dimanche 19 février 2012

Entre escale technique et tourisme...

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Las Palmas
Il y a une semaine je débarquais à Las Palmas, avec une idée relativement confuse de ce que j’avais à y faire... Oh bien sûr, je savais que j’étais là pour équiper mon navire, mais l’énormité de la tâche à accomplir était telle que je ne savais pas trop par quel bout la commencer... Je me disais que j’avais réussi malgré un break de six mois à rallier Las Palmas depuis le France, que j’étais aux portes de la suite de mon voyage, et que mon expérience acquise me donnait une assez bonne idée de ce qu’il me manquait et de ce que j’avais à améliorer sur mon bateau.
Seulement voilà, je n’avais aucune idée de la façon dont cette escale allait se dérouler. La seule chose que je savais, c’était que j’étais là pour un bout de temps.

Alors, histoire de m’organiser et sitôt la Boiteuse récurée de fond en comble, j’ai commencé à faire une liste (j’aime bien les listes !) de tout ce que j’avais à faire... Boudiou qu’elle est longue cette liste ! Surtout qu’avec le temps j’y rajoute des items quasiment tous les jours !

Régulateur Navik
Et tout en haut de cette liste il y avait bien sûr, un régulateur d’allure à trouver. Mais si, souvenez-vous, je vous en ai déjà parlé ! Il s’agit d’un appareil mécanique qui se fixe à l’arrière des voiliers et qui leur permet de garder un angle permanent par rapport au vent. J’avais initialement l‘intention d’en faire fabriquer un sur mesure au Canada, et c’est aussi un peu pour ça que je venais à Las palmas et que je pensais y passer du temps... Car c’était un coup de six semaines d’attente en plus des 3500 € que ça allait me couter.
J’utilise l’imparfait, vous l’avez noté bien sûr, car figurez-vous que je suis tombé dès le lendemain de mon arrivée sur une petite annonce placardée au Sailor’s Bar. Un type vendait un régulateur de marque Navik, pour 1400 € !
Ni une ni deux je téléphone, et j’apprends que les 1400 €, sont devenus 1000 €. Et le lendemain, grâce à l’intercession amicale de Norbert (Takarii) je me retrouvais acquéreur d’un Navik en très bon état pour la somme de 900 € ! Elle est pas belle la vie ?

De la haute technologie !
Dans la foulée, j’ai également fait l’acquisition d’un GPS fixe (un Garmin 152) que je n’ai pas encore installé. Puis j’ai changé toutes les ampoules du bateau, feux de navigation compris, par des leds. Prochaine étape, changer tout mon parc de batteries... En fait, lorsque j’ai réalisé que l’aiguille du voltmètre flirtait un peu trop souvent avec les 10 volts, je n’ai pu que me résoudre à prononcer le décès d’au moins une des trois sœurs... Et à sacrifier les deux autres. Et oui c’est comme ça, les batteries sont des sœurs siamoises, et quand y’en a une de morte, il faut changer toute la portée.

Bref, comme vous pouvez le constater je ne chôme pas. Cependant, je vous rassure tout de suite, je reste encore et toujours un glandeur patenté. Aujourd’hui par exemple j’ai prévu de ne rien faire sauf m’occuper de mon blog. Vendredi je suis allé visiter la vieille ville de Las palmas ainsi que la Casa de Colón... Et hier au soir j’ai assisté au défilé du carnaval ! Et oui, chers lecteurs, votre Capitaine a joué les touristes !
Et qui dit touriste, dit forcément photos... Ben oui, forcément.

La Casa de Colón
La Casa de Colón, se situe dans le quartier le plus ancien de la ville. Un très beau quartier à l’architecture coloniale, où de magnifiques terrasses à encorbellement surplombent les rues pavées. Les façades sont joliment colorées et nulle enseigne commerciale ne vient en ternir la beauté... Juste derrière la cathédrale Santa Ana, se trouve la Casa de Colón qui comme son nom l’indique est sensée être la maison où a résidé le célèbre Cristóbal Colón en aout 1492. (Oui, chère lectrice blonde, je parle en effet de Christophe Colomb)
 Et cette magnifique maison possède en son sein un musée dédié au découvreur ainsi qu’à l’histoire de Las Palmas. Un musée qui est en plus gratuit ! Je ne me suis donc pas fait prier pour y passer un couple d’heure, bravant tous les interdits pour vous en rapporter quelques clichés. 

Le patio principal
Tout simplement beau
 J’ai plus apprécié le cadre que les objets qui étaient exposés... Outre un livre de bord à l’écriture soignée (comme le mien !) on peu voir de très belles maquettes des trois vaisseaux originaux qui naviguèrent jusqu’aux Indes... (Enfin, ça c’est ce qu’ils croyaient). Quelques instrument de navigation, des cartes toutes aussi farfelues les unes que les autres, mais c’est à peu près tout. Par contre la maison... Waouh ! La restauration a été parfaite ! J’ai particulièrement aimé l’atmosphère des patios, petits ilots de verdure et de fraicheur au milieu du bâtit... Et puis en plus s’il y a un couple de perroquets qui se balade en liberté dans le patio, on a tout de suite l’impression d’être sous les tropiques !

