samedi 12 novembre 2011

La Boiteuse 2.0

30°25.322N 09°37.025W
Agadir

Mesdames et Messieurs, Demoiselles et Damoiseaux, le Capitaine et son équipage (oui Touline je parle de toi) sont fiers de vous présenter officiellement la Boiteuse dans sa nouvelle livrée.

Tadaaaaaaa !!!!!

Alors ? Hein ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Ça a de la gueule ou bien ?

Ponçage...
Cela m’aura pris presque trois semaines de boulot, pour arriver à ce résultat. Trois semaines pendant lesquelles j’ai eu à apprendre, première chose, comment on peint avec de la peinture bi-composante. Croyez-moi sur parole, c’est pas de la tarte cette saloperie ! Car il ne suffit pas de barbouiller et d’attendre que ça sèche. Non, il faut en mettre, mais pas trop. Faire gaffe aux coulures, éviter de marcher dessus avant au moins 24 heures. Surveiller la météo pour que la pluie ne vienne pas vous saloper tout votre labeur en quelques minutes… Et surtout, surtout, éloigner tout type d’animal du chantier !
Et ça, ça a été le plus dur.

... et Peinturage !
C’est bien simple, depuis trois jours Touline n’a pas mis le nez dehors. Parce que, à la limite, les traces de pattes de chat sur la peinture fraiche ça peut être marrant. Mais ce qui craint vraiment, c’est lorsque ledit chat décide de jouer les tampons encreurs sur le reste du bateau ! Comme si je ne faisais pas moi-même assez de taches comme ça !
En plus, je ne vous raconte même pas avec quelle bassesse s’exprime la vengeance d’une chatte sur votre intérieur… A chaque fois, c’est zone de guerre dans le carré !

Bon, le travail n’est pas vraiment terminé en fait. Il me reste encore quelques raccords à faire, notamment au niveau des taquets où mes aussières sont fixées. J’attendrais pour cela que la dépression qui secoue actuellement le port (oui, encore une) passe. Je pourrais alors remettre la Boiteuse contre son catway et jouer aux chaises musicales avec les amarres et fignoler tout ça. Mais on peut dire que le gros du boulot est fait !

Le souci du détail qui tue
Cela dit, et je me dois d’être honnête avec vous, ce n’est pas, loin s’en faut, du bon travail… Si l’on y regarde d’un peu près, on voit bien les manquements, les coups de pinceau et les grosses bavures qui débordent… Mais bon, j’ai fait de mon mieux (enfin je crois), avec ce que j’avais. Et puis après tout, ce qui compte c’est l’impression que laissera ma Boiteuse lorsque les gens la verront fendre les flots… Et ils n’auront pas le nez dessus !

Je ne sais pas ce que vous en penserez, mais pour ma part je trouve que le blanc lui va bien à ma Boiteuse. Cela met en valeur sa fine silhouette, et lui donne un coté racé… Et que dire de la bande rouge Ducati ? La grande classe, rien de moins.

Maintenant que cette mission que je m’étais confié est terminée, je vais pouvoir me concentrer sur autre chose, et plus précisément sur mon voyage à Ceuta… Ce sera pour la semaine qui vient !

La Boiteuse 2.0

mercredi 9 novembre 2011

Ça chauffe à Hierro !

30°25.322N 09°37.025W
Agadir



Je voulais vous toucher deux mots sur un événement qui est en train de se passer là maintenant, pas trop loin d’où je me trouve et très près de là où je me trouvais… Je veux parler de l’éruption volcanique qui se déroule en ce moment même sur l’île d’El Hierro, aux Canaries.
Peut-être que mes lecteurs européens ont eu vent de cette histoire, ou peut-être pas, mais toujours est-il que j'avais envie de partager cette info avec vous.

Tout a commencé le 10 octobre dernier avec la soudaine apparition d’un bouillonnement suspect au sud de l’île, à quelques encablures du petit port de la Restinga. Coup de chance, un navire océanographique était justement dans les parages et il a pu assez vite se rendre compte que le volcan était tout simplement en train de se réveiller !

Quelques jours plus tard, des lueurs rougeoyantes ont commencées à apparaitre dans la nuit… Les gaz se sont fait de plus en plus opaques et toxiques… Et les habitants de la petite île d’El Hierro ont commencé à baliser !




L’irruption continue en ce moment même. Le Port de la Restinga et quelques plages avoisinantes ont été fermés et les scientifiques nous disent que nous sommes en train d’observer la naissance d’une nouvelle île sur l’archipel des Canaries !

Moi je trouve ça d’autant plus fascinant que j’avais prévu de me rendre à Hierro… Et que si je n’avais pas fait demi-tour pour rejoindre Agadir, je serais probablement là-bas ! Ou pas trop loin en tous cas. Je me souviens vous avoir écris que la géographie des îles Canaries m’avait fortement impressionnée… Et que j’avais essayé d’imaginer comment ces îles avaient pu être aux premiers jours de leur vie…

Et bien leur histoire a probablement commencée comme ça. Par un bouillonnement dans la mer, ce que les savants appellent de façon plutôt rigolote un jacuzzi ! 

