jeudi 4 novembre 2010

Coquillages et crustacés...

43°14'40.87"N 5°21'48.94"E
 Pointe rouge

Quelques nouvelles, rapidement griffonnées sur le coin d’un clavier.
Hier, j’ai donc commencé mon stage de deux jours sur la sécurité en mer. Première journée consacrée aux généralités des dispositifs internationaux de secours en mer… Un peu fastidieux, mais pas inintéressant.
Cela est surtout fait pour que nous comprenions l’immensité du dispositif à l’échelle de la planète.

Imaginez un peu… Depuis des millénaires que l’homme navigue sur les flots, il n’a eut de cesse de perfectionner les moyens d’assurer les retour à bon port des navigateurs. Ça a commencé avec des feux de bois perchés sur des promontoires… Et nous en somme à l’ère des satellites.
En fait ce qui est colossal, c’est-ce qu’il se passe en coulisse. Ce que peut déclencher le simple fait d’appuyer sur un bouton de détresse. On n’imagine pas l’ampleur des moyens qui sont alors mobilisés, aussi bien au niveau national qu’international, civil que militaire, tout cela pour ne tendre que vers un seul et unique but : Sauver des vies humaines.
C’est proprement hallucinant.

L’après-midi, nous avons revêtu des combinaison de survie, et avons barboté pendant trois heures dans l’eau. Bon d’accord, ici à Marseille elle fait 18-19°C. Mais si vous n’avez pas une telle combinaison, à ces températures en X heures vous êtes mort.

Bref, tout cela est éminemment instructif pour moi, et je ne regrette pas d’être venu.

Sinon, du côté de ma voile, les choses s’annoncent plutôt bien puisque je l’ai déposée à la voilerie hier au soir et devrais pouvoir la récupérer vendredi en fin d’après-midi.
Pour une somme raisonnable, je vais avoir une voile « blindée ». Avec coutures renforcées aux points stratégiques et une chute (c’est le bord le plus long et qui n’est tenu ni par le mât, ni par la bôme) renforcée avec une bande de dix centimètres en tissus hyper-résistant.
Avec ça je vais pouvoir partir tranquille.

Et justement puisqu’on en parle, qu’en est-ce que je pars ?

Et bien la réponse c’est quand je veux. Na !

Car s’il est une chose que j’ai bien compris avec ce coup de vent essuyé dimanche, c’est que je ne veux plus, plus jamais, avoir de délais à respecter. Je partirais quand je serais sûr d’avoir de bonnes conditions, et j’arriverais quand j’arriverais…
Et je crois d’ailleurs que ceci vaut aussi bien pour le navigateur que pour le terrien.

Tiens, j’en ai une bonne à vous raconter. Cela pour illustrer le fait que j’en apprends (avec bonheur) tous les jours.
Hier au soir… Non, c’est avant-hier soir… Je m’y perds un peu moi avec le temps qui passe… Avant-hier donc, alors que je m’apprêtais à passer ma première nuit à Marseille, et alors que j’étais sur le point de me coucher après avoir publié mon dernier article, j’ai été interpelé par un drôle de bruit…
Cela ressemblait à un crépitement continu. Et dans mon esprit cela faisait un peu comme le bruit de l’eau coulant sur un galet.
Aussitôt, je me met à imaginer des choses. J’entrevois une fuite, avec de l’eau ruisselant le long de l’intérieur de la coque… Bref, je m’inquiète.
Et voilà donc le Gwen, à onze heures du soir en train de soulever tous les planchers du bateau ! Passant la main sur l’intérieur des fonds à la recherche de trace d’humidité, craignant à chaque instant de découvrir que sa fière esquif était en train de couler !

Peine perdue. Pas la moindre trace d’eau, où que ce soit. Sur les coups d’une heure du matin, incrédule mais toujours inquiet, j’ai laissé tomber mes recherches frénétiques, en me disant : Bon, on verra demain… Mais impossible alors de trouver le sommeil !
J’ai du mettre mes bouchons d’oreille pour m’endormir !

Le lendemain matin, ce bruit agaçant au possible était toujours là…

Je pars à mon stage, à cent mètres à peine, et pendant toute la journée je n’ai pas cessé, dès que c’était possible, de jeter un œil à mon bateau pour surveiller sa ligne de flottaison. J’avais au fond de mon estomac un nœud de la taille d’un ballon de foot !