Et puis hier au soir je suis allé assister au défilé du carnaval... Et là encore, j’ai été agréablement surpris. Cela n’a rien à voir avec l’ambiance du carnaval niçois auquel je suis habitué et qui pour être franc me dégoute un peu par son aspect outrageusement commercial et élitiste. Ici, c’est vraiment le carnaval du peuple et non pas un défilé de paillettes pour touristes. Des familles entières viennent y assister, déguisées pour la plupart, et assistent au défilé tout au long des rues qu’aucune barrière ne vient endiguer. Ça chante, ça danse... Bref, c’est la fête !
Bon, j’avoue à mon grand regret que je ne me suis pas laissé prendre au jeu... Je suis resté en retrait, essayant de prendre quelques clichés que la luminosité rendait difficiles. J’ai néanmoins fais quelques images qui bougent à votre intention.



Voilà ! Je crois que ce sera tout pour l’instant. La suite en images qui bougent pas !

C'est le matin...
La Niña , ma préférée... Parce que elle, elle pouvait remonter au vent.
La cabine de Colón sur la Santa Maria

Un habitant du Nouveau Monde...
Tout à fait à sa place dans ce décors.
Le deuxième patio avec son puis et sa chapelle
Fraicheur
Couleurs
Beauté
Excentricité

mardi 14 février 2012

Interview d'un voyageur

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Le titre du présent article peut paraitre un peu présomptueux j’en conviens, surtout quand vous apprendrez que le voyageur en question, c’est ma pomme. Mais bon, j’ai trouvé que les questions qui m’étaient posées, ainsi que les réponses que j’y ai apportées, pouvaient vous intéresser…
Surtout pour les derniers arrivants qui auraient quelques lacunes sur la Boiteuse et son capitaine !

Il s’agit d’un questionnaire qui m’a été gentiment proposé par Cubazic, le tenancier du blog du même nom dans le cadre d’un forum littéraire qu’il anime, Grain de sel.


Bonjour Gwendal, Merci de nous avoir rejoint, peux tu te présenter en quelques lignes aux membres du forum GDS… ?

Je m’appelle Gwendal DENIS, j’aurais 45 ans au mois d’avril. Célibataire, sans enfants. Après une vie un peu compliquée, j’ai eu la chance de pouvoir à un moment donné, faire le choix de changer radicalement ma façon de vivre et d’essayer de réaliser mes rêves.
Alors il y a maintenant presque un an et demi, j’ai acheté un bateau et j’ai entrepris de faire le tour du monde… Et pour que la rupture soit complète, j’ai vendu il y a quelques semaines ma maison de Nice.
Nous allons donc essayer de faire connaissance en 10 Questions (8 imposées et deux que tu pourras te poser à toi-même…) grâce à une « interview voyageurs » au cours de laquelle tu auras droit à un joker, tu inaugures ce genre de présentation sur ce forum, peux tu nous parler de ton voyage…

Il s’agit de faire le tour du monde en solitaire, sans avoir à passer par les péages. Je m’explique : La plupart des tourdumondistes à la voile effectuent la grande boucle en restant autant que faire se peut dans la zone équatoriale où les vents sont favorables et les températures clémentes. Le problème, c’est qu’il faut pour cela emprunter les deux canaux de Panama et de Suez ... Qui sont en fait, selon ma conception personnelle, ni plus ni moins que des péages, et quelque part une forme institutionnelle de racket. D’un point de vue moral il m’a semblé intéressant de ne pas participer à ce racket, même si cela implique de devoir naviguer comme nos ancêtres et de passer par les deux caps mythiques du Horn et de Bonne Espérance.

Bon, ça c’est le plan original. Puis, je me suis rendu compte que ce projet ne pouvait pas se réaliser (ou alors très difficilement) dans un laps de temps déterminé. Qu’il fallait pour cela m’investir complètement. J’ai donc très logiquement vendu tous mes biens et je me suis lancé pour de bon dans cette aventure.
Ensuite, ce projet est devenu avec le temps plutôt comme un canevas grossier... C’est ce que j’ai envie de faire, mais je sais maintenant que s’il le faut je peux m’arrêter dans un pays qui me plait, ou bien trouver quelqu’un avec qui faire la route. Faire le tour du monde n’est plus un objectif en soi, c’est devenu un mode de vie.

