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lundi 3 janvier 2011

2011 : A l'attaque !

Et bien ça y est, nous y sommes... Au pied du mur comme dirait le maçon. Pour la plupart des gens, le compteur annuel vient de changer et indique à présent 2011, mais pour moi l’année importe peu... La seule chose qui est importante c’est le compte à rebours qui vient de s’enclencher.

Aujourd’hui on est à J-55.

Ouais, c’est décidé, aussi je peux bien vous le dire, la date de mon départ est à présent fixée, et ce sera le 27 février 2011.

Alors bien sûr, cette date sera, comme on dit, tributaire des conditions météo. Mais grosso modo, c’est ce dernier weekend de février que je devrais prendre officiellement le départ de ma course en solitaire. Voilà, c’est dit. Maintenant il n’y a plus qu’à.

Pourquoi le 27 février me direz-vous ? Et bien parce que il arrive un moment où il faut bien se fixer des limites, des butoirs, pour se forcer un petit peu à bouger. Si l’on reste dans l’expectative : « Oui je devrais partir vers cette date là... », « Ça devrait ce faire à peu près à cette époque... », et bien c’est clair que l’on n’avance pas.
De plus cette date coïncidera avec un événement hyper important pour moi (et pour la plupart d’entre vous). Mais bon, comme celui-ci n’est pas encore finalisé, je ne vous en dirais pas plus pour l’instant.

Donc, aujourd’hui l’ordre du jour c’est : ACTION !

Sitôt cette page publiée je vais me plonger dans mon petit programme que j’ai laissé trop longtemps de côté et en ressortir les choses qu’il me reste encore à accomplir avant que de pouvoir partir. Le dossier d’assurance, c’est fait je l’ai rempli ce matin il n’y a plus qu’à le poster.
Dans la foulée je vais parcourir la toile et me procurer le matériel qui me manque. Une Mer-veille, des panneaux photovoltaïques. Une fois le matos arrivé à la maison, je m’occuperais de le faire installer, ou mieux, je m’y attèlerais personnellement pour faire quelques économies.
Je sens qu’on va bien rigoler si c’est moi qui m’y colle !

Ah oui, j’imagine que vous vous demandez ce que peut être un Mer-Veille... Hein ? Et bien comme son nom l’indique il s’agit d’un détecteur de radar. C'est une alarme qui vous prévient lorsque vous êtes balayé par une onde radar, la localise et vous indique dans quel secteur et à quelle distance elle se trouve. C’est le genre de petit appareil indispensable si vous avez l’intention de naviguer seul la nuit et que vous espérez pouvoir fermer un œil ne serai-ce que quelques minutes.

Ensuite... Et bien on va se lancer dans une petite traversée vers la Corse. Oui, la Corse. Aller-retour, histoire de goûter un peu de ce que peut être une navigation de nuit avec la Boiteuse... Mais bon, ça c’est pour plus tard, d’ici une dizaine ou une quinzaine de jours je pense. Le temps pour moi de recevoir et d’installer le Mer-Veille...

Nous aurons donc l’occasion d’en reparler !

En attendant, je profite de cette espace généreusement offert par moi, pour vous souhaiter à toutes et à tous, une merveilleuse année 2011. Et que cette année soit pour vous l’occasion de réaliser vos rêves.
Et j’ajouterais que, pour ma part, je vais faire mon possible pour vous montrer comment on fait...

mercredi 20 octobre 2010

La Boiteuse existe, et elle est à moi

Saint-Raphaël, 19h20, ce mardi 19 octobre 2010, le prochain train est dans trois heures. Du coup je me dis qu’il ne serait pas inutile de commencer le récit de cette journée… Non-pas que je risque de l’oublier, j’en doute fortement même, mais à cette heure je n‘ai qu’une envie : Que ça sorte.

Alors faisons sortir.

Comme selon mon habitude c’est vers quelque chose comme quatre heures du mat que je me suis réveillé… Heureusement pour moi, l’hôtel où je suis descendu justifie ses étoiles (trois) et le prix de sa nuitée (chère) par une petite attention qui n’est pas pour me déplaire, une bouilloire avec du café soluble.
J’ai donc pu effectuer mon rituel matinal sans trop de perturbation, tout en répondant aux commentaires et en surfant sur le net grâce au wifi. En clair, j’étais comme à la maison.

