dimanche 18 mars 2012

On y est presque

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Oh ça va hein ! Vous n’allez pas me faire un caca nerveux parce que nous sommes le 18 mars et que je suis toujours aux Canaries. D’abord j’ai dit que je partirais soit avant, soit après... Et bien ce sera après. Cela dit, je peux quand même vous dire que nous y sommes presque. Revoyons un peu ma fameuse liste, celle qui me sert de canevas depuis mon arrivée à Las Palmas :

Le régulateur d’allure, c’est bon. Il est installé et il fonctionne (a priori). Reste à le tester en situation. Le GPS et l’AIS sont installés et fonctionnent. Antenne wifi, ok. Chauffage céramique soufflant, ok. Disque dur un téraoctet, ok. Bac à litière pour Touline, ok. Batteries neuves, ok. Combinaison de plongée, ok. Fusil et matériel de pêche divers, ok. Lampe frontale, ok. Matos d’escalade pour grimper au mât, ok. Changement de toutes les ampoules en leds, ok. Stérilisation Touline, ok. Kit de réparation voile, ok. Vidanges et révision du moteur, ok. Changement de la girouette, ok. Nettoyage de la coque et de l'hélice, ok. Convertisseur 12/220 V, ok. Nouvelle cuisinière à gaz, ok. Changement de la voile d’avant, ok. Changement de la drisse de spi, ok. Vérification des fonds, ok...

Bouh... Et bien je crois qu’on a fini... Non ? J’ai oublié quelque chose vous croyez ? Ah oui ; je suis con, il me reste tout de même à prévoir l’avitaillement !
Demain matin, direction le supermarché où je compte me procurer pour 8 à 10 semaines de bouffe. Ça devrait le faire jusqu’au Brésil...

Beatriz de Bobadilla
Et puis logiquement, mardi, ou bien mercredi, je prendrai la route pour l’ile de la Gomera, ultime étape dans cet archipel des Canaries. Oui, j’ai décidé de faire comme Christophe Colomb, qui à chacun de ces quatre voyages ne manquait pas de faire une dernière escale à San Sebastian de la Gomera afin disait-il de réparer quelques oublis... Les mauvaises langues disent qu’en fait il allait rendre visite à une certaine Beatriz de Bobadilla, dont la tante était marquise et ex-maitresse du roi d’Espagne Ferdinand d’Aragon, exilée dans cette ile par la reine Isabel de Castille... Et qu’il en tomba raide dingue. D’ailleurs, ce sont toujours les mauvaises langues qui le disent, la disgrâce de Colomb ne serait pas tant due à son incapacité à ramener l’or promis à son souverain, qu’à avoir fricoté avec la belle Beatriz. Ben oui, tout amiral qu’il était et même ancien vice-roi des Indes, Colomb n’en restait pas moins un roturier...
Tien, ça me fait penser qu’en ce 18 mars toutes mes pensées vont vers mes camarades qui s’en vont reprendre la Bastille ! (Mais si, je vous assure qu’il y a un rapport ! Cherchez bien...)

Bon, je ne sais plus qui disait qu’une image vaut parfois mieux qu’un long discours, alors voici la suite en image.

Je vous fais un remix du Grand Bleu ?
L'inspectrice des travaux finis
Quatre heures de pompage pour retirer 5 litres d'huile usagée...
Ça marche !
Le cercle de voiles latines
Joueurs de dominos sur la Plaça Santa Catalina
Bon ben il n'y a plus qu'à ranger maintenant !

dimanche 11 mars 2012

On est foutu

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Grand pavois du dimanche
En ce dimanche matin je voulais partager avec vous une réflexion... Hier, je me suis fendu d’une somme prohibitive, huit euros, pour faire une lessive à la laverie de la marina.
Vous allez me dire, oui et alors ?
Et alors braves gens, figurez-vous que le soir même, alors que je revêtais ma polaire préférée pour me protéger des températures moins clémentes j’ai été frappée par les effluves parfumées de mon linge... Et franchement, ça m’a quelque peu remué les trippes. Bon dieu que ça sentait bon !