As-tu amené de la lecture avec toi, as tu internet dans le bateau... ? Parles-nous de ton compagnon de voyage…

Lorsque j’ai vendu ma maison, j’ai laissé tous mes biens à l’intérieur. Mes meubles, mes vêtements, ma télé, mon frigo, tout… Et mes livres bien sûr. J’avais une bibliothèque assez bien fournie (je suis un fan de science-fiction) mais je n’ai hélas pas pu emporter beaucoup de livre avec moi. Question de place. J’ai donc fait le choix d’une dizaine de livres que j’étais sûr de pouvoir relire encore et encore. Il y a Le Seigneur des Anneaux de Tolkien bien sûr… Le monde selon Garp et Hotel Newhampshire de John Irving, les Œuvres complètes d’Edgar Poe traduites par Baudelaire... Et puis quelques livres de marin : La longue route et Un vagabond des mers du sud de Moitessier, Seul à travers l’Atlantique d’Alain Gerbault et Seul autour du monde de Joshua Slocum.
Depuis mon départ, en avril 2011, j’ai eu l’occasion de croiser quelques bateaux français et j’ai pu récupérer ainsi d’autres bouquins, essentiellement des romans. Dans la communauté des bateaux-voyageurs, on a tous le même problème de place, donc nous pratiquons le troc ! Une fois qu’on a lu les livres, on fait le tour des bateaux présents et on les échange contre d’autres. J’ai pu ainsi relire La peste de Camus, que je n’avais pas lu depuis le collège !

Bien évidemment je reste connecté à internet pour tenir mon blog et garder le contact avec mes amis, mais je n’ai pas souvent l’occasion de l’avoir directement dans la Boiteuse. Et puis c’est souvent payant… D’ailleurs, j’ai remarqué que lorsque c’était le cas j’avais plutôt tendance à rester enfermé, donc je préfère encore me trouver une terrasse de café avec le wifi gratos. Je rencontre plus de gens comme ça.

Mon compagnon de voyage ? C’est une compagne en fait. Il s’agit d’une chatte de cinq mois prénommée Touline, que j’ai adopté à Agadir au Maroc. Une vraie perle cette chatte ! Elle n’a pas le mal de mer alors que moi si, et elle est d’une sociabilité hors du commun. Depuis qu’elle est avec moi, c’est mon passeport pour me faire des amis ! Lorsque nous arrivons dans un nouveau port, elle saute du bateau avant même que le moteur ne soit arrêté, et entreprend de visiter un à un tous les autres bateaux, intérieur ET extérieur ! Autant vous dire que c’est l’idéal pour faire connaissance de ses voisins et sympathiser rapidement. Sauf s’ils n’aiment pas les chats bien sûr, auquel cas ils ne méritent pas que je m’intéresse à eux non-plus !

Pendant ta navigation y a-t-il eu un moment où tu as eu peur... ? Où tu as crains de ne pas t’en sortir…

Euh… Je ne veux pas paraitre prétentieux, mais non. Pas pour l’instant en tous cas. J’ai eu des moments, je pense à mon arrivé à Essaouira par exemple ou bien au large de Saint-Tropez, ou encore lorsque j’ai dû plonger sous la coque par 1000 m de fond, ou je n’étais pas vraiment à l’aise, j’avais une grosse boule à l’estomac. Mais je ne peux pas dire que j’avais peur. Stressé oui, complètement à l’écoute de mon environnement aussi, mais je savais ce que j’avais à faire pour m’en sortir, et je le faisais. Point barre. Dans ces cas-là, il faut éviter de trop penser...
Et puis j’ai confiance en ma Boiteuse. C’est une formidable monture, exigeante mais qui pardonne également beaucoup. Elle me parle, je lui parle, tous les deux on s’entend bien.

On me dit souvent que j’ai du courage de partir comme ça seul... Je réponds alors que ce n’est pas ça le courage. Le courage c’est de faire quelque chose malgré sa peur. C’est de la dépasser. Et comme je n’ai pas peur... Je ne suis donc pas courageux !
En mer, d’après ce que j’ai vécu jusqu’à présent, on peut être amené à craindre quelque chose, auquel cas on fait en sorte que cela n’arrive pas. Et si ça arrive malgré tout, on fait face car le choix est extrêmement restreint. C’est un monde où on ne peut pas dire « Pouce, j’arrête ! ».
Dans mon cas par exemple, si je tombe à l’eau je suis mort. C’est simple. Alors plutôt que de m’inquiéter sur le comment je vais pouvoir survivre une fois dans l’eau, je fais en sorte de ne pas tomber. C’est de ne pas avoir de réponse à une question qui fait peur... Et en mer, les réponses sont très claires. Tu vis ou tu meurs... Ou au mieux tu perds tout. A partir de là, tout devient très simple à gérer.
Et le jour où j’aurais peur en mer, et bien j’arrêterais de naviguer... C’est tout. Parce qu’au final, j’ai choisi cette vie pour avoir du plaisir, pas pour avoir peur. C’est la vie « normale » qui aurait plutôt tendance à me foutre les jetons...

Comment se passent les contacts avec les populations autochtones... ? As-tu lié des liens amicaux, avec d’autres voyageurs ou des natifs... ?

