mardi 23 août 2011

De Gran Tarajal à Agadir

30°25.322N 09°37.025W
Agadir 
Le vendredi 19 Août 2011 
09H20 : Allumage du moteur, la Boiteuse est prête à se lancer. J’embrasse mes voisins les plus proches, Paxin et Maria. Ceux-ci libèrent les pointes arrières, un petit coup de marche avant… Et nous voilà parti.
La veille au soir j’ai fait la tournée des pontons pour dire au revoir à tout le monde. Ça m’a pris quatre heures mine de rien ! En passant devant la rangée de bateaux alignés je salue une dernière fois l’ensemble du port en sonnant avec ma corne. Des bras s’agitent, j’en vois qui prennent des photos (Martine, je t’ai vu ! Envoie-les-moi par mail !). 
Gran Tarajal ne me manquera pas en tant que port, mes les gens que j’y ai rencontré oui, très certainement. Tous nous formions une belle bandes d’allumés, n’ayant que le voyage et la vie simple à cœur… Bref, j’avais un peu les boules en passant les bouées du port. 
Je sais bien que j’en reverrais certains, le vaste océan n’est pas si vaste après tout. Pour preuve, juste avant de partir un type est venu me saluer. Je ne l’ai pas reconnu (moi et ma mémoire de poisson rouge !), mais lui a très bien reconnu la Boiteuse. Nous nous étions croisé l’année dernière à Bandol alors que je rentrais de Marseille. C’est vous dire que le monde est petit. 
Ou que les routes sont les mêmes pour tout le monde, au choix. 
Hasta luego Gran Tarajal !
Dehors, le vent est faible, proche de la pétole. Pas de houle, juste quelques petites vagounettes. J’avance au moteur, ma GV avec 2 ris en appuie. 3,5 nœuds avec le vent dans le pif… La Boiteuse caracole, cahote plutôt, le tangage ayant pour une fois remplacé le roulis. (Trouvez un dictionnaire pour faire la différence !) 
J’ai sans doute été un peu présomptueux en pensant qu’il ne me faudra que deux jours pour faire les 260 milles qui me séparent d’Agadir… Le vent est pile dans mon axe et quand je dis vent, il s’agit plutôt d’une brisounette. Cela fait plus d’un mois que je suis aux Canaries, et c’est la première fois que je vois aussi peu de vent sur la zone. Bon ok, j’ai choisi de partir aujourd’hui parce que justement le vent allait baisser, mais à ce point là… 
14H00 : J’enlève un des deux ris et je coupe le moteur. Cap au 80°, je me traîne péniblement à 3,4 nœuds avec un petit F2 Beaufort… Grrr, ça change des F6 au portant c’est moi qui vous le dis ! 
 En plus je ne vais même pas dans la bonne direction. 
16H30 : Alors que je somnolais allongé dans le cockpit, j’entends des soufflements familiers… Dauphins ! Ils sont là, une trentaine, à escorter la Boiteuse. Je saute sur mon APN et j’enclenche la vidéo que voici. 
Bon, je sais que j’ai toujours l’air aussi crétin devant un tel spectacle, limite bêtifiant, mais que voulez-vous, il n’y a pas d’âge pour s’émerveiller ! Et c’est tant mieux. 
18H00 : Je vire de bord au 340°, comme ça je vais pouvoir faire un peu plus de Nord, et éviter de me retrouver sur les côtes du Sahara Occidentale lorsque je me réveillerais demain matin… Si je dois louvoyer comme ça tout du long, on n’est pas arrivé, c’est moi qui vous le dis. Ca craint. Je vais laisser passer la nuit, et en fonction de ma position demain matin, je vais devoir prendre une décision… 
Lanzarote
20H30, J’ai droit à un magnifique couché de soleil. Dès que celui-ci à disparu la température chute brusquement et je suis obligé de m’habiller pour la nuit. Veste et pantalon de quart. J’ai une légère nausée et pas vraiment faim. Je dîne d’une poignée de fruits secs. 
20H35 : J’ai à peine fini d’avaler mes cahuettes que le vent se lève soudainement, et plutôt frais ! En quelques secondes je passe de 2,5 à 5,5 nœuds et le bateau gîte furieusement. Incroyable ! La nuit est tombée et je peux apercevoir des halos lumineux sur les deux côtés du bateau. Maroc et Canaries, je suis pile au milieu. 