La différence avec mes habitudes pourries, c’est que dès que le restaurant a ouvert, je me suis fendu d’un solide petit déjeuner avec triples tartines beurrées et quadruples petits pains au chocolat. Je me suis dis que puisque le petit dèj’ était compris dans le prix… Autant ne pas gâcher. Et puis, je ne sais pas pourquoi, je me suis dis aussi que cette journée allait sans doute être difficile, alors autant prendre des forces.

Vers dix heures Denis le vendeur de chez Plaisir d'O  (voilà ça c'est fait) est passé me prendre et nous sommes allés rejoindre les propriétaires sur le ponton. Le Tom Kyle était là, avec toujours sa couleur qui, je le pense, me fera reconnaitre partout dans le monde. Couleur qui, soit dit en passant, me semblait ce matin-là beaucoup moins… Beaucoup plus… Bref, vous m’avez compris.

On ne traine pas car il s’agit de ne pas louper le rendez-vous avec le grutier. L’expert nous rejoins, et Jörg, c’est le nom du proprio, se met alors à l’appareillage. Nous essayons d’aider, mais nous nous rendons vite compte qu’il ne vaut mieux pas s’y risquer. Le bonhomme connait son affaire et entend la mener à bien comme ça lui chante, et pas autrement.
Moi, je ne pipe mot, me contentant d’écarquiller les yeux et d’essayer de noter dans ma tête tout ce qu’il me dit. De temps en temps j’ai bien une question, mais la barrière de la langue complique grandement les choses. On essaye de se débrouiller dans un mélange rigolo de français, d’anglais et d’allemand, et au final, en tous cas j’espère, nous arrivons plus ou moins à nous comprendre.

Au chantier nous n’avons pas longtemps à attendre que déjà la grue se place au dessus du bateau. Un employé glisse deux sangles énormes sous la carène, et tout doucement voilà notre bateau qui s’envole.
L’instant est important. Qui sait ce qui peut bien se cacher sous la surface de l’eau ? Non mais c’est vrai quoi, il m’est arrivé de voir des coques tout juste bonne à gratter le dos d’une baleine…

Mais non, la peinture noire de l’antifooling est quasiment exempte d’algues ou de bébêtes. C’est tout juste si en y passant le doigt j’arrive à récolter une pellicule grasse et verdâtre (tien, là aussi ?). Par contre du côté de l’hélice c’est une autre histoire… La pauvre est entièrement recouverte de coquillages en tout genre ! 

Je demande alors de quand date son dernier lifting du bas… et Jörg me répond six mois. Waouh ! C’est qu’elles sont envahissantes les bébêtes !
Mais bon, rien de grave et en quelques coups de lames de canif la jolie couleur bronze doré de l’hélice réapparait. Ce qui me donne à penser que c’est quelque chose qui faudra que je surveille de près…

L’expert tourne autour de la quille. Il l’ausculte, tapote du manche de son couteau, gratouille par ci par là. Tout à l’air en bon état. Seules quelques petites bulles d’osmose de ci de là semblent le chagriner, et du coup moi aussi. Mais il paraît que c’est normal étant donné l’âge de la vieille dame. Il ajoute même qu’on aurait pu s’attendre à pire…

Au bout d’une demi-heure, il déclare être satisfait, mais qu’il doit s’absenter pour le déjeuner… Qu’à cela ne tienne, on remet le bateau à l’eau et Jörg et moi partons tous les deux pour un essai en mer.

Le temps est splendide, idéal pour une petite virée. Eine schöne Brise souffle de l’ouest et nous porte au milieu du golf de Saint-Tropez, au grand largue. Le bateau glisse dans le clapot en laissant derrière lui un sillage qui me réjouit le cœur. Je ne sais pas comment vous dire, mais on aurait dit que le bateau était content de naviguer, et que dans sa joie il laissait derrière lui une trainée de sourires…
Je prends la barre. Elle est ferme dans ma main. Je m’essaye à quelques mouvements intempestifs comme je sais avoir de temps en temps, et malgré sa fermeté, le bateau réagit au quart de tour. Ok, je vois le genre. Dure à énerver, mais une fois que c’est fait, madame a des allures de jeunes pouliche…