Si vous voulez suivre en direct les comptes-rendus des scientifiques à l’œuvre sur le terrain, vous pouvez aller sur le site de EarthQuake-Report. Tout y est décrit heure par heure via Twitter.
Une webcam a été également mise en place pour suivre l’événement au plus près. Elle est accessible en cliquant ICI.

vendredi 4 novembre 2011

Branle-bas de combat

30°25.322N 09°37.025W
Agadir

Une fois n’est pas coutume, c’est installé en tailleur dans le carré de la Boiteuse, bien au chaud, que je rédige ces quelques lignes.
Je dis, bien au chaud, car sans pour autant que ce ne soit pas l’hiver au sens où j’ai l’habitude de l’entendre, les températures ont sérieusement dégringolées ces derniers jours. La faute à cette série de dépressions qui balaie l’Atlantique et dont mes lecteurs européens ont certainement eu à subir les conséquences.
Ici, à Agadir, cela s’est traduit par un branle-bas de combat général. Certains bateaux au fort tonnage ont été ramenés sur le ponton principal, et tout le monde a dû revoir son amarrage en prévision d’une houle de quatre mètres cinquante attendue dans la soirée d’hier. Et celle-ci est arrivée… Mais pas toute seule. Pour la première fois depuis des mois il a plu.
Et pas de la petite bruine de merde je vous prie de le croire. Le ciel nous est carrément tombé sur la tête pendant une bonne partie de la nuit et la houle est entrée dans le port faisant valser la Boiteuse comme si elle était en pleine mer.

Tout est à refaire...
Deux conséquences à tout ça. D’abord j’ai eu la malencontreuse idée de continuer à peindre hier matin, attaquant la partie délicate du cockpit. Et pour ce faire j’ai démonté la capote et le pare-brise en plexiglas… Et j’avais à peine nettoyé mon pinceau que la pluie arrivait, faisant comme une réaction chimique sur la peinture fraiche. Des bulles sont apparues et tout mon travail de la matinée a été ruiné. Je suis bon pour tout poncer et recommencer !
Ensuite, faute de la protection que m‘offrait la capote, j’ai été obligé de me calfeutrer à l’intérieur, fermant tout, hublots et capot de descente. J’ai passé la nuit à écouter la pluie tambouriner sur le pont. Attentif aux mouvements du bateau. Au moindre bruit suspect.
Vers deux heures du matin, n’arrivant toujours pas à trouver le sommeil, je me suis levé pour vérifier une énième fois que les haussières étaient intactes. Et vérifier également celles des bateaux voisins dont les propriétaires n’étaient pas là. Puis j’ai enfin réussi à m’endormir… Jusqu’à ce que cette chipie de Touline me réveille à cinq heures trente du mat, comme d’habitude.
Une courte nuit, donc.

Mais le travail est déjà bien avancé !
Aujourd’hui fut comme la nuit précédente, stressante. Chacun a fait le guet, et les conversations tournaient toutes autour du même thème. La sécurité de nos maisons flottantes. Pour ma part, la Boiteuse étant plutôt légère, moins de six tonnes, je ne risque pas grand-chose en fait. Elle se dandine comme si elle était en pleine mer, et j’avoue que c’est même agréable quelque part de retrouver cette sensation de déséquilibre permanent. Non, le risque vient plutôt des pontons qui ne sont pas de première jeunesse et pas mal abimés. Si ceux-ci venaient à se disloquer, toute la flottille serait alors drossée sur les quais en béton et ce serait la catastrophe… Donc vigilance de tous les instants, et on se tient prêt à décarrer au plus vite si jamais ça venait à dégénérer.

Sinon, je peux vous annoncer que le compromis de vente de la maison a été signé aujourd’hui. Ce qui veut dire que j’ai encore à attendre au moins deux mois avant que de pouvoir m’en aller d’Agadir. Cela fera donc en tout quatre mois et demi d’escale.
Le mouchkila, le problème en dialecte marocain, c’est que je n’ai qu’un visa de tourisme valable trois moi… Je vais donc être obliger de quitter le pays, pour pouvoir de nouveau y entrer et bénéficier d’un autre visa de trois mois. Ca va, vous suivez ?

Mon copain le héron se rapproche...
L’idéal serait de prendre la mer pendant quarante-huit heures et de revenir me percher ici. Mais bon, cela ne me tente guère car ce serait courir des risques inutiles. Non, ce que j’envisage de faire, c’est de me rendre par le bus et le train jusqu’à Tanger, puis rejoindre Ceuta, l’enclave espagnole située en face du rocher de Gibraltar… En gros quinze heures de voyage à travers le Maroc.
Je me dis qu’utiliser les transports en commun pour traverser tout le pays, ce peut être un bon moyen de le découvrir justement… Et puis j’ai toujours adoré les trains de toute façon.
Reste à savoir ce que je vais faire de Touline, mais je gage que je trouverais facilement quelqu’un pour la nourrir pendant deux jours.

