Affichage des articles dont le libellé est Calendrier. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Calendrier. Afficher tous les articles

vendredi 4 novembre 2011

Branle-bas de combat

30°25.322N 09°37.025W
Agadir

Une fois n’est pas coutume, c’est installé en tailleur dans le carré de la Boiteuse, bien au chaud, que je rédige ces quelques lignes.
Je dis, bien au chaud, car sans pour autant que ce ne soit pas l’hiver au sens où j’ai l’habitude de l’entendre, les températures ont sérieusement dégringolées ces derniers jours. La faute à cette série de dépressions qui balaie l’Atlantique et dont mes lecteurs européens ont certainement eu à subir les conséquences.
Ici, à Agadir, cela s’est traduit par un branle-bas de combat général. Certains bateaux au fort tonnage ont été ramenés sur le ponton principal, et tout le monde a dû revoir son amarrage en prévision d’une houle de quatre mètres cinquante attendue dans la soirée d’hier. Et celle-ci est arrivée… Mais pas toute seule. Pour la première fois depuis des mois il a plu.
Et pas de la petite bruine de merde je vous prie de le croire. Le ciel nous est carrément tombé sur la tête pendant une bonne partie de la nuit et la houle est entrée dans le port faisant valser la Boiteuse comme si elle était en pleine mer.

Tout est à refaire...
Deux conséquences à tout ça. D’abord j’ai eu la malencontreuse idée de continuer à peindre hier matin, attaquant la partie délicate du cockpit. Et pour ce faire j’ai démonté la capote et le pare-brise en plexiglas… Et j’avais à peine nettoyé mon pinceau que la pluie arrivait, faisant comme une réaction chimique sur la peinture fraiche. Des bulles sont apparues et tout mon travail de la matinée a été ruiné. Je suis bon pour tout poncer et recommencer !
Ensuite, faute de la protection que m‘offrait la capote, j’ai été obligé de me calfeutrer à l’intérieur, fermant tout, hublots et capot de descente. J’ai passé la nuit à écouter la pluie tambouriner sur le pont. Attentif aux mouvements du bateau. Au moindre bruit suspect.
Vers deux heures du matin, n’arrivant toujours pas à trouver le sommeil, je me suis levé pour vérifier une énième fois que les haussières étaient intactes. Et vérifier également celles des bateaux voisins dont les propriétaires n’étaient pas là. Puis j’ai enfin réussi à m’endormir… Jusqu’à ce que cette chipie de Touline me réveille à cinq heures trente du mat, comme d’habitude.
Une courte nuit, donc.

Mais le travail est déjà bien avancé !
Aujourd’hui fut comme la nuit précédente, stressante. Chacun a fait le guet, et les conversations tournaient toutes autour du même thème. La sécurité de nos maisons flottantes. Pour ma part, la Boiteuse étant plutôt légère, moins de six tonnes, je ne risque pas grand-chose en fait. Elle se dandine comme si elle était en pleine mer, et j’avoue que c’est même agréable quelque part de retrouver cette sensation de déséquilibre permanent. Non, le risque vient plutôt des pontons qui ne sont pas de première jeunesse et pas mal abimés. Si ceux-ci venaient à se disloquer, toute la flottille serait alors drossée sur les quais en béton et ce serait la catastrophe… Donc vigilance de tous les instants, et on se tient prêt à décarrer au plus vite si jamais ça venait à dégénérer.

Sinon, je peux vous annoncer que le compromis de vente de la maison a été signé aujourd’hui. Ce qui veut dire que j’ai encore à attendre au moins deux mois avant que de pouvoir m’en aller d’Agadir. Cela fera donc en tout quatre mois et demi d’escale.
Le mouchkila, le problème en dialecte marocain, c’est que je n’ai qu’un visa de tourisme valable trois moi… Je vais donc être obliger de quitter le pays, pour pouvoir de nouveau y entrer et bénéficier d’un autre visa de trois mois. Ca va, vous suivez ?

Mon copain le héron se rapproche...
L’idéal serait de prendre la mer pendant quarante-huit heures et de revenir me percher ici. Mais bon, cela ne me tente guère car ce serait courir des risques inutiles. Non, ce que j’envisage de faire, c’est de me rendre par le bus et le train jusqu’à Tanger, puis rejoindre Ceuta, l’enclave espagnole située en face du rocher de Gibraltar… En gros quinze heures de voyage à travers le Maroc.
Je me dis qu’utiliser les transports en commun pour traverser tout le pays, ce peut être un bon moyen de le découvrir justement… Et puis j’ai toujours adoré les trains de toute façon.
Reste à savoir ce que je vais faire de Touline, mais je gage que je trouverais facilement quelqu’un pour la nourrir pendant deux jours.