 Je ne sais pas si le terme « populations autochtones » convient réellement… Je n’ai après tout connu que deux pays étrangers depuis mon départ. L’Espagne et le Maroc. En Espagne je me suis fais de nombreux amis parmi le mouvement des Indignés de Cartagena. Aux Canaries aussi… Par contre le Maroc, moins. Il faut dire aussi que j’étais pendant mon séjour dans une posture d’attente (j’étais en train de vendre ma maison) et peu enclin à aller vers les autres. Et puis je n’ai pas forcément rencontré les bonnes personnes non-plu…
Je sais une chose par contre c’est que quel que soit le pays visité, les gens apprécient que vous fassiez l’effort de parler leur langue… Ne serait-ce que quelques mots pour dire bonjour ou merci, ça suffit. C’est même d’ailleurs pour moi la moindre des politesses.

Sinon, même si la communauté internationale des bateaux-voyageurs est somme toute assez restreinte, les routes de navigations que nous empruntons le sont encore plus. Ce qui fait que dans une saison par exemple vous êtes amené à croiser souvent les mêmes personnes. Et ça c’est bien... Et puis comme on sait qu’à un moment ou à un autre il va falloir se séparer pour poursuivre sa route, les relations humaines n’en sont que plus fortes.
Ce qu’il y a de bien aussi, c’est que cette communauté fait fi des barrières sociales habituelles. Je veux dire que vous pouvez très bien un jour être amarré à côté d’un bateau deux fois plus grand que le votre et dix fois plus cher, mais vous allez tout de même discuter avec son propriétaire, voire vous en faire un ami... Quelle que soit la taille de l’embarcation ou le budget, on vit finalement les mêmes galères. Et ça, ça rapproche les gens.

Penses tu que l’expérience que tu as acquis en voyageant t’a ouvert d’autres horizons... ? Une meilleure connaissance du monde, des autres, de toi... ?

Je crois qu’il est encore trop tôt pour que je puisse répondre à ces questions. Si tant est qu’il existe une ou plusieures réponses... Je crois pourtant que ce voyage est aussi une quête quelque part et il me permet de découvrir d’autres facettes du monde et de moi-même que j’ignorais. Pour l’instant je regarde tout ça avec circonspection, en attendant de pouvoir en faire l’analyse... Et puis dans mon cas les choses sont un peu différentes car il ne s’agit pas vraiment d’un voyage, avec un début et une fin, mais d’un choix de vie.
Mais pour l’instant je peux dire que cette nouvelle vie me plait. Et pour ce qui est d’en tirer une leçon, et bien on verra dans quelques années !

Si c’était à refaire, le referais tu... ?

Sans hésiter ! Peut-être d’une façon différente, en évitant de faires certaines conneries, mais au final cela reste la meilleure décision de ma vie.

As-tu été témoin de souffrances dans les pays découverts, penses tu que la France fait partie des pays privilégiés… ?

Avant d’être blogueur voyageur, j’étais blogueur politique, ce qui fait que j’ai toujours eut à cœur de jeter un regard critique sur la société qui m’entoure. Et comme je dis souvent, ce n’est pas parce que j’ai quitté la France que j’y ai laissé derrière moi la moitié de mon cerveau... A mon sens, mon blog diffère des autres justement car j’essaye de comprendre avec mes clefs à moi, ce qu’il se passe dans le pays et comment vivent les gens.
En Espagne, j’ai assisté de l’intérieur au mouvement des Indignados. Au Maroc j’étais là pendant les élections législatives qui ont suivies la réforme de la constitution... Et à chaque fois j’ai essayé de comprendre et de décrire mon ressenti.
Alors bien sûr je me heurte parfois à certaines critiques, comme quoi le petit français que je suis n’a pas à se mêler de ce qui ne le regarde pas et de ce qu’il ne comprendra forcément jamais... C’est toujours le même vaste problème de l’universalité de certaines valeurs confronté au relativisme culturel. Mais j’ai fais le choix du parti pris, et pour l’instant je l’assume.
Par exemple, lorsqu’au Maroc j’ai été confronté à la dictature, à la corruption généralisée et au fossé indécent qui existe entre la pauvreté la plus désarmante et la richesse la plus obscène, je l’ai dis. Ce que d’aucuns qualifient de paradoxe, je n’ai pas peur de dire qu’il s’agit en fait d’injustice. Cela m’a valu quelques inimitiés, mais je considère que c’est un juste prix à payer pour la liberté d’expression.

Et oui, je considère que la France est un pays privilégié. Parce que justement son histoire a permit que s’y développe des idéaux et des valeurs auxquels je tiens et que je considère comme essentiels au bonheur collectif. Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, sont pour moi des mots qui ont du sens, et j’entends bien les promouvoir autant que possible. Cela dit, lorsqu’on me rétorque que je ferais mieux de nettoyer devant ma porte plutôt que de critiquer celle du voisin, je vois rouge !
Ce que je dis c’est que la France à laquelle je crois et qui m’a donné ma culture, c’est la France telle qu’elle devrait être, pas forcément celle qu’elle est actuellement...

Mais bon, je vais arrêter sur ce sujet, parce que je pourrais disserter là-dessus pendant des heures !

Tu as du temps de libre pour des relations sentimentales sous les cocotiers... ?


