jeudi 4 août 2011

Ça n’arrive qu’à moi ! (Suite !)

28°12.394N 14°01.604W
Gran Tarajal

Capitainerie
Salut les p’tits loups ! J’ai une bonne nouvelle à vous annoncer ! Le Capitaine de la Boiteuse est indubitablement et irrémédiablement un crétin patenté.

Si-si ! Je vous l’affirme ! Jugez plutôt :

Hier, ou était-ce avant-hier je ne sais plus et on s’en fout, je décidais de déplacer la Boiteuse pour la mettre dans un recoin du port à l’abri des vents dominants. Rappelez-vous, dans l’épisode précédent je m’étais retrouvé errant au milieu du port, moteur en rade, et je n’avais dû mon salut qu’à une grosse amarre providentielle et à la chaleureuse intervention de mes compatriotes français. La raison de cette manœuvre riche en adrénaline, après analyse et retour sur expérience, avait été l’enroulement d’un corps étranger autour de mon arbre d’hélice… Deux fois d’affilée, ce qui pour le coup relève du pas de bol absolu.

Depuis cet épisode malheureux, la Boiteuse était resté au bout de son ponton… Après tout, elle se trouvait dans le bon sens par rapport au vent et je trouvais finalement que sa place n’était pas si mauvaise. J’étais, comment dire, un peu échaudé par l’expérience…

Je veux aller là !
Néanmoins, au bout d’une quinzaine de jours, et alors que j’apprenais que le port de Gran Tarajal allait accueillir début septembre, et ce pour une semaine, le plus grand concours de pêche de l’île, je me suis dit que si je ne voulais pas qu’on me demande de dégager il fallait que je profite de la première occasion pour me glisser à une place « intouchable ». C’est-à-dire au fond du port. Bien.
Donc hier, ou avant-hier, je vous ai dis que je ne savais plus et qu’on s’en foutait, je décide de bouger la Boiteuse. Cette fois-ci, je demande à Patrick de me filer un coup de main, au cas où. Le départ du ponton se fait, je l’avoue avec une honte non dissimulée, un peu à l’arrache puisque j’oublie de débrancher le cordon électrique. Heureusement le moteur répond bien et le vent est faible. Je maitrise mon bateau et parviens à le maintenir suffisamment immobile pour que Patrick débranche la prise et me la balance avant que nous n’ayons tout arraché. Ok.
La dernière amarre est sur le point d’être larguée lorsque soudain, clang, plus de moteur.
Argh ! Enfer et damnation ! Voilà que ça recommence !

Vite, le Patrick tire comme un fou sur l’amarre pour ramener la Boiteuse le long de son ponton, et mon bateau se retrouve rapidement à la même place, mais à l’envers !
Là, pour le coup, je me dis que je suis un bien piètre Capitaine, et que le diagnostique que j’avais posé sur l’incident précédent et l’état de mon moteur devait être bien foireux. J’imaginais déjà devoir faire finalement appel à un mécanicien. Je frémissais à l’évocation des dépenses que cela allait m’occasionner… Bref, j’étais mal.

Donc hier, là je suis sûr que c’était bien hier, je décide de me lancer dans la mécanique. J’ai deux moteurs à ausculter, celui de Miss B et celui de la Boiteuse.

Le moteur de Miss B.
A oui, petite parenthèse. J’ai décidé que finalement mon annexe s’appellerait Miss B. D’abord parce que le B ça peut vouloir dire plein de chose, comme Braconne ou Braconneuse, mais aussi Boiteuse. Car la loi m’impose de reporter sur mon annexe le nom du bateau auquel elle appartient. Alors on aurait pu l’appeler Mini-Boiteuse, ou encore Mini-B, mais j’ai trouvé plus sexy de l’appeler Miss B. Voilà, fin de la parenthèse.

Donc, disais-je, j’avais deux moteurs à ausculter, et j’ai commencé par celui de Miss B.
Je m’installe confortablement sur le ponton, je déploie une bâche pour ne rien perdre et ne rien salir, et je commence à farfouiller dans le petit moteur deux-temps. Je démonte le capot et cherche un peu à quoi peuvent bien correspondre les trucs et les bidules qui se cachent dessous. Je tripote un peu tout ce qui me tombe sous la main avec l’air de celui qui sait ce qu’il fait, puis je remonte le tout et j’essaie de démarrer le moteur. Après deux tirages de cordelette infructueux : Vroum-vroum ! Voilà le moteur de Miss B qui se met à pétarader !
Comme quoi parfois il suffit vraiment d’avoir l’air de savoir ce que l’on fait…

Bref, je suis content comme tout, et pour me familiariser avec la conduite de mon nouvel engin je décide de faire la tournée des copains. Vroum-vroum, voilà le Gwen tout fiérot qui parcours le port en tous sens s’arrêtant à chaque bateau où il connait quelqu’un… Un vrai gamin avec son nouveau jouet, quoi.

