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mardi 3 septembre 2013

Une petite vidéo ?

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay

Entre deux coups de vent qui vous cloîtrent à bord tel l'inuit moyen dans son igloo tellement la température devient glaciale, il nous arrive de bénéficier de belles journées ensoleillées. Le thermomètre dépasse alors les 25°C, on tombe alors les polaires, et l'on se risque même à virer les chaussettes...
D'autres profitent également de l'embellie. Nageant paresseusement près de la surface, les otaries font le tour des bateaux à la recherche de je ne sais quel aubaine. Plongeant parfois sous les coques sales pour se gratter la couenne, lorsqu'elles émergent elles soufflent comme des baleines enrhumées. A ce bruit si caractéristique, j'émerge à mon tour des entrailles de La Boiteuse pour les admirer, appareil photo au poing.
La bête est farouche... Mais parfois elle se laisse filmer. En voici une. Un gros mâle bien costaud.
Bon, après je n'avais pas spécialement prévu de vous raconter des trucs... alors c'est sûr que la fin de cette vidéo que je vous propose, est beaucoup moins intéressante !


mercredi 21 août 2013

Parenthèse animalière

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay

Bonjour tout le monde ! Hélas pour vous, je n'ai pas grand chose à vous raconter aujourd'hui. Oui je sais, c'est ballot. Mais c'est comme ça, alors arrêtez de tirer la tronche.
Non, je voulais juste écrire quelques mots pour accompagner deux ou trois photos. Histoire de ne pas vous laisser une semaine sans nouvelle, mais aussi parce que moi, perso, je les trouve pas trop mal. Et si j'osais... (Allez, j'ose  !) Elles sont même carrément superbes

Sinon, je me remet doucement et je profite de la vie comme on devrait tous pouvoir en profiter. C'est à dire avec gourmandise et sans aucune culpabilité. Les journées se réchauffent un peu, le soleil brille, et ce que je peux apercevoir de ma terrasse ne cesse de me laisser sans voix.
Comme par exemple quand ma chatte se prend pour un ninja. Ou bien lorsqu'une otarie fait la planche pour s'exposer aux premiers rayon du soleil. Ou encore lorsque qu'une Grand Grèbe glisse silencieusement sur un miroir...

Les animaux, je ne sais pas pourquoi, ont le dont de me mettre de bonne humeur. Pas vous ?

Chat-Ninja

Gros pépère

Effet miroir

jeudi 15 août 2013

Une si belle journée

34°57.786S 55°16.183W
Piriápolis, Uruguay


La journée était belle. Les 1030 Hectopascals du baromètre coïncidaient avec un temps magnifiquement ensoleillé quoiqu'un peu venteux. La température ressentie était de 6°C... C'était vraiment une belle journée d'hiver comme celles qui nous font apprécier de rester au chaud, mais également d'arpenter la rambla de los Ingleses, le bonnet soigneusement calé sur les oreilles. Car oui, la promenade du bord de mer de Piriápolis s'appelle la promenade des Anglais. Je sais, c'est drôle.

La rambla de los Ingleses
Une belle journée vous disais-je. Idéale pour ce petit tour en ville qui devait m'emmener au distributeur automatique ainsi qu'à la laverie afin de récupérer du linge.
Je marchais le long du bord de mer, m'attardant ça et là le temps de photographier un oiseau, profitant pleinement du temps qui passe lentement et de cet ambiance si particulière qu'ont les stations balnéaires en hiver. Désertes, tranquilles, silencieuses, presque fantomatiques.
Chemin faisant mon esprit vagabondait, et je me disais combien cette escale était douce. Je réfléchissais à mes prochains mois de navigation, et je me disais que sitôt arrivé à Trinidad ou Tobago, il se pourrait bien que je zappe l'arc caribéen et file directement sur le Panama... Bref, je pensais.

L'Aigrette neigeuse (Egretta thula)
Au moment de retirer mon argent pour la semaine, mon regard c'est machinalement porté sur ma CB, et l'urgence de son renouvellement m'a alors sauté aux yeux. Diable ! Expire en septembre 2013 ! Il est grand temps !
Il est grand temps, je sais... La carte est disponible à mon ancienne agence bancaire mais il me faut maintenant lui faire traverser l'Atlantique et arriver jusqu'ici... Le temps de m'organiser, c'est une affaire de deux semaines, peut-être trois. Bizarrement (!), cette idée de prolonger mon séjour ici afin de régler cette affaire ne me choque pas... Je dirais même qu'au fur et à mesure que mes pas me ramènent vers le port, cette idée devient séduisante.