Aïe, la question piège ! Non, pas piège, compliquée plutôt...
Bon, le temps libre ce n’est pas ça qui manque dans ma nouvelle vie. Et c’est d’ailleurs un de ses principaux atouts. Cela dit, si je suis un navigateur « solitaire », ce n’est pas par choix ; C’est parce que lorsque je suis parti, j’étais déjà seul. Avant, la solitude ne me pesait pas vraiment car je n’avais en fait rien de bien passionnant à partager avec une compagne. Mais maintenant j’avoue que les choses sont bien différentes et que je souffre de plus en plus de n’avoir personne à mes côtés.
Mon problème est que je suis un idéaliste aussi en matière de sentiments. Je suis un incorrigible romantique et je ne conçois l’Amour (avec un grand A) que dans la durée... Et quand je dis durée, je parle en fait d’éternité. Ce n’était déjà pas simple de trouver l’Amour dans ces conditions en temps normal, mais maintenant c’est devenu très compliqué. En effet, quelle femme accepterait de partager ma vie dans la précarité, l’insécurité et l’inconfort ? Une vie de manouche des mers ? Même si tout cela est le prix à payer pour la Liberté, je n’en n’ai pour l’instant rencontré aucune. Alors, à moins de renoncer à mon rêve, je doute de plus en plus de la rencontrer un jour... Même si je garde encore quelques espoirs.
Il va sans doute me falloir un jour ou l’autre me convertir aux relations sentimentales sans lendemain qui sont le propre des marins au long cours... Mais pour l’instant, je confesse que je n’ai pas encore pu m’y résigner.

Questions subsidiaires :

Décris-nous ton voilier ? Et pourquoi s’appelle-t-il La Boiteuse ?

Il s’agit d’un Konsul 37, un bateau allemand de 1979. De bonne facture, il est taillé pour la mer du Nord avec une jolie étrave en forme de canoë que j’aime bien. Tout est solide, bien conçu (allemand quoi !). C’est un bateau rapide du fait de ces 11 mètres de long et seulement 3 mètres de large. Un peu sportif peut-être... Il demande d’être plutôt pointu dans les réglages.
Il est parfait pour une personne seule, ou même un couple. J’ai ma cabine à l’avant et un grand carré spacieux et lumineux. Un gros moteur Mercedes bien solide et fiable...
Bref, ce n’est pas forcément le bateau « idéal » pour autant que ça puisse exister. Mais il me convient.

Son nom précédent était le Tom Kyle, et franchement cela ne me correspondait pas du tout (je ne sais même pas qui c’est Tom Kyle !). Lorsque j’ai eu à choisir un nouveau nom, je lisais à l’époque un article qui parlait de Bougainville et de son bateau La Boudeuse... et je trouvais que c’était un nom pour un bateau qui sonnait bien à l’oreille. Il était féminin tout d’abord, et pour moi c’était important. Les anglais lorsqu’ils parlent de leurs navires ne disent pas « It » mais « She », et pour moi ça a du sens car la relation entre un bateau et son Capitaine est plutôt de cet ordre là... Romantique.
Rajoutez à ça le fait que je suis handicapé et que sur terre je marche avec une canne, et forcément le nom de La Boiteuse devient une évidence !

Quelles sont tes prochaines étapes ?

Je suis actuellement à Las Palmas, sur l’ile de Gran Canaria. D’ici un mois environ je prendrais la direction du sud vers l’archipel du Cap Vert. Puis, ce sera « la transat » comme on dit, vers San Salvador de Baia au Brésil. Ensuite, Uruguay, Argentine, Chili... Jusqu’en Patagonie. Je compte traverser le détroit de Magellan aux alentours des fêtes de fin d’année, et si l’occasion m’en est donnée je ferais un petit crochet pour passer le Horn. Ce n’est pas une obligation, mais je trouve que ça aurait de la gueule de pouvoir dire que j’ai fais ça...

Ensuite ce sera la remontée des côtes chiliennes jusqu’à Valparaiso, puis la traversée vers le Marquises... Après on verra ! Un an de programme, je trouve que ce n’est déjà pas si mal !

dimanche 12 février 2012

Gran Tarajal - Morro Jable - Las Palmas

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Bye bye Gran Tarajal !
La semaine que j’ai passé à Gran Tarajal fut assez laborieuse. Enfin, laborieuse selon ma conception du labeur qui, comme vous le savez maintenant, s’éloigne de plus en plus de la votre (nananère !). En fait, j’ai surtout attendu que les autres finissent leur travail… Et en l’occurrence il s’agissait de l’ami Paxin qui devait s’occuper de mon Génois et de mon taud. Je dois dire qu’il m’a fait un sacré boulot pour une somme qui s’avéra raisonnable. Mon Génois léger, déchiré en face d’Essaouira rappelez-vous, est maintenant pourvu d’un nouveau lé et mon taud est réparé, consolidé et pourvu d’un nouveau système de fixation.
Bref, jeudi matin j’étais prêt à poursuivre ma route en direction de Las Palmas.