Voilà, j’en ai fini pour aujourd’hui. Dehors le vent souffle et fait claquer la bâche qui me sert de taud. La houle semble s’être calmée un peu… Je pense que je vais arriver à trouver le sommeil.

samedi 26 mars 2011

Ça va le faire

Si mon agenda ne me raconte pas de conneries, il ne me reste plus que... cinq jours pour boucler mes valises, et terminer de préparer la Boiteuse.
Mouais... Je pense que ça devrait le faire. Non, soyons optimiste, ça va le faire !

Il n’y a vraiment pas de raison, surtout si j’en juge le boulot que j’ai abattu cette semaine. Car j’ai bossé. Oui m’sieurs-dames ! Jugez-en plutôt.

Lundi, je me suis rendu à la CPAM pour me renseigner sur les démarches à effectuer pour se « désaffilier » de la sécu. Démarche incongrue s’il en est, à en juger par la tête de la dame derrière son guichet... En effet, d’après ses dires c’était bien la première fois que quelqu’un lui faisait cette demande en vingt ans de carrière, et elle a au bien du mal à m’indiquer la procédure à suivre. En fait c’est tout simple, il suffit d’écrire une lettre et de demander à être suspendu (pas rayé) des listes... Cela-dit, l’incrédulité de la dame m’a un peu embrouillé la tête, et je vous avoue que je ne saisi plus bien l’utilité de la chose. M’enfin, je poserais la question à mon assistante sociale (pas Dominique, l’autre), lorsque je la verrais...

Ready ?
Puis j’ai fais la même démarche auprès de mon fournisseur d’accès Internet. Là, c’est plus simple, il suffit toujours d’écrire une lettre pour résilier l’abonnement et de rapporter le matériel dix jours plus tard.
Sauf que dans dix jours je serais déjà loin... C’est donc mon copain Arnaud qui devra s’en charger.
Puis je me suis rendu chez un bouquiniste pour compléter ma bibliothèque de bord. J’ai trouvé à peu-près ce qu’il me fallait, il ne me manque plus qu’un dico Français-Portugais et ce foutu bouquin sur les animaux que je cherche depuis un an et que je n’arrive pas à trouver !



Rorqual commun
A ce propos, j’en appelle à vous mes bons amis, parce que là j’en ai marre de galérer. Et cela s’adresse à toutes celles et ceux que j’aurais l’occasion de croiser avant de quitter le continent. Si vous ne savez pas quoi m’offrir, je suis à la recherche d’un livre, avec plein d’images dedans, qui puisse m’aider à identifier les animaux (poissons, oiseaux, crustacés, etc) que l’on croise dans les mers et les océans. Ça a l’air con dit comme ça, mais je n’arrive pas à trouver un bouquin suffisamment général pour englober à la fois tous les océans, tous les poissons, tous les mammifères et tous les oiseaux...

Le reste de l’après-midi fut consacré à essayer de comprendre les arcanes des assurances en ligne, sans grand succès je dois vous l’avouer.

Nœud de chaise qui va bien
Mardi, j’ai passé la journée au port. Ah ! Enfin du concret !
Je me suis attaqué au changement de l’écoute de Grand-voile qui en avait bien besoin. La nouvelle est d’un beau rouge pétant et en jette pas mal, croyez-moi. Bon ok, j’ai juste fait un nœud de chaise pour la fixer au rail d’écoute, je ferais une belle épissure lorsque j’aurais le temps...
Ensuite j’ai démonté et graissé tous les winchs. Ça en fait quatre en tout. Depuis, ils tournent comme des montres suisses ! Enfin, j’ai essayé de me plonger dans le tableau de commande électrique histoire de voir comment je pourrais rajouter une ou deux sorties pour alimenter mon ordinateur et mon GPS. Là, franchement, j’ai un peu perdu pied... Vous avez vu un peu tous ces fils ?
Il y a bien quelques étiquettes pour indiquer la fonction de chacun, mais mes connaissances en allemand restent toujours aussi limitées... (Gruß Jörg !)
Oups !
J’ai vite refermé le bordel, de peur de faire une bêtise, et je me suis dit que l’aide de mon voisin suisse (Raphaël) ne sera pas de trop pour traduire tout ça, ainsi que finalement celle d’un électricien.