J’ai essayé de me rappeler la dernière fois que je n’avais pas fais une lessive à la main... Et je m’en suis effectivement souvenu assez bien puisque c’était en aout de l’année dernière. J’avais profité de la petite machine que la marina d’Agadir mettait à la disposition des plaisanciers, et je n’avais lavé qu’une chose, ma tenue hauturière, donc ça ne compte pas vraiment.
Au fur et à mesure que je fouillais dans mes souvenirs, il m’a bien fallu me rendre compte que cela allait faire bientôt un an que je n’avais pas fait de machine.

Oui et alors ?

Et alors, ce matin dans mon lit, alors que ma chatte se frottait sur ma barbe pour me signifier qu’il était cinq heures du matin et qu’il était temps que je me lève, je me suis mis à repenser à cette odeur de linge propre... A cette douce odeur d’assouplissant dont la simple évocation m’emplissait les narines. A la nostalgie que cette odeur avait provoquée en moi. A mon style de vie qui me privait depuis si longtemps de ce petit plaisir d’enfiler un vêtement parfaitement propre et parfumé...

Est-ce un luxe ?
Et je me suis alors mis à penser à ma démarche, à cette mise en application de la décroissance que mon voyage impliquait. Car c’est exactement ce que je suis en train de faire mine de rien. Je décrois. Je n’y avais pas encore vraiment réfléchi, mais ce que certains appellent de leurs vœux dans les pays développés, je suis en train de le vivre au quotidien. Et maintenant que je le vis, je me rends compte de l’immense difficulté que cela représente.
Bon d’accord, je vous concède que faire le tri dans ses priorités cela ne fait pas de mal en soi. C’est même relativement salutaire. Revenir à des besoins de base permet de se débarrasser de certaines futilités qui parasitent votre quotidien. On acquiert alors une vision plus élaguée de sa vie. Plus claire.

Mais alors qu'en est-il du plaisir ?

On est tous d’accord (du moins la plupart gens que je connais), notre planète est en train de crever de notre cupidité. De notre gourmandise. Nous la dévorons à grandes bouchées comme des enfants qui dévorent leur gâteau d’anniversaire sans penser que s’ils en veulent pour le lendemain, ils feraient mieux d’y aller mollo. Oui mais voilà, il est foutrement bon ce gâteau...
J’ai bien conscience, parce que je suis une personne éduquée et pas trop conne, que nous n’irons pas bien loin si nous continuons à nous bâfrer de cette façon. Mais je suis bien obligé de reconnaitre aussi, qu’à la différence de ces prêcheurs de la décroissance volontaire, moi je ne le fais que parce que j’y suis obligé. Réduire ses besoins et gérer strictement ses ressources (financières, alimentaires et énergétiques), sont pour le voyageur que je suis, une nécessité. C’est bien simple, si je ne le fais pas, je ne réaliserai pas mon rêve. Bref, décroitre est pour moi un moyen à court terme et non un but à long terme.
Alors c’est vrai que je suis une personne sans grands besoins au départ et que de me priver de quelques conforts ne s’est pas fait dans la douleur... Mais quand je pense à ces effluves d’assouplissant dans mon linge hier au soir, je me dis que si une simple odeur peut vous procurer autant de bonheur, notre planète est foutue.

Après la pomme d'Adam, la pomme de douche ?
Qu’est-ce qui pourra empêcher les hommes de vouloir et aimer sentir une odeur de fleur sur leurs vêtements ? Qu’est-ce qui pourra empêcher les hommes de préférer prendre une douche bien chaude, plutôt que de se laver à l’eau froide ?
Rien j’en ai peur, car c’est toujours meilleur quand ça sent bon et que l’eau est chaude.

