Las Palmas
| Voici un ponton HLM ! |
Je me demandais si le rythme d’un billet par semaine vous convenait… Non, je vous dis ça parce que moi, grand con, il m’arrive de culpabiliser lorsque je vois le temps qui s’écoule entre deux articles alors que je suis au port et logiquement plus à même d’égailler votre morne quotidien avec mes conneries. Seulement voilà, ma boite à neurone n’est pas forcément toujours au top, ou bien mon quotidien n’est pas toujours aussi époustouflant pour que je vous ponde un truc tous les deux jours… Et même parfois, il m’arrive d’avoir autre chose à faire. Si-si, je vous l’assure !
Mais bon, foin de culpabilisation égoïste, passons aux nouvelles de la semaine.
Qu’ais-je donc fais de bien cette semaine ? Plein de choses. Tout d’abord j’ai enfin pu terminer de payer mon nouveau régulateur d’allure Navik. Le monsieur qui me l’a vendu voulant être payé en liquide, je me suis retrouvé dans la même situation qu’à Agadir lorsqu’il m’a fallut payer le port… Tributaire des distributeurs et du plafond de ma carte de crédit. Bref, j’ai pu payer le type en deux fois, mais à partir de maintenant je vais me constituer une petite caisse en liquide que je planquerais soigneusement sur le bateau. Au cas où.
Le régulateur est donc maintenant à mon bord, prêt à être monté... Ce sera le travail de la semaine qui vient.
| Rassurez-vous, moi je m'y retrouve |
Je me suis également attelé à l’installation de ma « centrale de navigation »... Je mets des guillemets à ce terme pompeux, car le terme « centrale de navigation » impliquerait que la navigation soit tributaire d’un seul outil, alors que la mienne est plutôt fabriquée avec cinq appareils reliés entre eux... J’explique.
Prenez une radio VHF et reliez-là à un GPS, cela vous permettra d’envoyer vos coordonnées géographiques et votre identité dès que vous appuyez sur le bouton « distress ». C’est toujours plus pratique que d’avoir à les épeler en anglais alors que vous êtes en train de couler... Ensuite, reliez votre ordinateur portable à un GPS et à un récepteur AIS (Automatic Identification System), dépatouillez-vous pour ne pas vous planter avec tous les drivers à installer correctement et vous obtenez via Open CPN un lecteur de carte mondial (oui messieurs-dames !) avec plein de petits triangles dessus qui représentent les bateaux qui vous entourent et qui disposent du même AIS.
| Le trafic en direct-live ! |
Si vous cliquez sur un de ces triangles, vous apprendrez outre son nom, ses dimensions, sa vitesse, son cap, son indicatif radio... Bref, vous avez sa carte d’identité sous les yeux. Et c’est d’ailleurs pour ça que je ne dispose que d’un récepteur AIS, et non pas un émetteur-récepteur, car personnellement je n’ai pas envie que tout le monde puisse savoir qui je suis et où je vais... Question de principe.
Bon, sur la capture d’écran ci-dessus, tous les triangles sont verts ou jaunes mais si par hasard l’un de ces vaisseaux venait à se rapprocher un peu trop près de moi, ou que sa route venait à croiser la mienne, la cible deviendrait rouge en faisant un raffut de tous les diables ! Dong-Dong-Dong-Dong !
| Et en plus ça marche ! |
Vous rajoutez ce système à mon détecteur de radar, et vous aurez ma « centrale de navigation ». Avec tout ce bordel, je rajoute encore un peu sécurité, mais je reste conscient que cela ne m’exempte en rien d’une veille attentive comme disent les compagnies d’assurance.
Ah oui, et pour ceux qui se demandent si je me suis enfin acheté une balise de détresse, ou un traqueur, la réponse est encore et toujours non. Comme je l’ai dis, c’est une question de principe... Un principe pas très clair, on est d’accord, mais un principe tout de même. Vous n’avez qu’à vous dire que je ne veux pas gâcher mes chances de devenir un jour contrebandier !
| Et oui Mesdames, je sais coudre ! |
Ensuite qu’est-ce que j’ai fais ? Ah oui, j’ai changé ma girouette. Ca m’a pris comme ça un matin, j’en avais marre de voir le drapeau en haut de mon mat se déliter à la vitesse grand V. Alors j’ai pris un vieux bout de toile plastifiée qui trainait dans un de mes coffres et je me suis mis à la couture. Deux heures plus tard ma toute nouvelle girouette bleue tournoyait fièrement. Et celle là avant qu’elle ne parte en morceau...
J’ai également fait un peu de plomberie, de mécanique, d’électricité... Bref, dans pas longtemps je vais pouvoir m’installer à mon compte comme bricolo-man.