C'est comme ça tous les matins...
En fin d’après-midi, je me dis qu’après avoir bien rigolé il serait peut-être temps que je me lave un peu. Car oui, je ne pense pas vous l’avoir dit mais le port de Gran Tarajal possède un défaut majeur, il n’y a pas de sanitaires… Enfin si, il y en a, mais ils ne sont pas raccordés au système de distribution d’eau. Je sais, ça a l’air con dit comme ça, mais c’est ainsi. Bref, je décide de me doucher sur le ponton comme je le fais de temps en temps. Mais avant ça, quelque chose me dit qu’il serait peut-être approprié de piquer une tête dans le port avec mon masque histoire de jeter un œil sous la coque de la Boiteuse…

L’eau est à 24°C et j’y saute sans me faire prier. Je chausse mon masque (ça se chausse un masque ?) et je plonge… Et là, devinez ce que je vois ? Oui m’sieurs-dames, une de mes amarres soigneusement enroulée autour de mon arbre d’hélice !

Bon, là je pense que maintenant vous êtes d’accord avec moi, je suis indubitablement et irrémédiablement un crétin patenté. Ou bien, ce n’est pas à exclure non-plus, je suis un type qui n’a vraiment pas de bol. Car pour se retrouver, trois fois d’affilé avec la même avarie, il faut vraiment que j’ai marché dans une bouse d’éléphant comac !

La suite, vous la devinez. J’ai dégagé mon hélice, et je suis remonté sur le ponton pour prendre ma douche.
Pour ce qui est de déplacer la Boiteuse, et bien comme la matinée est déjà bien avancée, on verra plus tard… Cet après-midi ou alors demain matin. On n’est pas pressé après-tout, hein ?

10 commentaires:

cazo a dit…

Miss B... Tout est dit !!!

Pour le reste... il n'y a pas de quoi fouetter un poisson-chat !! Certes, il existe un proverbe africain qui dit "Même un aveugle ne se fait pas marcher deux fois sur les couilles" mais là, je ne vois pas en quoi ta guigne soit signe de crétinisme !!

Tu aurais oublié de faire le plein... là oui...

Encore que... je viens de réaliser : c'est une de tes amarres que tu venais de larguer qui s'est enroulée dans ton hélice ??? C'est ça ???...

Alors là, oui... effectivement... il peut y avoir un doute !!!

:-D !!!

Anonyme a dit…

non, non, pas d'accord !ni pour crétin, ni pour patenté !
y doit bien y avoir une autre hypothèse !

Gwendal a dit…

@Cazo : Ben oui, c’était une de mes amarres… Des fois, si j’avais la souplesse requise je me botterais le cul.

@Anonyme : Je suis ouvert à toute proposition ! Un copain m’a parlé de Karma… Mais j’ai beau me creuser les méninges, j’ai toujours été gentil avec les chats.

Monique a dit…

Moi, je te dirais juste que dans le fond, t'as pas envie de bouger de là...si je vais plus loin dans mes hypothèses, tu vas encore dire que je suis une sorcière !!!
Et bien, non, je suis une fée!!!

cazo a dit…

Mouaih... Si on se réfère aux écrits de Misère Poissard de la Loose dans "L'art de l'interprétation de la guigne" (à paraître en 1870), de "toute contrariété deux attitudes :
- la négative : mon Dieu, qu'ai-je donc fait pour que le sort s'acharne ainsi sur ma modeste personne...
- la positive : c'est un signe de Dieu, un signe du destin, il est écrit que je dois rester là..."

Personnellement, toute autre interprétation me paraît plus plausible...

;-) !!

aslan a dit…

Eh Eh !

Un masque ça s'enfile je crois.

Un ange passe...

RPH a dit…

Y'en amarre....!

Gwendal a dit…

@Monique : Ben si j’ai envie ! C’est le sort qui s’acharne !

@Cazo : Que vient faire Dieu là-dedans ? Et puis d’abord qui c’est celui-là ?

@Aslan : Enfiler, chausser… Ca dépend comment tu t’y prends !

@RPH : Arf ! Bien vu !

PS : La Boiteuse a été déménagée ce matin, sans encombre.

Anonyme a dit…

"chaleureuse intervention de compatriotes français"... j'espère que ceux ci n'aiment pas se balader faire du shopping avec enfant dans le grandes villes de temps en temps, car il y a peu, ils étaient insultés (épisode Barcelone)...

Gwendal DENIS a dit…

@OOL : Ne confondons pas touristes et voyageurs. Ce sont deux espèces aux mœurs radicalement différentes.