vendredi 5 novembre 2010

La vie et rien d’autre

Vers la sortie
43°14'40.87"N 5°21'48.94"E
 Pointe Rouge

Quel jour sommes-nous aujourd’hui… ? Le 5, ça je sais, mais j’ai un doute pour le reste… Ah oui, aujourd’hui nous sommes vendredi. Et il doit être quelque chose comme 17h00 et des brouettes.
Comment je le sais ? Et bien tout simplement parce que le bateau bouge. Oui, en fin de journée, et en début aussi, forcément), les pêcheurs, plongeurs de tous poils rentrent se mettre au chaud, riches de leurs prises ou simplement de la journée qu’ils viennent de passer. Et comme je suis situé tout de suite à l’entrée du port, j’ai droit, le matin comme le soir au ballet incessant des petites embarcations. Des plus grosses aussi parfois, chargées jusqu’à la gueule de palanquées bien disciplinées, affairées, que sont celles des marins pompiers.
Depuis les containeurs qui sont à quelques mètres, et qui servent de local à des clubs de plongée, j’entends les moniteurs qui terminent de préparer les bouteilles pour la journée du lendemain. J’entends le bruit des compresseurs qui ronronnent. Les soupapes des bouteilles qui chuintent.
C’est la fin de la journée.

Industrialité
Pour moi aussi d’ailleurs. Une journée pas spécialement riche, ni copieuse, mais une journée honnête. Et une journée honnête, pour moi c’est une journée raisonnablement remplie. Des choses importantes ont été faites, pas beaucoup mais quelques-unes. Des décisions prises, là encore, pas beaucoup mais quelques-unes.
C’est ça une journée honnête : Une journée qui fait que celle de demain vous parait plus facile.

Ce matin je me suis occupé de moi. J’ai lavé mon corps, un teeshirt et des chaussettes. J’ai rattaché le radeau sur le pont. Oh ce n’est pas qu’il tenait mal, c’est que maintenant c’est plus joli, c’est tout. Et puis je suis allé à la capitainerie pour voir s’ils voulaient bien que je reste un peu plus longtemps. A priori ça doit être bon puisqu’ils devaient me rappeler et qu’ils ne l’ont pas fait…

Où je suis ?
Ensuite j’ai pris un bus, puis un métro, puis un deuxième métro, et je me suis retrouvé sur le vieux port.
C’est joli le vieux port de Marseille, enfin ce que j’en ai vu. J’avais mal au pied, alors je suis allé à l’essentiel.
J’ai trouvé un tabac achalandé en bouffardes et j’ai remplacé ma chère disparue. Puis j’ai mis le cap vers une librairie maritime que l’on m’avait indiqué. Chemin faisant, je me suis attardé quelques instants pour observer le spectacle des poissonniers et poissonnières qui vendaient les prises de la nuit précédentes. Je ne suis pas très calé en poissons de mer… Pas encore. Mais ils bougeaient encore, ça je l’ai bien vu.
Un instant j’ai pensé m’en acheter, mais la perspective de me les trimbaler toute la journée m’en a empêché. Le monde qui grouillait autour des étals aussi.

Au spectacle
La librairie était telle qu’on me l’avait décrite : Passionnante.
J’y ai discuté le bout de gras avec le propriétaire… Nos avons parlé de cartes, de livres, de routes, de vents… J’y ai dépensé quelques sous également. En sortant j’avais sous le bras l’incontournable Routes de grande croisière de Jimmy Cornell. Et puis deux cartes générales aussi : La côte de Fos sur Mer à l’Italie et le sud de la méditerranée englobant la Sardaigne, la Sicile et l’île de Malte…

Puis mon portable a sonné. Ma Grand voile était prête, est-ce que je pouvais venir la chercher en début d’après-midi ?

Ben oui, je pouvais… Alors je l’ai fait. Juste le temps de déposer mes achats au bateau, de manger un bout, et j’ai enfourché mon vélo pour me rendre à la voilerie.

Sanctuaire
Oh qu’elle était belle ma voile sur le parquet de l’atelier !
Et vous auriez vu ces coutures, et ces rajouts de toiles au endroits sensibles ! Avec des protections pareilles, Eole aura bien du mal à me la déchirer maintenant. Et moi je pourrais me permettre quelques conneries sans conséquences…
En plus, j’ai eu la surprise de sortir un peu moins d’argent que je ne l’avais prévu. Pour deux cents euros tout ronds, en espèces sonnantes et trébuchantes, j’ai pu ramener ma voile posée sur le cadre de mon vélo.
Elle est là, posée sur la banquette du carré dans son sac orange, et elle attendra bien demain matin pour que je la remonte.

Après, j’ai répondu au téléphone… Dominique, de l’association SPC voulait savoir où j’en étais. Vous n’avez qu’à lire mon blog lui ais-je répondu. Et puis qu’il ne faudra pas trop compter sur moi avant quelques jours… Car oui, j’avais pris ma décision. J’allais rester quelques jours à Marseille.
Tout d’abord parce que comme je vous l’ai dit dans un commentaire sur l’article précédent (mais tous ne lisent pas les commentaires), j’ai encore une journée de beau temps demain, et ensuite une grosse perturbation se présentera de l’Ouest… Alors, quitte à rester coincé au port, autant que cela soit ici, à la Pointe Rouge, là où j’ai sous la main tout ce qu’il faut pour équiper la Boiteuse.
J’ajouterais qu’avec un tarif préférentiel et le wifi gratos, la question ne se pose plus.

Ensuite, après avoir rassuré cette chère Dominique sur mon bonheur, j’ai dormi. Une heure et demi, pas plus. Une sieste pour le plaisir autant que pour reposer mon corps.