Le samedi 20 Août 2011 
07H15 : J’allume le moteur pour recharger les batteries. La nuit c’est bien passé. J’ai sommeillé par tranches de 40 minutes, me relevant pour épier ces putains de chalutiers qui ratissent le plateau continental… Même si j’ai fait gaffe de rester dans la zone des 1000 mètres de fond, je n’étais pas tranquille. 
Leche-Leche du matin
09H00 : Je devrais le savoir depuis longtemps, la perfection n’existe pas. Si elle existait, ici et maintenant, j’aurais du vent dans la bonne direction et pas de houle… Hélas, il ne peut y avoir que deux options dans cette mer, pas trois. Soit il y a du vent, et la mer devient agitée et scabreuse. Soit il n’y en a pas et la traversée devient presque confortable mais longue… Très longue. 
C’est comme aller chez le dentiste. Qu’est-ce qui est mieux ? Souffrir un bon coup et pas longtemps, ou bien souffrir beaucoup moins mais longtemps ? 
Définitivement la première. Je préfère en prendre plein la gueule pendant deux jours que de me faire chier pendant quatre… M’enfin, je dis ça maintenant… S’il faut je dirais exactement l’inverse dans de toutes autres conditions. 
Tout ça pour dire que ce matin j’ai sérieusement envisagé de me dérouter vers Lanzarote ou la Graciosa. Et puis finalement non, je vais continuer. J’irais jusqu’au bout, même si ça me prend une semaine, et je pourrais inscrire ça dans mon petit livre à expériences. Je pourrais dire qu’après avoir tutoyé le diable à Essaouira, j’aurais connu la chiantitude des anges pour venir à Agadir ! 
10H00 : J’ai parcouru 78,24 milles en 24 heures… On est loin des performances du mois dernier ! Je vire mon dernier ris. La Boiteuse est maintenant toutes voiles dehors. 
12H50 : Je déjeune d’un bout de fromage et de deux œufs durs. C’est tout ce que je peux avaler tant j’ai la nausée. On ne peut pas dire que j’ai le mal de mer, non. Mais je ne me sens pas bien. 
Tant mieux si la route est longue...
16H00 : La houle commence à se lever. Ah ? Est-ce à dire qu’on va enfin avoir du vent ? Et oui, quelques minutes plus tard Môssieur Eole daigne montrer le bout de son nez. La Boiteuse bondit et file à 4,5 nœuds droit sur Agadir (ou presque !). Je peux enfin faire la route que j’avais imaginée dans ma tête. 
20H00 : Allumage du moteur et des feux. Nuit. 
Le dimanche 21 Août 2011 
05H55 : Je me réveille en sursaut. Quelque chose cloche. Allez savoir à quel niveau de la conscience, ou de l’inconscience, cela se passe, mais il semblerait que la moindre variation dans la bonne marche du bateau fasse sonner comme un système d’alarme dans ma tête… Je jette un œil sur le pilote et je vois que celui-ci clignote. Il s’est débranché faute de courant électrique… Il est temps de refaire le plein d’énergie. J’allume le moteur et j’en profite pour mettre un peu de Nord dans mon Est. 
40° de gîte...
08H00 : 40° de gîte… Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce que cela représente exactement… Au quotidien je veux dire. Pour passer d’un bord à l’autre du bateau (à l’intérieur comme à l’extérieur) cela tient de la varappe, voire de la progression reptilienne. On réfléchit avant de se mouvoir et on pèse bien l’utilité réelle de ce déplacement… C’est épuisant. 
10H00 : 80,91 milles de parcourus en 24 heures… Un poil mieux qu’hier. Difficile de faire des prévisions à ce stade, mais logiquement je devrais arriver (à ce train-là) dans la nuit de lundi à mardi. 
11H30 : J’ai remplacé une manille de poulie du chariot de Grand Voile… Je sais, vous vous en foutez, mais ça m’a occupé pendant bien dix minutes ! 
12H00 : Je déjeune. Premier « vrai » repas depuis 48 heures. Est-ce que je m’amarine enfin, ou bien est-ce les deux comprimés de Sturgeron que j’ai pris depuis hier au soir qui font effet ? Les deux peut-être. En tous cas, je rempli mon estomac avec autre chose que des fruits secs, et c’est déjà pas mal. 