En arrivant au bateau, ma décision est prise : Je vais attendre ici en Uruguay que ma nouvelle carte bleue arrive. L'endroit me plaît, je m'y sens bien. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes.

Mouettes de Patagonie (Larus maculipennis)
Je me suis ensuite rendu chez mes copains, Franz et Hanna, histoire de papoter. Qui plus est, le sourire de la petite Milena est pour moi un ravissement et de voir cette petite fille faire ses premiers pas à bord du bateau familial est un enchantement. A mon retour sur mon ponton, un homme m'attend. C'est le propriétaire de la place que j'occupe qui désire la retrouver... Soit ! La journée est si belle ! Réglons ça maintenant !
Ensemble nous allons aux bureau, et un employé ne tarde pas à m'indiquer où me mettre afin que le monsieur puisse récupérer son bien. Là encore, nous papotons lui et moi dans la plus agréable concorde. Il m'aide même à me défaire de mes amarres pour ensuite courir jusqu'à ma nouvelle place afin de me les saisir de nouveau. L'entraide maritime dans ce qu'elle à de plus commun, mais aussi de plus sympathique.

Madame otarie à crinière
La Boiteuse glisse doucement pour s'accoter à une goélette française en acier de 20 m. J'arrête le moteur, et me dirige vers l'avant pour lancer mes amarres... Et c'est là que je mets le pied sur le tube en inox qui me sert de bout-dehors. Tube que j'avais démonté afin d'en changer le boulon de fixation... Ma cheville se tord et j'entends en même temps que je sens distinctement un crac de mauvaise augure.
La douleur me submerge l'instant d'après. Je m'écroule, pendant que heureusement le monsieur venu m'aider se saisi de la proue du bateau pour l'empêcher de percuter le quai. J'ai la nausée tellement j'ai mal... Mais j'arrive quand même à lui jeter mes deux pointes avant et à confectionner un point d’embelle pour m'amarrer à mon gigantesque voisin. La Boiteuse est sauve, mais moi je déguste grave.

Quelques heures plus tard m'auto-diagnostique une entorse. Et pas une légère. Du genre sérieux. Ma cheville a triplée de volume et la douleur m'empêche de poser le pied par terre. C'est que je m'y connais en entorse mine de rien... Je supporte les conséquences de l'une d'entre elles depuis plus de vingt ans. Mon souci, c'est qu'il s'agit de mon pied gauche. C'est à dire mon pied valide. Celui qui m'aide à marcher et à soulager ma cheville droite abîmée depuis tant d'années.
En clair, je ne peux plus marcher. Sinon à me tenir à tout ce qui peut supporter mon poids dans le bateau et à grimper les cinq marches de la descente sur les genoux.

Bon, il faut que je m'organise un peu là... Mais je vais quand même attendre demain, histoire de voir comment ça évolue.

Le lendemain...

Et bien voilà !
Ma nuit a été plutôt compliquée. Malgré la dose d'aspirine que je me suis administré j'ai eu du mal à dormir, ma cheville ne supportant même pas le poids de la couette. Quant au lever... Je vous laisse imaginer le calvaire que c'est d'avoir vos deux pieds qui refuse de vous porter. C'est l'enfer !
Cela dit, les choses ne sont pas aussi graves qu'elles semblent l'être. Je reviens de l’hôpital, et mon auto-diagnostique c'est trouvé confirmé par les radios : Entorse sévère.
Au programme c'est donc des anti-inflammatoires et du repos. Beaucoup de repos... C'est à dire que je ne suis pas sensé poser le pied par terre pendant au moins quinze jours, voire plus. Et ça, je sais déjà que cela me sera impossible. J'ai encore de quoi manger, et n'ai donc pas besoin de me déplacer. Mais d'ici deux ou trois jours cela risque de devenir problématique...

Finalement, moi qui me cherchais des raisons de continuer à profiter de cette escale uruguayenne, je me rends compte que la vie décide pour moi. Je vais rester ici bien tranquillement, profiter de ce repos forcé et attendre bien sagement que ma nouvelle CB arrive et que ma cheville se remette.
D'ailleurs, cela n'est pas si dur à concevoir, car malgré le vent qui fait vibrer les haubans, le soleil inonde généreusement le carré de la Boiteuse.
C'est encore une très belle journée qui s'annonce.