Ce comportement réactif, voire ardent, j’eu l’occasion de le vérifier lorsque nous fîmes un bord de près. (T’as vu Momo ! J’ai mis du passé simple !). Là, le Konsul semblait prendre son pied, sa finesse le faisant remonter au vent comme un voilier de course.
Jörg qui tenait la barre sur le premier bord souriait comme un gamin, et moi je crois bien que je devais avoir une de ces bananes !
Et c’est là, en regardant Jörg que j’ai compris combien cela allait douloureux pour lui de se séparer de son bateau… C’est qu’il l’aimait son Tom Kyle… Cela m’avait échappé jusqu’à présent, mais cette vente si elle devait finalement se faire serait pour lui un véritable crève cœur. Plus tard il m’avoua même que cette petite virée fut probablement la plus sympa qu’il eut fait de toute la saison.

Pendant cette petite promenade qui dura en tout et pour tout deux heures, j’ai eu l’occasion d’observer le bateau sous toutes ses allures. L’impression qu’il me laissa fut celle d’un canote honnête, sécurisant et facile à manœuvrer. Mais également, bien planqué derrière ses abords rassurants, une légère impression de… Comment dire… On sent le feu couver sous la braise, vous voyez ce que je veux dire ? Du genre, ne te fies pas trop à ma bonne mine et à mon apparente nonchalance mon bonhomme, tu risques d’avoir des surprises. Et lorsque nous remontions au près pour rejoindre les Marines de Cogolin, j’ai bien senti ce qu’il voulait me dire… Il me disait : Non seulement je suis solide, mais en plus je sais aller vite.

Lorsque nous sommes revenus au ponton, Denis nous attendait. Il n’a même pas eut besoin de nous demander comment cela s’était passé tellement nous le portions, Jörg et moi, sur notre visage. La seule chose qu’il a dit c’est : Je vous l’avais dit !
Et c’est vrai qu’il me l’avait dit… Mais c’est une chose de l’entendre et une autre de le sentir.
Le plus drôle c’est que nous avions prévu de casser une graine tout en navigant, mais nous avons tellement pris de plaisir que nous en avons oublié notre faim !

Puis l’expert reprit sa visite. Il explora le bateau dans tous ses recoins, souleva les fonds, pris tout un tas de photos, posa mille questions. Vers la fin j’avoue que j’en avais un peu marre, je l’ai laissé terminer son truc tout seul, préférant m’envoyer une tasse de café et une part de gâteau avec Jörg et sa femme. Nous papotions. Enfin, nous avons essayé… Tien, à ce propos, essayez de faire comprendre à un allemand pourquoi leur bateau va s’appeler la Boiteuse... Vous verrez que ce n’est pas évident, parce qu’en allemand le mot n’existe pas en tant que nom, mais seulement en tant que verbe (Hinken). Bref, ça n’a pas de sens.
Il m’a fallut beaucoup de patience, et un peu de comédie, pour leur faire comprendre combien ce nom avait un sens, en tous cas pour moi.

Bref, l’après midi tirait vers sa fin lorsque l’expert déclara avoir fini... On y était, l’heure de la décision était imminente.
Nous nous sommes isolés quelques minutes et je lui ai donc demandé ce qu’il en pensait. Pour lui, le Tom Kyle ne semblait pas avoir de défauts majeurs. Quelques petits points à surveiller, comme l’osmose par exemple, des joints de hublots vieillissants qu’il serait judicieux de remplacer, mais dans l’ensemble le bateau représentait selon lui « une base solide » correspondant tout à fait à mon programme. Toujours selon lui, en rajoutant 10 000 € d’équipement j’aurais alors un bateau parfait pour faire un tour du monde...

Là, j’ai tiqué.

C’est que je ne les ai pas ces 10 000 euros... Enfin si, mais si je les mets dans le bateau, il ne me restera plus grand-chose à bouffer si je veux terminer mon tour du monde...
Pendant quelques courtes minutes mon cerveau est en ébullition. Ça carbure sec au niveau des méninges et j’essaye de faire le compte de ce qu’il me faut effectivement comme matos supplémentaire pour équiper la Boiteuse... Un jeu de voile supplémentaire... Un GPS traceur et ses cartes marines, un chauffage, un pilote automatique de remplacement, une ancre et sa chaîne, une BLU, des drisses, des haussières, des écoutes, une éolienne, des panneaux photovoltaïques, une batterie supplémentaire, une étaie largable, un radeau de sauvetage révisé... Plus tout ce à quoi je ne pense pas encore... Les centaines, les milliers d’euros s’ajoutent les uns aux autres dans ma tête et pendant un moment j’en ai presque le vertige.