Je me suis toujours considéré comme un écologiste. Pas au sens politique du terme, mais dans mes pratiques quotidiennes. Pourtant quelle que soit la force de ma conscience écologique, jamais elle ne pourra, au fond, lutter contre le plaisir. Mon plaisir. Le plaisir d’une douche chaude et d’avoir de l’eau fraiche dans mon frigo. D’un vêtement propre. D’un bon clacos français chèrement transporté par avion. D’écouter de la musique sur mon mp3 fabriqué à bas prix dans le tiers monde... Rien ne pourra lutter contre ce plaisir-là.

Et si moi je ne peux pas renoncer si facilement à ces petits conforts, comment blâmer ceux qui aspirent à les acquérir ?

Notre planète est foutue... A moins qu’on ne devienne tous des ascètes. Et en ce qui me concerne, c’est pas gagné.

mercredi 7 mars 2012

Insomnies

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Épissures maison
Il est deux heures du matin et le port ne raisonne que du bruit des drisses qui battent mollement le long des mâts. Alors que je m’étonne de ne pas entendre la rumeur de la ville je réalise vraiment l’heure qu'il est et je me dis que je ne suis pas raisonnable.
Mais bon après tout, ce n’est pas comme si j’avais une vie réglée par les codes d’une société « normale », et cette insomnie n’aura pas d’autre conséquence que celle de m’offrir l’occasion de faire une sieste un peu plus longue...

Je m’interroge. Est-ce seulement les cris de douleur de Touline qui m’ont empêchés de dormir, ou bien la perspective d’avoir accompli un grand pas vers le départ ? Les deux sûrement.

Mais peut-être me faut-il vous raconter ma journée d’hier pour que vous compreniez ce que je peux bien foutre devant mon clavier à une heure aussi indue... Oui, on va commencer par le début, c’est mieux.

Hier matin je suis retourné à la clinique vétérinaire pour y déposer Touline. Rassurez-vous, il ne s’agissait pas d’une rechute de son infection, mais tout simplement de la faire stériliser. Enfin, quand je dis « tout simplement », c’est relatif bien sûr. Elle a six mois maintenant, et si je ne veux pas me retrouver avec une ribambelle de chatons à devoir noyer (mais non, je rigole !) ou à supporter les crises d’une chatte en chaleur, je devais, elle devait, en passer par là.
Donc hier à neuf heures j’ai déposé Touline, puis je suis parti en expédition avec mon caddie à roulette. Oui, j’ai maintenant un caddie à roulette, comme les mamies. Et le premier qui se fout de ma gueule, je lui fais porter mes courses, d’accord ?

Un peu de rangement s'impose
En expédition, disais-je, direction Telde au sud de Las Palmas où ce trouve une gigantesque zone commerciale et où je savais trouver un Décathlon. Pour ce faire j’ai du emprunter la « guagua » (rappelez-vous on dit Wawa !) et descendre après une demi-heure de trajet sur la rocade qui fait le tour de l’ile. Et là, entre un Leroy Merlin, un Carrefour et un Alcampos (oui, un Auchan !) se trouvait le seul Décathlon de l’archipel. Franchement, je ne sais pas trop si je dois me réjouir ou m’attrister de voir toutes ces boites françaises truster le commerce Canarien... Les deux sans doute.
Mais bon, pour ce que j’avais à y faire, je ne pouvais pour l’heure que me satisfaire de trouver du matériel de sport à des prix raisonnables. Car c’était pour ça que j’étais là, m’équiper en matériel.
Je ne vous dirais pas combien j’ai dépensé durant les deux heures et demi qui suivirent, mais je considère m’en être plutôt bien sorti compte tenu de tout ce que j’ai ramené dans mon caddie de mémé.

