Je vous explique, et vous allez voir, vous allez rigoler.
Ce matin je me préparais donc à rejoindre le port de Saint-Laurent. J’étais motivé, bien propre derrière les oreilles et mes petites affaires étaient prêtes. J’avais mis dans un grand cabas tout ce dont je pensais avoir besoin pour la journée, le gros rouleau de rallonge électrique, le sèche-cheveux pour décoller les lettres, la perceuse et Monsieur Pilote numéro deux. L’ensemble n’étant pas spécialement lourd mais assez encombrant tout de même. Dehors, conformément aux prévisions météo, il fait gris mais il ne pleut pas.
J’attrape le bus de 08h15 et tente de me trouver une place debout au milieu de la foule du matin. Mon cabas n’arrête pas de se casser la gueule, mais c’est pas grave. Moi, je suis perdu dans mes pensées et je me passe le film de ma future journée dans la tête. Soudain, une de ces associations d’idées fulgurantes dont j’ai le secret me fait me rendre compte que j’ai oublié quelque chose d’important : Les clefs du bateau !
Bon, heureusement, je ne suis en route que depuis quelques minutes. Je descends à l’arrêt suivant, et alors que je traverse la rue pour reprendre le bus dans l’autre sens et retourner chercher les clefs, il commence à pleuvoir ! Quelques gouttes pour commencer, puis une pluie fine et persistante s’installe (Grrrr...). Et comme de bien entendu, j’arrive trempé à la maison.
Là, je récupère les clefs et je me pose alors la question de l’utilité de tout cela... Je me dis, ok j’amène le matos au bateau, et après je fais quoi ? Impossible de me mettre à gratter sous la pluie, ou bien à commencer à faire des trous sur le banc du cockpit... Est-ce que ça vaut bien la peine que je perde deux heures à faire l’aller-retour, juste pour déposer le matos au bateau ?
La réponse m’apparait alors dans toute son évidence : On n’est pas là pour se faire chier.
Je repose donc mon encombrant cabas et décide néanmoins, puisque je suis habillé et que le frigo est vide, d’aller faire mes courses de la semaine. Et alors que je redescendais en direction du supermarché, sous la pluie, je me suis remis à laisser vagabonder mon esprit... Là, re-fulgurance de mes associations d’idées, je me mets à penser à la bouffe en général et surtout à ce que j’allais pouvoir (ou devoir) emporter sur la Boiteuse.
Bon, vous le savez car je pense vous l’avoir déjà dis, la bouffe c’est vachement important sur un bateau. Ca participe, dit-on, à 50% du moral de l’équipage, et sans doute un peu plus en ce qui me concerne. Et c’est pour quoi (pourquoi ?) il va me falloir commencer à réfléchir sérieusement à mon avitaillement.
Avitaillement : Action d’avitailler ; Approvisionner un bateau prêt à partir, en vivres et produits nécessaires à la vie à bord.
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Miam ! |
Aussi, j’ai bien l’intention de partir avec une bonne provision de vivres Made in France. Du cassoulet bien sûr, parce que j’adore ça, mais aussi des tas de petits-plats en conserve que je ne pourrais à coup sûr trouver nulle part ailleurs qu’ici. Des petits plats que j’ouvrirais de temps en temps pour me changer des régimes locaux, mais aussi pour me remonter le moral ou bien fêter un événement. Genre une tartine de pâté de campagne lorsque je traverserais pour la première fois l’équateur, ou encore un bon couscous pour fêter noël en Thaïlande... Des trucs à la fois bons pour le ventre et la tête !
Et parmi les choses dont j’aurais du mal à me passer, il y a le beurre. J’aime bien l’huile d’olive et je compte bien en prévoir quelques litres d’avance, mais jamais cela ne remplacera le beurre en ce qui me concerne. Le beurre, salé bien sûr, c’est le condiment indispensable, celui qui arrive à vous faire sourire le plus insipide des plats de pâtes, et à faire rigoler les tartines qui trempent dans le café.
Oui mais, me direz-vous, je risque de ne pas en trouver à tous les coins de rues du beurre. Et en plus, c’est une denrée périssable...
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Miam-Miam ! |
Alors, il s’agit d’un produit que l’on trouve surtout dans les pays chauds c’est certain. J’ai lu quelque-part que j’en trouverais au Cap Vert mais aussi en Amérique du Sud et en Nouvelle Zélande. Et bien sachez que j’en ai trouvé également en France ! Le beurre Frandel ça s’appelle.
Par contre c’est cher... Genre, 3,30 € les 250 g. Je vais voir si je ne peux pas en trouver ailleurs (les épiceries chinoises ?), mais si je n’y arrive pas je passerais commande pour être sûr d’avoir du beurre salé au petit-déj et ce, que je sois à Trifouillis les Oies ou en panne de frigo.
Voilà, c’était donc mes petites mésaventures et réflexions matinales. Dehors il pleut toujours, mais il paraît que ça devrait s’améliorer d’ici jeudi... On verra bien. D’ici là...
Bon appétit !
Bon appétit !