C’est la panique. Pendant quelques instants la vision du gouffre que tout cela représente me terrifie. Et le plus flippant dans tout ça, c’est qu’au fond de moi ma décision était déjà prise ! Oui, j’allais l’acheter ce bateau ! Oui, j’allais effectivement partir pour faire le tour du monde ! Oui, mais... Putain ça allait être duraille.

Soudain la tempête qui faisait rage dans mon crâne s’est tout à coup apaisée, et la parfaite évidence de ce que j’allais faire c’est imposée à moi. Je vais y arriver bordel de merde ! Je ne sais pas encore comment, mais je vais y arriver... En grattant des sous par ci par là, en essayant de trouver de bonnes occasions, en comptant sur la solidarité des gens de mer... Oui, je vais y arriver.

Je me suis dirigé vers Denis et Jörg qui attendaient à quelques pas de là, et j’ai dis ok.

Quelques minutes plus tard nous nous sommes retrouvés tous les trois dans le bureau de Denis pour la signature de l’acte de vente. Jörg était aussi ému que moi, et je lisais dans ces yeux toute la détresse qu’il pouvait ressentir à l’idée de se séparer de son Tom Kyle... Il m’a demandé s’il m’était possible de le tenir au courant de mes pérégrinations. Non pas pour me suivre moi je pense, mais plutôt pour garder un œil sur son cher bateau et voyager encore un peu avec lui par la pensée.
Je lui ai donné toutes mes coordonnées, ainsi bien sûr celle de ce blog. Il m’a promis de le suivre régulièrement même si pour cela il devra travailler son français...
De mon côté, dans mon anglais maladroit, j’ai essayé de lui faire comprendre que j’allais en prendre soin de son bateau... Que j’allais faire de mon mieux en tous cas.

Au moment de nous séparer nous nous sommes chaleureusement serrés la main, l’accolade étant même à deux doigts de se produire tellement nous partagions une émotion commune. Jörg était visiblement bouleversé, et moi j’avais les larmes aux yeux.
Un grand moment d’émotion.

Bon, après j’ai sauté dans un bus pour essayer de rentrer chez moi... Et comme je suis sympa je vous épargnerais le récit de la galère que cela a été. Mais bon, sachez que j’y suis arrivé vers une heure du matin, crevé, enrhumé, mais heureux.
Et c’est donc après une courte nuit que je me suis attablé pour terminer ce texte.

Voilà, vous savez tout. Il ne me reste plus qu’à dire deux mots sur ce qu’il va se passer maintenant. Aujourd’hui je vais passer voir mon banquier pour qu’il soulage mon compte d’une très grande partie de ce qu’il y a dessus, puis j’irais faire quelques photos pour l’acte de francisation et le changement de nom du bateau. Le Tom Kyle deviendra donc d’ici quelques semaines la Boiteuse, inscrite aux affaires maritimes de Nice.
Jörg et sa femme vont terminer de déménager leurs affaires et repartirons vers l’Allemagne dans quelques jours. Le 28 ou le 29 de ce mois je prendrais pour la dernière fois le train et le bus pour me rendre à Cogolin, où je m’installerais définitivement à bord de MON bateau.
Pendant un ou deux jours je vais devoir faire l’inventaire de tout ce qu’ils m’auront laissé... Et j’imagine qu’il y aura du boulot car le bateau est plein d’un tas d’outils et de matériels divers qui, j’en suis sûr, ne repartiront pas avec ses anciens propriétaires.
Un inventaire détaillé donc, et puis aussi une prise de contact avec mon nouveau chez moi. Un essai en solo dans le golf de Saint-Tropez pour tester le pilote, tranquille Emile. Le plein d’eau et de carburant, de nourriture aussi. Et puis après avoir fait tout ça, je prendrais la direction de Marseille pour assister à mon stage de survie en mer, pour deux jours de navigation, là encore on y va tranquille, avec une étape du côté de Toulon ou Saint-Mandrier.

La vie peut être vachement belle, moi je vous l’dis.

lundi 18 octobre 2010

C’est demain...