- Une combinaison de plongée (salopette et haut)
- Une ceinture avec cinq kilos de plombs
- Un couteau de plongée
- Un baudrier d’escalade
- Un mousqueton à
- Un bloqueur
- Un descendeur
- Deux poignées bloqueuses
- Quatre teeshirts
- Un pantalon
- Deux shorts
- Une polaire

J’ai voulu me procurer un fusil pour la pêche sous-marine, mais hélas c’est le genre de chose qui nécessite, comme en France d’ailleurs, un permis... Donc, pour aller taquiner le poisson suicidaire il faudra que j’attende d’être dans un pays où la réglementation sera plus souple. Mais j’ai déjà ma combinaison et c’est l’essentiel. Sous peu, je l’étrennerai pour aller nettoyer les algues qui s’épanouissent sur le safran de la Boiteuse.
De même, je vais pouvoir me risquer à une ascension en solo de mon mât... Et là mes amis, je sens qu’on va rigoler.

Ce n’est que dans la guagua du retour que je me suis rendu compte qu’avec tout ça j’avais maintenant rattrapé mon retard en équipement... Et qu'il était presque temps de partir.

Je m'en souviendrais des Canaries !
Le soir, je suis allé récupérer ma bête à la clinique. Touline était encore sous l’effet de l’anesthésie mais semblait aller bien... Plus tard, cette dorénavant Demoiselle à perpétuité ne souffrant pas de dormir autre part qu’entre mes jambes, j’eu un peu de mal à trouver le sommeil. D’habitude quand elle me fait ce coup-là, je n’ai aucun scrupule à la virer à coup pied (là je ne rigole pas) mais compte tenu de son état j’avais décidé d’être conciliant. Hélas, vers une heure du matin, la douleur s’est réveillé... et moi aussi. Comme il m’était impossible de me rendormir, et bien je me suis levé pour écrire... Plus tard, il devait être quatre heures du matin, je lui enlevais son collier ridicule sensé l’empêcher de se triturer la cicatrice. En effet, déjà qu’elle avait mal, elle était complètement stressée par le fait de plus rien voir autour d’elle... Stress plus douleur, j’ai préféré enlevé un des paramètres et la surveiller plutôt que de la laisser endurer ça.
Je m’allongeais tout habiller à ses côtés pour la rassurer... et je me suis endormi jusqu’à sept heures. Une nuit en pointillé donc, mais c’est pas grave puisque ce matin tout va bien. Elle a même eu droit à quelques minuscules sars trouvés dans ma nasse en guise de petit-déjeuner ! Trop gâtée cette bête !

Ce matin il faisait grand soleil et à présent le temps est à la pluie... Du coup moi qui comptais vous gratifier d’une petite séance photo depuis la barre de flèche, histoire de tester ma dextérité ascensionnelle, je me suis rabattu sur celle-ci.

Tu as vraiment besoin de tout ça ?


Oui je sais, vous êtes déçus. Mais ne vous inquiétez pas je vais me rattraper d’ici la fin de la semaine ! Et si vous êtes sages, peut-être que je vous ferai également un petit essayage de la nouvelle combinaison de plongée...

Ca sent le départ moi je vous le dis. Ca sent tellement fort que je pourrais presque m’hasarder à une date... Allez, on va dire le 18 mars. Ca sera un dimanche, et j’aime bien l’idée de partir un dimanche... Mais bon, vous connaissez la musique maintenant, ce n’est pas moi qui commande c’est le Monsieur avec les joues gonflées. Alors ce sera peut-être après le 18 ou alors avant... On verra ! En tous cas, la Boiteuse et moi nous serons prêts pour la fin de la semaine prochaine, ça c’est sûr.

