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samedi 9 novembre 2013

Noticias de Uruguay

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay

Un nouveau venu
Vendredi dernier, la météorologie annonçait un coup de vent du Sud susceptible de me faire avancer dans ma pérégrination. Un truc maousse, bien froid et bien humide, du genre peu engageant si vous voyez ce que je veux dire. Deux jours de vents violents, suivis d'une brusque renverse... Bref, je ne me suis pas senti le courage de me lancer dans une telle aventure après trois mois de quai. C'était à coup sûr se jeter dans les emmerdes... En plus, ce qui me poussait à partir n'avait rien de réellement justifié, puisqu'il s'agissait d'une espèce de culpabilité de merde venue d'on ne sait où. J'ai donc décidé de laisser passer l'orage (au sens propre comme au figuré) et d'attendre des jours meilleurs. Après tout, comme l'a dit un commentateur dans l'article précédent : Je suis libre.
Donc, je pense que cela n'étonnera personne si je vous dis que La Boiteuse est encore à se dandiner dans le port de Piriápolis. Après tout, maintenant que j'y pense, il n'y avait peut-être que moi pour croire que j'allais partir...

Lundi dernier j'ai donc fait renouveler mon visa pour trois mois supplémentaires. Comme je m'en doutais ça a été bâché en deux coups de cuillères à pot, les autorités uruguayennes étant décidément super accueillantes. En ce qui les concerne, je pourrais bien rester ici toute la vie, que ça ne les dérangerait pas plus que ça.
Puis, je me suis dit qu'il serait peut être temps que je pense à donner quelques sous à mes hôtes. Lors de mon arrivée, ils m'ont dit que je paierai en partant... Sauf qu'à l'époque je ne pensais rester que quelques semaines, et que ça fait quand même trois mois ! Je me suis donc rendu au bureau de la marina pour leur montrer la couleur de mon argent. Et là surprise, leur lecteur refuse ma carte bancaire... Bon, sur le moment j'ai un peu fait la gueule, puisque cela fait quand même trois fois que je me retrouve dans la même situation : Obligé de me démerder pour retirer une forte somme en liquide avec les frais que cela comporte. Grrrrr... Je hais les banques ! Et particulièrement la mienne, le Crédit Agricole !
Franchement, cela fait deux ans que je dis que je vais changer de banque, mais à un moment il va bien me falloir le faire. Si ce n'était ma réticence naturelle à frayer avec le Démon, il y a belle lurette que j'aurais ouvert un compte chez HSBC ou ING. Au moins eux, même s'il faudra bien un jour les juger pour crime contre l'Humanité, ils vous offre la VISA Premier et il y a zéro frais et aucun plafond quand vous retirer du fric à l'étranger... Mais bon, j'ai encore une morale. Je sais, ça me perdra.

Hier au soir....
Cela dit, la situation n'est pas désespérée et je devrais pouvoir solutionner le problème dès le début de la semaine prochaine. Ce qui va me laisser largement (?) le temps de récurer à fond La Boiteuse afin d'être prêt à recevoir Edilya qui me fait l'honneur de faire un petit détour dans ses pérégrinations afin de passer quelques jours dans la riante cité de Piriápolis.
Et oui ! La vie sociale de votre Capitaine préféré (oui, je me la pète si je veux) s'étoffe ! Non-pas qu'elle soit vide, loin de là, car le port de Piriápolis est pour ainsi dire une plaque tournante pour pas mal de bateaux, notamment ceux qui s'apprêtent à affronter les rigueurs du Grand Sud. Parmi ces équipages, je pourrais citer au hasard Tom et Axèle, Eric, Gilles, Annes, Franz et Anna... Bref, tout ceux-la forme une belle bande de copains avec qui il agréable d'échanger. Surtout lorsqu'on est comme moi un débutant, il est toujours passionnant d'écouter des types qui ont trente ans de mer derrière eux. Ça rend humble, croyez-moi.

Ben quoi ?
Voilà donc les dernières nouvelles. Un petit mot de Touline pour terminer : Sachez que cette vermine a décider de me faire sa crise d'adolescence et d'emménager ailleurs. Voilà quatre nuits qu'elle ne dort plus à la maison, ne rentrant que pour manger et chier. Bref, elle prend la Boiteuse pour un hôtel. J'envisage sérieusement de la vendre à ses logeurs, mais ceux-ci n'ont pas encore annoncé un prix suffisamment élevé... Alors je vous préviens Axèle et Tom, si vous voulez la garder va falloir allonger les pépètes !


lundi 28 octobre 2013

Je pense à voix haute, donc j'écris

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay

Avis à la Population !
Avant d'attaquer le sujet du jour je voulais revenir, si vous le voulez bien, sur la question que nous avons abordée la semaine dernière. A savoir si j'allais un jour remettre les pieds en France. Je pense que j'y ai répondu à ma façon, et je suis assez content de moi lorsque je vois les nombreux (et argumentés !) commentaires que ce texte a suscité. Cependant, il m'est apparu dans la semaine que finalement je pouvais retourner la question à pas mal des plus proches d'entre vous. Et vous ? Quand est-ce que vous prenez des vacances et que vous venez me voir ? Hein ?
C'est vrai quoi, vous sautez à bord d'un avion à pas cher, et hop ! En quelques heures vous êtes de l'autre côté de l'Atlantique ! Je promets même de nettoyer La Boiteuse si vous me prévenez suffisamment à l'avance !