Bon. Comme prévu c’est le bordel dans les transports et c’est tant mieux j'ai envie de dire. 
Mais le Gwen il faut quand même qu’il aille à Cogolin dans le Var pour acheter la Boiteuse... Donc, et bien on s’arrange et on anticipe.

Seulement deux trains circulent aujourd’hui et probablement aucun demain, donc je vais en choper un cet après-midi. Puis ce sera l’autocar jusqu’à Cogolin, la nuit d’hôtel est déjà réservée... Bref, en trois coups de fils j’ai tout organisé, tout vérifié, ça devrait donc être bon.

Il n’y a plus qu’à comme dit l’autre.

J’ai juste le temps de préparer mes affaires, de manger un morceau et j’y vais...

Hein ? Pardon ? Comment ça j’ai pas l’air heureux ?

Mais si je le suis, parfaitement... C’est juste que j’angoisse un max depuis hier, je ne vous raconte pas !
Je stresse, c’est comme ça et je n’y peux rien. J’ai beau me faire les gros yeux et me balancer à moi-même des discours rassurants, j’ai toujours cette boule à l’estomac lorsque je pense à ce que je vais faire demain. C’est que ce n’est pas rien tout de même !

Alors rassurez-vous, j’ai bien réfléchis, il ne s’agit pas de remettre en question mon projet. Non, je suis toujours aussi déterminé à partir, ça il n’y a pas de souci là-dessus. C’est juste que je stresse comme pourrait le faire n’importe quel quidam sur le point de faire quelque chose qui, il le sait, bouleversera toute sa vie... Un acte conscient et dispendieux qui va le projeter du confort rassurant mais insatisfaisant qui est le sien, vers un inconnu probablement aléatoire et dangereux mais tellement plein de sens.

Quoi de plus normal en somme ?

vendredi 1 octobre 2010

La Grande Décision


On est le 01.10.10. Que des uns et des zéros... Une journée idéale si l’on en croit la numérologie... Enfin, je dis ça mais j’en sais rien en fait.
Bon, c’est pas tout ça, mais si je me permet d’interrompre le cours de mon récit sur les aventures du Gwen en Bretagne-Sud, c’est pas vraiment pour vous faire chier avec des considérations d’insomniaque (il est 04h10 du mat alors que je commence à écrire cette diatribe) mais plutôt pour vous informer d’une avancée majeure dans mon projet de Tour du Monde (à la voile, en solitaire et avec escales).

Alors attention, ouvrez bien vos mirettes, roulement de tambours... J’ai trouvé la Boiteuse !

Oui m’sieurs-dames, la Boiteuse avait un nom, elle a désormais un visage.

Alors voilà comment ça c’est passé...
Lundi dernier, le 27 donc, j’étais dans une de mes phases de recherche active, genre je consulte les sites dédiés et j’envoie des mails pour avoir des renseignements supplémentaires sur tels ou tels bateaux.
J’avais notamment en ligne de mire un Finnrose 37 au prix particulièrement alléchant... Le lendemain, n’ayant pas de nouvelles je me permets donc de téléphoner au vendeur pour en savoir un peu plus. Le type est sympa (comme un vendeur) et en plus il s’appelle Denis... Bref, on cause, on cause, et il m’avoue alors que le Finnrose est peut-être peu cher, mais c’est parce qu’il est tout pourri.
Gloups ! Me dis-je. Tout pourri comment ? Tout pourri, genre tu rajoutes 20 000 euros pour arriver à quelque chose de correct qu’il me répond.

Bon d’accord, la conversation ne s’est pas exactement passée comme ça. Mais c’est moi le patron et je vous la raconte comme je veux.

Bref, il me demande c’est pourquoi faire le bateau. Pour faire un tour du monde, que je lui dis. Ah, dans ce cas j’ai peut-être quelque chose qui vous conviendra... ! Et il m’envoie sur son site pour que j’y zyeute une annonce concernant un Konsul 37.

J’y va (bouh... J’commence à mal causer la France moi...), et là je tombe sur un bateau que j’avais déjà vu. Je veux dire par là que dans le cadre de mes recherches intensives et un peu aléatoires, j’étais déjà tombé sur ce bateau mais que je l’avais écarté car je trouvais sa couleur particulièrement moche. Et puis en plus il était dans ma fourchette haute et il lui manquait des tas de trucs pour être vraiment opérationnel...