"Parce que je le vaux bien"

samedi 3 mars 2012

Le cul de la Boiteuse

28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Alors que le soleil se lève sur Las Palmas de Gran Canaria, je me retrouve assis dans le carré de la Boiteuse à réfléchir sur la manière dont je vais commencer ce texte… Et miracle de l’écriture j’ai à peine finit de me poser la question que je m’aperçois que c’est déjà fait. Touline est perchée sur mon épaule et regarde mes doigts s’agiter sur le clavier. Elle va mieux ma Touline, beaucoup mieux. Son abcès percé, celui-ci a suinté pendant deux jours avant que de commencer à sécher et à se refermer doucement, et parallèlement ma chatte adorée retrouvait peu à peu sa vitalité. Son poil à retrouvé son soyeux et sa douceur, et elle a recommencé à jouer avec tout ce qui traine… Bon d’accord, ce n’est pas encore la forme des grands jours, mais la vitesse à laquelle elle se remet ne cesse de m’étonner. Autre point positif, s’en est finit des explorations lointaines. Mademoiselle se contente d’un périmètre de vingt mètres autour du bateau et s’est très bien comme ça ! La question que je me pose c’est, jusqu’à quand ?

Bon, cessons de nous focaliser sur ma chatte et intéressons-nous un peu à ce que fut ma semaine. Je vous rappelle mine de rien que ce blog est sensé être celui d’un navigateur solitaire, et pas celui d’un pépère à son chat-chat !

Cette semaine donc, fut consacrée à l’installation de mon nouveau régulateur d’allure. Wahou ! J’entends d’ici les cris d’enthousiasme de mes lectrices qui vont être obligées de se taper des descriptions techniques ! Mais non, c’est trop cool le bricolage avec moi, vous allez voir. Et vous savez pourquoi c’est trop cool ? Et bien tout simplement parce que je suis une quiche !

Le matos
Le début de la semaine comme vous le savez je fus un peu tourneboulé par l’état de santé de la bestiole susmentionnée, et c’est donc le mercredi matin que je prenais la direction du quartier industriel de la Isleta avec mon voisin Simon.
Simon et sa femme Jeannine sont les voisins idéaux. Outre le fait d’aimer les chats et d’être toujours prêts à gâter Touline ou à jouer les babysitteurs, ils résident à Las Palmas six mois par ans depuis six ans. Ce qui veut dire qu’ils connaissent la ville comme si c’était la leur. De plus Simon est un menuisier à la retraite, et donc un fin connaisseur de tout ce qui touche aux travaux manuels.
La veille nous avions réfléchi ensemble sur le matériel dont j’allais avoir besoin pour adapter ce fichu régulateur à la configuration toute particulière de mon tableau arrière. Car je suppose que vous l’avez remarqué, ce qui rend la Boiteuse si sexy, c’est son cul. Fin, affuté comme une lame, le cul de la Boiteuse, c’est le plus beau cul du monde ! Et forcément, le bateau sur lequel était monté l’engin n’était pas aussi bien pourvu de ce côté-là.... En tous cas il n’avait pas un tableau aussi incliné. J’allais donc devoir rallonger le support principal si je voulais pouvoir installer mon régulateur. Ce qu’il me fallait c’était deux gros tubes en inox de 500 x 30 mm pour pouvoir manchonner ce support. Ainsi que des contre-plaques solides pour fixer le tout.

Le plus grand port des Canaries
Donc ce mercredi matin, Simon et moi avons pris le bus pour nous rendre à la zone industrielle à la recherche d’inox pas cher. Car mine de rien l’inox ça coûte un bras si vous l’achetez dans les magasins dédiés à l’accastillage. Mieux vaut dans ce cas se rendre directement chez le fabricant et en plus comme les gens ici ne rechignent pas à faire dans le détail, vous avez à la fois le prix de gros et le service qui va bien.
Au passage, nous nous sommes arrêtés pour admirer la vue sur la ville depuis le toit d’un grand parking. De là-haut nous pouvions voir toute la ville... A nos pieds le chantier naval, plus loin le vieux quartier et au loin les contreforts du Pozo de las Nieves, point culminant de l’ile (1949 m).
En fin de matinée, et pour moins de 35 €, j’avais tout ce qu’il me fallait. Plus deux forets de 0,65 tout neufs pour percer le métal. Il n’y avait plus qu’à s’y mettre, ce que nous fîmes dès le lendemain.