16H20 : Enfin du F4 ! Bordel ! Les chandeliers dans l’eau, la Boiteuse avance comme elle aurait du si la météo ne s’était pas plantée. Pour la direction des vents, c’était plutôt bien vu, mais pour la force elle repassera la Marine Américaine ! 
Moi je surf dans les vagues !
18H00 : C’est l’heure de faire le point. J’avise un chalutier sur tribord avant qui se dirige vers le Sud… C’est bon, on va se passer loin l’un de l’autre. 
Je fais mon point et je trace ma position sur la carte, et lorsque je remonte : Argh !!!! Il est là ! Juste devant moi cet empaffé, en train de trainer son bon dieu de chalut de tribord vers bâbord ! 
A croire qu’il a fait exprès (forcément) de faire demi-tour pour me raser les moustaches ! J’abats en urgence. Ouf, ça passe… Et alors que je lofais pour reprendre ma route, une bande de dauphins vient jouer dans les vagues autour de la Boiteuse. Sans doute devaient-ils se dire : « L’a eut chaud au fesses l’humain hein ? ». 
20H00 : Allumage moteur. Si je continue sur cette lancée, je devrais arriver demain en fin de journée. Et si je pouvais arriver avant la nuit ça serait pas mal… Si, si, si… Avec des si… M’enfin, on verra bien demain matin. Je commence à prendre le rythme et le temps ne me semble plus si long. C’est pour vous que je m’inquiète en fait… je suis persuadé que vous allez vous faire du souci, et ça je n’en n’ai pas envie. 
Remarquez, s’il faut ça ne vous a même pas effleuré l’esprit tant votre confiance en moi et plus grande que celle que je me porte. Allez savoir… 
Le lundi 22 Août 2011 
Encore un matin...
06H00 : Même histoire qu’hier, c’est le pilote qui m’a réveillé. Réglé comme du papier à musique la Boiteuse ! Je mets en marche le moteur et je fais un point. Pendant la nuit je me suis pas mal rapproché de la côte Marocaine. Je vois encore les lumières de ce qui doit être Sidi-Ifni. 
Va falloir que je fasse le plus de Nord possible si je ne veux pas être obligé de tirer des bords devant Agadir. 
07H15 : Pétole de chez pétole. En fait je peux faire la route que je veux puisque je suis au moteur. Droit sur Agadir ! Et dans la foulée, puisque c’est plutôt calme j’en profite pour vous faire une petite vidéo en direct du pont avant de la Boiteuse. Merci qui ? 
08H00 : Ne serait-ce pas un goéland qui vient de me survoler ? Un jeune avec les ailes tachetées de marron. Ca sent la terre ! 
09H30 : Allons-bon, v’là la brume maintenant. J’allume le Mer-veille, mon détecteur de radar. En fait c’est un détecteur de détecteur si on regarde bien… Vous croyez qu’il existe des détecteurs pour détecter des détecteurs de détecteurs ? 
10H00 : 89,6 milles de parcourus en 24 heures… C’est bien Gwen, tu t’améliores. 
Le temps qui s'étire...
10H35 : En fait, je suis content de revenir au Maroc, même si cela n’avait pas été prévu au départ. Peut-être aussi parce que cela n’avait pas été prévu au départ… J’ai été prévenu, Agadir n’a rien à voir avec Essaouira. On va être dans une marina tout ce qu’il y a d'occidentale, avec toutes les commodités, appartements, boutiques, sécurité et tout le tintouin. Pour renouer avec les parfums du souk, et bien il me faudra prendre un taxi ! 
11H15 : Par précaution, j’ai puisé une douzaine de litres de gasoil dans mes jerricans de réserve que j'ai transvasé dans le réservoir principal. C’est au cas où cette pétole se maintiendrait et que je doive terminer cette étape au moteur… Remarquez, comme ça j’arriverais avant la nuit ! 
12H00 alors que je termine un solide déjeuner, j’aperçois sur tribord avant une troupe de dauphins qui se dirige vers la Boiteuse. Ni une ni deux, je saute sur la caméra ! Et hop, c’est dans la boite ! Avec cette pétole on les voit encore mieux… 
 