Et le type de me dire que si il devait faire le tour de la planète il choisirait plutôt celui-là que le premier. Que c’est de la fabrication allemande, robuste à souhait. Entretenu à l’allemande puisque le proprio actuel est allemand... Bref, le prix est extrêmement bas par rapport à la qualité du bateau... etc, etc.
Bon, à un moment il faut arrêter d’imaginer les choses et il faut savoir passer à l’action. Et puis une visite n’engage à rien, n’est-ce pas ? Nous convenons donc d’une visite pour le lendemain. Où ça ? Aux Marines de Cogolin, dans le Var. Parfait, j’y serais.

Le lendemain, après deux heures de train et autant de bus me voilà donc à Cogolin. Je rencontre le type et nous allons ensemble sur un ponton pour visiter le bateau...

Les propriétaires sont là, et comme je suis un gentil garçon poli et tout, je m’abstiens de leur dire que la couleur de leur bateau est à chier. Ouais, j’suis comme ça moi, j’aime pas faire de la peine inutilement.

Cela dit, cet apriori négatif que je trimbalais depuis le début a disparu bien assez vite à peine avais-je mis le pied sur le dit bateau. Mais alors fissa, il est parti l’apriori !

Tout était nickel. Propre, en bon état, tout l’accastillage vieux de trente ans semblait comme sorti de l’usine. Et pas de la merde je vous prie de me croire. De l’acier massif !
J’avise aussitôt le mât. Des winchs beaux comme des sous neufs, avec amoureusement enroulé autour des câbles à la place des drisses. GV et voile d’avant, même combat ! Le tout sans une trace de corrosion !
Et dedans, tout est à l’avenant ! Tout rangé, tout beau, tout propre ! (combien de temps cela le restera, c’est une autre histoire...). Le moteur, un Mercedes de 42 cv, avec des durites toutes neuves et des serflex qui brillent. Les fonds... Ah les fonds... Pas une trace d’humidité...

Une heure plus tard je ressortais de là complètement tourneboulé. Bref, j’ai été séduit.
En attendant mon bus de retour, je me disais : Bon mon Gwen, il te plaît c’est évident. Alors qu’est-ce que tu fais ? Tu saute le pas ou bien ?

Et ça a été ce genre de réflexion pendant toute la soirée. Pendant pratiquement toute le nuit, puis la journée du lendemain... Et hier au soir, après avoir pris conseil auprès de Momo et de Philippe, j’ai pris ma décision.
Bon ok, je crois bien qu’elle était déjà prise cette décision, et que j’avais juste besoin qu’on m’y encourage c’est tout. Mais quand même, je me suis couché en me disant : Est-ce que tu te rends bien compte de ce que tu fais ?

Ce matin, au réveil et après une très courte nuit, la première chose à laquelle j’ai pensé c’est bien sûr à la Boiteuse... Et je vous avouerais que j’étais moins chaud que la veille au soir. J’ai laissé démarrer la matinée tout doucement en essayant de me remotivé, et c’est finalement sur les coups de 10h00 que j’ai téléphoné au vendeur...

Alors voilà, la Boiteuse sera donc un Marckmann Konsul 37 de 1979.

Alors bien sûr, je me dis qu’il est un poil cher et qu’il va falloir que je rajoute pas mal de matos pour le rendre opérationnel pour le grand voyage. Mais le calcul que je fais c’est qu’il vaut sans doute mieux mettre des sous dans du solide dès le départ, plutôt qu’avoir à dépenser inconsidérément par la suite. L’avenir me dira si j’ai fait le bon choix.

La semaine prochaine je retourne à Cogolin pour cette fois-ci faire une sortie en mer afin de voir ce qu’il a dans le ventre. Puis j’assisterais à sa sortie de l’eau et à son expertise... Et à l’issue, si tout va bien je signerais définitivement.
Au fond de moi, je suis persuadé d’avoir fait un bon choix. Je le sais sans vraiment pouvoir l’expliquer. Et même si la raison étaye mon intuition, c’est d’abord cette dernière qui a eu le premier mot. Je sens au fond de mes tripes qu’elle et moi on va vivre une sacrée histoire d’amour... J’ai envie que tout aille bien. Je sais que tout ira bien, je le sens. Et pour une fois dans ma vie, moi le rationnel cartésien, j’ai décidé d’écouter mes tripes.