Mercredi, rebelote. La matinée fut consacrée à deux choses importantes. Le montage et le gonflage de mon annexe, ainsi que l’essayage du taud de soleil.
La première chose que j’ai constaté c’est que mon annexe est rouge (décidément !). Ben oui, c’était la première fois que je la déballais. Ensuite qu’elle était en parfait état et qu’elle se gonflait assez rapidement. J’ai essayé de voir ce que ça donnait lorsqu’elle était fixée au portique, puis je l’ai finalement entreposé sur le pont, à la place qu’elle occupera, je pense, la plupart du temps.
Le taud de soleil fut relativement simple à installer. Quatre bouts à fixer aux filières et le tour était joué. Par contre il va me falloir réfléchir à un moyen de transformer ce taud en récupérateur d’eau de pluie... Mais je pense que ça ne devrait pas être trop compliqué.
Rouge !
L’après-midi j’avais rendez-vous avec Dominique de chez SPC. Vous savez, c’est l’association de réinsertion qui m’a suivit tout au long de la mise en place de ce projet dément !
Il s’agissait de clore notre « contrat » par un petit bilan...

Pendant plus d’une année, Dominique, Yann, Paola, Sylvie et les autres ont été à mes côtés pour me soutenir, d’une part, mais aussi pour me permettre de faire le tri dans la poubelle qui me servait de tête. Ils m’ont conforté, réconforté, dissuadé parfois... Me titillant lorsque j’en avais besoin, me foutant la paix lorsque c’était nécessaire. Bref, ils ont été là, tout simplement, et je ne pense pas que je serais arrivé où j’en suis sans eux. Aussi leur dois-je beaucoup... A commencer par l’envoi de cartes postales pour tapisser les murs de leurs bureaux !
Configuration tropicale...
Bon, je vous fais grâce du côté affectif de cette rencontre. J’avais la gorge serrée et limite les larmes aux yeux... Je suis un grand émotif, et surtout lorsque je sais que je dois quelque chose à quelqu’un. Et même si cette personne me dit qu’elle n’a fait que son boulot, chez moi rien n’est professionnel, tout est toujours personnel.
Alors, encore merci Dominique.

Jeudi, je me suis reposé. Enfin, si on veut. Je suis allé me faire faire mes derniers vaccins (hépatites A et B plus Méningite), puis je suis allé chez le coiffeur.
C’est drôle mais je me suis dit que quitte à commencer une nouvelle vie, autant le faire avec une nouvelle tête. Aussi, me suis-je fais couper les cheveux très courts, anticipant par là même une pénurie de salon de coiffure sur la route qui sera la mienne.
A sa place !
Enfin je suis passé au supermarché à côté de chez moi, et me suis enquis des possibilités de livraison... Je vous explique, il existe bien un centre commercial à côté du port, où je pourrais faire l’avitaillement de mon bateau. Le souci c’est qu’il s’agit des Galeries Lafayette et donc c’est extrêmement cher. Je me suis donc dit qu’il me serait certainement plus simple de faire mes courses dans mon supermarché habituel, quitte à débourser quelques euros supplémentaires pour me faire livrer à Saint Laurent du Var... (7€ en fait). Le rendez-vous est pris, lundi matin je remplis mes caddies et ils me les livrent au cul du bateau le lendemain matin. Reste à peaufiner ma liste de denrées alimentaires, mais sachez que je prévois d’avoir au minimum un mois (voire deux) de stock !

L’après midi, j’ai enfin pu faire une sieste...

ça tiendra...
Vendredi, retour au port. J’ai acheté ce qu’il fallait pour m’équiper avec une deuxième ancre aussi solide que la principale. Vingt mètres de chaine de 8 mm, vingt mètres de câblots en nylon, une grosse manille, et voilà ! Je suis désormais équipé pour mouiller dans la plupart des conditions météo. En parlant de ça, je ne suis pas arrivé à faire fonctionner mon guindeau électrique (le moteur pour descendre et remonter l’ancre principale), mais sur ce coup-là, je pense que je vais me faire aider par un professionnel
Ensuite j’ai essayé de résoudre un problème de connectique entre ma VHF et mon GPS... Grosse galère qui ne pourra sans doute pas se solutionner avant Marseille ou Sète.

Aujourd’hui samedi, j’ai rendez-vous avec Arnaud et on va déshabiller la Boiteuse. En effet, j’ai décidé de préserver mon génois et de lui substituer le foc, en prévision des coups de vent que je suis susceptible de rencontrer dans le Golf du Lion. De même, j’ai fais venir un électricien et on va voir ensemble ce problème de guindeau, ainsi que celui des prises supplémentaires.