14H00 : Plus que 25 milles. On en voit la fin ! Enfin, si je puis dire car pour l’instant c’est une brume à couper au couteau que j’ai devant les yeux. Pour le coup j’ai sorti le grand jeu : L’ordi couplé au GPS. Avec ça je vais pouvoir voir ma trace en direct-live. Dommage, la colline avec le gros tag publicitaire dessus aurait fait un super amer… 
14H50 : Ca s’éclaircie, mais c’est pas le top. Des casiers ou des filets commencent à apparaitre un peu partout. 
Un article sur La Boiteuse, ça commence comme ça...
15H00 : Merde ! Je viens de m’en prendre un ! Juste sur l’arrière de la Boiteuse je vois des flotteurs avec un fanion et je suis en train de trainer tout le bordel ! Je me précipite et j’éteins le moteur avant que l’hélice ne se prenne dedans… La Boiteuse s’arrête net, stoppée par sa remorque. 
Ok, je suis bon pour plonger sous la coque démêler tout ça… Merde ! 
Je descends dans le carré chercher mon masque et un couteau à dents, et lorsque je remonte… Plus rien ! Le temps que je fasse l’aller-retour, cette bon dieu de bouée s’était décrochée tout seule. Ouf ! Je remets en marche doucement au ca ou… C’est bon. 
Avec le recul je me dis que plonger en pleine mer sous la coque, n’aurait pas été une expérience très agréable. Aussi, maintenant et jusqu’à l’arrivée je vais avoir les deux yeux rivés vers l’avant et pas ailleurs ! 
16H00 : Plus que 15 milles. Arrivée prévue vers 19H00. Yes ! En plus la brume s’est levée et il fait grand bleu. 
16H20 : Un petit zéphire venu du nord se lève et accélère encore un peu la Boiteuse. Du coup je déroule le foc qui ne me servait plus à rien depuis des heures. 
Agadir nous voilà !
16H40 : Terre ! Ce que j’ai tout d’abord pris pour des châteaux de cargos sont en fait des bâtiments. Agadir ? Oui, sans doute. Peu à peu la brume se déchire et derrière ces bâtiments je vois se dessiner le contour d’une chaine de montagne. C’est l’Anti-Atlas. Eole semble vouloir me filer un petit coup de pouce et se mêle à la fête : F2-3, la Boiteuse fonce à six nœuds vers sa destination. 
J’ai presque envie de couper le moteur pour finir en beauté… Oh et puis non, ça fait quatre jours que je suis en mer et je suis un peu pressé d’arriver. Le père Eole m’a boudé toute la journée, et comme je suis un type rancunier je finirais au moteur ET à la voile, Na ! 
17H40 : Eole fait la gueule et remballe son zéphire. Il le remplace par un vent de Sud-est qui vient à l’encontre de la houle et secoue un peu le paysage. L’approche se complique car le terrain est miné ! Des casiers, des bouées, partout ! Grrr… 
18H25 : J’affale la GV et je passe les bouées du port d’Agadir. 
Marina d'Agadir
18H55 : Arrêt moteur, je suis arrivé !
Il m’aura fallu 80 heures et 26 minutes pour parcourir 296,80 milles. Soit une moyenne de 3,7 nœuds… Autant dire que j’ai pris mon temps ! 
Bilan matériel : Une manille de perdue, et c’est tout ! Oui m’sieurs-dames ! 
 Bilan physique : RAS. Je suis même plutôt en bonne forme en y réfléchissant... On va dire que c’est le métier qui rentre. 
Cela dit, maintenant que j’ai terminé de vous raconter cette histoire je crois que j’apprécierais de dormir un peu et de partir enfin à la découverte de ce nouveau port. D’où je suis ça a l’air un peu surfait, mais je me fais fort de découvrir des coins plus sympas et de vous en faire partager les saveurs. 
Bienvenue à Agadir ma Boiteuse ! 
 Quelques photos supplémentaires.