PS : Cliquez sur les photos pour les agrandir.

mercredi 11 août 2010

Le Gwen fait des emplettes

Ce matin, alors que je prenais mon café, mon œil (celui qui était réveillé, pas l’autre) est tombé sur les prévisions météo du jour.
Il s’est produit alors une de ces associations d’idées fulgurantes dont je suis coutumier tôt le matin. Un truc ultrarapide, qui me ferait presque croire en l’inspiration divine, mais que je sais dû à la toute puissance des connexions électrochimiques de mon cerveau... Mais bon, à chaque fois que ça m’arrive je m’épate moi-même, c’est vous dire la fulgurance du truc.

Bref, je zyeute donc la carte des prévisions météos du jour, et comme d’hab je me contente de vérifier si la boule jaune est bien là où elle est sensée être 300 jours par an, c'est-à-dire au dessus de ma tête, en bas à droite.
Elle y était (bonne fille !). Puis vint la carte des températures, et là je ne sais pas pourquoi mon œil (toujours le même) est remonté en diagonale pour se poser sur le coin en haut à gauche... 13°C que j’y vois marqué.
Aussitôt je refais le chemin en sens inverse et je constate que la température prévue pour ma pomme est de 24°C.
Treize degrés, vingt-quatre degrés... Quasiment du simple au double... Brrr !!! Y fait pas chaud là-haut... Je vais me peler les miches le mois prochain... J’ai intérêt à emporter du matos si je ne veux pas y laisser un poumon ou un truc du genre... Putain ! Mais c’est que j’ai rien à me mettre moi ! Y serait peut-être temps que je m’en occupe si je veux pouvoir être équipé pour affronter la Bretagne et son climat boréal !

Voilà en gros l’association d’idée qui s’en est suivie.

Car en effet, depuis une dizaine d’années que je navigue, il se trouve que je n’ai jamais vraiment « investit » dans un équipement réellement dédié à la pratique de la voile.
Tout d’abords parce que je n’en n’ai jamais vraiment eu besoin... Même en navigant en octobre ma veste de quart (la rouge) m’a toujours suffi, et à chaque fois que j’ai loué par prudence une salopette elle est restée au fond du sac... De même, en Méditerranée une paire de tennis avec des chaussettes suffit largement à protéger vos petons...
Ensuite la seconde raison pour laquelle je me suis toujours contenté du minimum, c’est que les fringues de mer, c’est cher.

Mais bon, là il n’y a plus à tortiller, il est temps pour moi de franchir le pas. Ma vieille veste a presque dix ans, des trous aux manches et sous les bras, et l’étanchéité n’est plus qu’un vœu pieux en ce qui la concerne... Donc, c’est parti, vamos a choffar la carte de crédit (mais pas trop quand même !).
Donc je prends ma souri et clic-clic-clic, je commence à naviguer de-ci-de-là pour y dénicher l’équipement dont je vais avoir besoin pour les années à venir.
Après avoir consulté plusieurs sites, des plus prestigieux aux plus confidentiels, j’ai finalement opté pour un qui me proposait le meilleur rapport qualité-prix. Normal, je suis un acheteur prudent et responsable (sisi !). Ça m’a quasiment pris deux heures et coûté presque 500 euros, mais j’y suis quand même arrivé.

Au moment de cliquer pour envoyer le paiement, j’ai eu comme une appréhension... Je ne sais pas si c’est dû au fait que je n’ai pas vraiment l’habitude de dépenser autant de fric, et que ça me fait toujours un peu peur, ou bien parce qu’avec cette étape supplémentaire j’entérine un peu plus mon projet délirant.

C’est qu’à partir de maintenant il va falloir que je les rentabilise ces fringues !

Donc me voilà maintenant équipé de pied en cape pour affronter les déferlantes et les rigueurs de la navigation en haute mer. Une veste de quart spéciale hauturier, et la salopette qui va avec (Les deux en rouge vif histoire d’être vu de loin et parce que c’est ma couleur préférée). Un blouson de pont superclasse pour les demi-saisons, et puis une paire de gants pour protéger mes mimines.
Avec ça, je suis paré.