Et tout doucement, alors que sirotais mon moque de café le bateau a commencé à bouger, et les compresseurs de ronronner, et les soupapes de chuinter. C’était la fin de la journée.

Alors, peut-être ne serez vous pas d’accord avec moi, mais moi je trouve que ça a été une bonne journée…

12 commentaires:

Fix a dit…

Et comme dit Jean jacques Vannier : "A part ça, la vie est belle et c'est tant mieux !"

Giorgio a dit…

Même ceux qui, comme moi viennent prendre de tes nouvelles, de temps en temps...saches que nous sommes TOUS AVEC TOI, tu n'auras que de BONNES VIBRATIONS des centaines ou milliers de Km où nous serons...
Bises et bon vent du Giorgio!

monique a dit…

Journée paisible sur le vieux port..demain : manif. ce sera plus agité !!!
Tu as bien fait de sortir de ton antre aujourd'hui...

Comme dit Giorgio: tous avec toi !!
ça va faire du monde sur la Boiteuse !

Gwendal a dit…

@Fix : Et je rajouterais : Pourvu que ça dure !

@Giorgio : Je ne le sais que trop mon cher Georges. D’ailleurs, parfois je me demande si je vous le dis suffisamment… Que vous, vous tous, êtes un moteur extraordinaire à tous ce projet. Pas le seul, certes, mais une aide précieuse tout de même.

@Monique : Ah ouais c’est vrai… J’ai beau écouter France Inter, j’ai l’impression qu’ils me causent d’un pays lointain. Parait que dans ma ville, notre dictateur a reçu un collègue à lui ? Courbettes, cirage de pompes et suçage de bites sur fond de promenade des Anglais.
J’ai bien fait de rester à Marseille moi ! Z’auraient arraisonné mon bateau ces cons !

lucifer! a dit…

oui, une bien belle journée Gwen,
compte tenu des précédentes ...
Tu nous en mets plein la...gueule !
c'est vrai, comme le dit Gio, on est tous là et on te lit avec grand intéret et attention .
mais c'est insuffisant !
A quand la grande fiesta autour de La Boîteuse ?

Gwendal a dit…

@Lucifer : Puisque tu en parles, il va falloir qu’on se mette à y penser… J’avais pensé le jour de mon départ. Reste les modalités d’organisation, mais je trouve que pour le symbole ça pourrait le faire.
Une dernière belle rencontre physique avant que de partir, avec moult amis agitant des mouchoirs au bord du quai…

cacahuette83 a dit…

OUi, je te confirme, tu as bien fait de rester à marseille car le dictateur est allé chez toi avec son collègue! Imagine!
J'ai pensé très fort à toi en espérant que tu n'avais pas bougé et j'avais raison.... Tant mieux!


Tu as passé une bonne journée aparement, tant mieux! Lorsque tu es heureux je suis heureuse! En plus bonne nouvelle, tu as récupérer ton beau joujou : ta voile! En plus pour un prix dérisoire!
Tu as bien raison de rester à Marseille si tu en a envie! N'était-ce pas ton but d'aller ou tu voulais quand tu voulais?

Gros bisous et bonne journée mon cher Gwen!


P.S : Gros bisous de la part de mes enfants... Tu leur manque qu'ils disent....

Gwendal a dit…

@Cacahuette : En effet, c'est bien là le but... Vivre au fil des nuages, du ballet des anticyclone et des dépressions. Une autre vitesse de vie, moins stressante, plus près du réel. Du vrai réel, pas celui auquel on voudrait nous faire croire.

aslan a dit…

Salut, ben mon cochon tu en fais des choses quand j'ai le dos tourné ! Le temps de lire tous ces posts de retard et va falloir que je mette la viande dans le torchon.

L'homme et le navire font la paire apparemment, je sans que tu as fais le bon choix. Quant à tes premières armes en solo je repense à mes premiers voyages de terrien en solitaire, j'en ai encore le goût dans la bouche et c'est agréable. Tu es déjà ailleurs, c'est sûr.

De la terre où je marne comme un con, mais avec enthousiasme, et me prépare à recevoir un second alien dans la famille,je me dis qu'avec un peu de bol je pourrais te voir avant que tu sois hors de ma portée: j'ai 3500km d'autonomie en avion, au delà je ne supporte pas un dépaysement aussi rapide. Ca me laisse la possibilité de te retrouver pour boire un raki un week-end à Istambul ou de t'attendre en glandant au soleil des canaries par exemple. Au delà tu seras juste sur mon radar et si je veux te rattraper il faudra que je parte dans l'autre sens. Bof, remarque, c'est combien de train pour la Corée? Ah ouais, quand même...

Bises, éclates toi bien, je reviens.

aslan a dit…

Désolé pour le raki, mais pas grave ils ont un thé à décorner les morts. Et des baklavas, rhâââ, qui feraient repousser 70 vierges à un con de Taliban.

monique a dit…

Ne parle pas des baklavas...moi qui ne supporte pas plus de 1000km sans fumer...j'y vais à la nage, à Istambul !

Gwendal a dit…

@Aslan : Avant toute chose : Félicitation au futur papa !
La famille s’agrandit et du coup on peut comprendre une si longue absence. Car cela fait quand même un bout de temps que nous étions sans nouvelles, ‘spèce de… Depuis plus trois mois !
Comme tu as pu le lire (m’est avis que tu n’as pas pu tout lire ni tout voir), pendant que Môsieur fornique à tout va, moi j’avance à petits pas dans la direction que je me suis fixé. Avec à la clef plein de galères, et heureusement des joies.
J’espère bien que nous aurons l’occasion de revoir ta bouille avant que je ne prenne le large pour de bon. Sinon, hop, ce sera l’avion obligatoire !

@Monique : T’arrives à fumer en nageant toi ? Faudrait que tu me montres ça un jour…