Demain, repos. Je reste à la maison et je vais terminer de transférer mes fichiers de mon ordinateur de bureau vers mon portable, et profiter une dernière fois de l’ADSL pour mettre à jour mes logiciels... Ensuite il faudra que j’amène mon PC au bateau (c’est lourd !) D’ailleurs j’ai déjà commencé à transférer pas mal de choses de ma maison qui bouge pas, vers ma maison qui bouge. Tous les matins je pars avec un gros sac, avec soit du linge, soit des bouquins, des CDs, des ustensiles de cuisine, des appareils divers... Bref, le déménagement à déjà commencé !

Bon, je vous laisse pour aujourd’hui. On se retrouve dans quelques jours, juste avant le départ, et je vous parlerais plus précisément du programme de navigation qui sera le mien pour les deux semaines à venir. Portez-vous bien !

samedi 23 octobre 2010

Je fais des listes

Voilà quatre jours que j’ai franchi le pas. Bon d’accord, techniquement cela fait un peu moins de quatre jours... Mais vous n’allez pas commencer à me brouter de bon matin en chipotant sur les heures parce que sinon...
Bon, où en étais-je ?
Ah oui, à peu près quatre jours donc... Et je vous avouerais que depuis cette fameuse journée qui me vit acheter la Boiteuse, j’ai subi une espèce de contrecoup, tant au moral qu’au physique.

Je ne saurais trop vous dire ce qu’il s’est passé, mais j’ai été pris d’une torpeur morale... Ouais, torpeur morale, on va appeler ça comme ça. Une envie de rien. Surtout pas de réfléchir. Une atonie générale qui m’a vu annuler tous mes rendez-vous, et reporter tout ce que j’avais à faire...

Sans doute fallait-il que je digère un peu tout ça... Que je réalise pleinement les choses.
Et pour le coup, je les ai réalisées, les choses, et je les ai même prises en pleine poire, façon direct du gauche.

Mais bon, aujourd’hui cela va mieux. Mon cerveau c’est remis à fonctionner normalement et j’ai recommencé à tirer des plans, à m’organiser, à essayer d’envisager le maximum de choses, tout en sachant pertinemment qu’elles ne se déroulent jamais comme je le prévois. Bref, il fallait que j’encaisse, et maintenant que c’est fait je peux remonter sur le ring pour le round suivant.

Et le round suivant se sera donc la semaine prochaine. Souvenez-vous, j’avais prévu de prendre livraison de mon bateau le 28 ou le 29 prochain... Le souci c’est que je me suis rendu compte que le 29 se sera peut-être un peu juste pour faire vraiment connaissance avec la bête... Seulement deux jours pour inventorier l’ensemble du navire, faire le tri, avitailler, prendre en main tout ça, je trouve que c’est un peu court. Pire, cela ne serait pas très prudent de prendre la mer pour deux jours de nave après une si courte période d’adaptation.
Et le 28, rebelote, énième mouvement social, donc cela veut dire pas de train...
Donc, je vais devoir un peu précipiter les choses et me rendre à bord le 27. Et le 27 c’est mercredi prochain ! Dans quatre jours ! Autant dire demain.

Alors j’ai commencé à faire une liste de tout ce que je vais devoir emporter... Fringues, couchage, matos de nave, ordi portable, bouquins, etc.
J’adore faire des listes. Pour moi cela veut dire que je me projette de nouveau dans le futur, et ça c’est bon signe. Enfin, je crois...
Les listes c’est comme... arriver à ordonner les choses de façon à les rendre compréhensibles, harmonieuses, moins effrayantes. Voilà, c’est ça. Faire des listes ça me rassure.
Ben oui j’ai la trouille. Je n’y peux rien c’est comme ça. Mais bon, ce n’est pas une trouille paralysante, tout au plus ralentissante. Quelque chose d’indéfinissable qui m’accompagne, qui reste là, sans vraiment me faire chier la vie. Mais bon, suffisante tout de même pour que je me mette à faire des listes !
Mais je me dis aussi que ce n’est pas plus mal d’avoir un peu la pétoche. Cela va m’empêcher de faire des conneries. Je me connais, lorsque je me sens trop à l’aise j’ai tendance à foncer sans trop regarder où je mets les pieds. Ainsi, cette appréhension aura-t-elle au moins le mérite de me faire réfléchir un peu avant de me lancer dans quelque chose d’hasardeux.
 