Bon ok je sais, il me manque un truc important... Les bottes.
Pour les bottes, je me suis dit que les acheter en ligne n’était pas raisonnable étant donnée la forme un peu bizarre de mon peton. D’ailleurs c’est bien simple, je ne peux pas en mettre, des bottes. Ce qu’il me faudra ce sont des bottines, et encore faut-il qu’elles s’ouvrent avec un zip sur le côté si je veux pouvoir les enfiler. Donc, ça on verra plus tard dans une vraie boutique où je pourrais faire des essayages. Ça sera bien le diable si je n’arrive pas à trouver ça à Concarneau...

Donc voilà... Je voulais vous en parler parce que même si ce n’est pas une étape importante, pas aussi importante que celle de la semaine prochaine avec le permis côtier, mais c’est une étape quand même. Une de plus.

Ah, et puis il faut que vous sachiez aussi que je m’intéresse vivement au bateau que vous pouvez voir ci contre... Il me plaît bien. J’ai envoyé une demande de renseignements supplémentaire à l’agence qui le vend et j’ai demandé à Edou son avis sur la question. Dès que Philippe rentrera j’aimerais avoir aussi son avis. Bref, ça progresse, ça progresse...

mercredi 4 août 2010

Un rendez-vous serein et le temps qui passe...

Salut la compagnie !
Quelques mots histoire de vous tenir au courant de la poursuite des événements.
Le permis côtier suit son court, je n’ai pas encore de date de passage (c’est comme ça qu’on dit ?) mais cela devrait se faire d’ici une dizaine de jours... Bon, en même temps, avec les contretemps que le projet a déjà eu à subir, je me méfie maintenant des programmations au jour près. Je dis dix jours, mais ça peut être quinze ou encore dix-sept virgule cinq... L’important est de vivre au présent, le futur ne devant être qu’une direction approximative et en aucun cas une obsession.
Houla, deviendrais-je un peu adulte dans cette histoire, moi ?

Sinon, et bien je vous annonce que ma deuxième virée en mer est programmée. Comme prévu, je vais partir me confronter à l’océan histoire de parfaire ma formation. Donc direction Concarneau, et du 11 au 24 septembre j’embarque sur la Sereine pour un stage en Haute-Mer en direction des Iles Scilly !!
Oui m’sieurs-dames, pas moins !

Au programme, navigation de jour comme de nuit, calcul de marée, échouage dans les abers... bref, de la vraie vie de marin breton, le gwinru en moins.
Et le top du top c’est que je vais faire tout ça à bord du fleuron de la flotte des Glénans, à savoir la Sereine... Un cotre de 12,50 m avec une gueule de canoë et un âge canonique puisqu’elle date de 1952. Un véritable monument historique où je vais pouvoir faire ça « à l’ancienne ».
Je ne vous raconte pas mon impatience... Je suis comme un gamin depuis que j’ai pris ma décision et il me tarde d’être au mois prochain.

Cela dit, nous sommes déjà début août, et je m’aperçois que le temps file à toute vitesse. Les choses s’emboitent les unes après les autres, mais le plus important, l’acte fondateur de ce projet délirant, approche à toute blinde... Je veux parler de l’achat de ce qui va être ma maison pour les quelques années à venir. L’achat de la Boiteuse...

Alors bien sûr, j’ai le trac. Une pétoche de tous les diables même, pour être tout à fait honnête. Car j’ai le sentiment que, comment dire, c’est lorsque j’aurais fait cet achat que la réalité deviendra réelle.
Ouais, je sais que ce n’est pas clair ce que je dis... M’enfin, je pense que ceux qui ce sont mariés un jour me comprendrons. C’est du même ordre.
Enfin je crois... En fait je n’en sais rien puisque je ne me suis jamais marié, mais j’imagine que c’est pareil. Une espèce de pacte, d’engagement, qui même s’il est sensé être signé pour le meilleur, doit également envisager le pire.

Donc pétoche.

Mais il va falloir que je passe outre cette pétoche et que je me mette sérieusement à la tâche.
Donc ce mois-ci, recherche intensive de bateaux, visites, et négociations sont au programme. Il ne s’agit plus de feuilleter les catalogues de vente en cochant des pages au grès de mes hésitations, mais de mettre noir sur blanc les caractéristiques de chacun et de faire un choix.

Mais bon, ceci est encore une histoire à venir, et je vous la raconterais le moment venu.