demi en tunisie, j'en avais ras le bonbon à la fin...
Ah le bocadillo..!! toute une époque...Cela me rappelle les casses croûtes à la plage aux caraïbes...
Bonne continuation

JINGLE a dit…

On avait vu ce superbe spectacle des dauphins phosphorescents entre Madère et le Maroc, c'était effectivement fabuleux. On comprend aisément que les marins d'autrefois aient pu croire aux créatures marine magiques devant de telles apparitions spectrales ...

Bonne continuation,
E&S