Bon, vous l’avez compris, je n’avais pas grand-chose de neuf à vous raconter, si ce n’est peut-être l’envie de coucher sur le papier mes angoisses personnelles. Cela fait, je me sens mieux, et c’est bien ça qui compte.

Allez, bon weekend à tous, et on se retrouve dans quatre jours. Je vous raconterais ce que ça fait d’emménager dans SON bateau et d’y dormir pour la première fois...

mardi 12 octobre 2010

Calendrier

Bien, aujourd’hui nous somme mardi, et j’ai le clavier qui me démange. Il me démange ce bougre de clavier, mais le souci c’est que je n’ai malheureusement pas grand-chose à vous raconter... C’est con hein ?

Enfin si, peut-être serait-il utile que je vous résume un peu le calendrier à venir... Hein ? Ça vous dit ? Ça aura le mérite d’informer le lecteur qui débarquerait ici par hasard, et me permettra également de combler cette journée.

Alors allons-y. La semaine prochaine, le 19, aura lieu l’expertise technique du bateau, ainsi qu’une petite sortie en mer si le temps le permet. A l’issue des deux, et bien je prendrais la décision finale, celle qui me fera le propriétaire, ou pas, d’un bateau de trente-sept pieds.

Mais avant ça, sachez que dès demain j’entame les cours pour le permis hauturier... Pour l’instant j’ai programmé deux cours par semaine pour une durée de deux semaines (oui je sais, ça fait quatre), et je verrais à l’usage s’il y a lieu d’en rajouter ou pas.

L’étape suivante sera mon stage de survie, les 3 et 4 novembre à Marseille... Pour tout vous dire, j’espère que je pourrais m’y rendre en bateau. Ouais, je me suis dit que ça le ferait grave de poser mon canote devant le bâtiment où se déroule le stage et d’y retourner dormir le soir venu... Ça aurait une putain de classe non ? Mais la classe n’est pas tout, cela aurait en outre l’avantage d’être mon premier voyage en solo (court et plutôt simple), et puis ça me ferait économiser une nuitée à l’hôtel ce qui n’est pas rien au regard de mes finance à venir...
Enfin bref, je verrais bien. L’obtention des papiers peut prendre un certain temps, et puis je ne sais toujours pas combien de temps les anciens proprios vont mettre à décarrer pour me laisser le champ libre... Donc, pour réaliser ce petit caprice je vais avoir besoin, une fois n’est pas coutume, d’un peu de bol.

Ensuite, et bien la phase formation sera terminée. Je n’aurais plus qu’à comme dirait l’autre. Et le « plus qu’à » consistera à passer le plus de temps possible sur l’eau jusqu’à ce que toutes mes démarches administratives soient terminées, et que je me sente prêt à sauter le pas.

Je vous le rappelle la « dead line » c’est le mardi 15 mars... Après cette date, je suis bon pour poireauter tout l’été, le temps que le régime d’alizé revienne. Donc il faut absolument que je sois parti avant cette date. Ce qui peut très bien être le 31 janvier ou le 15 février, ce sera selon la façon dont j’appréhende le truc, et puis, bien sûr, de la météo.

Ce weekend je me suis penché sur les cartes et les « pilot charts » pour commencer à mettre sur pied un petit programme de navigation... Pardon ? C’est quoi un « pilot chart », me demande la jolie brune au premier rang...

Et bien c’est ça, à gauche.
En clair, il s’agit d’une carte mensuelle qui vous indique avec ces mini-roses des vents quels seront ceux que vous risquez de rencontrer. Je parle des vents bien sûr.
Sur l’exemple ci-contre, il s’agit des îles du Cap Vert au mois de mars... On peut y voir qu’en cette période lorsque je suis au nord des îles, j’ai 62% de chance de rencontrer des vents qui seront orientés comme venant du Nord ou du Nord-Ouest. Et ce sont des vents qui font en moyenne 20 nœuds. Le chiffre un au centre du cercle indiquant quant à lui le pourcentage de chance que j’ai de ne pas avoir de vent du tout.
Je pense que vous avez compris, avec ce genre de carte on peut alors prévoir sa navigation tout au long de l’année, tout en n’oubliant pas que ce ne sont là que des statistiques. C'est-à-dire que le bon Eole y met parfois son grain de sel et que vous pouvez tout à fait tomber complètement en dehors des prévisions.
Donc je vous disais que j’avais planché ce weekend sur la première partie de ma circumnavigation, et j’ai plus ou moins mis sur le papier le programme suivant.