Mon souci était de concilier météo plutôt venteuse (20-25 nœuds annoncés dans le canal entre les deux iles) et une distance assez importante. Au début, je m’étais dis que je pouvais faire ça en une nuit… Partir vers la fin d’après midi pour arriver le lendemain dans la journée. Ou encore, deuxième possibilité, partir très tôt le matin pour espérer bâcher les 80 milles et des poussières en une journée pour peu qu’Eole soit avec moi. J’optais pour cette solution là, mais lorsque je me suis réveillé ce vendredi à 03H00 du matin, le vent soufflait tellement que je me suis recouché aussi sec !
Finalement je décidais de couper la poire en deux et de jouer la prudence : J’allais faire le trajet en deux fois avec une escale à Morro Jable.

Le vendredi 10 février 2012

Tache blanche
N’ayant qu’une vingtaine de milles à parcourir, je m’attardais un peu ce vendredi matin en faisant la tournée des pontons de Gran Tarajal pour saluer tout le monde. Une bise par ci, une poignée de main virile par là, on se souhaite bon vent et bonne mer ou plus simplement d’avoir une vie longue et heureuse. Et puis ce ne sont jamais des adieux qui s’échangent dans ces cas-là, mais plutôt des au-revoirs. L’océan est immense c’est vrai, mais c’est notre communauté qui est petite, alors on se reverra forcément… Ou pas.

10H40 je déhale tout doucement du ponton, et nous voilà partis. Dix minutes plus tard je coupe le moteur et c’est sous foc seul que la Boiteuse file ses quatre nœuds.

Ah lala… Je retrouve enfin le plaisir de naviguer seul ! Enfin, quand je dis seul, c’est avec Touline bien sûr. Celle-ci pour l’heure, après une ballade en laisse dans le cockpit histoire de se rendre compte qu’on était bien en mouvement, est retournée à l’intérieur pour faire ce qu’elle fait de mieux dans ces cas-là, dormir.

Je longe la côté à un ou deux milles. Le vent est instable et forcit de temps en temps au gré du relief. La côté défile sous mes yeux, parsemée de quelques petits bourgs qui font de jolies taches blanches, coincés entre le littoral et les montagnes arides.

Wahou...
Je suis bien… Je suis heureux de me retrouver seul et de reprendre mon cahier à spirale et mon stylo pour noter ce que je ressens. C’est marrant, mais lors de mes précédentes naves, le fait d’être accompagné m’avait complètement empêché de jeter quelques mots sur le papier. Là, je n’ai pas à entretenir une conversation, j’ai juste à laisser mes pensées aller où elles veulent et noter de temps en temps ce qui me semble important.
En plus du plaisir retrouvé de la solitude (Et oui, même si ça me fait un peu chier de l’admettre moi qui suis affamé de relations humaines, j’aime être seul. Vous avez dis paradoxe ?), j’ai également celui de naviguer de nouveau en terres inconnues… Je veux dire par là que c’est la première fois depuis le mois de juillet que je peux enfin reprendre une route que je n’ai pas déjà parcourue, voir des paysages nouveaux, et voir mon GPS m’indiquer des valeurs nouvelles…

13H30, Le temps passe vite. On se traine un peu (3,8 nœuds) mais je m’en tape. On se fait aussi un peu brassé, car la Boiteuse n’aime pas que le vent et la houle la pousse au cul, mais là aussi je m’en fous. J’ai tout mon temps… Et c’est quand même une sacrée impression de luxe. C’est comme si je n’avais rien d’autre à faire que de profiter du moment présent, regarder le monde depuis un point de vue rarement usité, et laisser faire… Je pourrais hisser la Grand-voile pour accélérer un peu, mais j’ai la flemme. Je suis bien.

Morro Jable
14H30, Au fur et à mesure qu’on se rapproche de Morro Jable, le paysage se fait plus doux et plus clair. Le sable remplace le rouge des roches volcaniques et j’aperçois des dizaines de voiles de kites au loin. Morro Jable est réputé pour ça d’ailleurs. C’est un spot reconnu pour le kite et le windsurf car sa position géographique au confins de l’ile de Fuerteventura lui fait bénéficier de grosses accélérations de vent.
D’ailleurs, même si je me laisserais bien tenter par une petite sieste, je ne préfère rester vigilent… A l’approche du phare qui signale la Punta del Matorral, le vent accélère franchement et avec son petit foc seul, la Boiteuse file à plus de 5,5 nœuds avec des surfs à 8 nœuds ! Je double la pointe, et le port apparait. On est arrivé.

Mais c'est quoi CA ?
Pendant que je vais faire les formalités auprès des autorités portuaires, je laisse Touline faire connaissance avec son nouvel environnement. Alors que je reviens vers le bateau je l’aperçois de loin qui visite un à un tous les bateaux à quai… Et elle le fait à fond les manettes, sautant d’un bateau sur l’autre sans passer par les catway !
A croire qu’elle sait qu’on ne restera qu’une nuit et qu’elle tient absolument à tout explorer avant qu’on ne reparte…
Et c’est là que La Rencontre du jour a eut lieux. Un petit groupe d’oies est venu nager autour du bateau, et la Touline est resté quelque peu estomaquée par ces drôles de bestioles. J’étais mort de rire !