L'expérience au travail
Là, je tiens à remercier Simon pour son aide inestimable... C’est bien simple, sans lui j’y serais encore, et en plus j’aurais tout fait de travers ! On aura beau dire, avoir comme aide l’expérience d’une vie c’est inestimable. Bref, peu à peu le bâtit du pilote s’est trouvé fixé par ses quatre chapes (j’ai appris un mot nouveau !), il ne restait plus qu’à trouver le point d’équilibre pour rendre le tout horizontal. Percer, boulonner et voilà ! Le tout nous pris tout de même six heures de boulot.
Puis ce fut le montage de système qui me permettra de naviguer à allure constante, c'est-à-dire avec le même angle par rapport au vent. Là encore je me fis aider par Thomas (un petit jeune débarqué la semaine dernière avec sa compagne Alexandra à bord de Santa Lucia, un Sangria de moins de huit mètres !), et qui possède exactement le même engin.
Il ne me restait plus qu’à fixer quatre petites poulies afin de faire passer les drosses, deux petits taquets coinceurs sur la barre, et le lendemain, je pouvais regarder non sans une certaine fierté mon nouveau coéquipier. Et après Monsieur P (pour mon pilote électrique) et miss B (mon annexe), je décidais de baptiser mon nouveau régulateur Monsieur R.
Quoi ? Qui a dit que je ne n'avais aucune imagination ? Je fais preuve de constance je vous signale ! Non mais...

Le bâtit est fixé
La semaine se termine et j’ai le sentiment d’avoir bien avancé... Je regarde ma liste dont peu à peu les lignes se barrent d’un trait, et je me dis que je commence à en voir le bout. Les prochains « gros » truc à faire seront le changement des batteries et celui de la cuisinière. En effet, j’ai décidé qu’il serait utile que je puisse enfin me faire quelque chose de chaud pendant les navigations, et pour ce faire je vais opter pour une cuisinière à gaz montée sur cardan. Celle que j’ai actuellement étant une cuisinière à pétrole qui doit prendre ses 15 minutes pour chauffer une tasse de thé, et qui comble de tout réclame que je tienne le manche de la bouilloire en permanence si je ne veux pas prendre le risque de tout renverser !

Ah, j’allais oublier... La semaine prochaine sera aussi celle de la stérilisation de Touline. Et oui, que voulez-vous, elle n’en n’a pas encore fini avec les dames en vert cette pauvre chatte ! Et moi non plus d’ailleurs...

Allez-y, moi je garde votre truc...
Le nouveau cul de la Boiteuse
Je vous présente Monsieur R !
Et encore, avec la crise le port est au 3/4 vide.


mardi 28 février 2012

Des nouvelles de la Touline

Touline
28°07.565N 15°25.565W
Las Palmas

Figurez vous que ce matin au réveil j’ai remarqué sur son épaule droite un gros vilain tout moche abcès qui venait de se percer. Du pus s’en écoulait, c’était dégueulasse…
Au début j’ai un peu paniqué parce que je me disais que la série des emmerdements continuait, puis j’ai poussé un ouf de soulagement.
Voilà donc où était le problème ! Un gros vilain bubon au niveau de l’articulation qui était passé inaperçu à mes yeux et à ceux des vétérinaires…
Du coup, depuis ce matin je nettoie et je désinfecte. Mais ce n’est pas évident parce que la bougresse se lèche à tout bout de champ…

C’est drôle mais de voir ce pus sortir d’elle comme ça, ça m’a fait penser que la nature est bien faite tout de même… J’imagine la bataille qui doit se dérouler à l’intérieur d’elle, avec son armée d’anticorps qui se bat vaillamment contre les envahisseurs et les expulse vers l’extérieur… C’est beau !

Oui, je suis gâteux de ma chatte. Et alors ?