Première étape, Barcelone en longeant les côtes Françaises. Je m’étais promis d’y retourner un jour pour y séjourner plus longtemps, donc j’y vais.
Puis ce sera les Baléares. Au printemps, je gage que cela sera super d’y passer quelques jours et de commencer à prendre le soleil.
Ensuite, direction le détroit de Gibraltar avec une escale à Tanger. Puis, tout dépendra du temps que j’ai devant moi. J’aimerais assez faire un petit crochet vers la côte sud du Portugal, la région du Faro, mais si je ne peux pas je continuerais à longer un temps le Maroc pour rallier ensuite Madère.
De là, un saut de puce jusqu’aux Canaries. Bon, tout le monde dit que c’est magnifique comme iles, mais bon, moi d’après ce que j’en ai vu ce sont surtout des tas de caillasses posés sur l’eau... Donc, on ne s’attarde pas et on file encore plus au sud pour rallier le Cap Vert.

Là, on fait une pause technique... Mais alors une vraie pause car il s’agit d’attaquer la traversée de l’Atlantique dans de bonnes conditions. On répare ce qu’il y a à réparer, on fait le plein de fruits aux couleurs bizarres et on se prépare psychologiquement à passer entre vingt jours et un mois en mer. Direction Cayenne, terre amazonienne française.
J’y suis allé en 1988 (faudra que je vous raconte un jour) et je rêve de refaire ce voyage. Donc la Guyane, puis le Brésil, et on attaque la descente vers le sud.
Belém, via le delta de l’Amazone... le passage de l’équateur qui me verra sacrifier la seule bouteille d’alcool qu’il y aura sur le bateau. Fortaleza, Rio de Janeiro...
Au fur et à mesure que le printemps et l’été s’installe dans l’hémisphère sud je longerais les côtes. L’Uruguay, l’Argentine... Pour me retrouver finalement pour Noël en Patagonie.
Là, re-pause technique et préparation pour le passage du Horn et la remontée des canaux de Patagonie.

Après, je ne sais pas encore. On verra. Je pense que je remontrais les côtes Chiliennes jusqu’aux Pérou pour faire un tour aux Galápagos, ou bien tracerais-je directement vers un autre de mes passages obligé : Les Marquises. Mais bon, on devrait être aux alentours de mars 2012, donc je pense que je peux me permettre d’être encore un peu flou dans mon programme.

Voilà, vous savez tout. Ce programme n’a rien de définitif et est susceptible à tout moment d’être modifié par les organisateurs comme disent les tour-operators, mais voilà en gros ce qui est prévu jusqu’à l’horizon 2012.
Oui je sais, j’ai du pain sur la planche. Mais, chose bizarre me concernant et sachant que j’ai une fâcheuse tendance à douter de tout, et bien je n’ai (pour l’instant) aucune appréhension concernant ce voyage. Je vais même vous dire un secret, je suis persuadé que je vais y arriver... Oh je ne dis pas que je ne vais pas galérer pour le faire, mas je sais au fond de moi que dans un an je serais aux portes du Canal Beagle.

Tiens, à ce propos et puisque je vous tiens, j’ai un petit service à vous demander, à vous mes lecteurs. Maintenant que vous connaissez la première partie de mon itinéraire (non contractuel, hein ?), il y a un truc que vous pourriez faire pour me filer un coup de main, c’est de fouiller dans vos répertoires et de me trouver des contacts dans tous ces pays.
Je crois que ce serait sympa que je puisse au fur et à mesure de mes pérégrinations rencontrer des gens qui vous connaissent et qui on envie de me connaitre... Bref, l’intérêt du chemin ce sont les gens que l’on y croise, et de savoir que quelqu’un que je ne connais pas m’attend quelque-part au détour d’une escale... Et bien je trouve ça intéressant, voire même rassurant.

Voilà. Cet hiver sera assez chargé puisque j’aurais à préparer le bateau et le bonhomme, et à peaufiner tels ou tels points de détails, mais ma proposition d’accueillir ceux qui le veulent pour une petite balade tient toujours. Il faudra que j’arrive à caser tout ça avant et après les fêtes, car j’aimerais assez aller trainer mes pénates du côté de la Sicile.
Je me suis dit que mouiller au pied du Stromboli pour Noël et passer le nouvel-an à Djerba en Tunisie serait une excellente façon d’aborder cette année charnière... Qu’en pensez-vous ?

Allez, je vous laisse pour aujourd’hui. Pace, salute è liberta !