Comme il n’était pas trop tard, j’en ai profité pour aller visiter le bourg et me connecter à Internet. Puis, retour à la nuit tombée, un bon repas, quelques pages de La Peste de Camus et au lit !

Et oui chers lecteurs, il m’arrive aussi de me cultiver. Cela-dit, à 20H30 je dormais déjà…

Le samedi 11 février 2012

De plus en plus l'air d'un marin...
Réveil à 04H15, le temps d’avaler un café et de ranger un peu et nous sommes partis. Le ciel est plombé, et la lune presque pleine ne sert pas à grand-chose tant sa lumière a du mal à traverser le couvercle des nuages. Je fais durer un peu le moteur pendant une heure histoire de choper un peu de vent. A 07H00, c’est bon le voilà, un petit F2 tranquille par le travers tribord… C’est pas top, surtout avec le ris que j’ai pris par précaution, mais on s’en contentera.
07H15, je double la Punta Jandia qui marque l’extrémité ouest de Fuerteventura. Cap au 280°, il reste 50 milles à parcourir.
Tout à l’heure, juste avant que le jour ne se lève, il m’a semblé apercevoir un halo orangé teinter légèrement l’horizon… Les lumières de Las Palmas à presque 100 kilomètres ? Peut-être… Surement même, puisque une heure plus tard j’apercevais vaguement les côtes de Gran Canaria.

Pendant que le jour se lève et que le gris s’installe, je repense à ce que j’ai écris hier sur le bonheur de naviguer seul et sur la remarque que m’a faite mon amie Monique hier au soir… Comment vais-je bien pouvoir concilier ma nouvelle vie de solitaire qui me procure autant de joies, avec mon toujours fervent désir de trouver l’âme sœur; de fonder une famille et d'avoir des enfants ? Mystère et boule de gomme.
En tous cas, à cet instant, l’insolubilité du problème a tendance à me saper le moral. Non, en fait ça me fout grave les boules.
Faut-il absolument renoncer à être totalement heureux ? Doit-on nécessairement sacrifier une partie de ses rêves et se contenter d’une moitié de bonheur ? Je n’ose y croire tellement je trouve ça injuste.

Finalement, c'est là qu'on est le mieux !
09H30, ça-y-est le vent se lève enfin et la Boiteuse file ses 5 nœuds. Cap au 300° pour compenser la force du courant qui est importante entre les deux iles.

12H30, peu à peu Gran Canaria se dessine au loin. On voit bien qu’elle forme une espèce de dôme dont le sommet qui culmine tout de même à 1950 m est caché dans les nuages. Le vent est instable, un coup je vais à une allure honnête, et la minute qui suis-je me retrouve à moins de deux nœuds, complètement à la merci de la houle qui me secoue comme un prunier. Fait chier, on se traine ! A cette train là, jamais je n’arriverais avant la nuit !

13H15, y’en a marre Yanmar ! Je démarre Mercedes ! (Blague foireuse de plaisancier)

15H00, j’aperçois maintenant l’hysme où est construite la ville de Las Palmas. Facile à identifier de loin, la ville possède en fait deux façades vers l’océan. L’une vers l’Est, où se trouve le port, et l’autre vers l’Ouest avec une plage.
Hum, si vous saviez comme j’ai hâte de prendre une bonne douche bien chaude !
Avant, lorsque les douches faisaient défaut, comme à Gran Tarajal et Morro Jable par exemple, je me lavais au jet sur les pontons. Mais c’était en juillet, et là on est en février ! Donc, une douche s’impose car depuis dix jours je n’ai pu faire que des toilettes sommaires. Et puis il faut que je me rase aussi…

16H00, une bande de petits dauphins gris vient batifoler autour de l’étrave, bientôt rejoint par un second groupe. Ils sont au moins une trentaines à jouer sous la coque !
Je bondis sur mon APN et je commence à filmer…



Après les oies hier, Touline découvre les dauphins… Au début elle ne comprenait pas trop ce que j’essayais de lui montrer du doigt (un chat c’est comme l’imbécile de la citation, ça regarde le doigt, forcément !). Puis, enfin elle a vu cette grosse bêbête qui semblait vouloir faire la course avec nous. Et puis une autre, et encore une autre ! Elle ne savait plus où donner de la tête la pauvre !

Heu... ???
Au bout de cinq minutes à essayer de comprendre comment ces gros machins-là pouvaient nager aussi vite alors qu’elle et eux ne sont pas si éloignés que ça sur le plan de l’évolution, la Touline s’est lassée. Elle est retournée se percher au dessus de la descente (là où ça bouge le moins), et s’est endormie.
Les dauphins eux, sont resté plus d’une heure et demi à nous accompagner de leur jeux, pratiquement jusqu’à l’arrivée.