Ceci dit, au cas ou vous vous poseriez la question de votre destination, sachez que celle-ci ne devrait pas tarder à changer... Et là, je vois d'ici vos oreilles se dresser tel le setter moyen. Comment ? Gwendal se déciderait à enfin abandonner le port de Piriápolis ?
Et bien oui, bien obligé puisque mon visa arrive à expiration. Bien sûr, dans l'absolu rien ne m'empêcherait de renouveler celui-ci ad vitam eternam. L’Uruguay est un pays tellement accueillant que ce serait un jeu d'enfant que de squatter ici jusqu'à la fin de mes jours sans avoir de compte à rendre à personne. En plus, franchement, citez moi un pays aussi avancé en matière sociétale que l'Uruguay, vous aurez du mal. Dernière réforme en cours, le cannabis est sur le point de devenir légal (il était déjà toléré). Mieux, il va être déclaré monopole d'état, cultivé et mis en vente au prix de un dollar (0,75 euro) le gramme. Bon, je ne fume que du tabac mais s'il y en a parmi vous que cela intéresse... 

Du maté dans le biberon !
Bref, tout ça pour dire que l'Uruguay pourrait tout à fait ressembler au petit paradis que je recherche par delà les vastes océans. Oui mais voilà... En ce qui me concerne il y a un hic, et pas un petit. Traitez moi de frileux, mais je trouve qu'il caille un peu trop dans ce pays. En plus le Rio de la Plata est vraiment un bassin de navigation merdique, alors tout ça cumulé fait que je n'ai quand même pas très envie de m'installer par ici.

Donc on va partir, et si possible avant l'expiration de mon visa, c'est à dire avant le 5 novembre. Et c'est là que les choses se compliquent car autant il est important que je me fixe des limites de temps en temps histoire de me motiver, autant le navigateur doit prendre en compte autre chose que le calendrier, à savoir la météo. Et là mes enfants, autant dire qu'on n'est pas sorti du sable.
Si j'en crois les prévisions j'aurais bien une fenêtre qui pourrait, à la rigueur, se dessiner le weekend prochain. Sauf que, on en a déjà parlé, les prévisions météorologiques dans le Rio de Plata au delà de 48 heures, s’apparentent plus à des prédictions qu'à des prévisions. Et encore, des prédictions faites par un devin débutant à peine sorti de l'école des charlatans. Donc autant dire qu'à l'heure actuelle je suis dans le flou le plus complet.

Foutez-moi la paix, je pense !
Il va donc falloir que je prépare le bateau et que je me tienne prêt à sauter sur la première occasion qui me sera offerte. En théorie, j'ai besoin de trois jours de vent favorables pour rejoindre Rio Grande do Sul au Brésil. Et croyez moi si je vous dis que trois jours d'affilé avec un vent dans la même direction c'est quasiment impossible dans le coin ! Cela veut donc dire (je réfléchis en même temps que j'écris), que je vais devoir probablement louvoyer, voire même me faire secouer comme un prunier, être malade, me faire tremper, me peler les couilles... Bref, ça va être une vraie partie de plaisir.

Un asado en bonne compagnie
Cela dit, et j'en terminerais là dans ma réflexion, je ne suis pas stupide au point de m'imposer des épreuves que je sais d'avance être douloureuses, à la fois pour moi et pour mon bateau. Donc, si jamais je loupe cette opportunité de partir, il ne faut pas que j'en fasse un fromage non plus. Après tout, comme me le disait ma voisine de ponton, Axele : T'es libre de faire ce que tu veux !
Et elle a bien raison Axele. Si j'ai choisi cette vie, c'est bien pour être libre. Alors on ne va pas se mettre martel en tête, et prendre les choses comme elles viennent. Si ça passe, tant mieux, et si ça ne passe pas... Et bien ça passera la prochaine fois !

Bon allez. Fin de la présente diatribe. Je vous remercie de m'avoir donné l'opportunité de réfléchir à haute voix devant vous, et je vais commencer à préparer mon bateau pour la navigation. Et puis tiens, je vais quand même passer voir l'immigration pour me renseigner sur les formalités de renouvellement de visa. On ne sait jamais !

PS : N'empêche, c'est vachement cool de vous avoir. Il suffit que je vous écrive quelques mots pour que les choses s’éclaircissent dans ma tête. Merci à vous les lecteurs !