Voilà, j’en ai fini pour aujourd’hui. Dehors le vent souffle et fait claquer la bâche qui me sert de taud. La houle semble s’être calmée un peu… Je pense que je vais arriver à trouver le sommeil.

dimanche 30 octobre 2011

Sauvetage


30°25.322N 09°37.025W
Agadir

Salut !
Il fallait bien que cela arrive, alors c’est arrivé. Ce matin, alors que je papotais avec une petite fille allemande récemment arrivée à la marina, et repartie depuis, j’ai laissé Touline me suivre sur le ponton. Lorsque que je suis revenu sur la bateau, Anna, c’est la petite fille, me racontait quelque chose, et moi je cherchais des yeux ma chatte… Pas de Touline en vue. J’écoute d’une oreille distraite le bavardage de la gamine, mais mine de rien je commence à regarder un peu partout où cette foutue chatte avait bien pu se planquer.
Pas de Touline sur le bateau.
Je crois entendre comme un miaulement, mais au même moment une mouette passe au dessus de nos têtes. Ce doit être elle qui fait ce bruit, me dis-je.
Je descends sur le catway, et c’est là que j’aperçois un remous bizarre à l’avant de la Boiteuse… J’avance un peu et là, ce que je pressentais au fond de moi ce déroule sous mes yeux. Touline est dans l’eau, elle nage et tente désespérément de s’accrocher à la coque. Ces pattes raclent le polyester sans pouvoir y trouver prise !

Je ne réfléchis même pas, je plonge. Pendant un cours instant je me demande si par hasard je n’aurais pas quelque chose de sensible dans les poches, clopes, téléphone, etc., mais il est trop tard je suis déjà dans l’eau. J’attrape ma Touline en la maintenant hors de l’eau, et je nage jusqu’au catway. Au passage je perds une de mes sandales !
Je déposé la pauvre bête transie de froid sur le ponton, et je retourne chercher ma godasse.

Allez savoir combien de temps elle est restée comme ça, à nager… Moi, je dirais entre trois et cinq minutes.

Grumf !
Alors bien sûr la pauvrette était choquée. Elle est restée prostrée pendant que je la séchais avec une serviette. Son souffle était rauque, et j’ai eu peur qu’elle ait avalé trop d’eau… Comment fait-t-on pour extirper l’eau des poumons d’un chat, hein ? On le suspend par les pattes arrière et on secoue ?
Grrr… pendant un moment je ne sais pas trop quoi faire. Je me contente de m’allonger à côté d’elle et de la laisser se pelotonner contre moi. Sont souffle et son cœur ralentissent, et elle sombre dans une torpeur réparatrice.
Une heure plus tard, mademoiselle Touline recommençait à courir comme une dératée sur le pont… Et à se casser la gueule en essayant d’attraper les boutes qui trainent ! Je crois que cette chatte est possédée...
Mais bon, comme je suis un gentil papa, en plus d’être un sauveteur émérite, et pour la remettre de ses émotions, elle a eut droit à triple ration de poisson cru !

La morale de cette aventure ? Je n’en sais rien. J’ai bien peur de devoir me faire une raison, et à me faire du souci à chaque fois que je la vois piquer « son quart-heure de folie » sur le pont. Mais bon, je ne peux pas la garder enfermée en permanence tout de même !

Satan sort de ce corps !
Voilà, c’était l’aventure du jour. Sinon, les travaux de peinture avancent tout doucement. J’ai pris le rythme de travailler deux à trois heures par jour. Les trois quart du temps étant consacrés au masquage et le reste au peinturage. Pour l’instant je ne vous montre rien, j’attends d’avoir tout finit… C’est-à-dire d’ici la fin de la semaine prochaine je pense. Mais je peux dors et déjà vous dire, que ça a plutôt de la gueule !

Ah oui, une dernière chose ; Il y a un truc marrant à propos de la nouvelle couleur de la Boiteuse… Figurez-vous que maintenant que j’ai entrepris de changer le vert en blanc, tout le monde ici y va de son petit commentaire et me dit que je fais bien car ce vert était très moche !!!!
Quand je pense que vous me disiez toutes et tous que la couleur ce n’était pas important, patati-patata… Hein ? Bande d’hypocrites !

Et bien la Boiteuse va bientôt se transformer en une superbe mouette toute blanche, avec juste ce qu’il faut de rouge pour souligner sa silhouette fine et racée !

Et toc !

mercredi 26 octobre 2011

Quelques photos

Quelques photos prisent ces derniers jours....

Des Kiwis heureux !
Attention, peinture fraiche !
La plage d'Agadir au petit matin...
Où seul les chiens errants veillent.
Famille recomposée ?