19H10, je coupe le moteur, je suis arrivé. La marina de Las Palmas est immense et est remplie à bloc ! Jamais je n’avais vu une telle concentration de bateau depuis… La France ! Pour vous dire, ils ont même carrément supprimé les catways et installé des pendilles comme en méditerranée pour augmenter la capacité du port ! On est serré comme des sardines dans une boite, et je n’ose imaginer ce qu’il se passerait si la houle venait à entrer dans le port…

Après avoir repéré les sanitaires (pour la douche !), et m’être connecté brièvement à la terrasse d’un café pour prévenir de mon arrivée, je me suis fait quelques œufs au plat avec des tartines de Sobresada, et au lit !

Aujourd’hui c’est dimanche, alors je vais m’occuper un peu de ma Boiteuse. Comme moi, elle a besoin d’un bon récurage pour éliminer toute la saleté accumulée depuis le Maroc… Et dès demain on attaque ce pourquoi je suis venu à Las Palmas. A commencer par une visite chez le vétérinaire pour qu’il fasse une prise de sang à Touline !
Pour le reste, je vous en parlerais dans quelques jours… Laissez-moi juste le temps de prendre mes marques !

Ah oui, pour info et au cas ou certains lecteurs me rechercheraient sur les quais du port, je suis sur le ponton J, à la place 42.

Quelques photos supplémentaires.

Coin-Coin !
Escorte

Arrivée sur Las Palmas
Il y a foule !

dimanche 5 février 2012

Retour à Gran Tarajal

28°12.405N 14°01.607W
Gran Tarajal

Je n’ai pas grand-chose à dire sur cette étape entre Rubicon et Gran Tarajal... Ce fut une belle journée de plaisance, le truc pas chiant. Bonne mer, pas de vent, le moteur en appui sur la GV… Bref, huit heures tranquilles. En plus la traversé se fit en bonne compagnie, puisque j’ai convoyé Zofja et Bartozch, deux jeunes backpackers déjà rencontrés à Agadir. (A propos, c'est quoi cette mode qui fait qu'on ne dit plus routard mais Backpacker ? Je trouve ça un peu snob...)

Quand nous sommes arrivés à Gran Tarajal, j’ai eu comme je m’en doutais le plaisir de retrouver des visages connus… Et ça franchement c’est très agréable. D’ailleurs je n’avais pas posé le pied à terre depuis une heure que je me retrouvais déjà invité à une petite fête au bord de la plage pour le samedi soir.

Parmi ces gens, il y avait mon ami Paxin, le voilier itinérant rencontré en juillet. On doit se voir lundi matin pour qu’il se penche sur le cas de mon Génois qui dort dans son sac depuis la claque qu’il a pris en face d’Essaouira. A l’époque je n’avais pas de quoi le payer, mais là les circonstances sont différentes alors on va voir ce qu’il peut faire pour moi. En plus, je lui confierais bien mon taud de soleil « Made in Marocco », car celui-ci n’a pas résisté bien longtemps… No comment, sinon je vais encore dire du mal.

Aujourd’hui comme hier, c’est la tempête dans les iles Canaries. L’archipel est en alerte rouge pour le vent et les vagues, et bien sûr les premiers à en profiter sont les surfeurs... Et les photographes !

Sinon, et bien je vous mets quelques photos pour que vous vous fassiez une idée !

Oui je sais, c’est déjà fini. Que voulez-vous, le marin solitaire est en panne de verve en ce moment. Ça arrive. 

N'a-t-elle pas fière allure ?
Castillo de las Coloradas
Zojja
Bartozch
C'est bon, l'écoute de Grand-Voile je gère... Occupe-toi du reste !
Fuerteventura
Convivialité...
Ouf !
Même les statues se mettent à l'abri

jeudi 2 février 2012

On change d’ile

28°51.466N 13°48.880W
Marina Rubicon

Bon allez, on se casse.
Franchement j’aime bien Lanzarote, mais cette marina qui m’accueille n’est vraiment pas faite pour moi. 22, 50 €/jour c’est déjà pas la joie de les sortir, mais si en plus il faut se coltiner des règlements à la cons du genre « ne pas étendre son linge sur les filières des bateaux », ou bien avoir de préférence choisi Allemand en deuxième langue plutôt que l’Espagnol, je préfère aller voir ailleurs si c’est pas mieux.

Et le ailleurs sera Gran Tarajal sur l'ile de Fuerteventura. Là-bas, je connais, je sais que si tu y parles Français, Anglais ou Allemand, les gens te regardent sans te répondre avec une impression de regret dans le regard. Là-bas, je sais qu’avec la facture d’une journée à Rubicon, je vais pouvoir rester quatre jours. Et puis en plus j’y connais du monde que j’ai envie de revoir. Donc, comme je le disais au début : On se casse.

J’y serais ce soir au bout d’une petite nave sympa qui me prendra la journée. Au programme, rase cailloux et testage de nouvelles lignes de traine pour la pêche. Il va faire grand beau et je pense que le couple de polonais qui m’accompagne (oui, encore des bateau-stoppeurs) va apprécier de faire un peu de « plaisance » après leur traversé depuis Agadir qui ne fut pas une partie de plaisir.

Allez à tchao les gens !