Passons maintenant à une nouvelle pas trop agréable. Figurez-vous que ma Touline file un mauvais coton... Ca a commencé vendredi matin lorsque je me suis aperçu que cette chatte de l’enfer n’avait plus son pep habituel. Je ne me suis pas vraiment inquiété, car on a tous nos mauvais jours et les chats aussi... Puis, le soir lorsqu’elle est rentré au bateau (ben oui, mademoiselle passe plus de temps sur le bateaux des autres et ne rentre à la maison que pour bouffer et dormir. Une vraie adolescente en somme !), elle avait un peu de mal à grimper sur les banquettes... Plus tard, ça a empiré, complètement amorphe, les yeux mi-clos elle n’acceptait même plus que je la touche, miaulant de douleur à chaque fois que je posais ma main ailleurs que sur sa tête. C’était déchirant, d’autant plus que Touline est une chatte particulière, puisqu’elle ne miaule quasiment jamais. Non, Mademoiselle s’exprime en Mogwaï, elle roucoule.
La nuit se passe et au matin, elle semblait aller un poil mieux puisqu’elle s’est levé (difficilement) et est même descendu en boitant de la Boiteuse pour aller squatter le pont du bateau d’à côté (c’est un Centurion 47, forcément c’est plus classe que le bateau de Papa). Mais là j’ai clairement vu qu’elle tenait à peine debout... Il était onze heures du matin, j’ai immédiatement fourré Touline dans son panier, sauté dans un taxi et direction la clinique vétérinaire.
| Mouais... C'est pas la grande forme. |
Là, une charmante véto toute de vert vêtue nous a reçu en urgence. A ce propos, les vétos en vert je comprends car c’est une couleur sensée apaisée, mais pourquoi sont-elles forcément charmantes ? C’est un mystère...
Bref, après une auscultation un peu compliquée car le monstre se débattait et hurlait à chaque manipulation, le diagnostique tombe : Grosse inflammation au niveau de la patta, heu de la patte je veux dire. Rien d’interne apparemment (c’est ce que je craignais), pas de traumatisme crânien, pas de fractures... Mais il est clair que Touline a reçu un gros choc. Mon hypothèse, et celle de la véto charmante, c’est que Touline s’est tout simplement payé une bagnole...
Alors vous allez me demander ce que pouvait bien foutre ma chatte au milieu des voitures, et je vous répondrais que j’ai complètement raté son éducation... Ou pas. La Touline, elle fait ce qu’elle veut c’est une chatte libre. Parfois même elle se prend pour un chien, puisqu’elle me suit dès que je fais mine de m’éloigner. Cette semaine alors que j’achetais quelques bricoles dans un magasin nautique situé à deux cents mètres du ponton, elle a débarqué comme si elle était chez elle, grimpant sur les étagères et fouillant au milieu des articles. Je ne savais plus où me mettre !
Tout ça pour dire qu’elle vadrouille où elle veut, et cela comprend malheureusement la rue et ses dangers. J’espère que cette histoire lui servira de leçon, mais franchement j’en doute.
Bref, la véto a essayé de lui faire une radio pour écarter définitivement l’hypothèse de la fracture, mais ce fut mission impossible tellement Touline se débattait, mordant et griffant comme une enragée. Moi je pissais le sang parce que ses pattes arrières me labouraient les avant bras, et Emma, c'est la véto charmante, saignait également des mains... Une vraie boucherie !
Nous renonçâmes donc. Elle a eut cependant droit à une piqure d’anti-inflammatoire et rendez-vous fut pris pour cet après-midi pour une autre tentative radiologique, avec cette fois-ci une légère anesthésie pour facilité les choses.
| Touline et son copain Timón |
Hier au soir cela semblait aller mieux. Elle a mangé, bu, et s’est même fendue d’un câlin ronronnant lorsque je me suis couché auprès d’elle dans ma cabine. Mais ce matin, rebelote, elle a l’air de souffrir le martyre. Donc tout à l’heure on y retourne...
Voilà chers lecteurs ce que fut ma semaine et ce début de weekend. Comme vous l’avez pu lire, j’ai passé la vitesse supérieure en ce qui concerne les travaux sur la Boiteuse, mais cela ne m’exempte pas de gérer le quotidien... A savoir m’occuper de cette vagabonde de Touline. Bien sûr la fatigue s’en ressent, et je commence à avoir une tête de déterré. C’est tout le problème avec les paresseux, quand ils décident d’en mettre un coup, c’est pas pour rigoler.
Bien sûr, je vous tiendrais informé de l’évolution de la santé de Touline... Je suis sûr que si je créais une page Facebook à son nom, elle aurait plus d’amis que moi cette saleté !
| Coucher de soleil sur la Bahia del Confital |
| La nouvelle girouette |
| Bienvenu chez les tarés ! |