Et Touline va bien !

vendredi 19 octobre 2012

Clandestino

20°17.991S 40°17.341W
Vitória, Espírito Santo, Brésil

Je viens de passer une semaine de dingue… Dingue de chez dingue. Enfin, à mon niveau je veux dire.
Cela a d’abord commencé lundi, où Fabio est venu démonter la partie supérieure de Mercedes. Le vendredi précédent, le constat avait été fait et le diagnostique posé, j’avais de l’eau dans mon moteur. De l’eau là où il n’est pas sensé y en avoir si vous préférez, car au niveau des regards du carburateur ça faisait comme une mayonnaise grise (d’ailleurs ça l’a bien fait rigoler le Fabio cette expression de mécanicien français). Et qui dit eau dans le moteur, dit a priori joint de culasse défectueux.

Nous en étions là lorsque Fabio débarqua juste au moment où je m’apprêtais à faire ma sieste. Une heure plus tard, je le voyais plonger son doigt dans cette mayo peu ragoutante et le porter à sa bouche. Son visage c’est fait sceptique, et il a recommencé plusieurs fois pour être bien sûr de lui. Intrigué, je fis de même. Et oui, c’était bien de la mayonnaise salée.
Merci à Jean-Pierre pour le montage !
 Du coup le diagnostique évolua, et nous tombâmes d’accord sur le fait que la non-ouverture de la valve d’arrivée d’eau m’avait sans doute fait embarqué de l’eau de mer. Par la suite je me suis fais confirmer ce diagnostique par des copains à l’autre bout du net, et tous m’ont répondu que cela était hautement probable, et qu’en plus j’avais déjà dû embarquer un peu d’eau pendant la tempête alors que la Boiteuse était secouée dans tous les sens.

Bref, la partie incriminée du moteur est partie à l’atelier pour un bon décrassage, plus différents travaux de réglage (ne me demandez pas j’ai oublié comment ça s’appelait), et je devrais logiquement récupérer mon moteur aujourd’hui vendredi. La facture s’élève déjà à 2111 $R (844 €), hors remontage, vidange et essai du moteur.

Concernant ma situation administrative, je n’ai hélas pas pu faire grand-chose. Après une journée et demie de tractations diverses dont je vous passerais les détails, je retrouve avec un passeport tamponné et 72 heures pour quitter le territoire.

Compréhensifs, mais intraitables...
Bon, d’après un officier de la Policia Fédéral, si je décide de rester quelques jours de plus histoire de peaufiner la préparation du bateau,  je ne risque pas grand-chose au Iate Clube. C’est plus tard quand je serai parti que cela risque de devenir scabreux. Logiquement je suis censé filer tout droit en Uruguay, chose que je n’ai absolument pas envie de faire... Trois semaines de mer en côtier, non merci. Après mon départ de Vitória, les marinas me seront interdites, je vais donc devoir me faire discret... et mouiller dans des endroits peu fréquentés pour me reposer. Moi qui ai horreur de ça, je vais avoir l’occasion de changer d’avis, ou pas. Ici commence donc un périple de 2000 milles en clandestino.(Allez, reprenez tous en cœur avec moi !)


Je vous avouerais que j’ai un peu peur de prendre la mer, aussi peu de temps après ce qu’il m’est arrivé, et dans ces conditions là. Enfin, je ne sais pas vraiment si c’est de la peur, mais disons que cela ne m’enchante pas... Je me lance dans quelque chose de totalement nouveau pour moi, avec quelques inconnues majeures... et franchement je n’aime pas ça. En plus, je n’ai pas réussi à récupérer de ma précédente navigation. Pire, j’ai l’impression d’avoir aggravé mon état physique avec un mal de dos et des douleurs musculaires diverses.
Mais d’un autre côté j’ai hâte de laisser cette ville et cette escale derrière moi. Je n’y ai pris aucun plaisir, je m’y suis fatigué outre mesure, et griotte sur le clafoutis, Touline n’y est plus la bienvenue.

Vous allez tous me le payer !
Et oui, figurez-vous qu’un bâtard est venu frapper à ma coque dimanche dernier à six heures du matin, pour m’enjoindre de garder ma chatte recluse à mon bord. J’ai cru un moment que ce coincé du cul allait me foutre la paix aussitôt le weekend terminé, mais manque de bol il s’agissait du manager de la marina...
Depuis ce jour Touline passe son temps attachée à un boute, se saucissonnant elle-même toutes les cinq minutes, ou alors enfermée dans le bateau lorsque je m’absente. Cela me fend le cœur, ainsi qu’à ses nombreux copains, mais impossible de passer outre le règlement car je suis maintenant surveillé de près. La chatte devient folle d’être recluse et moi je pète un câble de devoir la supporter.
En plus depuis quelques jours l’internet déconne à plein tube et je n’arrive même plus à discuter avec les gens que j’aime. Donc, vous voyez, j’ai aussi pas mal de raisons pour me casser d’ici.

Donc voilà où nous en sommes... C’est pas la joie, mais ça pourrait être pire.

Allez, je vous laisse, j’ai juste le temps de poster cet article et d’aller prendre une douche avant que Fabio n’arrive.
Vitoria