9 commentaires:

Gwendal a dit…

Je viens de voir que le blog de la Boiteuse avait dépassé les 10 000 visiteurs en à peine seize mois d’existence... Que dire ?

Merci à tous et à toutes !

cazo a dit…

C'est vrai que le temps nous a paru long... même si grâce à la toile on pouvait comprendre que le zef n'était pas au rendez-vous !!

En fait... c'est surtout tes récits de mer qui nous manquaient et rendaient cette attente encore plus interminable.

Une petite question : le byclous que tu traînes sur le pont depuis ton départ, t'as fini par lui graisser la chaîne et tu comptes t'en servir un jour, ou c'est juste un compagnon de route que tu cèderas un jour à quelqu'un qui en fera bon usage ???

Bon séjour à Agadir, pense à moi chaque fois que tu goûteras une spécialité locale, juste histoire de me rendre encore plus jaloux !!! ;-) !!!

Gwendal a dit…

@Cazo : Le vélo est à présent tellement rouillé qu'il adhère au pont je suis sûr... Mais tu n'as pas tord, je trouverais bien sur la route quelqu'un à qui il profitera..
Pour les spécialités marocaines, j'attaque demain !

Monique a dit…

C'est vrai qu'on a trouvé le temps long..je redoute le moment où tu ne pourras plus poster...longtemps...faute de réseau...!!! ( grandes traversées)

On avait vu juste,avec Cazo...sauf que moi, plus pessimiste, j'avais imaginé le moteur faisant des caprices, en plus !! Mais apparemment, l'électrique se comporte mieux!

Gwendal a dit…

@Monique : De toute façon il va bien falloir que vous preniez l'habitude de n'avoir des nouvelles qu'épisodiquement... Et également de ne pas vous inquiéter outre mesure !

La Boiteuse et moi on commence à savoir faire... :)

lucifer ! a dit…

les dauphins, c'est bien !
mais je voudrais en voir un les yeux dans les yeux !
Tu peux faire ça , dis... ? ! .

Gwendal a dit…

@Lucifer : Les yeux dans les yeux ? Mmmm... Ça va être compliqué, vu qu'ils en ont un de chaque côté de la tête...
Mais a la prochaine rencontre j'essaierais des plans plus serrés, promis !

cazo a dit…

@ Lucifer : Y en a bien un avec lequel tu peux faire tes yeux dans son oeil sur une des vidéos, c'est déjà pas si mal !!! ;-) !!

lucifer ! a dit…

Gwen, merci,je le savais que tu essaierais .mais attention au plongeon ;
Cazo ,n'es-tu pas un peu supervoyant !moi, je n'ai vu qu'un oeil fugace et indifférent !!
... c'est déjà ça!voui!
mais saisir les deux yeux ,à la verticale , ah...quel pied !(sans mauvais jeu de mots .)