Puis, le soir venu, j’ai hébergé pour la nuit un de mes collègue stagiaire. Et alors que nous discutions le bout de gras pendant que les pâtes cuisaient. Je lui demande comme si de rien n’était, ce que pouvait bien être ce bruit.
Tu parles, comme si de rien n’était ! Alors que je venais de passer la journée à ne penser qu’à ça !

Et vous savez ce qu’il me répond ? Oh, ça c’est rien, c’est le bruit du fond qui résonne à travers la coque. Comment ça les bruits du fond ? Ben oui, le bruit des crustacés, tout ça… C’est du biologique quoi !

Nondidiou ! Je venais de passer une nuit et une journée à me ronger les sangs pour… Des saloperies de crustacés !

Tout ça pour vous dire que j’en ai encore pas mal à apprendre. Dommage que pour cela je doive en passer par des phases d’angoisse inimaginables…

Allez, je vous laisse pour aujourd’hui. A la prochaine !

6 commentaires:

Gildan a dit…

Oh!! ça va hein ! À Paris aussi il fait bon !
:)
Sympathique l'ambiance à la Pointe rouge.
Et, de suite, tu te fais des collègues, hein !
C'est pas beau ça !
J'ai fait mes études pas loin, à Luminy ! Le soir, en cité u, c'était aussi pâtes avè les collègues !
:^)
Bon, il faut que je finisse le billet précédent !
J'ai du retard !
Faut dire qu'il était long, aussi ! Heureusement y'a des images !
:)

cacahuette83 a dit…

MDR! Les crustacés! Tu m'as trop fait rire! J'en rit encore tiens! Mais je suppose que toi non! Hi,hi!


Bon, je t'ai envoyé un sms mais je ne sais pas si tu consulte alors... Je t'invitais à aller me voir sur mon blog...


Bisous et bonne soirée!

Gwendal a dit…

@Gildan : Des pâtes oui, mais des carbonari façon Gwen s’il vous plaît !
Bon, alors comme ça il fait beau à Paris ? Ravi de l’apprendre. Il n’y a pas de raison que je sois le seul à pouvoir déjeuner en terrasse…

@Cacahuette : Content que mes mésaventures de débutant te fassent rigoler… N’empêche qu’il faut que j’arrête de m’inquiéter comme ça moi, sinon je vais faire un ulcère.
PS : J’ai bien reçu ton sms et j’ai laissé un com sur ton blog.

cazo a dit…

Alors je t'arrête de suite, cap'tain Gwen !!...

Personne ne trépigne d'impatience pour qu'enfin tu partes !! Personne... et pour cause :

Tu es déjà parti, mais tu étais déjà parti depuis bien avant que tes rêves ne prennent forme !!

Après, vu que tu que tu crois pas (trop?) en dieu, t'es le seul maître à bord...

Ceci dit, je te conseille d'opter pour une coopération totale basée sur la confiance et la connaissance de soi comme de l'autre avec ta coéquipière d'aventure, La Boîteuse.

Et Maître à "Bord" évoque bien la limite dérisoire de ce statut honorifique en regard de la de l'immensité et de la puissance des éléments.

Et des crustacés... ;-) !!

monique a dit…

La prochaine fois que tu entends un bruit d'eau sur ton bateau, avant de penser que c'est la Boiteuse qui coule, vérifie qu'il n'y ait pas un marin qui pisse sur la jetée !!!!:)

Je me moque...moi qui ne suis jamais anxieuse !!!!!

Allez, apprends, camarade...et pars quand tu le sens, en évitant les averses !!!

Gwendal a dit…

@Cazo : Je crois l’avoir déjà dit, je n’ai finalement pas trop l’habitude d’être maître à bord. C’est que la liberté, c’est comme tout, ça s’apprend. Parfois je me fais l’effet d’un enfant qui apprend à marcher… Quelqu’un l’a déjà dit d’ailleurs.

@Monique : D’après la météo, j’ai une fenêtre intéressante pour demain samedi… Fenêtre qui se refermera dès dimanche et le restera pour une bonne partite de la semaine. Donc la question qui se pose est celle-ci : Soit je pars samedi et fait autant d’Ouest que possible avant que de faire une pause là où le vent m’aura déposé. Soit je reste ici et j’attends une fenêtre plus large.
Je crois que je vais opter pour la seconde.
Ici, c’est pas cher, et il y a tout ce qu’il faut pour équiper, réparer et bichonner la Boiteuse. Encore faut-il que le port soit d’accord.
On verra ça aujourd’hui.